Les evolutions sociologiques de la famille








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DIRECTION EDUCATION, ENFANCE,

JEUNESSE ET SPORTS

MISSION FAMILLE PARENTALITE

Tel : 01 49 45 77 83

CONFERENCE - DEBAT

24 MAI 2007

LES EVOLUTIONS SOCIOLOGIQUES DE LA FAMILLE 

L’adolescence : des clichés à l’évaluation scientifique

Comment les parents doivent-ils communiquer

avec leurs enfants adolescents ?

Intervention de Michel FIZE, sociologue


94 agents des services municipaux accueillant des publics ( agents d’accueil, animateurs, éducateurs sportifs, bibliothécaires, service RMI etc ) ont participé à cette demi-journée de formation en intra..

Elle visait un triple objectif :

  • Mieux comprendre les problématiques des familles qu’ils accueillent.

  • Contribuer à leur réflexion personnelle, considérant que bon nombre d’entre eux sont également des parents.

  • Favoriser les échanges sur le thème indépendamment de leurs missions et de leur positionnement hiérarchique.


Les propos n’engagent que leurs auteurs.




L’ADOLESCENCE : DES CLICHES A L’EVALUATION SCIENTIFIQUE
EXPOSE DE MICHEL FIZE
Michel FIZE se présente  (résumé)

Michel FIZE fait en se présentant référence à la Consultation nationale des jeunes en 1994 « qui était une opération de diagnostic des problèmes de la jeunesse, avec le constat qu’on y trouvait déjà les mêmes problèmes qu’aujourd’hui mais que ceux-ci se sont aggravés depuis, puisque sont désormais touchés des jeunes qui ne l’étaient pas alors. A savoir les jeunes diplômés. » Michel FIZE fait alors référence à son ouvrage « le livre noir de la jeunesse » qui présente le tableau de la jeunesse aujourd’hui.

Il rappelle ensuite son travail dans un cabinet ministériel « avec pour but d’améliorer le droit des jeunes en essayant de mieux organiser le dialogue avec eux. »

Enfin il présente son implication dans l’association « foot citoyen » qui lutte contre les questions de violence sur et en dehors des terrains de sports.
INTRODUCTION (extraits)

Michel FIZE en introduction de son exposé « invite chacun à partir de son opinion sur les adolescents. L’opinion se manifeste à partir du vécu, lorsque l’on a des adolescents à la maison ou qu’on les fréquente dans les missions professionnelles. On les voit également à la télévision lorsqu’ils s’y expriment ou enfin dans des situations un peu plus noires (manifestations violentes) qui permettent de stigmatiser cette jeunesse. » Ces opinions forgent-elles pour autant une analyse rigoureuse ?
Historique du mot adolescent (extraits)

En préambule, « le mot adolescent est apparu à la fin du XIXe siècle, alors qu’auparavant on passait directement de la situation d’enfant à celle d’adulte, dans les vieilles sociétés monarchiques où on allait travailler avec ses parents, à la terre quand on était paysan, dans les usines (les manufactures) ou à la mine. Les enfants travaillaient comme les parents. »

«Le mot adolescent est apparu quand on a permis à un certain nombre d’enfants d’aller à l’école et notamment à l’école secondaire et de ne pas entrer directement dans le monde du travail : L’adolescence est donc un privilège des sociétés qui ont la chance de pouvoir envoyer leurs enfants à l’école et où les adolescents ont la chance de pouvoir s’instruire. » Tous les continents ne connaissent pas ce privilège.
LA QUESTION DE L’ADOLESCENCE (intégralité)

Je vais poser la question de l’adolescence par une certain nombre d’interrogations, de pistes : il s’agit d’être dans un débat d’idée participatif et non dans une conférence où donc les questions ont autant d’intérêt que les réponses, étant entendu que l’adolescent dont je vais vous parler est un adolescent moyen comme on parle de moyenne dans les statistiques : c’est un mélange de blanc, de noir, de jaune, même si bien sûr, selon son origine, les choses varient.

C’est un adolescent qui n’existe pas vraiment, un mélange de tout mais qui correspond à ce que la plupart vivent. 
I- Quand devient-on adolescent ?

