Terre, Europe continentale, un soir de lune montante au début du printemps








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Les oubliés

du temps qui passe
Frédéric Jeorge

Janvier 2002

Cette nouvelle est un crossover entre Highlander, Star Trek « TNG » (« The Next Generation », la deuxième série de cet univers) et Quantum Leap. S’il est conseillé de connaître un peu ces contextes, le contraire ne devrait aucunement perturber la lecture. Pour plus d’info en français sur ces univers :

- Highlander : http://1592.free.fr

- Star Trek, The Next Generation : http://www.unification-online.org/unifv3/articles/1/26

- Quantum Leap : http://quantum.anotherlight.com/
Elle fait suite à mon autre fanfiction « On ne vit qu’éternellement », qu’il est recommandé de lire avant. A plus long terme, c’est aussi une sorte d’hommage à l’excellent roman « Ravage » de René Barjavel, ainsi qu’aux films « Mad Max ».
Les personnages que j’emprunte sont des propriétés exclusives de leurs auteurs et ayant-droits. Aucune intention de nuire, pas de rentabilité, juste pour le plaisir !
Merci a Liliane et Poupov pour la relecture et les corrections.

N’oubliez pas le Feed-back : cyberpix@ifrance.com
Terre, Europe continentale, un soir de lune montante au début du printemps.


Le feu crépite doucement dans la cheminée, parfois une bûche rougeoyante s’effondre dans une gerbe d’étincelles. Confortablement installé dans un canapé, les pieds posés sur une table basse, il referme son livre en soupirant. C’est déjà la quatrième fois qu’il le termine, et le manque de nouvelles lectures lui pèse. Quel dommage que le générateur électrique n’ait pas tenu ! Il s’y attendait bien un peu, mais ne s’en est pas moins profondément senti frustré d’être privé des ordinateurs et des trésors sans fin de leurs banques de données. Les glaçons tintent lorsqu’il se sert un verre de Brandy. La glace aussi se fait rare, il va falloir retourner en chercher en montagne. Au lieu de l’effet escompté, le liquide ambré lui arrache une grimace ; encore une bouteille trop âgée…

Une sensation bourdonnante de présence lui fait soudain lever les yeux avant même qu’un bruit de pas résonne dans les couloirs voûtés. Un homme le rejoint dans la pièce, une épée tachée de sang à la ceinture, un daim fraîchement égorgé sur l’épaule.

- Belle bête ! s’exclame le lecteur. Comment le cuirons-nous ?

- Pourquoi pas rôti? Ou en daube, tiens, cela fait longtemps.

- Oui, bonne idée. Mais il n’y a plus de poivre.

Nouveau soupir. Tant de choses s’épuisent depuis le siècle dernier ! Ce n’est pourtant pas faute d’avoir fait des réserves, mais qui aurait cru que cela durerait aussi longtemps ? L’immortalité les protège des carences alimentaires, mais ne peut rien contre l’ennui et la famine.
Les deux hommes se dirigent en bavardant vers la cuisine lorsque la grande cloche se met à battre à toute volée. Lâchant le daim encore tiède sur les dalles du couloir, ils dégainent leurs lames et courent vers la porte principale. Plusieurs buzz leur parviennent alors qu’ils rejoignent leurs compagnons sur les remparts.

- Quelle est la situation ?

- Pour l’instant ça tient, mais il faudra peut-être descendre s’ils insistent. Nous n’avons pas eu le temps de réparer la grille depuis le grand assaut de l’hiver dernier.

Plus ennuyés qu’inquiets, les Immortels contemplent du haut des remparts de leur citadelle les hordes dépenaillées qui se pressent à leurs portes. Armés de gourdins et de bâtons, les attaquants hirsutes hurlent et frappent les murailles. Cette bande-ci est désorganisée et somme toute inoffensive, mais il arrive que des chefs émergent de la multitude malsaine et augmentent la menace. Et environ une fois par génération de mortels, une attaque d’envergure se monte, plusieurs tribus s’allient pour tenter de percer les défenses des Anciens, retranchés depuis tant d’années dans leurs murs inexpugnables. Mais ils ne peuvent pratiquement rien contre la pierre et le fer et le feu et les armes des vestiges de la civilisation.

