I avant-propos








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Le Génie Celtique et le Monde Invisible



Comme il n'avait pas eu l'occasion de tout dire au Congrès, Léon Denis reprit immédiatement sa collaboration à la Revue Spirite pour donner aux expérimentateurs les conseils les plus avertis et les plus judicieux en matière de médiumnité.

Dès le mois suivant, il revenait à une autre idée chère entre toutes et qu'il avait caressée, avec un soin tout particulier, dès ses débuts dans la pro­pagande. Cette série d'articles sur le « Celtisme », parus dans la Revue d'Allan Kardec, sont d'un intérêt capital puisque le grand Initiateur lui-même, y collabora.

Certain passage d'un message médianimique annonçait l'ouvrage qui était alors en gestation dans la pensée du Maître.
« Nous touchons à une phase nouvelle de l'évolution humaine, car, il y a des phases dans l'Histoire comme dans la vie des mondes et des individus. Mais en chaque race, en chaque pays, dort l'étincelle divine qui se réveille et reparaît sous la forme de traditions. Chez nous la tradition remonte jusqu'aux Celtes, et c'est elle qui sauvera le pays. Déjà le degré d'initiation est élevé chez certains individus, mais, d'autre part, les appétits ma­tériels viennent souvent tout entraver. C'est pourquoi ces articles sur la Tradition celtique, ayant une certaine portée comme documents prémonitoires, doivent être conservés78 ».

Les lecteurs de la Revue furent surpris, sans doute, de ne plus voir en tête des numéros qui suivirent, l'article coutumier du vieux maître. Léon Denis, à 80 ans sonnés, commençait d'écrire son dernier ou­vrage : Le Génie Celtique.

On devine aisément les difficultés qui devaient surgir d'un tel travail.

Léon Denis presque aveugle, accablé d'infirmités, ne pouvant user de sa secrétaire que quelques heu­res par jour, est dans l'impossibilité complète de se livrer personnellement aux recherches nécessaires. Qu'importe ! Les moyens lui en seront donnés. On lui procure les ouvrages demandés. Il se les fait lire, prend des notes, étudie, compare les textes. Made­moiselle Baumard s'emploie de son mieux à l'aider dans son labeur. Par la voie médianimique, les messages lui sont transmis régulièrement, déblayant la voie qu'il doit lui-même éclairer.

Peu à peu, les chapitres s'ébauchent dans sa pen­sée.

L e Maître, avec une aisance admirable, édifie pierre à pierre l'oeuvre nouvelle.

Le travail avance rapidement. Il est en pleine ar­deur d'élaboration quand le jeune et ardent écrivain spiritualiste bien connu, Gabriel Gobron, vient à Tours donner une conférence à l'Université popu­laire.

Le Maître appréciait le talent dru, truculent, vi­goureux de l'auteur de L'Ermonec, sa fougue et son ardeur combative.

Il le reçoit à sa table, s'entretient avec lui de l'ouvrage en cours, le charme par sa simplicité et la verdeur de son esprit, imprime dans le coeur du « celte d'Ardennes » un sentiment d'émulation re­connaissante.

Le vendredi 12 novembre, dans un savoureux ar­ticle de « l'Est Républicain79 ». G. Gobron saluait le « vieux druide de Lorraine » qui en pays turon, au bord du Loyre gaulois, ravivait l'étincelle qu'on eût dit éteinte du celtisme immortel.

Quelques mois après, au cours de cet hiver si bien rempli, qui devait être le dernier de sa vie terrestre, M. A. Ripert, le distingué secrétaire général de la Revue Spirite, vint à son tour donner à l'Université populaire de Tours une conférence sur le Psychisme transcendantal. Il fut également l'hôte du Maître et puisa auprès de lui une force et une assurance nou­velle.

Léon Denis donnait au nouveau propagandiste confirmation de ce qu'il avait confié à l'écrivain ar­dennais :
« J'ai des amis dans l'Au-delà qui me protègent et me soutiennent avec un zèle passionné. »
Tout naturellement, il reportait sur les dévoués ouvriers de la cause les bons offices qu'il recevait d'En-Haut, et cela, avec une assurance tranquille et sereine qui ne pouvait manquer d'impressionner ses sympathiques visiteurs.

