I avant-propos








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Léon Denis et Conan Doyle



C'est au mois d'avril de la même année que pa­rut The Mystery of Joan of Arc. C'était la traduction de Jeanne d'Are médium, par sir Arthur Conan Doyle.

Le célèbre auteur de Sherlock Holmes, grand admi­rateur de 1'oeuvre de Léon Denis, lui avait écrit, dès la fin des hostilités, pour lui demander l'autorisa­tion de traduire sa Jeanne d'Arc qu’il saluait comme un livre splendide vraiment inspiré.
« Jeanne, lui mandait-il, est à la mode ici, pour le moment, et il parlait du succès remporté en Angleterre par la pièce de Bernard Shaw : Saint Joan. »
Léon Denis lui avait aussitôt répondu qu'une telle offre ne pouvait le laisser insensible. Une correspon­dance s'en était suivie des plus libres et des plus cor­diales. Le vieux Maître envoyait à son nouvel ami de chaleureux messages auxquels sir Conan Doyle répondait, dans un français un peu hésitant, avec un humour tout britannique.
« Je vous salue, lui écrivait celui-ci, comme un vieux guerrier dans la bataille..., et aussi comme un grand écrivain français. »
Il lui envoyait des photographies, des documents métapsychiques. Un jour, Léon Denis recevait une carte où l'on voyait un instantané représentant le propa­gandiste anglais tête nue, s'exerçant à la marche sur un terrain uniforme et illimité, très probablement une plage. En-haut, la mention, écrite de sa main : Le voyage de la vie ! Une autre fois, c'était le cliché si curieux pris par Mme Daene devant le ce­notaphe des anciens combattants, à Londres, le 11 novembre 1923, cliché où, parmi des volutes flui­diques, apparaissent, en grand nombre et distinctement des visages parfaitement matérialisés de sol­dats morts à la guerre.

Le 23 septembre 1924, sir Conan Doyle faisait envoyer à son ami, par son secrétaire particulier, la photographie psychique du Dr Geley, qui avait été enregistrée au « British collège of Psychic Science », à 11 heures du matin, au cercle Crewe, document dont à l'époque ont fait état les publi­cations spirites.

Pourtant, il y eut dissension entre l'auteur et le traducteur. Ce fut lorsque celui-ci voulut aborder la question rétribution. Il se heurta, de la part de son correspondant, à un refus formel. « C'est impossi­ble que je retienne tous les profits, disait sir Conan Doyle. Acceptez, vous trouverez bonnes causes à aider ». Il lui fallut user d'autorité pour fléchir le bon Maître qui s'était donné comme règle de ne toucher aucun argent de son labeur d'écrivain.

The Mystery of Joan of Arc est un beau livre d'une présentation avenante, orné de sept illustrations, plus un frontispice, qui a eu en Angleterre et dans les pays de langue anglaise, un très honnête succès.

Sir Conan Doyle l'avait présenté lui-même au pu­blic en termes excellents.
« J'aime et j'admire tant son livre, disait-il de Léon Denis, que je désire vivement suivre le texte d'aussi près que possible. L'exposé de son sujet est si complet qu'il ne me reste plus rien à dire, si ce n'est que je suis tout à fait convaincu qu'immédiatement après le Christ, Jeanne d'Arc est, sur cette terre, l'être spirituel le plus élevé sur lequel nous avons des récits véridiques. On est enclin à s'agenouiller devant elle. »
Sir Oliver Lodge n'avait pas été moins élogieux. Venant de ses deux éminents confrères d'Outre-Manche, c'étaient là des appréciations qui ne pou­vaient que réconforter l'auteur, encore si contesté chez nous, de ce livre admirable.

Le Congrès de 1925



L'époque où devait se tenir le troisième Congrès Spirite International approchait. M. Jean Meyer, qui en était le promoteur et l'organisateur, vint demander à Léon Denis d'en accepter la présidence.

Tout désignait le Maître pour un tel choix. Pré­sident d'honneur de l'Union Spirite Française ; membre d'honneur de la Fédération Spirite Internationale des Unions spirites de Catalogue et du Brésil ; ex-président d'honneur de la So­ciété française des Etudes psychiques ; président effectif des récents congrès ; auteur universellement apprécié de tant de beaux ouvrages ; orateur partout religieusement écouté et de réputation in­tacte, personne ne pouvait lui dénier l'autorité si nécessaire en de tels débats. Mais son grand âge et ses infirmités n'allaient pas sans lui causer de sé­rieuses appréhensions.

