Essai sur la pensée et la vie sociale préhistoriques








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Chapitre XV : Le droit


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François Cosentini, La sociologie génétique (1905)
Chapitre XVI
LES CLASSES SOCIALES ET
L'ORGANISATION POLITIQUE


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L'extension de l'organisation politique correspond à l'extension du droit. De l'anarchie qui régnait primitivement dans le clan, on arrive à des formes plus définies. L'augmentation des membres du clan, ou la fusion de deux ou de plusieurs de ces groupes pour faciliter la défense, donnèrent naissance à la tribu. On commence à distinguer certains tempéraments et certaines aptitudes; la division du travail devint alors nécessaire.
C'est à cette période bien caractéristique pour le passage de la vie nomade à la vie rurale et sédentaire, et qui exige pour obtenir une coopération et une distinction bien nette des rôles de chacun, que se forment les classes sociales.
Si nous considérons l'état intellectuel et social de l'homme primitif, nous pouvons facilement voir quelles classes se sont formées les premières. L'homme vivant à une époque de luttes furieuses qui décident de son existence, les individus les plus forts devaient évidemment l'emporter. Ainsi naquit la classe militaire. Elle constitua ensuite l'aristocratie, la classe des patriciens qui garda longtemps le monopole du pouvoir, et régla les relations sociales à son avantage exclusif.
A côté de cette classe, ou plutôt, en même temps qu'elle et sans distinction possible au début, naît la classe sacerdotale. Sacerdoce et pouvoir sont primitivement une seule et même chose; le chef de la tribu est aussi prêtre suprême, car le pouvoir avait encore un caractère divin.
Quand les pratiques destinées à rendre la divinité favorable se compliquèrent et exigèrent une plus grande habileté et un soin plus particulier, on sentit la nécessité d'une distinction entre les individus forts et capables de manier les armes et ceux qui pouvaient plus particulièrement exercer les pratiques du culte. Ces derniers furent ordinairement les membres les plus anciens des tribus, qui, par leur expérience et leur ascendant moral, étaient tenus pour habiles à rendre la divinité favorable.
La classe sacerdotale et la classe militaire, bien que distinctes, ont toujours été intimement liées; c'est ainsi qu'à la période des rois prêtres succède celle des prêtres inféodés au pouvoir politique.
Au bas de l'organisation politique rudimentaire, nous trouvons la foule des travailleurs qui accomplissent les travaux des champs et ceux des industries naissantes. Elle contribue par son œuvre à faire prospérer la tribu; elle prend elle même part aux luttes, sous la direction de l'aristocratie militaire. Elle n'a aucune influence politique, aucun rôle de domination. Elle est formée soit des individus les plus faibles au point de vue militaire, soit de ceux qui se sont par la suite adjoints à la tribu dans leur propre intérêt, soit des membres des tribus soumises; c'est cette foule qui constituera plus tard la plèbe, le prolétariat.
Cette dernière catégorie révèle déjà un progrès remarquable dans l'évolution sociale, car elle est l'indice d'une lutte plus modérée, d'un esprit de solidarité plus profond. Quand l'homme en arrive à penser qu'au lieu de tuer un autre homme, il est plus utile d'en faire un esclave qu'il oblige à travailler pour lui, il y a évidemment un progrès: la lutte sanglante est soumise à une règle de droit, la violence brutale fait place à la tendance contractuelle; le droit public s'est étendu.
Cette distinction de classes sociales s'explique très nettement dans un stade avancé de l'évolution; mais la différenciation s'établit dès la période néolithique au début de la vie agricole, et quand l'homme construisit des demeures durables. C'est également une explication de l'organisation gouvernementale.
Le gouvernement, dit Spencer, est né de l'agression. Le groupe qui en fut l'auteur ne s'est point élevé au dessus des autres en s'arrogeant le pouvoir au sein de la tribu primitive; c'est l'invasion extérieure, et l'incursion d'une tribu dans le champ d'une autre, qui donnent naissance au groupe dominant, appartenant presque toujours à une race différente de celle des individus subjugués.
Les inégalités primitives au sein d'un même peuple impliquent une différence d'habileté entre individus. Ses conflits rendent ensuite plus visibles les distinctions et les inégalités sociales. Ils élèvent un groupe entier au dessus des autres quand son travail lui est supérieur et lui assurent une domination héréditaire.
Il y a dans la nature humaine certaines tendances à la subordination, qu'on trouve à la base des formations politiques. Quand une différenciation se produit entre les membres d'un groupe par suite de qualités physiques, intellectuelles et morales particulières, elle implique nécessairement des supériorités et des infériorités naturelles au sein de ce groupe.
On peut trouver des exemples de cette subordination spontanée dans les sociétés animales et sauvages. C'est la preuve qu'en l'absence d'État et d'organisation politique, une société contient toujours les germes de ces phénomènes.
