Centre rhone –alpes d’ingenerie sociale solidaire & territoriale








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La mutation de La Poste a-t-elle enfanté un malaise social ?

 Par Pierre Manière  |  13/10/2016 LA TRIBUNE.FR

Alors que les syndicats s'inquiètent de cas de suicides, d’AVC ou d’accidents du travail de postiers, La Poste vient de lancer une "négociation nationale" sur leurs conditions de travail. Sachant que le groupe, qui taille dans ses effectifs dans le sillage du déclin du courrier et cherche son salut dans de nouveaux services, essuie à ce sujet des critiques de plus en plus vives.

Il s'appelait Charles Griffond, il avait 53 ans. Postier pendant 34 ans dans le Haut-Doubs, il a fini par se suicider. Désespéré, miné par des conditions de travail qu'il ne supportait plus, il a laissé derrière lui deux lettres pour dénoncer les pratiques de son employeur. L'une pour sa famille, et l'autre pour L'Est Républicain. Dans cette missive, publiée fin août par le quotidien régional, il accuse La Poste de l'avoir poussé à bout :

"Depuis trente-quatre ans, j'ai exercé mon métier avec l'amour de mon travail et de mes clients. Mais, depuis quelques années, La Poste a petit à petit détruit ses employés, les vrais postiers, ceux qui avaient le contact avec les gens. En ce qui me concerne, ils m'ont totalement détruit. Depuis décembre 2015, je suis en arrêt de travail et je souffre intérieurement le martyre. Personne, ni de mes collègues ou de ma hiérarchie, n'a pris de mes nouvelles. Alors bougeons avec La Poste et mourrons grâce à La Poste".

"Un vrai souci sur les accidents du travail"

D'après les syndicats de La Poste, les conditions de travail se sont dégradées. A l'AFP, Stéphane Chevet, secrétaire national en charge de La Poste à la CFDT, déplore "un vrai souci sur les accidents du travail au courrier", qui seraient en forte hausse. Il cite notamment "l'absentéisme" et "la charge de travail", qui seraient en forte hausse. D'après RTL, des experts indépendants, désignés par les comités d'hygiène et de sécurité de la Poste, se sont récemment alarmés d'une "dégradation de l'état de santé des agents". Et d'après une enquête menée par la radio, "au moins neuf facteurs se sont suicidés ces trois dernières années". Pour autant, ces chiffres n'émanent pas d'une étude scientifique sur les suicides à La Poste. En France, d'après l'Observatoire national du suicide, il y en aurait environ 10.000 par an, soit 16,7 pour 100.000 habitants.

Reste que le suicide de Charles Griffond en rappelle un autre : celui, en 2009, d'un salarié marseillais de France Telecom (aujourd'hui Orange). Dans une lettre, celui-ci mettait en cause l'opérateur historique. "Je me suicide à cause de mon travail à France Télécom. C'est la seule cause", a-t-il écrit. Avant de dénoncer un "management de la terreur", dans un climat d'"urgence permanente" et de "surcharge de travail".

A l'époque, France Telecom avait connu une vague sans précédent de suicides. L'opérateur, qui a depuis été mis en examen pour harcèlement moral, avait engagé une grande "transformation" pour adapter l'entreprise à l'ère du mobile et de l'Internet. Laquelle visait, notamment, à restructurer le groupe via la suppression de 22.000 postes.

Une négociation à venir au service courrier

Sous ce prisme, on peut se demander si une nouvelle affaire France Télécom n'est pas en train d'émerger. Quoi qu'il en soit, la direction de La Poste a fini par réagir. Ce mardi, elle a annoncé le lancement d'une "négociation nationale avec les organisations syndicales sur les métiers et les conditions de travail des facteurs et des encadrants au sein des activités services-courrier-colis", dit l'AFP. Pour justifier cette décision, le groupe argue qu'il ne s'agit que d'une "suite logique" aux négociations prévues dans le cadre de son actuelle transformation.

