I avant-propos








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IV - L’APOSTOLAT




Dans la lice



L'année 1882 marque, en réalité, le début de son apostolat. Au cours de ce relais douloureux que la destinée lui impose, il se replie sur lui-même pour mieux mesurer ses forces en vue des dures étapes qu'il devra parcourir.

Il s'effraie de se trouver si mal en forme pour affronter un tel combat. Que de travaux à accomplir, que d'obstacles à vaincre ! Le matérialisme déferle en lourdes vagues entourant, battant les hauts som­mets de l'intelligence de sa marée délétère. Le posi­tivisme rallie les suffrages de l'Université. L'idéa­lisme est bafoué, le Spiritisme un objet de risées. Les croyants de toutes confessions sont avec les athées pour le ridiculiser et s'il se pouvait l'anéan­tir. Pourtant, Léon Denis, en bon paladin fait front à l'orage. Les compagnons invisibles sont à ses côtés pour l'encourager, l'exhorter à la lutte.
« Courage, ami, lui dit Jeanne : nous serons tou­jours avec toi dans la vie pour te soutenir et t'inspi­rer. Tu ne seras jamais seul. Des moyens te seront donnés à temps pour accomplir ton oeuvre ».
C'est le 2 novembre, jour des Morts de la même année, qu'un autre événement d'une importance capitale se produit dans sa vie. Celui qui, pendant un demi-siècle, devait être son guide, son meilleur ami, mieux encore, son père spirituel, « Jérôme de Pra­gue », se communique pour la première fois, en séance spirite, au milieu d'un groupe d'ouvriers, dans un faubourg du Mans où Léon Denis se trou­vait de passage. Lui-même nous en a fait le ré­cit :
« Certes, aucun autre des assistants ne connaissait l'histoire de l'apôtre tchèque. Je savais bien que le dis­ciple de Jean Huss avait été brûlé vif, comme son maître, au XVème siècle, par ordre du Concile de Constance, mais je n'y songeais guère en ce moment. Je revois en­core, par la pensée, l'humble logis où nous faisions cer­cle, au nombre d'une dizaine, autour d'une table à quatre pieds, sans y toucher.

Seuls, deux ouvriers mécaniciens et une femme y ap­posaient leurs mains rudes et noires. Et voici ce que le meuble dicta par des mouvements solennels et ryth­més18.

« Dieu est bon ! Que sa bénédiction se répande sur vous comme une rosée bienfaisante, car les consola­tions célestes ne sont prodiguées qu'à ceux qui ont recherché la justice.

J'ai lutté dans l'arène terrestre, mais la lutte était inégale. J'ai succombé, mais de ma poussière, il s'est levé des défenseurs courageux ; ils ont mar­ché dans le sentier que j'ai pratiqué. Tous ceux-là sont mes fils bien aimés ».
Au mois de mars suivant, le hardi pionnier spi­rite recevait de Jérôme l'assurance formelle d'une assistance qui ne devait pas se démentir un seul jour.
« Va, mon fils, dans le sentier ouvert devant toi ; je marche derrière toi pour te soutenir ».
Et comme Léon Denis se demande encore si son état de santé lui permettra d'être à hauteur de la tâche, il reçoit cette autre adjuration :
« Courage, la récom­pense sera plus belle ! »
De ce jour, le jeune maître s'est engagé dans le sentier d'où l'on ne peut plus regarder en arrière, ni rétrograder sans risquer la chute irréparable.
« Dans dix ans, il te faudra monter sur la brèche, lui avaient annoncé ses guides ».
Le temps est ré­volu. Mais sa résolution est prise : il a désormais choisi sa devise : « Toujours plus haut ! ».

Premier contact



Le 31 mars 1881, on lui avait demandé de pro­noncer l'hommage traditionnel sur la tombe d'Allan Kardec, au cimetière du Père-Lachaise. En décem­bre 1882, il prenait une part prépondérante aux travaux du Congrès qui devait enregistrer la fonda­tion de la Société des Etudes Spirites.

Le Dr Josset présidait la réunion, assisté de MM. Chaigneau et Delanne, père, comme secrétaires. M. Leymarie était en quelque sorte l'animateur de ces premières assises.

Mme Allan Kardec, alors très âgée, avait été mise au courant des dispositions qu'on allait prendre, et c'est en parfait accord avec elle que le Président dé­clarait qu'elle approuvait pleinement le principe de cette vaste association morale entre les spirites français et la création d'un organe « le Spiritisme » destiné à propager la doctrine.

Le Dr Josset avait souligné combien la présence de Léon Denis était précieuse en un tel jour où de­vait s'affirmer la solidarité des spirites provinciaux et parisiens.

