Centre rhone –alpes d’ingenerie sociale solidaire & territoriale








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Cette soudaine défaillance a-t-elle une explication ? Notamment la suprématie de la pensée lamarckienne quand un tel bouleversement convoque la logique darwinienne ?

Le continent européen a poussé au maximum son excellence lamarckienne issue d'une économie de la demande après-guerre. Après la chute du mur de Berlin et surtout l'effondrement de l'Union soviétique, le même modèle s'est appliqué à l'Allemagne de l'Est, puis aux pays d'Europe de l'Est. Mais l'essence même d'une économie de l'offre de type darwinien a été oubliée : l'introduction de nouveaux objets techniques et de leurs usages. Les tensions actuelles entre les Europe occidentale et centrale se trouvent là : un renouvellement darwinien vital à l'Ouest face à une nécessité lamarckienne à l'Est.

Puis, dans le cadre de la mondialisation des années 1990, les "pays émergents" ont rattrapé leur retard selon le même modèle. D'un point de vue européen, c'est une politique industrielle qui se construit essentiellement en collaboration avec les plus grandes entreprises, qui, par ailleurs ont aussi des enjeux internationaux. Résultat : une chute impressionnante de la part industrielle du PIB, la plus vertigineuse étant pour la France. Certains gourous égarés ont même affirmé que le temps des usines était terminé. On n'a jamais détruit autant d'emplois dans les industries en si peu de temps, allant en cela à rebours en regard de l'histoire moderne de l'Europe et de sa place dominante dans le monde jusqu'au milieu du XXe siècle. Comment, dans les années 1980, a-t-on pu apporter autant de crédit aux dérives d'un Serge Tchuruk, d'un Jean-Marie Messier, d'un Bernard Tapie... et à la financiarisation de l'économie casino ?

L'époque contemporaine et notamment ses attributs entrepreneuriaux est-elle de nature à consolider ou à lézarder la civilisation européenne ?

L'Europe occidentale est le creuset de la révolution industrielle, de la démocratie, de l'humanisme... Sa culture est fondamentalement libérale et sociale, avec des nuances selon les nations, les cultures et les traditions politiques, comme pour la laïcité. Nous nous sommes égarés en croyant être arrivés à la fin de l'histoire, selon l'expression de Francis Fukuyama (La fin de l'histoire et le dernier homme, Flammarion) avec la chute de l'Empire soviétique et l'expansion du modèle libéral et démocratique voguant avec la mondialisation.

L'Europe (occidentale) humaniste a pensé que ce qu'elle avait réalisé dans le cadre de son union allait s'étendre à l'échelle du monde. Internet promettait le meilleur des mondes et le village mondial, et, excepté quelques régions du monde encore en retard, le rêve de Teilhard de Chardin d'une noosphère reliant toutes les intelligences allait être exaucé. En plus, les Américains fournissaient les réseaux et, en tant qu'hyperpuissance mondiale, assuraient notre sécurité. Ainsi, nous Européens nous inscrivions dans l'héritage et la concrétisation du projet universel des Lumières. C'est là une particularité de la "Terre Europe", une civilisation qui, intrinsèquement, se pense universelle et agit en tant que telle. Si les grands empires de l'histoire du monde se sont étendus selon leurs logiques expansionnistes, ce ne fut jamais en prétendant imposer leurs valeurs.

C'est même la caractéristique des empires : leur aptitude à maintenir la pluralité des peuples, des cultures et des croyances - celles-ci étant soumises à une autorité centrale dominante, et rendant un culte de soumission à cette autorité impériale déifiée -, mais sans éliminer les communautarismes. Notre «"Terre Europe" se fonde sur l'héritage chrétien et missionnaire, ce que Rudyard Kipling appelait le "fardeau de l'Occident". Le dernier avatar de cette dynamique européenne a été la mondialisation et ses promesses de démocratisation du monde, qui, on le sait, se sont effondrées avec les Twin Towers, 2001 étant le vrai an 1 du XXIe siècle.