On est adolescent plus tôt, plus tôt qu’avant, et, contrairement à ce que l’on dit, et c’est plus nouveau, moins longtemps : derrière l’adolescence, avant l’âge adulte, il y a la jeunesse. Jeune, on l’est plus tôt qu’on le dit. Tous ces qualificatifs, toutes ces distinctions sont importants : on ne peut pas traiter de la même manière une enfant, un adolescent ou un jeune. 

Adolescent, cela correspond à une tranche d’âge : 10 - 15 ans. Après c’est un autre âge. On a tort de traiter les lycéens comme les collégiens. Les lycéens revendiquent cette appellation de jeunes qu’ils distinguent de la période de l’adolescence. Il faut d’ailleurs noter que l’Union européenne définit la période de la jeunesse entre 15 et 25 ans. Le jeune se distingue de l’adolescent par la revendication de l’autonomie, alors que l’adolescent s’inscrit dans une identité collective : la jeunesse est le démarrage de l’indépendance et le jeune ne veut plus être assimilé aux images de l’adolescence.
2- A partir de quel moment voit-on que dans les esprits les choses changent?

Il existe 2 théories :

- si j’étais un psychologue, je dirais que l’adolescence commence avec la puberté. On ne sait pas d’où vient cette idée mais elle a la peau dure !

- Pour les sociologues, autre idée reçue, on devient adolescent quand on entre au collège.

L’une et l’autre sont fausses.

On n’entre plus dans l’adolescence par la puberté mais par la culture qu’expriment certains indices :

- lorsque l’enfant parle comme un adolescent (utilisation du verlan) et que l’on est désormais en dehors des mots d’enfants,

- par l’expression vestimentaire, la parure où l’enfant s’habille comme les autres adolescents (marques etc),

- par l’expression musicale (le rap, la techno, le rock) et sportive (sports de rue et refus de l’encadrement classique du club de sports avec des coéquipiers non choisis.) S’exprime davantage le goût de la liberté: faire du basket dans la rue avec les copains et pratiquer des sports nouveaux (skate, roller…)
Le langage, le vêtement, les goûts sportifs et musicaux correspondent à ce que j’ai appelé dans un de mes ouvrages la « culture adolescente » : on devient adolescent quand on s’imprègne de tout cela.

On n’a pas besoin d’attendre la puberté : elle n’est pas encore là chez les garçons et commence à peine chez les filles. On peut être adolescent sans être pubère par ce que on l’est d’abord dans la tête ! Cela se passe en moyenne à 10 ans en CM2. Cela passe par la culture avant la biologie.

L’adolescence dure moins longtemps pour cesser à la fin du collège. Quand on entre en seconde, on a un sentiment différent de celui du collégien.

Le collégien n’a pas trop le choix : il doit porter les vêtements que porte tout le monde. Chez le collégien, l’individu a une identité collective. Alors que quand on entre au lycée, on est un peu moins conformiste : on peut se permettre de s’exprimer comme l’on veut.
Pourquoi le jeune ne veut plus être adolescent ? A 10 ans, l’adolescence fait rêver : plus de droits, plus de liberté alors que pour les lycéens que l’on a interrogés, être adolescent apparaît négativement où « si l’on n’est pas délinquant on est une peu débiles » ( star ac, le loft...) « On nous fait passer pour des débiles mentaux ou des brûleurs de voitures. Si c’est cela être adolescent, non merci ! » Les jeunes préfèrent être considérés comme des individus qui regardent davantage devant eux.
2- Est-ce que l’adolescence est un âge particulier au sens de délicat, difficile?

Si je fais un sondage, oui….. Etre adolescent, c’est l’âge de la crise !

Il s’agit-là de la plus fantastique idée reçue qu’ont ait jamais pu inventer et qui n’a jamais été prouvée scientifiquement. Cela n’existe pas !

Certes, il existe des tensions entre adolescents et adultes mais quand même, je le précise immédiatement, pas toujours ! Moi qui travaille avec des adolescents moyens, je rencontre des adolescents bien dans leur peau, dans leur tête, qui ont des projets, avec des familles heureuses d’avoir des personnes avec qui on va pouvoir discuter.
3- D’où viennent les tensions ? Leurs causes ?

