Declaration de politique generale du premier








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IV RECONCILIATION NATIONALE

Monsieur le Président

Mesdames et Messieurs honorables députés,

La résolution définitive des questions de rébellion au nord de notre pays sera un facteur important de sécurité dans cette partie de notre pays. Nous allons œuvrer sur le chantier de la réconciliation à travers plusieurs catégories d’intervention mais en observant strictement certains principes rappelés fermement par le chef de l’Etat lors de chacune de ses interventions sur le sujet. Il n’est pas question de remettre en cause l’intégrité de notre territoire, l’unicité de notre nation et la laïcité de notre République. Nous allons organiser des discussions sur le territoire national en étroite collaboration avec les médiateurs de la CEDEAO, les Présidents Blaise COMPAORE et Goodluck Jonathan. Nous convierons à ces discussions les groupes armés mais également les légitimités significatives du nord afin que les éventuels accords puissent avoir les meilleures chances d’être les derniers accords de paix conclus sur le Nord du Mali. Nous sommes conscients qu’il ne saurait y avoir de solution militaire aux problèmes de rébellion et que seul un accord politique pourrait nous permettre de pacifier le front irrédentiste, établir une frontière nette entre ceux qui s’inscrivent dans la paix et la réconciliation nationale et ceux qui demeurent des terroristes, narco trafiquants et adeptes des pratiques néfastes à combattre inlassablement et de manière implacable.

Le déploiement de l’administration et la restauration de la souveraineté du pays sur l’ensemble du territoire constituent notre priorité absolue qui n’est en aucune façon liée aux négociations. Sans le retour effectif de l’administration sur l’ensemble du territoire, rien de durable ne peut être construit au nord. D’abord les forces armées, la gendarmerie et la police, ensuite l’administration du territoire, après les autres services avec une priorité à la justice et aux services à fort impact sur la vie des citoyens (énergie, eau, santé, éducation…). Actuellement le déploiement est progressif, nous allons l’accélérer pour que d’ici la fin de l’année, la souveraineté du Mali soit réelle sur l’ensemble de notre territoire.

L’ensemble des services publics, les agents publics sécurisés et plus motivés seront engagés à se déployer sur le terrain, sous la protection des forces armées, partout sur le territoire. L’administration sera soutenue pour une pleine fonctionnalité des services vers un retour à la normale d’avant la crise, et cela, d’ici un an. Les moyens engagés sur le budget national mais aussi les soutiens de nos partenaires seront sollicités pour atteindre les résultats affichés. Nous comptons travailler avec les équipes de la MINUSMA pour gérer cette étape et allons nous employer dans les semaines à venir pour que cette mission soit dotée d’un nouveau mandat plus axé sur l’accompagnement de notre pays dans le recouvrement de sa souveraineté sur son territoire.

Monsieur le Président

Mesdames et Messieurs honorables députés,

La conclusion d’accord de paix inclusif et définitif figure au centre de notre agenda pour le nord. Le chef de l’Etat a mandaté le Premier ministre Modibo KEITA que je félicite, pour conduire les discussions devant aboutir à cet accord. Cette personnalité reconnue aura à sa disposition une équipe technique composée d’experts chevronnés des questions du nord, qui l’appuieront dans sa mission. Le Gouvernement mettra à la disposition de l’équipe les moyens adéquats pour conduire à bien ce processus. Notre équipe capitalisera les acquis des ateliers, foras et autres initiatives conduits les six mois précédents et s’emploiera à aller rapidement, au besoin en accélérant le calendrier des discussions.

La conduite d’un processus effectif et continu de cantonnement, de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des combattants reconnus comme tels sera assurée par nos soins, à travers les différents services publics d’administration, de sécurité, de justice afin que cette phase cruciale soit menée jusqu’à son achèvement à la satisfaction de toutes les parties. Une équipe en charge de cette tâche sera constituée au niveau de l’administration. Elle aura des compétences techniques, des expériences variées et une composition appropriée pour sa mission.