Actuellement, nous commençons seulement à payer l'inconséquence de notre volonté d'ingérence pour imposer la démocratie, notamment au Moyen-Orient. Pourquoi cela ? Simplement parce que nos philosophies de la modernité et de la liberté ont cru que l'homme moderne pouvait s'affranchir facilement de sa dimension anthropologique ; il suffit pour en prendre conscience de se référer aux travaux d'Emmanuel Todd sur la France.

Plus qu'un choc de civilisations selon la thèse de Samuel Huntington (Le choc des civilisations, Odile Jacob), nous sommes confrontés à des conflits aux racines anthropologiques profondes. Il a fallu plus d'un siècle pour que la démocratie s'instaure de façon pérenne en France, elle a toujours été menacée, et elle l'est encore. La transition de la "Terre Europe" à la "Terre Patrie" passera par d'autres chemins de l'histoire, esquissés par Edgar Morin et par d'autres.

Notre "Terre Europe" est un modèle exemplaire de coopération et de paix alors que nos conflits de jadis ont embrasé le reste du monde au XXe siècle. Aujourd'hui encore, si la France, l'Angleterre et l'Allemagne se disputent, le reste du monde s'inquiète. L'Europe est le seul continent qui a réussi son union sans passer par la force. Même les Américains regardent avec intérêt notre aptitude politique à maintenir un système de protection sociale. Aux États-Unis, la Californie se montre au niveau de nos valeurs européennes : salaire horaire minimum, lois sur la pollution, actions sur les prestations sociales dans le cadre de l'uberisation, mariage pour tous... Mais ce n'est qu'en Californie. Au Canada et au Québec aussi, dans certaines régions. Mais ce n'est pas à l'échelle du continent nord-américain. Ce peut être là une des faiblesses du fédéralisme.

Si nous avons manqué la révolution informatique - son développement, pas son invention - et celle des réseaux, le dynamisme entrepreneurial qui anime nos jeunes générations nous permettra, je l'espère, d'avancer vers cette "Terre Patrie". Mais on ne peut pas le faire sans moyens, et la naïveté, si ce n'est l' "erreur humanistique", a été de croire que l'on pouvait se passer du renouveau de notre puissance industrielle et même militaire. Autrement dit, si la réalisation de la Communauté européenne s'appuie sur une véritable approche humaniste de la part de ses pères fondateurs, on a oublié que si les idées prévalent, cela ne peut se faire ni se perpétuer sans les moyens plus prosaïques nécessaires - rappelons les fondements chrétiens humanistes des pères de l'Europe et le fait que le bleu du drapeau européen est celui de la robe de la Vierge Marie.

Les événements récents dans les pays arabes montrent, une fois de plus et depuis les aventures de Napoléon Bonaparte jusqu'à celle des présidents américains récents, que l'on ne peut pas instaurer la démocratie par les armes. Peut-on espérer faire l'histoire par les idées si l'on est vulnérable aux yeux des autres ?

Le Brexit - décision, le 23 juin 2016, des citoyens anglais de divorcer de l'Union européenne - traduit-il un rejet de la "Terre Europe" ou plutôt celui du système et de l'organisation politiques censés donner à cette Europe sa justification, sa raison d'être, son sens ? Ce séisme, que dit-il sur la salubrité de la démocratie européenne, sur l'articulation des démocraties représentative et participative, surtout sur l'avenir même de LA démocratie et celui de l'Europe ? Ce continent n'a-t-il jamais aussi bien justifié son adjectif "vieux" ?

Pascal Picq. Ce référendum illustre toutes les déshérences de nos démocraties. Un coup politique manœuvrier de James Cameron qui se termine par un revers cinglant. Toute la campagne et ses protagonistes se sont vautrés dans les fausses déclarations, les fausses promesses, les fausses conséquences... Quand les politiques en arrivent à douter de leurs convictions jusqu'à s'en remettre à des référendums, comme pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, cela en dit long sur leur leadership, leur sens de la responsabilité et leur capacité à prendre des risques.

