I avant-propos








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II – ENFANCE ET JEUNESSE

Tribulations



Léon Denis est né le 1er janvier 1846, à Foug, petite localité de l'arrondissement de Toul desservie par la grande ligne de Paris-Strasbourg. La re­marque a été faite que son nom se trouve inclus dans celui du grand Instructeur Allan Kardec qui s'appelait en réalité Léon Denizard Rivail. Simple coïncidence diront les uns ; analogie tout au moins singulière penseront les autres.

Son père, Joseph Denis était maître-maçon comme son frère Louis, de six ans plus âgé, comme l'aïeul François, né en 1776. Artisane du côté pater­nel, la famille de Léon Denis, côté maternel était de souche paysanne. Son grand-père, Liouville François, était né à Ménil-la-Horgne, commune de Gondreville, où le grand aïeul avait un domaine. Des revers de fortune avaient amené la famille Liouville à Foug où François exerçait le métier de plafonneur.

Ses deux filles, instruites à la ville, avaient reçu une éducation soignée.

Joseph Denis, bel homme, qui avait de l'ambition et ne manquait pas d'assurance, s'éprit de la cadette, Anne-Lucie et la demanda en mariage. Il fut agréé.

Les noces eurent lieu à Foug le 3 avril 1845.


Famille LIOUVILLE Famille DENIS
LIOUVILLE François DENIS François

Né à Ménil la Horgne en 1702 Né à Foug en 1776

Epoux de Rosalie Serrier Epoux de Barbe Vaudeville

__________________/___________________ ______________/_______________
LIOUVILLE Emilie LIOUVILLE Anne-Lucie DENIS Joseph DENIS Louis

1817 1820 1814 1808

épouse de Crancier Claude épouse de Denis Joseph époux de Liouville Anne-Lucie époux de D.Mercier
________/_________ _________________/_____________________ _________/_____
CRANCIER Léon DENIS DENIS Eugène

Henri-Sébastien Né à Foug en 1846 Né à Foug en 1850

Né à Foug en 1840 Décédé à Tours le 12 avril 1927


L'année suivante, un enfant venait au monde. A vrai dire, le jeune maître-maçon se mettait en mé­nage dans une période assez difficile.

Le bâtiment « n'allait pas » ; on ne construisait plus et la crise devait se prolonger plusieurs années. Mais Joseph Denis n'était pas homme à s'arrêter pour si peu : il se fit entrepreneur, chercha à étendre sa clientèle en dehors de Foug. Assez instable au travail et n'ayant pas suffisamment d'esprit de suite, il savait se montrer résolu dans les occasions exceptionnelles, et ce n'était ni la décision ni le courage qui lui manquaient. Sous-officier à la com­pagnie de sapeurs-pompiers de la commune, il avait, à plusieurs reprises et dans des circonstances périlleuses, fait preuve d'intrépidité. C'est à cet homme, non dépourvu de qualités, mais un peu brusque d'allures et de manières, qu'était unie la douce Anne-Marie, de nature délicate, de caractère réfléchi et réservé.

Pour ce fils qui lui venait si tôt, elle se montra la plus tendre, la plus vigilante des mères.

Il y avait en face de l'humble logis paternel un ruisseau servant de déversoir à un bassin situé en aval. Le petit Léon regardait avec envie les canards s'y rendre à la file plus d'une fois, trompant la surveillance maternelle, il dut aller les rejoindre et patauger à l'aise. Quand ses jambes purent suppor­ter des courses un peu longues, vers l'âge de sept ou huit ans, son grand-père François, ancien soldat de Napoléon, l'emmenait quelquefois à « la tendue » dans les bois proches durant la saison d'hiver. On voit d'ici nos doux braconniers devisant sous la hêtraie.

Denis fut contraint de laisser son entreprise et de chercher ailleurs son gagne-pain. L'Eglise de Bayon ville fut le dernier chantier où il travailla de son état. Il vint se fixer à Strasbourg avec sa famille. C'est là qu'il, abandonna définitivement son métier pour entrer comme employé à l'Hôtel des Monnaies.

La vie de la famille se fit bien précaire ; mais ce n'était là qu'une situation d'attente. Quelqu'un d'in­fluent avait laissé entrevoir à l'ex maître maçon qu'il pourrait éventuellement postuler pour un em­ploi aux chemins de fer. On manquait de personnel au réseau du Midi. Il fallait s'orienter en consé­quence et, attendre l'occasion propice.

C'est donc à Strasbourg, au cours privé de M. Haas, que le petit Léon fit ses débuts d'écolier. Sa mère lui avait déjà enseigné les rudiments de l'alphabet et appris à compter.

Les disciples du vieux magister ne manquaient point de turbulence. Il régnait même sur les bancs de l'école une animosité sourde entre deux clans rivaux. La hargne séculaire qui ne cesse d'opposer, dans un duel sans merci les Germains aux Gaulois commençait à se faire jour chez les garnements confiés à M. Haas. Sitôt la porte franchie, à peine étaient-ils hors de la férule redoutée, que les rangs adverses se reformaient. Welches, sales welches ! criait-on d'une.part avec l'expression du plus com­plet mépris ; à quoi l'on répondait de l'autre bord, sur le même ton : swaabs ! swaabs ! Et les pierres de pleuvoir.