Pour les psychologues, le responsable serait la puberté : ce serait la faute aux hormones ! Il est vrai que lorsque l’on devient pubère, il y a un afflux d’hormones.

Là où il y a problème c’est l’interprétation : c’est de passer de l’afflux au dérèglement ! On est en plein cliché car on n’a jamais pu démontrer que les hormones avaient cet effet apocalyptique. Par contre les effets de la ménopause sont prouvés. Dans un cas, c’est prouvé, dans l’autre, ce n’est pas prouvé ! S’il y a des tensions, c’est en raison des mauvaises relations avec les adultes en général et avec les parents en particulier.
La proposition

Donc voici la proposition que je vous fais parce qu’elle correspond davantage aux faits.

Ce n’est pas partir de l’idée : « il y a crise de l’adolescence donc, conséquence, il y a de mauvaises relations ! » Mais de l’idée : « il y a des mauvaises relations, donc, conséquence, il y a crise ! »  Parce que les parents continuent à ne pas comprendre ce qui se passe, qu’à un certain âge l’enfant n’en est plus un et qu’il a d’autres aspirations.

Je crois que ce ne sont pas les hormones qu’il faut traiter mais la relation. Il faut changer de regard sur l’adolescent en partant de l’idée qui, je crois, caractérise le mieux l’adolescence et qui en est la meilleure définition :

« Qu’est ce qui se passe chez l’adolescent ?

Ce dernier fait une découverte : Non pas que son corps change, il change lentement, mais qu’il peut penser par lui-même. »

Or, quand quelqu’un pense par lui-même, il y a de fortes chances qu’il ne pense pas comme les autres. Ce qu disent les adolescents eux-mêmes : « il n’y pas a de crise, mais des désaccords !».C’est seulement de là que vient le conflit  parce qu’il n’y a pas d’opposition nécessaire entre adultes et adolescents.

DEBAT
Question

La première intervenante note d’abord qu’elle a également constaté que chez l’un de ses enfants, l’adolescence se manifeste plus tôt que chez son aîné. La question porte sur la double culture et qui pose question au jeune, malgré de bons résultats scolaires. Il se met la pression tout seul en se disant : « il faut que j’aie des diplômes parce que ce sera plus dur pour moi, je suis typé, je suis un beur. » Comment rassurer un adolescent qui se dit que ce sera plus dur pour lui ?
Michel FIZE 

En France, la jeunesse est un problème voire un handicap. Il faut renverser la perspective : la jeunesse est une ressource et une chance.

Pour la double culture, évidemment il y a des problèmes de gestion mais il faut partir de cette idée simple que c’est une chance d’avoir double culture, double racine.

Il y a le rôle de l’état et le rôle des familles. La culture d’origine, on a eu tendance à vouloir la cacher. Puisque que l’on parle beaucoup de devoir de mémoire, je pense qu’il y a un devoir de la part des parents de parole, de raconter.

Dans nos sociétés qui ont perdu la boussole, on a envie de savoir d’où l’on vient, ce que les parents ont vécu lorsqu’ils avaient l’âge des enfants, comment ils sont arrivés en France, leurs difficultés aujourd’hui au quotidien…Il faut avoir la fierté de ses origines tout en luttant collectivement contre les discriminations….. Je pense qu’il faut parler, il faut parler pour rassurer !
Question

Vous dites : la crise de l’adolescence n’existe pas et que c’est une question de communication dans la famille qui va générer ou non la crise. Je me demande si ce n’est pas aussi une question de pouvoir dans les familles où l’adolescent est en recherche de prise de pouvoir. Malgré tout, il a besoin de se sentir rassuré et d’avoir des limites. Il essaye de prendre une place, quitte à la prendre fortement : il y a besoin de communication mais aussi conflit, conflit de pouvoir.
Michel FIZE

Vous avez tout dit comme une brillante sociologue. - merci mon professeur de fac - Ce qui se passe, c’est la question du pouvoir. C'est-à-dire que dans la famille française classique, différente d’autres familles d’ailleurs, on est toujours dans un schéma, et ça vaut pour l’école, où il y a les gens d’en haut et les gens d’en bas.