Une "suite logique", donc, mais qui intervient pourtant deux petites semaines seulement après une conférence de presse organisée par SUD PTT à Paris. À cette occasion, le syndicat a fait témoigner ses représentants et d'anciens salariés. Leur objectif ? Dénoncer le climat "catastrophique" qui régnerait dans le groupe, relate l'AFP. Lequel serait serait responsable, selon SUD, de plusieurs suicides et graves accidents de santé. Comme cette ancienne salariée de 25 ans en CDD, victime d'un AVC sur son lieu de travail. Éric Talbot, un représentant de SUD PTT, s'en est notamment pris à la "réorganisation" en cours, et aux "méthodes de management de plus en plus contestables".

L'impératif d'une transformation

Une position balayée par la direction, qui affirme "ne pas se reconnaître dans la situation décrite". Et d'ajouter que le groupe est "particulièrement investi dans la santé au travail, et y investit chaque année plus de 30 millions d'euros".

En toile de fond, La Poste s'est engagé dans une profonde réorganisation. Confrontée au déclin inexorable du courrier, son cœur de métier, La Poste taille depuis plusieurs années dans ses forces vives. Rien qu'en 2015, plus de 7.300 postes ont été supprimés, portant ses effectifs à 231.000. Pour se relancer, outre La Banque Postale, le groupe mis gros sur le numérique et tout un éventail de services de proximité. En début de semaine, La Poste a ainsi dévoilé une nouvelle offre de visites aux personnes âgées réalisées par les facteurs pendant leurs tournées.

  
Jean-Paul Delevoye : « Les élus deviennent de plus en plus gestionnaires et de moins en moins visionnaires »

A une époque de profondes mutations, le rapport au temps est chamboulé. Nous avons invité des personnalités et des anonymes à se confier sur ce vaste sujet. Cette semaine, l’ancien ministre et médiateur de la République.

Ancien ministre, ancien médiateur de la République et ex-président du Conseil économique, social et environnemental (poste qu’il a quitté en décembre 2015), Jean-Paul Delevoye reste impliqué dans de nombreuses fondations. Pour « Tant de temps », celui qui a été maire de Bapaume (Pas-de-Calais) de 2004 à 2014 analyse les horizons temporels qui traversent la politique.

Comment la notion de temps s’appréhende-t-elle en politique ?

Dans cette période où la révolution numérique modifie le rapport au temps, à l’espace et à l’autre, la notion de temps est une donnée politique fondamentale. Nous avions des croyances et des idéologies. On était libéral, gaulliste, communiste. Il existait des idéaux, des visions qui transcendaient et agrégeaient autour d’une espérance positive. Cette temporalité partagée favorisait la cohésion des nations.

Aujourd’hui, la disparition des idéologies est telle que le religieux l’emporte sur le politique, et que le spirituel fragilise le temporel.

L’élu, lui, a une nécessaire vision sur le moyen terme. Parce que sans vision, il n’y a pas de projet et sans projet, il n’y a pas de mobilisation. Mais le raccourcissement du temps l’oblige à écourter ses messages : alors que les discours duraient plusieurs heures et les articles s’étalaient sur plusieurs pages, aujourd’hui, l’on recourt à mot, un tweet…

Quelles conséquences cela a-t-il sur la pratique politique ?

La colonne vertébrale d’un élu, ou d’une politique, doit être construite autour d’une vision ou d’un cap soit très clair. C’est fascinant, car l’incertitude du présent ne doit pas fragiliser la certitude du futur, et la gestion des émotions ne doit pas fragiliser les convictions.

« LA DISPARITION DES CROYANCES ET DES IDÉOLOGIES EST TELLE QUE L’ON DONNE DE L’IMPORTANCE AU PRÉSENT ALORS QUE LES PEUPLES ONT BESOIN D’UN APAISEMENT QUANT AU FUTUR. »

Au moment où les émotions donnent naissance à des mouvements politiques imprévisibles, les élus deviennent de plus en plus gestionnaires et de moins en moins visionnaires. Les campagnes électorales sont aujourd’hui bâties sur la garantie des chiffres, la maîtrise des dépenses, on a des campagnes comptables et non pas des campagnes d’envies. Or notre objectif n’est pas de fuir le présent mais de donner la gourmandise du futur.