Les Immortels ne savent plus exactement quelle est la date, mais d’après leurs estimations presque trois cents ans déjà se sont écoulés depuis… depuis la Fin. Trois siècles depuis la Grande Crise, celle qui signa la fin de l’ère technologique. Soudain privé de pétrole et de plutonium, de charbon et de gaz, l’homme s’effondra sur lui-même comme une étoile en fin de vie. Plus de carburant, plus d’électricité, et la civilisation était allée trop loin pour faire simplement machine arrière. Ce fut le chaos, immense, total, destructeur. Les rares endroits de la planète qui avaient échappé à l’industrialisation galopante ne furent pas épargnés par l’agonie des pays riches. L’âge des ténèbres était arrivé, pour le pire et le malheur.
Longtemps après, décadents, malades et irradiés au plus haut point, des humains errent toujours sur la terre, pauvres diables en haillons, armés de gourdins rudimentaires, végétant dans un état proche de celui qui était déjà le leur, plus de quarante mille ans auparavant. Même les plus anciens Immortels, même le plus vieux de tous n’a jamais connu de période si obscure, noyée dans un tel océan d’ignorance que le simple travail du fer relève presque de la magie.

Pourtant, ça et la, quelques îlots émergent : citadelle ou ville fortifiée préservant le savoir et les artefacts de la civilisation. Des lieux où l’on dort encore dans des draps, des places où l’on parle encore un langage articulé, où l’on joue encore de la musique. Des endroits isolés, jalousement gardés, où des Immortels se sont enfermés au début des temps difficiles pour laisser passer la tempête. Mais si le gros de la houle est passé, le vent n’est pas tombé pour autant et la patience des Anciens est mise à rude épreuve par la solitude, l’épuisement des réserves et les assauts des pillards à leurs portes.
Quadran Bêta, date stellaire 44552.5

Tout est calme à bord de l’Enterprise, vaisseau explorateur et fleuron de Starfleet. L’équipe active y vaque avec efficacité et discipline à ses tâches, tandis que les autres membres de l’équipage se détendent au bar Avant-toute, se distraient dans les holodecks ou se reposent tout simplement en famille dans leurs quartiers. Sur le pont, le premier officier William Riker discute plaisamment avec la conseillère Deanna Troi, tandis que le lieutenant commander Data gère la navigation sans les déranger. Personne d’autre n’est présent, il n’est pas utile de garder une équipe complète en service pendant un simple voyage de ravitaillement d’une base à l’autre. Dans cette atmosphère tranquille, l’alerte de proximité qui résonne soudain sonne comme une fausse note dans une mélodie. Riker soupire doucement. Décidément, il est dit que jamais l’Enterprise n’aura droit à une mission sans aucune surprise. Il se redresse dans le siège de commandement, pianote d’une main sur son clavier tout en donnant des ordres pour que le vaisseau s’immobilise.

- Dois-je réveiller le capitaine Picard ? demande Deanna.

- Non laissez-le dormir pour l’instant, ce n’est probablement qu’un astéroïde sortit de son orbite. Monsieur Data, une analyse de l’objet ?

- En cours, Monsieur. Analyse complète. Nous avons tout d'abord détecté une petite anomalie spatio-temporelle, mais il s’agit finalement d’un vaisseau non identifié. Il est éteint et n’émet pas de balise de signalisation, j’ignore pourquoi notre trajectoire ne l’a pas repéré plus tôt.

- A l’écran. Zoom optimal, activez les boucliers au cas où. Monsieur Worf, monsieur Crusher, sur le pont s’il vous plait.

Devant l’officier, la vue de l’espace disparaît de la baie principale pour être remplacée par un gros plan sur un appareil qui semble plutôt ancien, que Riker ne parvient à identifier comme aucun vaisseau spatial de la Fédération.

- Monsieur Data, quelle est l’origine de cet engin ?

- Humaine monsieur. Bien qu’il ai été assez largement modifié, il s’agit d’un navire de transport Boeing 7747-2x.

- Deanna, je pense que vous pouvez réveiller le capitaine finalement. Ce n’est pas tous les jours que l’on trouve un simple avion terrien - datant d’un siècle avant les premiers vaisseaux humains - à des millions d’années lumière de la terre.
Une fois prévenu, il ne faut pas longtemps à Jean-Luc Picard pour rejoindre le pont. Féru d’Histoire et d’archéologie, il est particulièrement curieux de comprendre comment un engin tout juste capable d’effectuer la liaison Terre-Lune et bien évidemment dépourvu de moteurs Warp a pu se retrouver de l’autre côté de la galaxie ! Quand il prend son poste de commandement, toute l’équipe est prête à répondre à ses ordres.