L'hiver se passa ainsi sans à-coup, hormis une légère attaque de grippe qui le retint au lit quelques seulement. Son travail n'en fut qu’interrompu. Au mois de mars, le manuscrit terminé. Il n'avait plus qu'à remettre à l'imprimeur ces feuillets achevés avec une hâte fébrile, comme s'il eût pressenti son proche départ80.
« Béni soit le Druide, premier prêtre, premier apôtre du pays de France. Grâce à son inspiration, les esprits dé­sincarnés ont pu s'abreuver aux coupes qui diffusent la lumière de Dieu. Que les vibrations de l'esprit celtique ne s'arrêtent jamais. Que l'horizon s'éclaire sur notre beau pays ; que les âmes plus douces, plus légères aient plus d'élan vers vous, ô mon Dieu !

Que ce livre, écrit avec une sincérité et une élévation de conscience absolues, permette à tous les Français de tourner leurs âmes vers l'Infini. Que la lumière celtique s'allie à la foi en Dieu tout puissant. »
C'est en mars 1927 que parut, dans la Revue Spirite, son dernier article : « Rénovation ».

Dans ces pages lucides et fortes sont admirablement dégagées et mises en lumière les idées maî­tresses de son livre, à savoir que la France impré­gnée de celtisme et foncièrement chrétienne, doit continuer dans le monde son rôle d'initiatrice, car rien de grand, de solide et de durable ne s'édifie sans son concours.

L'oeuvre entière tendait à cette conclusion.
« C'est dans les plus lointaines traditions de notre race que sommeillent les puissances de vie, les moyens de relèvement de la nation française me­nacée dans ses énergies vitales ».
L'idéal celtique ! N'est-ce pas le rayon entrevu, la source vers laquelle tendent nos plus secrètes aspirations ?

Souvenons-nous de la date de ses premières con­férences sur le « Génie de la Gaule » : 1883 ! C'est ensuite la « Mission de Jeanne d'Arc » en 1888, puis la « Philosophie de la Révolution ». Les plus éloquents chapitres de son ouvrage sont consa­crés à cette question. Dans la « Vérité sur Jeanne d'Arc », « la Grande Enigme », « le Monde Invi­sible et la Guerre », dans nombre d'articles éche­lonnés sur un demi-siècle, il étudie, reprend sous toutes ses faces l'idée qu'il estime primordiale : à savoir que l'actuel spiritisme n'est, dans son fond, que le rappel des pratiques celtiques, et qu'il contient un élément de rénovation dont il faut faire le plus grand cas.

Cette conception n'est pas incompatible avec la re­ligion chrétienne. Les deux croyances, bien loin de se heurter sont faites, au contraire, pour se rejoindre.
« La doctrine celtique s'adresse surtout aux âmes vail­lantes qui font effort pour gravir les hauts sommets, à toutes celles qui voient dans la vie une lutte constante contre les bas instincts, considèrent l'épreuve comme une purification et évoluent vers la lumière, vers la su­prême Beauté.

Le Christianisme, lui, c'est l'Esprit bienveillant qui se penche sur la souffrance humaine, c'est la Providence qui console, soutient, relève ; la main tutélaire qui guide la brebis égarée et la ramène au bercail. Ces deux doctrines se complètent l'une par l'autre et s'har­monisent pour former un mobile de perfection81. »
Si Léon Denis, à 80 ans, s'est imposé la tâche d'écrire ce livre, c'est qu'il sentait que son Après la Mort demandait un pendant qui précisa, avec force et clarté, l'aboutissement de sa pensée. Cette pensée, la voici : le spiritisme kardéciste n'est autre chose qu'une adaptation des croyances de nos pères à notre mentalité moderne, car il coïncide exactement avec le druidisme « et constitue un retour à nos véritables traditions ethniques amplifiées des progrès de la Science et confirmées par les voix de l'espace ».

Ceux qui seraient enclins à contester cette filiation pourront se rendre compte, en lisant ce livre, qu'elle est solidement étayée. En ce qui touche la révélation spirite, libre à chacun d'en tire rune appréciation dans la mesure des renseignements que tout chercheur de bonne foi peut recueillir en pareille matière. Un certain nombre de personnes sont déjà fixées à ce su­jet. C'est à celles-ci que s'adresse le Maître, quand il déclare, avec sa modestie habituelle, qu'il se trouve peu qualifié pour oser ajouter quelque chose aux travaux des historiens éminents qui l'ont précédé dans ce domaine.
« A tant de pages célèbres écrites sur ce sujet, je n'aurais pas songé, dit-il, à ajouter quoi que ce soit, si je n'avais eu un élément nouveau à offrir aux lecteurs pour élucider le problème de nos origines, c'est-à-dire la col­laboration du monde invisible. En effet, c'est à 1'instigation d’Allan Kardec que j'ai réalisé ce travail82. »
Or, l'on sait que le grand Initiateur se donnait coutume un Celte des temps anciens ; le nom qu'il prit, le dolmen qu'il voulut qu'on mit sur sa tombe, témoignent de sa véritable origine.