Elle gérera chaque étape du processus avec l’accompagnement des partenaires et œuvrera à l’observation de certains principes à rappeler à toutes les parties : aucun soldat ayant maille à partir avec la justice ne sera intégré dans les forces armées et de sécurité, aucun déserteur de l’armée et des autres forces ne sera repris en tant que tel, il aura été radié et devra donc, s’il le souhaite, passer par les étapes normales du recrutement. En revanche il sera prévu des moyens de réinsertion pour tous les combattants reconnus comme tels à travers les critères objectifs définis d’accord parties et avec l’accompagnement des partenaires du processus. Le processus du cantonnement à la réinsertion est un tout qui sera considéré comme tel et il sera conduit comme un projet se clôturant après que tous les cas aient été traités, documentés et pris en compte. C’est pourquoi nous nous organiserons pour que le volet financier soit complètement bouclé avant l’entame du processus. La transparence du processus, la mise en œuvre de chaque étape, les résultats atteints feront l’objet de communication et votre auguste assemblée sera dument informée.

Monsieur le Président

Mesdames et Messieurs honorables députés,

Nous sommes tous conscients que les destructions subies par les personnes et les biens du fait de la crise actuelle, sont tellement profondes que nous ne ferons pas l’économie de la justice et de la vérité pour comprendre et pouvoir se pardonner. Le processus de réconciliation nationale, porté par le Ministre de la réconciliation intégrera tous les préalables indispensables à une vraie réconciliation entre les Maliens. Il sera aidé par la commission vérité, justice et réconciliation que vous avez bien voulue créer il y a quelques semaines. Celle ci se chargera de faire la lumière sur les tragédies, d’identifier les causes et les responsables et de proposer les voies et moyens nous permettant de dépasser cette phase douloureuse de notre existence. Des actions judiciaires, nationales ou internationales pourront être engagées. La justice transitionnelle sera aussi conviée à jouer un rôle. La réconciliation demandera la réparation des dommages et injustices subies.

Nous nous attèlerons à cela. La reconstruction et le rattrapage du retard du fait des méandres du passé et des destructions figureront au menu de la réconciliation. Il s’agira de remettre en état l’outil de production, les services de base et créer les conditions d’un retour significatif des déplacés et refugiés. Ce sont ainsi 110 milliards de FCFA qui sont prévus pour cette étape afin que les 300 000 refugiés et déplacés cumulés qui ne sont pas encore rentrés soient persuadés de le faire. Le dispositif de la réconciliation inclura la sensibilisation, l’organisation du retour et l’accueil des refugiés et déplacés internes une fois le retour effectif pour leur permettre de démarrer une activité, d’avoir des vivres et fourrages pour les animaux, récupérer leurs propriétés foncières…La réconciliation contient enfin l’organisation et la mise en œuvre de toutes mesures facilitant le vivre ensemble entre les communautés à travers des foras, des activités socio culturelles, l’engagement des leaders communautaires à se côtoyer, parler et convenir ensemble de cheminer vers la paix et la coexistence pacifique. Avec nos partenaires nous agirons pour que ces initiatives puissent être poursuivies.

Monsieur le Président

Mesdames et Messieurs honorables députés,

La dimension régionale de la crise malienne n’a échappé à personne. Nous avons subi les effets de la crise libyenne. Nous nous inscrivons dans cette réalité et épouserons toutes les causes visant à apporter une réponse collective aux menaces dans la bande sahélienne. Celle-ci est sécuritaire comme on l’a vu. Mais elle est surtout liée au développement qu’il faut faciliter à travers une dynamique volontariste et des projets structurants. Nous travaillerons à mettre en commun ce qui peut l’être à l’instar de la route transsahelienne, de la compagnie aérienne du Sahel ou encore de l’initiative de promotion des cultures vivrières. De ce point de vue, la naissance du G5 Sahel, devrait permettre de fédérer les initiatives et mutualiser les moyens pour la sécurité et le développement de cet ensemble géographique.