Le petit Lorrain ne profita pas longtemps des leçons du brave homme. Une place se trouvant libre à la Monnaie de Bordeaux, son père de­manda sa mutation pour cette ville et l'obtint.

Nouveau déménagement, nouveaux frais. Le salaire du chef de famille étant insuffisant à faire vivre la maisonnée, Léon dut interrompre ses études pour suivre son père et l'aider dans ses travaux de déca­page. Le pauvret s'employait de son mieux à cette ingrate besogne ; ses faibles doigts se teintaient de sang à décoller les « flans » de cuivre. Mais les quelques sous qu'il rapportait venaient opportuné­ment grossir le maigre gain paternel.

En mars de l'année 1857, la Monnaie ayant ter­miné la refonte des pièces de cuivre, Joseph Denis obtint son entrée à la Compagnie des chemins de fer du Midi. Après un stage assez court comme fac­teur de gare à Bordeaux même, il obtenait enfin le poste convoité.Il était nommé chef de la station de Morcenx, dans les Landes,

La famille allait trouver un gîte moins pré­caire. Ce n'était pas la grosse situation, certes, mais elle suffisait à assurer les besoins du ménage ; et puis elle ouvrait la perspective d'une vie plus stable et cela n'était pas pour déplaire à Madame Denis. Enfin son petit Léon allait pouvoir reprendre ses études interrompues. C'était là son grand souci.

Le trafic sur la ligne de Bayonne se réduisait à quelques trains par jour. Des locomotives bruyantes, haletantes, les remorquaient, crachant une fumée noire mêlée d'escarbilles qui souvent incendiaient la pinède.

Dans cette solitude sylvestre où, seul, le passage de convois mettait quelque animation, l'enfant se remit courageusement au travail. Il reçut les leçons de l'instituteur de la localité.

Ses déplacements successifs l'avaient retardé, mais il se rattrapait vite. Son intelligence s'éveillait pré­cocement, révélant une vivacité singulière. Le modeste savoir que lui dispensait régulièrement son nouveau maître lui ouvrait des horizons insoup­çonnés.

La forêt landaise, en agissant sur sa sensibilité nais­sante, achevait l'enseignement du livre, L'instituteur de Morcenx, disciple de Jean-Jacques, inaugurant une méthode excellente, emmenait fréquemment son élève en promenade. Celui-ci devait garder toute sa vie un souvenir ému de ces leçons en plein air, de ce con­tact direct avec les choses, de ce fructueux labeur partagé avec un maître affectueux et connaissant parfaitement son métier. Malheureusement, l'ère des pérégrinations n'était point close pour la fa­mille Denis. Le chef de station de Morcenx quittait bientôt son poste pour celui de Moux sur la ligne du Midi. C'était un avancement. Comment le refu­ser ? Moux est la station qui précède Lézignan dans la direction de Narbonne.

Nouvelle réadaption du milieu ; nouvel arrêt des études. Après la solitude landaise au coeur de la pinède odorante, c'était le couloir poussiéreux du Languedoc, l'animation bruyante de la grande voie du Sud où les trains se succédaient à intervalles très rapprochés. La vigilante du chef de gare ne devait pas se démentir un seul instant.

Très brave homme au fond, mais se pliant difficilement aux exigences de sa fonction,à la régularité d'un travail pour lequel il n'était guère fait, le chef de sta­tion de Moux n'y apportait pas toujours la ponctualité ou la vigilance nécessaire. Sa femme dissimulait mal son inquiétude. Fort heureusement, Léon suppléait aux manquements paternels. Laissant encore une fois ses chers livres, il s'était vite initié au maniement du « Bréguet». C'est lui qui s'occupait des télégrammes et de la comptabilité.

Malgré son application, la station de Moux avait été le théâtre d'alertes sensationnelles. Certain passage d'express, survenu avec un retard inac­coutumé, lui donnait en y songeant, même dans sa vieillesse, un « trac » rétrospectif. Il nous a conté, entre autres, un épisode amusant de sa vie de cheminot en herbe, où son esprit d'à-propos avait tiré son père d'une algarade qui eût pu avoir des conséquences graves. Un jour, l'express du ma­tin qui, d’ordinaire, ne s'arrêtait pas à la station de Moux, stoppe en gare pour laisser descendre un ins­pecteur du réseau. Celui-ci demande aussitôt le chef. Point de chef. Par bonheur, Léon est présent, mais il ignore où est son père. Que faire ? C'est un blâme en perspective, peut-être la révocation. Avi­sant alors le facteur de gare au milieu d'un groupe de travailleurs occupés aux marchandises : « Mon père ? Répond le jeune homme en tendant la main de ce côté, il travaille au chargement de ce wagon. » L'inspecteur trouvant les papiers en règle remonte en voiture. Le train repart. Encore une fois, à la station de Moux on en est quitte pour la peur:

Décidément Joseph Denis n'avait pas la vocation. Le 14 octobre1862, il était démissionnaire,

On construisait alors la ligne de Montluçon à Limoges. Il demanda et obtint une place de chef de chantier sur la voie, puis il fut affecté à la surveil­lance d'une entreprise de rondages, de tranchées de rigolage et autres menus travaux sur la ligne de Tours à Vierzon.
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