A cette subordination spontanée, conséquence du processus de différenciation entre les membres d'un même groupe, vient s'adjoindre une subordination coercitive, dont la guerre est le facteur principal. La guerre donna naissance à deux genres de domination. Pour rendre l'attaque et la défense plus efficaces, grâce à une action mieux coordonnée, elle détermine une organisation militaire, et par suite, la suprématie du plus fort, du plus valeureux ou du plus adroit. Cette première organisation une fois formée, on passe naturellement à l'organisation politique, car le chef militaire conserve aussi son pouvoir en temps de paix et rend de la sorte son gouvernement permanent.
D'autre part, la guerre aboutit souvent à la fusion de deux ou de plusieurs groupes; le groupe vainqueur l'emporte naturellement, il a l'autorité et des avantages sur le groupe vaincu ce qui produit par suite une différence dans les conditions sociales.
L'organisation militaire se transforme bientôt en organisation civile, soit parce que la subordination et la discipline consolident la paix et la sûreté intérieure, soit parce qu'on peut ainsi facilement aboutir à l'épuisement des vaincus. Cette transformation assure aussi le principe d'autorité la religion; et les traditions viennent donner au pouvoir du chef une sanction divine.
L'organisation et la différenciation de l'État se développent à mesure que s'étendent le groupe dominateur et le territoire. Puis vient l'État, organe de la justice et base des rapports sociaux.
Ainsi, le droit se consolide concurremment à l'État: il est en possession de tous ses caractères, quand l'organisation politique a atteint un degré tel que le pouvoir social peut jouer à lui seul le rôle de tutelle et de garantie.
La différenciation des groupes, dérivée de la lutte et de la sélection qui suit cette dernière, correspond de la sorte à une division du travail de nature purement fonctionnelle. La communauté du territoire aboutit au rapprochement des éléments hétérogènes du peuple, à une maturité des rapports, et à un lien de coopération sociale.
Des formes primitives d'agression brutale à la simple violation de l'ordre social, toute attaque suppose l'élévation d'un individu qui tend à progresser aux dépens d'un autre qu'il abaisse. Ce caractère est commun au crime, à la guerre et à la domination sociale. A l'origine, comme l'observe Richard 45, l'ennemi est considéré comme un criminel et le criminel comme un ennemi. Les fonctions judiciaires et les fonctions militaires étaient réunies. On agissait de même contre l'ennemi intérieur et contre l'ennemi du dehors.
Les vaincus sont traités en coupables et les coupables en vaincus; la mort, la mutilation, l'esclavage sont les procédés qu'on emploie communément. Tout ennemi est un coupable, il n'y a pas de différence entre le crime et la guerre, qui justifie toute offense aux sentiments de sympathie; aussi n'est il pas de crimes en temps de guerre. De nos jours les criminels sont encore traités en ennemis intérieurs, les peuples vaincus en criminels, les adversaires politiques en coupables.
L'agression délictueuse et la domination sociale ont les mêmes caractères. Le crime n'était jadis conçu qu'au sein d'une même classe ou d'inférieur à supérieur. Les membres de la classe supérieure avaient un droit de vie et de mort sur la personne de leurs sujets, un droit de propriété absolue sur leurs biens. L'exclusion de toute idée de crime de leur part vient de ce que la puissance et la supériorité de la classe dominante étaient acceptées, et que tout abus de pouvoir était la simple confirmation de l'ordre établi. Et de nos jours il n'est pas juridiquement admis qu'un monarque puisse commettre des actes délictueux: on ne peut l'appeler en justice.
Examinons, d'ailleurs, un code pénal actuel; nous verrons bien vite que tous les crimes prévus par la loi étaient considérés jadis comme des actions louables s'ils étaient exercés contre un ennemi extérieur. Venant des classes au pouvoir, ils devenaient des privilèges expressément reconnus, du moins des actions permises et non punissables.
Par suite, le crime est le retour héréditaire à un degré antérieur du développement de notre race, à l'époque où il n'était pas encore un crime: c'est le cas d'une personnalité qui s'attribue le pouvoir, déjà privilège de classe, et qui s'arroge une autorité quelconque sur les autres membres ou sur les rouages de l'État, contrariant ainsi tout l'équilibre des forces sociales.
Le pouvoir gouvernemental ou social a donc pour origine un acte d'usurpation, sinon de violence, procédé fréquent dans l'histoire des classes dominantes. Pourtant cette aristocratie, indice des peuples militarisés et nés de la conquête guerrière se transforme également chez les peuples maritimes sous l'influence du commerce, qui facilite l'élévation des classes inférieures et fait disparaître la domination de l'oligarchie militaire; la hiérarchie sociale a pour base la richesse. La fortune instable ne laisse pas toujours le pouvoir aux mêmes groupes. D'où une participation plus large des différentes classes à la vie publique.
C'est le début du régime démocratique, qui nous conduit à la période historique.