Celui-ci, parlant le dernier, avait lancé un vibrant appel à la concorde et l'assemblée lui avait fait un beau succès.
« Ce que nous ne pouvons rendre en écrivant - dit le compte rendu de la séance - c'est la chaleur, l'inspiration, la majesté du langage de l'éminent conférencier. L'assemblée était suspendue à ses lè­vres ; on sentait vibrer son âme sous les accents émus de l'orateur».
Dès le printemps suivant, époque où il reprenait ses tournées, il abordait en conférence une question qui le captivait particulièrement : « Le Génie de la Gaule ». S'aidant des travaux des historiens et des philosophes, surtout d'Henri Martin, d'E. Quinet et de J. Reynaud, il éclairait ce grand sujet de vues per­sonnelles qu'il devait développer plus tard dans ses ouvrages.

En avril, il parlait du Génie de la Gaule successive­ment à Nantes, le Mans, Vendôme, Tours, Angers et Châtellerault.

Les dirigeants du mouvement spirite - on le de­vine sans peine - désiraient s'attacher un orateur de cette envergure. G. Leymarie qui, à cette époque, s'occupait de la liquidation de la succession de la veuve d'Allan Kardec, avait hâte de rencontrer Léon Denis pour s'entendre avec lui, en vue de l'action commune à mener dans l'intérêt de la cause.

Il lui écrivait, le 31 mai, en l'assurant de son dé­vouement entier à l'oeuvre kardécienne :
« M. J. Guérin (de Bordeaux), notre ami Lessard (du Mans) et votre serviteur pensent justement que vous devez puissamment nous seconder dans toute initiative à prendre en fait de Spiritisme. Je crois personnellement que vous avez une mission à rem­plir et que les jeunes doivent être mis à même de donner la mesure de leur bonne volonté - et vous êtes un homme de bonne volonté ».
Léon Denis lui répondit de la façon la plus nette et la plus ferme19 :
« Tours, le 13 juin 1883.
Cher Monsieur et f. en c.,
A mon retour de voyage, je trouve votre lettre du 31 mai.

Mon père me fait également connaître votre visite et les propositions bienveillantes que vous lui avez faites à mon intention.

Je ne puis qu'approuver vos vues et rendre justice à vos persévérants efforts. Des engagements contractés envers la maison de commerce dans laquelle j'ai d'impor­tants intérêts ne me permettent pas, pour le moment d'accepter un mandat permanent, entraînant certaines obligations. Mais comme par le passé, je suis disposé à consacrer mes loisirs à la propagande spirite. Dès que la saison des conférences sera revenue, c'est-à-dire de septembre à avril, je serai à la disposition des sociétés et me rendrai dans les localités où ma présence pourrait être utile, cela d'une manière toujours gratuite et dé­sintéressée, mes ressources personnelles me dispensant de recourir à aucune aide matérielle.

Dans ces limites, je serai heureux de joindre mes efforts et mes moyens d'action à ceux des hommes sin­cères qui, par la vulgarisation des doctrines spirites, tra­vaillent au relèvement moral et intellectuel de l'humanité. »
Léon Denis ne s'engageait jamais à la légère. Avec lui, chose promise, chose due.

Dès le début de novembre, il était au groupe ré­gional du Mans pour la fête des Morts, et cette date, nous l'avons vu, devait être un des événements les plus marquants de sa vie. A Rochefort, le 14 du même mois, il parlait des «existences progressives des êtres ». A Cognac, le 16, puis à Agen, le 19, il traitait le même sujet.

Son action était en progression constante.

L'année suivante, il reprenait « le Génie de la Gaule » en s'attachant plus particulièrement à la « Vie de Jeanne d'Arc ».

Comment un tel problème n'eût-il pas requis son attention constante, puisque c'est un peu par lui que s'éclairait le mystère de sa propre destinée. Sorel­la, l'ange de la sagesse, ne s'était-elle pas muée en Jehanne, l'ange de l'amour sublime et du sacrifice ? N'était-elle pas en lui comme il était en elle, et sa vie mêlée et unie à la sienne au long des âges, indissolublement...

Au point de vue national, le miracle de la Pu­celle apparaît comme l'un des événements les plus caractéristiques de notre histoire où sont mises en évidence, pour des fins ignorées, les extraordinaires ressources du génie gaulois.

Dès maintenant, Léon Denis a mesuré le champ de son labeur et planté ses jalons sur un terrain so­lide. Toute la doctrine Kardéciste doit se mouvoir, en occident, autour d'un pivot central qui est l'idéal celtique touché par la grâce chrétienne, le Spiritisme n'étant qu'un des aspects du rayonnement de l'éternelle Vérité.
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