Ce court terme dicté par les campagnes électorales, la disparition des croyances et des idéologies sont tels que l’on donne de l’importance au présent, alors que les peuples ont besoin d’un apaisement quant au futur : les transformations, les ruptures et les métamorphoses que nous allons vivre sont si importantes que la promesse d’un futur doit être plus forte que la perte du présent. Pourquoi changer sinon ?

Devrions-nous donc opérer une révolution culturelle dans notre manière de gérer le temps ?

Je le pense oui, car chaque séquence de temps vécu est une rupture. La métamorphose que nous vivons est telle que le temps sera bientôt une transformation permanente. On peut être une vedette sur les réseaux sociaux à 12 ans etrester un investisseur actif à 92 ans… Cela nous incite à revisiter toutes nos politiques : l’âge ne peut plus être une rupture, le regard sur l’échec doit changer, et l’on doit s’adapter au temps et au parcours potentiel des gens. La potentialité temporelle sera un élément à intégrer, et ce surtout avec les avancées médicales qui vont engendrer des disparités encore plus fortes entre les gens en termes de durée de vie ou d’inégalité face à la maladie. Nous devonsacter sur des questions éthiques et les limites à ne pas franchir. Ce n’est pas le temps passé qui va compter, mais le temps vécu.

« DE NOMBREUX POLITIQUES ACCORDENT BEAUCOUP D’IMPORTANCE AU TEMPS COURT ET À LA RÉACTION. »

Cette notion de temps sera d’autant plus importante dans une société de partage, où le temps que l’on peut offrir aux autres constituera une richesse des temps modernes. Plus on va donner du temps aux gens par la robotisation ou l’augmentation de la durée de vie, plus on va conférer au temps une importance politique majeure. L’essentiel sera de garantir la liberté de choix dans l’usage du temps.

Pensez-vous que la notion de temps est suffisamment prise en compte en politique ?

En politique, la gestion du temps est dans toutes les têtes, mais cette gestion peut être électorale pour les uns, fondée sur des transformations lentes et comportementales pour les autres. Certains événements créent des priorités temporelles – une intervention militaire par exemple – qui viennent percuter le temps de recul souhaité par les dirigeants quand elle doit être décidée dans l’urgence. Cela dépend donc des politiques. Nombre d’entre eux accordent beaucoup d’importance au temps court et à la réaction, avec la tentation desemer des petits cailloux émotionnels. Pour eux, l’absence de temps médiatique est une preuve de faiblesse.

Sans parler de la confusion populaire entre le danger et le risque, qui a des conséquences sur le temps de l’action politique. Politiquement, on doit être attentif au risque, mais cette confusion est telle que l’on est tenté de ne plus rien faire. Le principe de précaution neutralise tout.

Nous serions entrés dans l’ère de l’anthropocène et tout se passe comme si cette dimension n’était pas prise en compte en politique…

Si les opinions n’ont pas pris conscience des enjeux, je crains que les politiques ne soient pas tentés de changer.

« NOUS SOMMES DANS DES MOMENTS DE CONFLIT REDOUTABLES OÙ LE CHACUN POUR SOI PEUT L’EMPORTER SUR LE CHACUN POUR TOUS. »

Il a fallu vingt ans de pédagogie scientifique pour que l’opinion internationale accepte que l’homme est responsable de la fragilité de la nature. C’est seulement à partir de là que les conférences ont pu se multiplier, mais on voit bien la difficulté qui existe entre la nécessité d’adapter à court terme pour gagner sur le long terme et le refus de se remettre en question… Nous sommes donc dans des moments de conflit redoutables où le chacun pour soi peut l’emporter sur le chacun pour tous.

Lire aussi :   Climat : après la COP21, Fabius appelle les dirigeants à tenir leurs promesses

La solution réside donc sans doute dans la façon dont nous travaillerons la conscience des peuples. La notion d’acceptation sociale est une donnée nouvelle : aucune décision politique ne peut être prise sans la volonté des peuples de l’accepter et donc de la comprendre. C’est la raison pour laquelle il faut agir sur le système éducatif, revaloriser le sens du débat dès l’école, redonner aux enfants le goût d’entreprendre… Je suis convaincu que c’est en travaillant la sagesse citoyenne que l’on arrivera à faire bouger les politiques, en étant attentif non plus uniquement au pouvoir mais aussi à l’influence du pouvoir.
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