I avant-propos








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Le Groupe de la rue du Rempart



Il nous faut maintenant revenir en arrière pour mesurer l'étendue d'un tel labeur.

En 1890, les séances d'expérimentation interrom­pues depuis la mort du Dr Aguzoli, qui remontait à quelques années, reprirent sur des bases nouvelles. Deux hommes de valeur ayant occupé de hautes situations dans la magistrature et dans l'armée : MM. Périnne, président de chambre à la cour d'Ap­pel d'Alger, et Lejeune, ex-intendant de la Garde de l'armée de Metz, étaient venus se fixer à Tours. Tous deux spirites, ils connaissaient parfaitement la doctrine. C'est avec leur concours que Léon Denis put former le Groupe de la rue du Rempart, qui du­rant une quinzaine d'années, poursuivit de fruc­tueuses séances, à intervalles plus ou moins rap­prochés. C'est ce groupe qu'Alexandre Delanne avait tenu à visiter pour sa propre édification. Les médiums étaient au nombre de cinq, dont trois à incorporation ; les autres étant en plus, voyants, auditifs et écrivains. Léon Denis avait la direction du groupe, mais il n'en partageait les travaux que de loin en loin, quand ses voyages continuels lui en laissaient le répit.

Les premiers messages furent d'abord obtenus par l'écriture, première étape de la médiumnité, puis les facultés des sujets se développèrent ra­pidement. Le communicant principal, à effets in­tellectuels, était Edouard Périnne, fils, qui depuis longtemps déjà, se communiquait à ses parents.

Edouard Périnne, juge de paix à Cherchell, était mort tout jeune et aussitôt après la séparation, son père et sa mère avaient reçu de lui de nombreuses marques d'identité.

Aux questions souvent subtiles qui lui étaient po­sées par le président ou par Léon Denis, l'Esprit répondait immédiatement, dans une forme très nette, à la satisfaction de tous.

Après E. Périnne, deux nouveaux guides se révé­lèrent, désirant l'un et l'autre garder l'anonymat : Henry et Espérance. Leurs communications por­taient toujours sur des sujets élevés, abondaient en conseils, revêtaient le ton persuasif à la fois très ferme et très doux d'exhortations morales. Il y avait aussi les intimes : parents, amis décédés des mem­bres du groupe, puis des esprits inconnus. Les pre­miers, fort nombreux, se manifestaient avec des traits caractéristiques : habitudes, manies, goûts particuliers, préférences intellectuelles qui les ren­daient facilement reconnaissables. Ils étaient vus en outre par les autres médiums ou décrits, avec des détails, des particularités physiques qui rendaient le contrôle facile à ceux qui les avaient connus.

Mais dans le nombre des Esprits inconnus du groupe, il y avait une communicante d'un tour ini­mitable : c'était la joviale Sophie, l'habituée de plusieurs cercles de la capitale, à cette époque.
« Marchande des quatre saisons à Amiens, où elle serait morte vers 1860, dit le Maître, elle se communiqua d'abord dans un groupe parisien où elle connut l'un de nos mé­diums qu'elle prit en particulière affection. Pendant plus de trois ans, Sophie a été l'esprit familier, assidu de toutes nos séances qu'elle égayait par la vivacité et l'à propos de ses réparties toujours pleines de finesse et de bon sens.

Après avoir obtenu le récit des impressions de cet Esprit, qui, pour expier ses fautes et le mal qu'il a causé par ses indiscrétions, a dû rester quelque temps « dans le noir », comme il le dit, nous avons constaté son déve­loppement constant, grâce au contact et à la protection d'Esprits supérieurs qui se sont intéressés à lui et ont soutenu sa bonne volonté ; nous l'avons vu chercher à s'instruire et à progresser, tout en conservant certaines préventions et certaines antipathies ; nous avons assisté enfin aux hésitations, nous devrions presque dire aux angoisses, qui précèdent une réincarnation, car depuis la fin de juillet ou le mois d'août 1900, Sophie s'est réincarnée après avoir fait au groupe des adieux empreints d'une mélancolique résignation 32. »
Mais les deux principaux inspirateurs du groupe de la rue du Rempart furent Jérôme et l'Esprit bleu.