Monsieur le Président

Mesdames et Messieurs honorables députés,

Nous avancerons vers la résolution définitive de ces problèmes du nord qui mettent en péril l’existence de notre nation depuis plus de cinquante ans. Doucement mais surement en n’oubliant aucun détail, en tirant les leçons du passé, en évitant des solutions de facilité qui conduisent à des impasses le lendemain, en capitalisant nos expériences et en traitant les dossiers de la manière la plus judicieuse par les administrations. Chaque phase de la crise et donc chaque solution envisagée doit l’être en fonction de la phase précédente et de celle qui suit. Nous en tiendrons compte pour dessiner patiemment la nouvelle configuration politique et institutionnelle du nord de notre pays, parallèlement aux autres régions qui bénéficieront des mêmes avancées institutionnelles.

V ECOLE

Mesdames et Messieurs, honorables députés,

S’il y a un constat partagé par tous les Maliens, dans un domaine clé de la vie de la nation, c’est bien l’éducation, qui va de mal en pis !!!

La qualité des produits de notre système éducatif est insuffisante pour le pays et pour ses enfants. Nos diplômés sont à la peine à l’international mais aussi de plus en plus face à des diplômés de pays voisins sur notre marché. Si nous n’y prenons garde, avec la mondialisation et la libre circulation des compétences, notre marché de l’emploi verra disparaître les citoyens maliens. Il ne restera plus que l’administration et celle-ci ne peut absorber au mieux que 2% des demandeurs. D’où un chômage endémique et structurel, touchant notre jeunesse, la force vitale du pays, hypothéquant son avenir. Nous avons tous en mémoire l’attaque de Konna et son incidence sur le sort de la nation. EH bien ce sont, l’équivalent de plusieurs « attaques de Konna » qui ont lieu, chaque jour, en silence, dans ce secteur et qui constituent, de fait, de lourdes menaces sur la pérennité de notre économie, de notre société, de notre administration et donc de notre pays en tant que nation prospère.

Sachons prendre à bras le corps le changement dans le secteur de l’éducation, courageusement, lucidement, dans la durée et ne dévions pas de nos objectifs ! Pour que sur une génération, on puisse voir le pays de nouveau porté par ses enfants issus d’un système éducatif performant. Nous nous engageons dans cette voie.

Honorables parlementaires,

Notre pays a organisé en 2008 le forum national sur l’éducation, avec la participation de tous les ordres d’enseignement et de tous les acteurs du secteur. Plusieurs centaines de recommandations ont été formulées au sortir de cet exercice. Certaines ont été mises en œuvre, d’autres non ou en partie. Récemment nous venons d’organiser les assises de la concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur. Nous n’inventerons pas la roue. Nous engagerons tous les moyens permettant l’application rigoureuse de l’ensemble des recommandations de ces rencontres.

Nous communiquerons sur toutes les actions, présenterons toutes les difficultés pour que nos compatriotes soient suffisamment édifiés sur ce secteur dans le redressement duquel chacun doit accomplir sa part de sacrifice.

Notre action dans ce secteur sera placée dans le cadre d’une vision globale ; voir l’école Malienne recouvrer le plus rapidement possible les deux vocations essentielles d’un bon système éducatif : construire un bon citoyen et lui procurer une formation qui puisse lui permettre d’avoir un emploi.

Cette vision se décline en trois phases d’action : une phase d’urgence à mettre en œuvre sur une période de trois ans (« stabiliser le malade »), une phase intérimaire pour engager les reformes dans le cadre d’un programme décennal (« le redresser et le renforcer ») et une phase de moyen terme pour remettre le dispositif dans un cadre approprié, avec des fondamentaux solides pour le futur (« le transformer en athlète ! »).

Mesdames et Messieurs, honorables députés,

Nous allons nous efforcer d’obtenir des acteurs de l’enseignement la sérénité indispensable à la conduite des actions de redressement. Les parents d’élèves, les comités de gestion scolaire, les collectivités territoriales, les élèves et étudiants, les enseignants ainsi que leurs organisations syndicales, l’administration scolaire ; tous seront mis face à leur responsabilité de nous accompagner à remettre en état ce secteur. Nous respecterons tous les engagements soutenables (exemple du conseil des ministres de la semaine dernière avec l’octroi de primes et indemnités aux enseignants pour plus de 2 milliards de FCFA) et nous demanderons à tous les acteurs d’accepter de s’impliquer pour avoir un climat adéquat afin de conduire les reformes qui seront forcement douloureuses. Nous comptons sur l’accompagnement du parlement pour y arriver.