- Quelle est la situation, monsieur Data ?

- J’ai complété mon analyse de l’appareil, capitaine. Si le châssis et la coque sont pratiquement d’origine, l’essentiel de la mécanique a été remplacé par des constructions expérimentales. Le bloc de propulsion utilise une technologie à distorsion quantique qui a été expérimentée au début du XXIème siècle mais très rapidement abandonnée pour son manque de sécurité. Il n’y a pas de bouclier, pas de systèmes d’armement visible. Tout indique que ce vaisseau a été lancé il y a au moins trois cents années terrestres.

- Des signes vitaux à bord ?

L'androïde se tourne vers son supérieur.

- Non capitaine. Les systèmes de supports ne sont même pas actifs. Cependant, le générateur et les équipements semblent en bon état ; il doit être possible de les initialiser depuis le poste de pilotage. Je peux m’y téléporter et tenter de rétablir une atmosphère et une température compatibles avec l’envoi d’une équipe humaine.

- Vous anticipez mes attentes, Data. Faites donc.

Terre, Europe continentale, Automne

Ce soir la lune est gibbeuse, elle charrie dans son sillage la poussière du temps et des regrets d’autrefois. La saison froide est revenue, traînant avec elle l’humidité glacée des couloirs de pierre, les douches plus froides que jamais et les attaques désespérées des mortels voyant revenir l’hiver et n’ayant pas été capables de faire des provisions en conséquence. Attablés dans la plus grande salle de la citadelle, les Anciens se taisent et restent immobiles. Ils viennent d’apprendre la nouvelle. L’un des leurs n’est pas rentré de la montagne où il était allé renouveler le stock de glace. En soit, le retard n’aurait rien de très inquiétant, car après tout un Immortel court assez peu de risques à l’extérieur, mais le vigile a signalé des éclairs, des flammes d’aciers jaillissant des collines dans un ciel dégagé et vierge de toute tempête. Il est fort à craindre, hélas, que ce soit un quickening. Les chasseurs de tête n’ont pas pris leur retraite, ils traquent toujours leurs victimes, avec d'autant plus d'acharnement qu'il n'y a pratiquement plus de terres sacrées. La région était sûre pour les pacifiques ces temps-ci, il semble que cela ne soit plus le cas.

Au sujet d’inquiétude, l’état alarmant de leurs réserves. Ils ont passé un seuil au-delà duquel même les poudres et les nourritures lyophilisées pourrissent, les bouteilles s’évaporent sous les bouchons desséchés, les grains moisissent et les conserves se racornissent. Le peu de cultures et la volaille qu’ils entretiennent dans la cour du château ne peut suffire à les alimenter et ils savent pertinemment - pour l’avoir déjà tenté - qu’il est irréaliste de protéger des champs à l’extérieur… Ils ne sont qu’une douzaine dans un château qui autrefois pouvait soutenir un siège avec des centaines de personnes en ses murailles, mais quelle forteresse endure un blocus de trois cents ans ? Les excursions de chasse que certains lancent parfois servent plus à s’occuper et améliorer l’ordinaire qu’à se nourrir, les proies elles aussi se faisant rares dans la région. Certes, ils peuvent dans l’absolu éviter de manger, mais ce n’est pas une vie de passer son temps à mourir de faim, d’errer, faible et squelettique, en attendant le prochain trépas qui les libérera un instant de la famine !

Un homme se lève et frappe d’un poing énergique sur la table de chêne sombre.

- Cela a assez duré ! s’exclame-t-il. Je crois qu’il est évident pour tout le monde à présent que ne nous pouvons plus compter sur les mortels pour se relever seuls. Il faut agir, nous n’allons pas rester enfermés ici pendant des millénaires à manger des cailloux. Je n’en peux plus, moi, je craque. Je veux un bon repas avec des épices, je veux de l’eau courante chaude, je veux un ordinateur, bon sang !

- Calme-toi, réplique une de ses camarades d’isolement. Nous avons vécu des siècles sans tout cela. Je veux dire, avant la Fin, avant même que ce que tu demandes existe…

- Peut-être, mais y avoir goûté et en avoir profité pendant cent cinquante ans change la donne, ce n’est pas comme si nous n’avions jamais connu le confort de l’électricité. Et puis à l’époque, le monde… le monde respirait, il y avait une vie artistique, des voyages et des découvertes, des guerres parfois, certes, mais aussi de la nouveauté, sans cesse, partout ! Voyez dans quoi nous nous débattons aujourd’hui ; ces loques au-dehors sont tout juste capables d’entretenir un feu…

- Que proposes-tu alors ?