Une amie l'ayant pressé d'accepter l'offre qui lui était faite, il avait regimbé fortement.
« Croit-elle que je vais présider des congrès jusqu'à perpétuité ? J'ai quatre-vingts ans... Des congrès, j'en ai assez présidé. Pour moi, c'est une affaire finie, et bien finie ».
Bien que riant, il disait cela avec une belle assurance ; il croyait ce qu'il disait. Pourtant, il fallut en démordre. Jérôme le pressait d'aller à Paris, et une telle sollicitation était pour lui un ordre. Allan Kardec l'y engageait également74. Ayant longtemps hésité, il finit par se rendre aux affec­tueuses exhortations de M. Jean Meyer.

Aidé, conseillé par ses grands amis, il se mit au travail avec entrain, étudiant les questions, médi­tant, préparant ses discours.

Depuis le début de la guerre, il n'avait quitté son appartement que pour de rares et courtes prome­nades en ville ; il n'aspirait qu'au repos, à sa tran­quillité, à l'exercice quotidien de son labeur. Mais voici que peu à peu, en disciple obéissant, il prenait goût à ce travail et s'entraînait avec joie au nouvel effort que ses amis invisibles attendaient de lui. Pen­dant tout l'été, ils lui infusèrent leurs fluides bienfai­sants. La veille du départ, il y eut une dernière séance médianimique des plus émouvantes. Jérôme vint s'en­tretenir une dernière fois avec son fils et Jeanne lui confirma sa mission et l'investit d'une force nouvelle.

Le lendemain, « l'apôtre » apparut à ses intimes, venus pour le saluer sur le quai de la gare, plein d'allant et d'entrain, positivement rajeuni.

Il devait trouver à Paris l'hospitalité la plus aver­tie et la plus affectueuse chez Mlle Ch... son ancienne secrétaire bénévole du temps de guerre, devenue propriétaire d'un hôtel important, à deux pas des grands boulevards.

Grâce à elle, il n'eut pas à changer son régime de vie, pas plus que ses habitudes de réclusion. En­touré de prévenances et d'attentions délicates par son aimable hôtesse, il put, dans l'intervalle des travaux du Congrès, s'isoler à son aise, goûter la quiétude et le repos nécessaires.

Du 6 au 13 septembre, pendant cette semaine la­borieuse, Léon Denis assuma les devoirs de sa charge dans des conditions excellentes.

Ce congrès, qui réunissait les représentants de vingt-quatre nations, revêtit un intérêt capital. Une soixantaine de journaux rendirent compte de ses séances, presque avec impartialité. On y vit, côte à côte, unis fraternellement dans une communion parfaite d'idées et dans la même foi, le grand spirite kardéciste Léon Denis ; le célèbre écrivain anglais, Sir Arthur Conan Doyle ; l'organisateur et l'anima­teur du spiritisme français, M. Jean Meyer, et celui à qui incombait la charge écrasante de secrétaire général des travaux, l'actif et souriant M. Ripert, partout présent, partout à la hauteur de sa difficile mission.
« C'était un spectacle impressionnant, dit le Maître, que de voir défiler à la tribune des hommes de toutes races et de toutes couleurs. Tous venaient affirmer, en des langues diverses, la même foi en la survivance et dans l'évolution indéfinie de l'être, dans l'existence d’une cause suprême dont la pensée radiante anime l'univers. Des hommes éminents dans les sciences et dans les lettres tels que sir Oliver Lodge, sir Conan Doyle, le procureur général Maxwell, ont ajouté leurs adhésions formelles aux vibrants discours des orateurs. On sentait passer sur l'assistance le souffle inspirateur d'une foule invisible, et les voyants attestaient la pré­sence de défunts illustres qui prenaient une part active à l'élaboration d'une grande oeuvre75. »
On se souvient des questions qui étaient mises à l'étude au cours des travaux.
« Le congrès aura pour but de mettre en lumière le caractère scientifique du spiritisme expérimental ainsi que la portée morale et sociale de la doctrine spirite dans le développement de la fraternité humaine. »
Léon Denis, pour sa part, en fixait les points essentiels avec un tact, une prudence, une fermeté parfaites. D'abord, il précisait en s'adressant à la déléga­tion britannique, lors de la séance d'ouverture que spiritisme et spiritualisme ne sont que deux mots pour définir le même principe, la même doctrine, doctrine basée sur la science, sur la raison, foi d'un caractère universel se substituant à la foi spéciale des religions révélées.