Pour des fins souvent paradoxales, tout au moins risquées, certains écrivains ont combattu âprement ce qu'ils nomment le préjugé des races, mais elles n'en existent pas moins.
« Nous sommes, nous, Français actuels, les descendants des Gaulois ; latins par la culture, nous sommes, dit le Maître, Celtes par le sang. »
Encore n'invoque-t-il pas le magnétisme spécial d'un sol et d'un milieu où les générations celtiques se sont succédées depuis des siècles et des siècles. Sans doute, concède-t-il, de nombreuses colonies étrangères se sont installées chez nous, au long des âges, mais elles ont été aussitôt absorbées par les autochtones. Seuls, les Francs, les Wisigoths, les Burgondes se sont fixés chez nous à demeure. Com­bien étaient-ils ? Les uns et les autres, quelques milliers de familles. Il faut y ajouter, dans le Midi, l'apport phocéen, romain, sarrazin, catalan ; mais partout l'élément gaulois prédomine dans une très forte proportion.

Sans nier l'influence du sol qui imprime une marque spéciale à l'homme, comme à l'animal et à la plante, il est inexact de prétendre que le mélange des races s'est aujourd'hui complètement réalisé. Elles ont tendance à s'amalgamer de plus en plus, mais les « types » subsistent encore, malgré les con­ditions de milieu. Transplantés en Amérique qui est le berceau de la race rouge, les blancs, les noirs, puis les jaunes ont gardé leur couleur originelle. A notre époque, il est relativement facile de différen­cier un Celte d'un Germain ou d'un Latin, ou d'un Slave. On plut dire que sur toute l'étendue de l'extrême occident, l'apport celtique prédomine. S'appuyant sur les travaux de celtisants émi­nents, comme d'Arbois de Jubainville et M. Camille Jullian, Léon Denis retrace, à grandes lignes, les épisodes principaux de l'invasion celtique qui, à peu près au temps d'Homère, recouvrit de son double flux gaélique et kymrique les pays de l'Ouest.

Le premier chapitre est consacré tout entier à l'Ir­lande, « l'île verdoyante si chère aux coeurs cel­tiques », ancien sanctuaire des druides. Plus que tout autre, Erinn a conservé l'intuition de l'oc­culte :
« De cet océan de forces et de vie, peuplé de foules innombrables dont l'influence s'étend sur nous, et selon nos dispositions psychiques, nous protège ou nous ac­cable, nous attriste ou nous ravit. »
L'île des mages d'Occident, plus tard des saints bâtisseurs de monastères, est restée, de nos jours, « l'île des bardes » car ses grands écrivains ont gardé la mentalité d'autrefois : un Yeats, un George Russel plongent, par leurs racines intimes, dans le vieux fonds mystique qui a toujours alimenté l'âme gaélique impressionnable, nostalgique, tourmentée, éprise du mystère de l'au-delà ; et Léon Denis souligne, avec force, combien est significative, à l'heure présente, l'action parallèle, dans le domaine scienti­fique, d'un Crawfort, à Belfast, et d'un Barett, à Dublin83.

De la poétique Irlande, l'auteur nous conduit au pays de Galles, austère et grave, puis dans l'Ecosse brumeuse où l'action des forces souterraines et de la nier s'est inscrite de façon saisissante dans l'ossature des côtes et des monts de basalte et de granit.