Bibliographie

Chapitre XVI : L'organisation politique
et les classes sociales



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François Cosentini, La sociologie génétique (1905)
Chapitre XVII
L'ART, L'INDUSTRIE.
LE COMMERCE.


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L'origine des premières tentatives artistiques n'est pas purement esthétique: leur but était essentiellement pratique et la préoccupation du beau n'est venue que plus tard. Il s'ensuit qu'à ses débuts l'art est une fonction sociale indispensable, une des armes de la lutte pour la vie, un moyen de satisfaire aux besoins de l'humanité primitive.
La nécessité où se trouva d'abord l'homme de chercher les moyens propres à faciliter son existence, l'instinct d'imitation qui le conduisit à profiter de l'expérience des autres espèces et même du milieu naturel, développèrent ses instincts artistiques, identiques à l'instinct du jeu, qui pousse l'homme à exercer sans but apparent ses facultés physiques et intellectuelles.
Si nous analysons le développement d'un art quelconque, nous trouvons qu'il a pour base un besoin social. Un des arts les plus remarquables à ce point de vue est l'architecture, dont l'origine se rattache à celle de l'habitation humaine. D'abord, l'homme se servit des habitations que lui fournissait la nature: les anfractuosités des rochers, les grottes, les cavernes. Il utilisa les abris naturels, et il trouva le moyen de les modifier (clôture par un obstacle quelconque, origine de la porte); enfin, il créa par imitation des cavernes artificielles, là où il n'en trouvait pas naturellement. II creusa la terre, et, pour éviter des écroulements, il installa des soutènements en bois on en pierre. C'est de là que viennent ces murs énormes, qui s'enfoncent dans le sol. Les dangers d'écroulement venant d'en haut, on rapprocha par le sommet ces deux amas de pierres jusqu'à former un angle. Ce furent les débuts de la voûte et de l'arcade. Le premier architecte creusa avant de bâtir.
Le tumulus est une première forme de construction antérieure au dolmen. Il consiste en une pyramide de terre, modifiée selon la nature de la matière employée, pyramide devenue hémisphérique et parfois disposée en terrasse. Certains tumulus sont des temples, d'autres sont des sépultures. Il en est où la pierre n'est qu'un soutènement, d'autres où elle forme intérieurement des chambres sépulcrales. Tombeau ou temple, le tumulus suppose une vie commune, un état social.
Le dolmen vient après le tumulus. Il se compose de deux pierres (ou même de quatre, fixées deux à deux dans le sol), qui en soutiennent une autre reposant à plat comme un portique primitif. On passe ainsi aux monuments mégalithiques dont nous avons parlé. Ils sont en général une imitation de la caverne. Leurs pierres sont encore à l'état grossier.
Les villages lacustres, qui remontent à l'âge du bronze, nous montrent une grande habileté dans l'emploi des éléments naturels. Le type de ces habitations est la cabane construite avec des piliers que soutiennent des pierres jetées au fond du lac. Les murs consistent en une palissade, le toit en des éléments végétaux. Le bois, plus léger que la pierre, est employé de préférence, mais il exige un travail plus habile pour pouvoir être utilisé. La pierre et le bois sont les éléments qui permirent au premier architecte de construire sa demeure.
Le vêtement de l'homme primitif marque un début d'art ornemental. L'habillement ne servit à l'origine qu'à préserver le corps des intempéries, mais il devint ensuite un moyen d'embellir l'individu, peut-être même de reproduire les variétés de couleurs que ce dernier remarquait chez les animaux. C'est la caractéristique des peuples chasseurs. Les objets brillants, aux formes singulières, aux couleurs vives, furent certainement ceux qui servirent à la parure personnelle.
Les sauvages ont un habillement fixe (transformations durables du corps, cicatrices, tatouage, perforation du nez, des lèvres, des oreilles), et un habillement modifiable (ceintures, anneaux, colliers, bracelets).