Sous quel signe se présente cette foi nouvelle ?
« La première humanité a eu pour mère la na­ture ; la deuxième a eu pour mère la religion ; la troisième humanité aura pour mère la Lumière, la Lumière de l'Amour » prophétisait M. Albin Vala­brègue, de son verbe ardent et coloré.

La foi spirite aboutit en effet à l'Amour, mais elle postule d'abord la connaissance de l'âme, de la des­tinée, de Dieu. Ce n'est pas seulement une foi, c'est un enseignement, c'est « un critérium qui défie la contradiction ».
Le spiritisme est donc avant tout basé sur l'expé­rimentation scientifique. Il part des effets pour re­monter aux causes, suivant le mouvement inverse de la révélation religieuse.

Mais il y a lieu toutefois de distinguer l'expéri­mentation spirite de l'expérimentation métapsychiste. Les savants n'ont pas toujours été tendres pour les chercheurs et l'ont parfois pris de haut avec eux.

Autant que les métapsychistes, nous aimons la science, pour les immenses services qu'elle a rendus à l'humanité ; nous reconnaissons la nécessité du contrôle scientifique, mais nous différons dans son applica­tion.
« Nous n'avons pas toujours en à nous louer des métapsychistes, disait Léon Denis, surtout depuis le Congrès de Varsovie, et encore aujourd'hui, il n'est guère de sujet dans le domaine psychique, sur lequel nous soyons complètement d'accord. Néanmoins, nous faisons volon­tiers crédit à tous ces hommes de science dans l'espoir que leur intelligence et leur savoir les rapprocheront peu à peu du point de certitude où le spiritisme est arrivé depuis trois quarts de siècle. »
Sur quoi repose cette certitude ? Est-ce à dire que les spirites croient devoir se passer des mé­thodes nouvelles d'investigation basées sur l'obser­vation ? En aucune façon.

Les métapsychistes ne voient que la matière ; les spirites s'inspirent avant tout des lois de l'esprit. Ces lois existent-elles ?

Léon Denis l'affirme sur la foi d'une expérimen­tation minutieuse et soutenue. Faisant la part des faits d'animisme nullement contestables, nullement contestés, il souligne avec force, dans son exposé76, l'importance capitale de l'intervention spirite dans la plupart des phénomènes transcendantaux du psychisme.
« Pour tous ceux qui, faisant la part des nombreux cas d'animisme, étudient les phénomènes spirites avec im­partialité et savent en dégager les lois, ces phénomènes sont causés par des entités indépendantes, par les esprits des défauts. On n'obtient rien de concluant sans l'assistance, le concours, la protection des invisibles. Ceux-ci appartiennent à tous les degrés de l'échelle évolutive et la valeur des phénomènes qui se produisent est en rap­port direct avec leur puissance et leur élévation. »
Voilà ce que les métapsychistes n'arrivent pas à concevoir. Ils ne veulent pas suivre le fil d'Ariane nécessaire pour se reconnaître dans ce nouveau dé­dale.

C'est l'accord avec les forces radiantes émanant du foyer supérieur, c'est la communion complète avec les entités élevées qui nous aide à trouver ce fil merveilleux.

Or, que font les métapsychistes ? Ils recherchent les preuves positives de la survivance en s'attachant de préférence aux faits les plus matériels. Ce n'est pas que de telles expériences soient dénuées d'inté­rêt ; mais le danger serait moindre et les chances de succès plus grandes si les chercheurs consen­taient à tenir compte de l'expérience spirite. Le danger vient justement de l'irruption fatale, dans le plan physique, des légions d'esprits légers, mysti­ficateurs, insuffisamment évolués ou frappés de dé­chéance, qui ne manque jamais d'apporter un élément de trouble dans de telles recherches. Et ce sont les médiums qui en subissent les consé­quences déprimantes.

Et le vieux Maître faisait entendre à tous des pa­roles de prudence et de haute sagesse.
« Sans doute, disait-il, il est bon d'ouvrir des routes pour pénétrer dans le monde occulte, mais prenons garde que ces mêmes routes servent à nous laisser envahir par les pires éléments du monde invisible. »
L'humanité ne porte-t-elle pas en elle assez de causes de souffrances, de déchirements, de conflits sans y ajouter encore la source d'autres maux ?