Emmanuel Todd a anticipé cette fin de la démocratie et décrit, avec Hervé Le Bras, le retour aux réflexes anthropologiques des communautarismes et des nationalismes. Quand nos politiciens nationaux délèguent les décisions importantes à Bruxelles ou à des référendums locaux, ils tuent leur légitimité. Quant aux décisions de Bruxelles, aussi pertinentes qu'elles puissent être, elles sont exercées par des personnes non élues. Et que dire de tous ces lobbyings peu démocratiques, aussi justifiés qu'ils puissent être.

Les politiques, avec leur manie des sondages et des référendums n'agissent ou, plus pertinemment, ne réagissent que de façon immédiate. Certes, il en est de même pour toutes les espèces. Mais ne serait-ce pas le propre de l'homme, cet animal politique au sens d'Aristote, que d'agir avant tout selon des causes fondamentales, en accord avec un vrai projet politique, même si cela déplaît dans l'immédiat ?

Au-delà, la Grande Histoire aide-t-elle à dessiner la géographie mondiale contemporaine de l'innovation et de l'entrepreneuriat ? Et quelles mesures faut-il engager qui favorisent l'épanouissement de "toute cette nouvelle génération d'entrepreneurs innovants qui ne s'inscrit dans aucun schéma existant" et (se) construit (dans) la dynamique de la "coévolution" ?

Il faut bien distinguer les concepts d'invention, d'innovation et de synthèse créatrice. Quels sont les traits anthropologiques et culturels qui font que des sociétés innovent ou pas ?

Selon Lévi-Strauss, les sociétés froides disposent de représentations du monde et de règles qui visent à maintenir l'équilibre au sein de la société et avec l'environnement naturel. Elles sont réticentes au déséquilibre, au désordre, à l'entropie... Elles décident de maintenir une période de stase, et toute activité individuelle qui tend à altérer cet équilibre est atténuée, sinon réprimée, par la société et sa « sagesse ». Dans notre culture, c'est tout l'héritage postrousseauiste, représenté par l'écologie politique naïve, une partie de la gauche de la gauche qui déteste les inégalités de fait provoquées par les activités entrepreneuriales et le conservatisme chrétien de droite qui abhorre le désordre libéral-entrepreneurial.

Les sociétés chaudes, quant à elles, s'inscrivent dans une dynamique entraînée par les conséquences innovatrices des activités individuelles, et produisent inévitablement des inégalités et des destructions écologiques.

Alors, faut-il espérer des sociétés tièdes ? Elles n'ont jamais existé. Les cycles économiques et civilisationnels de Schumpeter sont en fait de longues périodes de sociétés froides entrecoupées de courtes périodes de sociétés chaudes...

... Par quelle température entrepreneuriale et créatrice notre contemporanéité est-elle caractérisée ?

Nous sommes dans une phase chaude, avec une fièvre entrepreneuriale à l'échelle mondiale, mais répartie très inégalement. Et l'on ne peut affirmer qu'une partie du monde se montre intrinsèquement plus innovante qu'une autre. L'Europe n'assure sa domination sur le reste du monde grâce aux sciences, aux techniques, aux armes et au capitalisme qu'au cours du XIXe siècle, tandis qu'auparavant elle faisait jeu égal avec les grands empires asiatiques. D'un point de vue anthropologique, toutes les populations humaines se montrent aptes à inventer, qu'il s'agisse de techniques, de connaissances, de croyances, de faits sociaux... Quand elles transforment ces inventions en innovations qui changent la société, c'est la phase chaude. La condition nécessaire d'une phase chaude ne repose pas que sur les inventions, mais dans les aptitudes à en faire des innovations dans une nouvelle conception du monde, ce que l'on appelle une synthèse créatrice.