- Vous, je ne sais pas, moi je pars, peut-être pas définitivement, mais sinon je vais exploser. Souvenez-vous de notre dernier hôte de passage, il a parlé d’une ville, vers le nord, qui a été désertée par la maladie et donc en partie épargnée par la destruction. J’y trouverai peut-être de quoi réparer le générateur. Ce serait déjà ça.

- Après tout ce temps, tu espères encore trouver des pièces mécaniques en état ?

- Sait-on jamais ? Au moins, cela me donne un but, quelque chose à faire.

- As-tu pensé aux coupeurs de têtes qui rodent à l’extérieur ?

- Oui, mais nous savions faire avec, avant, pourquoi en serions-nous incapable aujourd’hui ? Je sais toujours me battre, et si au pire je perdais… et bien tant pis. Ce sera presque mieux que rester croupir ici.

Quadran Bêta, date stellaire 44552.7

Fascinés, les membres de l’équipe d’exploration flottent à travers un vaisseau si rustique qu’il n’a même pas de générateur de gravité artificielle. Geordi Laforge étudie avec Riker les commandes primitives du tableau de bord, Data tente de communiquer manuellement avec l’ordinateur pour y trouver les archives tandis que le docteur Crusher parcourt l’arrière.

Elle revient bientôt vers ses collègues avec une grimace.

- L’équipage est encore à bord… Enfin, ce qu’il en reste. Ils sont dans un genre de caisson d’hibernation étrange, Geordi j’aurai besoin de votre expertise.
Réunie autour des cercueils de verre avec les corps pratiquement momifiés de quatre hommes et quatre femmes, l’équipe est perplexe. Le technicien l’a confirmé, ces caissons sont de simples boîtes pas même étanches, sans générateur de champ de stase, système de réfrigération ou même senseurs médicaux… Beverly Crusher se gratte la tête.

- Qu’ils n’aient pas été congelés se comprend, ils devaient déjà savoir que le corps humain le tolère particulièrement mal, mais qu’attendaient-ils de ces primitives couchettes sous verre pour les protéger pendant la durée d'un vol subluminique ? J’avoue ne pas comprendre.

- Peut-être ont-ils été abordés pendant leur voyage par des voleurs qui ont prit leur équipement de survie ? suggère Riker.

Laforge secoue la tête.

- J’en doute commander. La porte est intacte et une race assez avancée pour pouvoir se téléporter à bord n’aurait que faire d’appareils aussi anciens - il n’y a pas de raison de penser que leur équipement d’hibernation soit plus récent que le reste de cette antiquité. De plus, il n’y a pas de trace de branchement ou de support.

- Recommandation ?

- Nous nous dirigeons vers la base Draconis 3, leurs équipes de technoarchélogues seront plus qu’intéressés par cet… avion. Si on le remorque, vu sa faible masse nous devrions tout de même pouvoir atteindre Warp 3 ou 4 et y être dans les temps.

- OK, cela me convient. Enterprise, ici Riker. Quatre à téléporter. Prévenez la salle des machines d’activer le rayon tracteur.

L'air pénètre douloureusement dans les poumons d'Aaron Leblanc, inutilisés depuis si longtemps. Il ouvre péniblement les yeux, saisi de la profonde impression que quelque chose n'est pas normal. Agrippant les poignées prévues à cet effet, il fait coulisser le dôme de verre qui le recouvre et se redresse, fait jouer ses muscles qui achèvent de se reconstituer. A leur tour les autres membres de l'équipage du Starlander ressuscitent, leurs corps n’attendant pour cela depuis de nombreuses années que les conditions redeviennent viables. Quelques minutes plus tard, ils sont éveillés tous les huit. En plus d'Aaron, l'initiateur du projet, Grégoire Vendran, Ceirdwyn, Ibrahim Al’Danar, Katherine, Angelina de Valicourt, Adria et Richie Ryan sont tous assis sur leurs couchettes et rassemblent leurs esprits. Aaron s'accoude à la paroi et regarde par un hublot avant de lâcher un juron bien senti.

- Qu'est-ce qui se passe, un chauffard de l'espace a rayé la peinture de la coque ? demande Richie.

- On avance.

- Mais… les moteurs sont off-line…

- Oui, je sais, et de toute façon ils sont incapables de voyager à cette vitesse… Non mais regardez ça ! Les étoiles défilent comme sur un écran de veille… Qu'est-ce qui se passe bon sang ?