Comme l'indomptable Irlande, le pays de Galles et 1'Ecosse ont su garder, malgré les persécutions séculaires des conquérants saxons, leur langue et leur autonomie. C'est surtout dans l'ancienne Cambrie, patrie d'Arthur et des chevaliers de la Table Ronde, que l'ancien bardisme a pu se perpétuer tout au long de l'Histoire, conserver ses traditions secrètes et refleurir dans le bardisme moderne qui ne saurait être qu'un bardisme atténué par l'usure des siècles. Toutefois, le mouvement de renaissance amorcé depuis une soixantaine d'années a pu s'éten­dre et rayonner au-delà des mers, partout où se trouve un foyer de celtisme, si limité soit-il, preuve que l'oubli n'est pas définitif et que l'étincelle som­meille sous la cendre.
« Cardiff et le comté de Glamorgan sont devenus les foyers les plus intimes de la propagande celtique, où s'impriment et se publient (en langue gaélique) toutes les oeuvres des bardes anciens et modernes 84. »
Entre les Bretons des îles et ceux d'Armorique, l'auteur l'a noté excellemment la différence, au mental, n'est pas très grande. Leur langue présente des analogies frappantes. La majeure partie de la population de la Bretagne française ne des­cend-elle pas des émigrants cambriens et cornouail­lais qui vinrent s'y fixer au moment de l'invasion saxonne, vers la fin du Ve siècle ? Le bar­disme, en Armor est sans doute plus timide, plus effacé qu'au pays de Galles, Pourtant, les gens ont gardé l'amour de la langue mère ; beaucoup d'in­tellectuels rêvent pour leur province, non pas d'un séparatisme inefficace, mais d'une autonomie plus grande, semblable à l'autonomie galloise, surtout d'une restauration de leurs traditions anciennes.
« La caractéristique du bardisme breton, dit Léon Denis, c'est d'être, comme l'Irlandais, profondément pé­nétré de christianisme, ou plutôt de catholicisme, ce qui, d'ailleurs, altère son caractère véritable. Mais le fond même de l'âme de la race n'a pas changé. Soeur de l'âme irlandaise et cambrienne, on la retrouve dans l'oeuvre d'un Châteaubriand, d'un Renan, d'un Brizeux ou d'un Le Braz, pareil­lement éprise de musique et de poésie, mélanco­lique et rêveuse, assoiffée d'infini. »
Du rivage d'Armor, hérissé de menhirs, Léon Denis nous guide sur les hauts lieux de l'Auvergne, où s'érigeaient jadis les temples gaulois parmi les « cheires », les vallées et les forêts profondes. De même qu'ou l'a vu parcourir, le bâton à la main, les sanctuaires des druides au pays des dolmens et des pardons, de même il a voulu connaître à fond l'Auvergne, l'antique royaume de Bituit ; les tra­giques lieux de rencontre des armées gauloises et des légions romaines. Gergovie, Alésia !
« Lieux sacrés où l'âme celtique aime à se recueillir pour méditer et prier. »
Il faut lire les pages admirables de pénétra­tion, dignes de nos plus grands historiens, qu'il a consacrées à César et à son jeune et héroïque adver­saire.

Et le périple s'achève en Lorraine, au Donon et à Sainte-Odile, « boulevard de défense du monde cel­tique contre les Germains ». Vercingétorix conduit tout naturellement à Jeanne d'Arc.

Le chapitre que Léon Denis consacre à sa pro­vince natale est pénétré de l'émotion la plus pure.

Il rassemble ses souvenirs ; il reprend possession de cette terre sacrée ; il retrouve, lui, spirite, autour du Bois Chenu, les divines puissances éparses dans cette vallée meusienne, à la fois celtique, la­tine et catholique, qu'y voyait l'agnostique Maurice Barrès. Il évoque, auprès de la fontaine des Groseilliers, la ronde des druidesses. Voyante et inspirée, Jeanne lui apparaît comme une soeur de Velléda, comme la personnification la plus frappante et la plus touchante de l'âme celtique en qui domine l'intuition de ce monde céleste vers quoi tendent les plus hautes aspirations des hommes. Et Jehanne de Domrémy, « l'Esprit bleu », une fois encore, est venue bénir ces pages élevées à sa mémoire dans une pieuse et haute pensée.

La seconde partie de l'ouvrage traite plus spécia­lement du druidisme, des triades bardiques, de la palingénésie, de l'expérimentation spirite qui s'y rattache étroitement. L'auteur complète fort opportunément les données imparfaites que nous avons sur ces prêtres, philosophes de l'Occident, qui furent, si l'on en croit les Maîtres alexandrins, les véritables inspirateurs de la sagesse antique. Il rap­pelle la phrase de Valère Maxime, déclarant sans am­bages, que les Gaulois, avec leurs braies, pensaient la même chose que Pythagore, avec son manteau.

Que nous ont laissé les druides de leurs profonds enseignements ? Nous ne savons d'eux, remarque l'auteur du « Génie Celtique » que ce que les histo­riens latins nous en ont dit. Le seul document scrip­tural qui nous en reste réside, à l'état de reflet, dans « les Triades bareliques » dont nous n'avons d'ailleurs qu'une révélation imparfaite. Mais telles quelles, dans leur forme altérée par des rédactions succes­sives, elles constituent un document philosophique vraiment unique. On a contesté leur authenticité, sinon leur originalité qui est frappante. Mais pour tout esprit averti, le doute est impossible. Il faut voir, dans ces vieux chants gaéliques, un exposé vé­ridique des enseignements secrets des anciens bardes. Ce qui frappe, avant tout, dans cette « Syn­thèse des druides », c'est la curieuse analogie qu'elle présente avec la doctrine kardéciste. Léon Denis en donne une explication marquée au coin du bon sens. Au lieu de tenter d'expliquer la similitude de pensée entre les Brahmes, les Pythagoriciens et les Druides par des emprunts constants, il est plus sim­ple, plus logique, dit-il, d'attribuer ces ressem­blances à des révélations identiques venant du monde invisible.