Nous avons vu que le premier de ces guides s'était révélé spontanément à Léon Denis en 1883, au Mans, dans un groupe d'ouvriers. Il ne devait plus cesser d'assister le Maître jusqu'aux derniers moments de sa vie.
« Jérôme de Prague, après avoir été victime de l'into­lérance religieuse, fut un moine studieux, car il ne faut pas s'étonner des anomalies et même des contradictions que présente la succession de nos existences. Si, par des coups de sonde de notre volonté, nous pouvions faire émerger, de notre mémoire subconsciente dans notre mé­moire normale, les souvenirs de nos vies passées, nous serions frappés de la variété et des contrastes qu'elles présentent, tout en reconnaissant que cette variété est indispensable à l'éducation et à l'évolution des âmes.

Jérôme se communique par le même médium que l'Es­prit bleu. Il n'aime pas à parler dans l'obscurité et ses premiers mots sont toujours pour réclamer de la lumière. Sa parole est vibrante et son geste large ; il s'exprime par périodes oratoires. Il fournit à notre groupe les en­seignements philosophiques, élucide les points obscurs, explique les contradictions apparentes de notre doc­trine ; il formule les lois des relations des incarnés avec les désincarnés. Son désir, souvent formulé, serait de voir fusionner le Spiritisme, non pas avec le catholi­cisme actuel, du moins avec le christianisme régénéré, débarrassé de ses dogmes étroits et de ses pratiques su­rannées33. »
Quant à l'Esprit bleu, son rayonnement vraiment angélique a remplacé, au soir de la vie du Maître, la lumière qui lentement, irrévocablement, se reti­rait de son regard, par cette autre lumière d'un charme intérieur ineffable, qu'irradie au secret du coeur un haut et pur amour.

L'Esprit bleu (ainsi nommé parce que les médiums — tous les médiums — le voient invariablement enveloppé d'un voile bleu) possède un rayonnement intense.
« L'Esprit bleu est une Entité féminine d'un ordre très élevé. Quand elle anime l'organisme du médium, personne timide et d'un savoir modeste, les traits du visage prennent une expression séraphique, la voix s'adoucit, devient mélodieuse ; le langage revêt une forme séra­phique et très pure. Elle adresse, à tour de rôle, à cha­cun des assistants, des avis, des avertissements, touchant leur conduite privée, qui témoignent, même à pre­mière entrevue, d'une connaissance parfaite du caractère et de la vie intime de ceux à qui ils s'adressent.

En dehors de cette protection que l'Esprit bleu ac­corde à chacun de nous, protection dont nous pourrions citer quelques exemples individuels, il donne de temps à autre des enseignements généraux relatifs surtout à la famille et à l'éducation des enfants. Notre guide voit dans une réforme intelligente de l'éducation de l'enfance et de la jeunesse le seul remède aux maux présents, le véritable moyen de préparer à l'humanité un avenir meilleur34. »
Les principaux messages donnés par ces grands esprits étaient sténographiés et recueillis dans des registres fort bien tenus qui devinrent la propriété du Maître.

L'ensemble, dit-il, constitue un enseignement complet, philosophique et moral conforme aux principes exposés par Allan Kardec, mais revêtant une forme plus élo­quente et plus persuasive.

Lorsque Léon Denis avait besoin d'être fixé sur un point de doctrine, lorsqu'il désirait avoir un conseil au sujet d'une action à entreprendre, il s'en ouvrait à ses amis invisibles et la réponse venait toujours nette et satisfaisante.

Ainsi s'ouvrit une collaboration du plus captivant intérêt entre l'écrivain spirite et ses guides qui lui donnaient, par l'intermédiaire d'un médium ayant reçu le minimum de l'instruction que l'on donnait aux femmes à cette époque, des passages de discours, des exordes de conférences, des articles de littérature, des controverses d'ordre philosophique, voire des lettres importantes concernant la doc­trine35.

Léon Denis avait donc mille et une raisons de croire en ses guides et la confiance qu'il avait en eux, non seulement ne devait jamais se démentir, mais plutôt se fortifier avec les années et devenir entière, absolue.
« Comment douterais-je d'eux puisqu'ils ne m'ont jamais trompé, disait-il ? Non seulement ils ne m'ont jamais trompé mais j'ai eu la preuve permanente qu'en toute matière ils voient mieux et plus loin que nous. Puisque jusqu'ici je me suis trouvé bien de leurs conseils, pourquoi les refuserais-je aujour­d'hui ».
De fait, Léon Denis ne faisait rien sans consulter Jérôme et finissait toujours par se rendre aux raisons de son père spirituel, — bel exemple de disci­pline et d'obéissance filiale donné par un sage en cheveux blancs.
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