Une telle incompréhension est, en effet, grosse de conséquences, puisqu'elle risque de mettre en jeu des forces redoutables dont le contrôle nous échappe.

C'est en ceci qu'apparaît surtout la nécessité de « guides » sûrs pour nous conduire au milieu du dédale des phénomènes. Pour obtenir une telle protection, que faut-il ?
« Présenter des qualités spéciales : la sincérité, le désintéressement ; la recherche par-dessus tout d'un bon moral, d'un but d'instruction, d'élévation, de perfec­tionnement. Les « Esprits Guides » lisent en nous, et ils ne consentent à descendre sur notre planète inférieure, à supporter les fluides malsains qui enveloppent la terre que pour servir une cause noble et généreuse. »
Ici, la science confine à la religion. Les métapsychistes y viendront-ils ? Le Maître en garde l'espé­rance.
« Peut-être est-ce par eux que la science sera mise en possession du flambeau de l'idéal qui symbolise la foi supérieure. »
Et c'est cette science-là que le spiritisme appelle de tous ses voeux. Paroles sereines, plein d'un sens profond, dont chacune trouvait un écho dans la pensée de tous les assistants.

On sentait que Léon Denis était vraiment l'âme rayonnante de ce congrès international et que le grand Initiateur, à ses côtés, l'approuvait sans réserves.

C'était merveille de voir avec quel doigté, quelle aisance, quelle autorité, le vieil apôtre, quasi-aveugle, conduisait ces importants débats, remettant chacun à sa place, écartant les digressions, veillant à ce que l'ordre du jour fût intégralement respecté.

Un certain nombre de ses compagnons de lutte, dont le regretté Henri Sausse étaient là, heureux d'enten­dre une dernière fois la voix persuasive, ardente qui les avait autrefois entraînés, soutenus, réconfortés, dans la bataille des idées. Combien d'admiratrices, les unes en cheveux blancs, les autres éclatantes de jeu­nesse, exultaient de connaître enfin l'auteur des beaux livres qui leur avaient apporté la consolation et l'espérance. Les félicitations, les louanges, les marques les plus touchantes de respect et de véné­ration montaient irrésistiblement vers lui. Ces té­moignages, où perçait la sincérité la plus grande, étaient sans doute doux à son cœur, mais dans sa modestie, il en éprouvait de la gêne. Un mot aimable, un sourire, une pression de mains, et vite, il se dérobait ; il avait hâte de retrouver le silence et la tranquillité de sa chambre d'hôtel.

C'est durant ce congrès que fut scellée définiti­vement l'amitié de Léon Denis et de sir Conan Doyle. Une grande sympathie était née entre eux de leur dévouement à la même cause. L'illustre écrivain britannique, nous l'avons dit, admirait sans réserve le caractère et le talent de l'auteur de Jeanne d'Arc médium, l'ouvrage qu'il avait voulu tra­duire, présenter lui-même à ses compatriotes. Et Léon Denis affectionnait le grand romancier anglais pour le beau courage qu'il apportait à répandre dans le monde, par l'écrit et par la parole, « la nouvelle révélation ».

Les deux hommes avaient l'un pour l'autre les plus grands égards. Le bon géant se penchait vers le vieillard presque aveugle, le conduisait avec une sol­licitude touchante dans les méandres des couloirs de la salle des Sociétés Savantes, l'aidait à s'installer sur l'estrade.

Le bon Maître en était ravi.
« Conan Doyle, comment est-il ? Je le vois mal.

- Très grand, lui disions-nous. Il a une bonne tête ronde ; les yeux gris ; il porte les moustaches à la gauloise.

- Ce n'est pas un anglo-saxon. Voyez son nom : Conan, le chef, c'est un nom breton ». Et il était enchanté de l'excellent accueil, du beau succès que Paris faisait à l'illustre écrivain.
L'organisation de la Maison des spirites, de l'Insti­tut Métapsychique International, l'avait littéralement émerveillé. C'était la réalisation de l'idée si longtemps caressée par les premiers champions de la cause, réalisation dépassant de loin l'espérance la plus hardie.