Les gens d’en haut, c’est les parents, les professeurs et, il ne faut pas les oublier, les éducateurs, les animateurs et puis il y a les gens d’en bas : ceux qui vont exécuter les ordres des gens d’en haut, parfois avec de bonnes intentions : «  nous on sait ce qui est bon pour toi. »

Puisqu’on parle de solutions, dans nos sociétés où il n’ y a plus les rites de passage, certes parfois douloureux physiquement, mentalement. (ce qui correspond à un besoin : les adolescents d’aujourd’hui se marquent le corps….) il pourrait y avoir une réunion de famille où les parents prendraient acte du changement : « dorénavant nous allons prendre l’engagement de vous traiter comme des adolescents qui ont d’autres besoins que les enfants. »

Qu’est-ce qui se passe ? Il faut passer en famille ou ailleurs, avec les adultes en général, d’un schéma vertical à un schéma horizontal et considérer que l’adolescent est une personne. On l’avait dit du bébé et l’adolescent ne le serait pas ? Eh bien non c’est un opposant….

Donc, le défi est là : puisque l’on parle de contrat, il faut redéfinir de nouvelles règles du jeu en famille en ne posant surtout pas la question : « cela va mal, il faut fixer des limites, il faut recadrer, mettre de l’autorité ! » Surtout pas !
Définition du mot autorité

Je dis un mot sur le mot autorité : on est vicieux par rapport à l’autorité parce qu’on en a changé le sens. « Auctoritas » en latin veut dire exactement le contraire de ce que l’on croit qu’il veut dire. Autorité cela veut dire « autoriser, augmenter ». Non seulement ce n’est pas contraindre quelqu’un mais c’est lui donner plus de pouvoirs, augmenter sa liberté. Dans les siècles passés, lorsqu’on parlait d’autorité on parlait de pouvoir.

TOCQUEVILLE dit en 1835 : « entre parents et adolescents américains, il n’ y a pas de conflits. » Pourquoi ? Parce que les parents savent que les adolescents vont avoir un besoin d’autonomie légitime. Les parents acceptent de renoncer à leur toute puissance sur les adolescents et ces derniers acceptent d’assumer leurs responsabilités nouvelles du fait de leur âge nouveau. Quand vous lisez TOCQUEVILLE, vous voyez qu’il n’y a pas de crise parce qu’on accepte de partager le pouvoir, la responsabilité. (et on ne parlait pas d’hormones à l’époque …)
Question

Est-ce que l’adolescent est toujours prêt à prendre ses responsabilités ? On voit aussi des enfants plus jeunes qui commencent à guider leurs parents dans leurs achats et parfois prendre le pouvoir, dans des familles plus isolées, mono-parentales. Ils peuvent avoir des choix décisionnels forts qu’ils n’ont pas à avoir à cet âge-là ! Ils peuvent participer mais ne pas avoir la maîtrise de la famille. Comment fait-on pour régler ce déséquilibre-là quand il s’opère au sein de la famille ?
Michel FIZE

Il ne faut pas sortir d’une dérive du parent autoritaire, tyran, pour tomber dans une autre dérive : celle de l’enfant tyran, décideur de tout. D’une manière générale, l’échange est un échange d’idées, de propositions. Quand on dit : il faut décider tous ensemble, on est bien dans cette logique démocratique.

La démocratie participative est aussi à développer dans la famille. Chacun veut exprimer son point de vue mais ce n’est pas parce que l’on exprime son point de vue que l’on a raison. Exprimer un point de vue n’efface pas celui qui a le pouvoir de décision. Un parent a une responsabilité juridique, civile et pénale dont il ne peut pas se décharger.

On fait des confusions : liberté et responsabilité, cela n’est pas la même chose. La liberté, ce n’est pas tout faire : elle s’arrête là où commence celle des autres. C’est un respect de l’autre. La responsabilité c’est à la fois un droit et un devoir, comme le vote.
Mais par rapport à un âge, 16 ans, où la responsabilité pénale va être renforcée, développons également une majorité civile.

Deux exemples :

Pourquoi un jeune ne peut-il pas diriger une association ? Les start up étaient bien montées par des jeunes de 16, 17 ans !

Pourquoi ne pas permettre à des jeunes de voter aux municipales ? Augmenter les devoirs implique d’augmenter les droits.
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