Léon Denis se livre à une étude approfondie de ces documents admirables où le « néo-spiritualisme » se trouve exposé, par anticipation avec une maîtrise et une pénétration sans secondes.

Un chapitre du plus haut intérêt est consacré, plus loin, à la religion des Celtes expressément basée sur la correspondance du monde matériel et du monde invisible, aux influences des astres, au pouvoir mystérieux des êtres et des choses.

Les considérations politiques et sociales exposées à la fin de l'ouvrage achèvent de lui donner un ca­ractère de réelle opportunité. Les leçons qu'elles contiennent sont en effet, d'une brûlante actualité, soit qu'il s'agisse du rôle de la femme dans nos so­ciétés modernes ou des aspirations spirituelles de l'humanité qui vient. Pour la France en particulier, elles posent les conditions d'un relèvement possible dans les jours mêmes où nous tremblons de décou­vrir autour de nous les symptômes inquiétants d'un abaissement qui pourrait rapidement devenir irré­médiable.

Pour que notre Patrie reprenne sa vraie place dans le monde, il est indispensable qu'elle sache bien ce qu'elle est en réalité : celtique ou latine ?
« Elle a toujours hésité, au cours de son histoire, entre ces conceptions opposées ; de là, dit le Maî­tre, provient le caractère intermittent de son ac­tion. »
Tantôt, elle se dit celtique et alors elle fait appel à cet esprit de liberté, de droiture, de justice qui caractérise l'âme de la Gaule ; (d'où le mouvement d'émancipation des Communes, puis de la Révolu­tion) ; tantôt elle se croit latine, et dès lors vont réapparaître toutes les formes de l'oppression mo­narchique et théocratique, la centralisation adminis­trative imitée des Romains, avec les habiletés, les subterfuges de leur politique et les vices, les corrup­tions des peuples vieillis.

Revenir à son génie primitif, c'est revenir, pour le temporel à la décentralisation, au fédéralisme des républiques gauloises. N'y a-t-il pas à cela un danger ?

Ce qui, en fait, manquait à la Gaule, c'étaient l'ordre, la discipline, attributs du génie de Rome. Par contre, cet ordre, cette discipline implacable ont fait peser, dans la suite, sur la France, un joug qu'il n'est pas dans sa nature de supporter, qu'il soit militaire, monarchique ou théocratique.
« Notre pays, dit le Maître, ne retrouvera la sou­plesse et la plénitude de son propre génie que dans un régime de vraie liberté, de vraie démocratie. Cette démocratie, il faut la créer. La France contem­poraine aspire à un ordre nouveau. »
Ni l'Eglise, ni l'Université n'ont réussi, dans le passé, à donner à notre pays une vue nette de son destin. Elles ne voyaient que Rome, héritière de la Grèce dans l'oeuvre de civilisation. Sans méconnaître ce que nous devons aux pays latins, Léon Denis af­firme que le principe de notre grandeur, la raison de notre équilibre moral résident dans le retour aux véritables traditions celtiques.
« Ce serait une grande cause de faiblesse et par consé­quent un malheur pour la France de rester dépourvue des notions précises sur la vie et sur la mort conformes aux lois de la nature et aux intuitions profondes de la conscience. Pendant des siècles, elle avait oublié ses traditions nationales, perdu de vue le génie de sa race, ainsi que les révélations données à ses aïeux pour diri­ger sa marche dans un but élevé85. »
Mais voici que la révélation se répète, se renou­velle. Comme aux âges celtiques, le monde invisible intervient. C'est à la France qu'il appartient aujour­d'hui d'entrer résolument dans la voie tracée par les ancêtres ; elle ne doit plus faiblir à sa mission.

Tel est ce maître livre tout palpitant encore de la foi de l'apôtre, livre auquel les admirables messages d'Allan Kardec et de Jehanne de Domrémy ajoutent un caractère de sincérité singulièrement émou­vant.

Quelle sera la fortune de ce dernier ouvrage ? Il faut laisser à des circonstances propices le soin d'en assurer la diffusion. Souhaitons qu'il apporte aux celtisants sincères de France et d'Angleterre une confiance accrue dans le génie de l'antique race qui, seul, peut ranimer la lumière de l'Esprit sur le monde occidental plongé dans le brouillard tragi­que d'un bas matérialisme ne pouvant mener qu'aux déceptions et aux pires catastrophes.
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