Une grande animation régnait alors, rue Coper­nic ; on achevait d'y préparer la remarquable expo­sition artistique qui devait retenir l'attention de tant de visiteurs. M. Pascal Fortuny, M. Hubert Forestier, le jeune et actif secrétaire particulier de M. Jean Meyer, secondés par Mmes Doche et Ducel faisaient, avec une charmante amabilité, les hon­neurs de la maison. Dans son discours de clôture, évoquant le précédent congrès de 1900, Léon Denis avait tenu à établir, entre les deux manifestations successives, un saisissant parallèle.
« Aujourd'hui, ce n'est plus dans une construction en planches que vous avez été reçus77, c'est dans un hôtel magnifique, admirablement approprié à tous les besoins de la cause, avec des services multiples. C'est là une oeuvre complète et harmonique. Ce local que vous connaissez tous, est complété par un Institut qui possède tous les perfectionnements nécessaires à l'expérimenta­tion. Tout cela est dû à M. Jean Meyer, auquel je suis heureux d'exprimer la gratitude du Congrès tout entier pour les sacrifices énormes qu'il a faits pour donner à notre oeuvre une figure digne d'elle, digne du respect et de la considération de tous. En outre, je tiens à rappe­ler la persévérance, la volonté tenace avec lesquelles, au milieu des difficultés sans nombre, M. Jean Meyer a su préparer ces grandes assises du spiritisme et eu assu­rer le succès. »
A cette même séance, M. Jean Meyer, vice prési­dent de la Fédération Spirite Internationale, remer­ciant les Congressistes, avait eu pour le vieux Maî­tre d'affectueuses paroles qui avaient trouvé le chemin de son coeur :
« Le vénérable membre d'honneur de notre Fédération Spirite Internationale, président d'honneur de l'Union Spirite Française, M. Léon Denis, dont l'ouvre considérable a ranimé, dans tant de cœurs brisés, l'espérance, dont les enseignements inspirés ont fait renaître, chez bien des désespérés, l'espoir, puis la certitude d'une vie meilleure. M. Léon Denis, dis-je, n'a pas reculé, malgré son grand âge, devant les fatigues d'un voyage, pour apporter à notre assemblée l'honneur et le bonheur de sa présence ».
Rompant pour une fois avec ses habitudes, le Maître avait tenu à répondre à l'invitation de son ami, conviant les congressistes, le mardi 8 septembre, rue Copernic. Ç'avait été une réunion des plus charmantes, où l’on voyait se coudoyer, dans une atmosphère vraiment fraternelle, des spirites venus des quatre coins du monde, où des grandes dames se mêlaient, très simplement, dans les groupes avec les plus modestes délégués.

A cette soirée, s'étaient fait applaudir des artistes réputés : Mlle Marie Charbonnel, de l'Opéra ; Mme Barjac, de la Comédie Française ; M. Léonce Detroyat, jeune lauréat du Conservatoire.

La veille du départ, un lunch d'adieu fut servi en l'honneur de Léon Denis, par les soins de son aimable hôtesse, dans les salons de l'hôtel. Seuls, les amis intimes y avaient été conviés. Mme et M. Meyer avaient tenu à venir saluer leur vieil ami et le remercier, avant son retour. Mlle C... de l'Opéra, une de ses plus fidèles admiratrices, avait chanté pour lui, de sa belle voix pathétique, quelques-uns des airs choisis de son répertoire. On avait porté de nombreux toasts à sa santé, au succès de la cause. Il était vraiment heureux.

I1 n'avait pas voulu, non plus, quitter Paris sans rompre le pain de l'amitié avec le pasteur Wautier d'Aygallier, professeur de théologie en Sorbonne.

Le lendemain, le vieux Maître reprenait la route de Tours, emportant de son voyage l'impression la meilleure et la plus réconfortante. Tout avait marché à souhait. De ce labeur partagé avec les spirites de toutes nations était née, vraiment une amitié génératrice de réconfort et d'espérance. La révéla­tion nouvelle, visiblement, éveillait l'attention gé­nérale. La semaine qui venait de s'écouler n'avait, en vérité, rapporté que du contentement à l'apôtre spirite. Pas la moindre trace de fatigue.
« J’ai été puissamment aidé, répétait-il. Mes amis invi­sibles m'ont soutenu. Comment douter de l'efficacité de tels secours ! »
Le retour se fit sans encombre. Sa bonne hôtesse parisienne, Mlle Ch..., avait voulu le reconduire elle-même, dans sa propre voiture, à la gare d’Or­say. Quatre heures après, ses amis tourangeaux venus l'attendre à l'arrivée étaient tout ébahis et heureux au possible de le voir revenir en si belle forme et visiblement satisfait de celle ultime ran­donnée.
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