De telles périodes restent assez rares dans l'histoire de l'humanité. Et les grands foyers d'innovation de l'époque moderne ne se trouvent pas dans des régions disposant de matières premières ; c'est même tout le contraire. Quelles étaient les ressources premières de l'Athènes de Périclès ? De Rome ? Des Midlands de la Lunar Society ? De la Silicon Valley ? En réalité, tout est question d'hommes, d'intelligence et de collaboration. Cela vaut aussi pour la France, où les foyers actuels d'innovation les plus dynamiques se trouvent en Vendée, en Bretagne, en Anjou, en Franche-Comté, et pas seulement dans des grandes régions traditionnellement entrepreneuriales comme Lille, Lyon, Grenoble, Toulouse, etc.
Conditions de travail à La Poste : des experts tirent la sonnette d'alarme

 Par latribune.fr  |  14/10/2016 
Dans une lettre ouverte, huit cabinets d’experts évoquent une "aggravation de la pénibilité physique", des "cas de suicides", des "situations de détresse individuelle", de "fréquents conflits ouverts entre agents" et "un climat social délétère" au sein du groupe.

À les entendre, rien ne va plus. Huit cabinets réalisant des expertises pour le compte des CHSCT de La Poste ont adressé une lettre ouverte au président du groupe, Philippe Wahl, pour"sonner l'alarme" sur la dégradation des conditions de travail et de la santé des agents et le "mépris du dialogue social", a-t-on appris de sources concordantes. Dans cette lettre datée de jeudi, dont l'AFP a eu copie, ces cabinets d'experts (Aptéis, Aristée, Cedaet, Eretra, Ergonomnia, Indigo Ergonomie, Social Conseil, Odyssée) dénoncent "la dégradation des conditions de travail et le mépris du dialogue social manifesté dans les différents secteurs et aux différentes échelles du groupe", parlant d'une "situation préoccupante du fait de la rapide dégradation de l'état de santé des agents".

Ils évoquent une "aggravation de la pénibilité physique", des"cas de suicides", des "situations de détresse individuelle", de"fréquents conflits ouverts entre agents" et "un climat social délétère". En cause, selon eux, les "réorganisations permanentes qui réduisent les effectifs et soumettent les agents à des cadences accélérées", du "courrier au colis, du réseau à la banque", malgré les "recommandations du rapport Kaspar de 2012", après le suicide de deux cadres.

Pour prescrire le travail, affirment encore ces experts, "les directions de proximité doivent s'appuyer sur des"modélisations statistiques" ne correspondant pas à la réalité du terrain, "qu'elles-mêmes ne savent pas expliquer". Interrogé par l'AFP, l'un d'entre eux, Nicolas Spire, évoque des "logiciels qui calculent tout à la minute près, sans rapport avec la réalité des tournées des facteurs", qu'il accompagne régulièrement,"une pression permanente, des réprimandes, humiliations".

"Une organisation du travail qui s'est emballée"

Il décrit "une organisation du travail qui s'est emballée dans ses modes de réorganisation et d'encadrement", parle de "situation proche du cataclysme" qu'il compare à la crise sociale de France Telecom en 2008-2009, touchée par une vague de suicides. M. Spire se refuse cependant à avancer des chiffres précis sur les cas de suicide, qui restent pour lui la "pointe de l'iceberg", mais il évoque "un taux d'absence en pleine recrudescence, des maladies et des départs". Les experts accusent aussi la direction de La Poste de refuser le dialogue social, ce qui se traduit par "des grèves dans de nombreux sites", et de faire entrave aux CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et conditions de travail) qui commanditent enquêtes et expertises et "constituent quasiment le seul contre-pouvoir institutionnel".

Interrogée par l'AFP, La Poste dit avoir pris connaissance de cette la lettre "avec beaucoup de sérieux" et vouloir proposer"dès la semaine prochaine" de rencontrer les experts. "La politique de La Poste est de contribuer à la bonne réalisation des expertises votées par les CHSCT et de tenir compte de leurs conclusions", ajoute-t-elle, disant compter "748 CHSCT qui ont demandé la réalisation de 66 expertises en 2015 sur tout le territoire (il y en avait 103 en 2013)".

"Sur les huit cabinets d'expertise signataires de la lettre rendue publique ce jour, quatre d'entre eux n'ont réalisé aucune expertise à La Poste en 2015. Les 4 autres ont réalisé 10 expertises locales à La Poste en 2015", conclut-elle.

Avec AFP
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