La phase intérimaire dont j’ai parlé tantôt, qui a déjà commencé à être mis en place se traduira par de nombreuses actions dans chaque ordre d’enseignement.

En ce qui concerne l’enseignement fondamental, nous développerons l’éducation préscolaire (construction et équipement de 448 salles d’activités dont 336 jardins d’enfants), nous améliorerons la qualité de l’enseignement à travers l’accroissement de la formation des maîtres mais aussi leur évaluation systématique, nous soutiendrons la performance des enseignants et la mise en place de charte de déontologie tout en soutenant leur meilleur accès aux services de base (logement, protection sociale…), nous allons améliorer les programmes et soutenir leur généralisation en insistant sur la systématisation de l’éducation civique et patriotique, nous lancerons un vaste plan de réhabilitation, reconstruction et d’équipements (construction et équipement de 20 blocs scientifiques, dotation de 105 centres d’animation pédagogique en kits de laboratoire, création chaque année de 1189 salles informatiques, dotation chaque année de 3 567 écoles fondamentales en kit de matériel d’expérimentation en mathématiques et en sciences et en malles scientifiques) pour inverser la tendance actuelle qui voit 20% de scientifiques pour 80% de littéraires dans nos ordres d’enseignement alors qu’il nous faut le contraire, c’est à dire 80% de scientifiques et 20% de littéraires car le développement et le progrès c’est d’abord les sciences et techniques !!!, nous allons soutenir massivement les cantines scolaires pour accroître la fréquentation là où cela est nécessaire notamment au nord du pays. Le domaine de l’alphabétisation fonctionnelle ne sera pas oublié, loin de là, nous mettrons en place un plan général d’alphabétisation en direction des ruraux prioritairement pour soutenir la politique agricole et de création de richesses.

En ce qui concerne l’enseignement secondaire, nous poursuivrons le soutien aux sciences dans le cadre d’un programme national d’excellence, améliorerons la qualité de l’enseignement et l’accès à cet ordre pour limiter les déperditions avec la construction de 15 lycées publics, la réhabilitation de 100 classes, la construction et l’équipement de salles polyvalentes dans 78 lycées publics. Le Gouvernement accroitra de manière significative ses efforts vers l’enseignement technique avec comme objectif l’adaptation aux structures de l’économie : développement de 10 filières porteuses dans les domaines industriels et agro sylvo pastoraux intégrant les technologies d’information et de communication, la construction de 3 instituts de formation professionnelle à vocation agropastorale, de 2 à vocation industrielle, la construction ou l’équipement de lycées techniques, la réhabilitation du centre de formation professionnelle d’assistance à l’artisanat de Gao, sont entre autres des actions prévues dans ce segment d’initiatives.

S’agissant de l’enseignement supérieur, le Gouvernement interviendra pour améliorer la gouvernance, la construction d’infrastructures (exemple du complexe de Kabala qui sera mis en activité dans les meilleurs délais), une meilleure orientation vers le secteur privé et le marché de l’emploi, instaurer la culture du résultat et de l’excellence, soutenir l’accès des étudiants aux nouvelles technologies à travers leur dotation progressive en ordinateurs individuels (objectif Un étudiant = 1 PC), recruter plus et de meilleurs enseignants dont les conditions seront progressivement améliorées conformément aux dialogues avec les syndicats, créer des pôles universitaires régionaux dont une université agronomique et accompagner ces actions par le recrutement et la formation d’agents spécialisés dans l’administration scolaire et universitaire avec une généralisation des technologies d’information et de communication qui limiteront les fraudes de toutes sortes et accéléront le rythme de l’administration avec des gains significatifs de temps et de ressources. L’amélioration de la qualité de la formation situera l’enseignement et ses outils de travail au cœur du système d’enseignement supérieur. Nous dynamiserons la recherche et valoriserons ses résultats en assurant une forte intégration entre les milieux universitaires et les structures de recherche scientifique.
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