Il ne peut exister de traces de la parure primitive; mais certains palethnologistes estiment que le tatouage était connu des premiers hommes. Nous avons au contraire, de nombreuses traces de l'habillement modifiable dès l'époque paléolithique. Les grottes et les habitations préhistoriques contiennent des colliers, des bracelets et des pendants faits de coquilles, d'os et de dents d'animaux, ou de pierres de couleurs et de formes diverses.
On passe ainsi sans difficulté de l'habillement à l'art ornemental. A peine l'homme a t il le désir de s'embellir qu'il ressent celui de parer les outils et les objets usuels. II faut pourtant remarquer que si l'art ornemental des peuples civilisés recherche ses motifs dans le règne végétal, celui des primitifs se limite, au contraire, aux formes animales et humaines. L'ornement végétal, qui abonde chez nous, fait complètement défaut chez le primitif. C'est que ce dernier, accoutumé à une vie de chasse, est obligé de lutter contre les animaux qui font naître chez lui les sensations les plus vives et lui offrent les meilleurs modèles.
Nous avons de nombreux exemples de ces reproductions. Le renne, le cerf, le cheval, les poissons, le bœuf, le sanglier, le mammouth, l'ours, l'homme même, sont sculptés sur la pierre, sur le bois, sur l'os et sur l'ivoire. La plus belle de ces sculptures est un poignard en corne de renne sur le manche duquel on voit ce même animal sautant. Un autre poignard a été trouvé par Massénat dans la grotte de la Madeleine; il représente un auroch fuyant devant un homme qui lui lance une flèche. Ces exemples montrent une grande faculté d'observation et une extrême habileté technique, toutes qualités nécessaires à l'art de la chasse qu'exerçaient les hommes primitifs.
Ainsi l'art à ses débuts est une expression esthétique de deux qualités que la lutte pour l'existence conférait aux peuples et développait en eux.
Semblable à l'art, l'industrie primitive est réglée par les conditions d'existence. Elle se borne d'abord au travail de la pierre; on a trouvé dans certaines grottes de véritables laboratoires.
A l'époque néolithique on connaît l'art de la céramique, les nombreux vases découverts dans les cavernes en sont la preuve. Vers la fin de cette période, on commence à tisser.
L'emploi de l'os et de l'ivoire, et en général de tout ce qui se rapporte aux besoins les plus immédiats de la vie, atteignit un aussi grand développement. Enfin l'industrie fit de grands progrès grâce à l'usage des métaux, qui permirent à l'homme d'acquérir un moyen sûr de triompher dans la lutte pour l'existence, et de réaliser, par un moindre effort, un travail plus considérable. Cette extension industrielle correspond aussi au développement du commerce. Dès l'âge de la pierre, les ethnologistes en trouvent des preuves; on a découvert dans quelques grottes des outils fossiles. Les armes, les ornements, les aliments furent des objets d'échange. Le commerce eut un plus grand développement quand l'agriculture fixa l'homme et lui procura des produits nouveaux.
Mais cela n'arriva que plus tard; les rapports entre tribus voisines ne furent pas toujours pacifiques; il était par suite difficile de réaliser le troc, qui marque déjà un apaisement dans les luttes féroces, des rapports établis, et de meilleures conditions d'existence; car aucun échange librement consenti n'est possible entre individus nécessiteux.
Le commerce naquit lorsque les conditions d'existence s'améliorèrent. La navigation lui donna une impulsion considérable. Dès l'âge néolithique, elle permit aux peuples de communiquer entre eux, et jeta les bases de cette solidarité qui devait plus étroitement unir la famille humaine.

Bibliographie

Chapitre XVII : L’art, l’industrie, le commerce.


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François Cosentini, La sociologie génétique (1905)
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