Il se rue dans le cockpit, suivi de ses compagnons. Quelques exclamations fusent, puis un profond silence s'établit. Devant le Starlander et un peu au dessus, au lieu du vide l'espace se trouve un gigantesque vaisseau blanc, avec deux longues nacelles bleutées élégamment relevées sur les côtés qui doivent être des propulseurs. Grégoire s'approche d'une console qu'il réactive et lance une série d'analyses.

- Nous sommes… remorqués, mais pas par des câbles, je détecte un flux d'énergie tendue, un genre de rayon tracteur…

Aaron polarise la vitre pour leur boucher la vue et leur permettre de réfléchir plus calmement.

- Bon, les amis, il faut qu'on discute sérieusement. Déjà la priorité, rétablir tous les systèmes, comprendre pourquoi l'ordinateur nous a réveillés. Ensuite, on s'occupera de… du… enfin, de ce qui se passe.

Jean-Luc Picard et ses officiers sont en pleine réunion à propos du mystérieux avion quand le jeune Wesley Crusher les appelle sur l’intercom.

- Désolé de vous interrompre, mais la situation du Boeing évolue.

- Détaillez, enseigne.

- Tous ses systèmes reviennent en ligne un à un et… les senseurs détectent à présent huit formes de vie à bord. Des humains, Monsieur.

- Beverly, une erreur de diagnostic ?

- Sauf votre respect capitaine, les corps étaient momifiés par le temps. Il n'y avait pas d'erreur possible.

Picard fait la grimace et se lève.

- La réunion est ajournée. Pilote, arrêt complet, retournez l'Enterprise, activez les boucliers, mais ne lâchez pas l'emprise du rayon tracteur.

Aaron pianote à une vitesse impressionnante sur le clavier du tableau de bord tandis que chacun s'active efficacement pour trouver les réponses. En quelques instants tout est prêt et ils se réunissent dans le poste de pilotage. Ibrahim centralise les rapports et résume la situation.

- Quelque chose s'est passé après notre départ d'Eternia. Vous savez la petite instabilité du bloc de propulsion que nous avions remarquée sans nous en inquiéter ? Il semble que c'était plus grave que prévu. Nous pensions avoir réparé le début de faille, mais pas suffisamment il faut croire. La chambre quantique s’est fendue, ce qui nous a brutalement éjecté de l’espace-temps en y générant une mini-aberration. Nous avons dérivé presque trente-cinq de nos années, mais la distorsion spatio-temporelle s'en est mêlée.

- Et en langue normale pour ceux qui n'ont pas fréquenté le M.I.T. depuis son inauguration, ça fait quelle date ? interrompt Adria.

- D'après le positionnement des étoiles et si notre emplacement est exact… 2365 et quelques. Nous sommes très loin de la Terre, bien plus que ce nous pensions atteindre un jour. De plus…

Il est interrompu par un clignotement insistant du tableau de bord. Katherine s'approche de la console de communication.

- Nous recevons un signal, je crois qu'ils veulent communiquer. Il y a un flux audio récupérable, mais la vidéo est d'un format que je ne sais pas traiter. Je passe ce que j'ai, écoutez.

Stupéfaits, les spationautes Immortels entendent une voix grave aux consonances parfaitement humaines s'exprimer lentement en anglais.

- Ici le capitaine Jean-Luc Picard de l'USS Enterprise NCC-1701-D, de la Fédération Unie de Planètes. Je souhaite parler à votre capitaine.

Les Immortels se concertent un instant, et Adria propose

- Vas-y Aaron, après tout c'est ton vaisseau, à toi de parler.

Le jeune homme respire un grand coup et s'approche du micro.

- Ici, euh… le capitaine Leblanc du Starlander. Qui… qui êtes-vous ?

Picard se tourne vers ses officiers et leur fait signe de couper temporairement la communication.

- Ils sont bien Terriens…

- Comment le savez-vous, capitaine ?

- L'homme a qui j'ai parlé a un accent typiquement français… Conseiller Troi, vos impressions ?

La télépathe bétazoïde ferme les yeux et se concentre un instant avant de répondre.

- Je ressens une intense curiosité, de l'excitation, un peu de crainte aussi, mais celle de l'inconnu, pas de nous en particulier.

- De l'hostilité ?

- Aucunement. Mais une grande volonté de communication. Je crois que vous devriez leur répondre, capitaine.

- Très bien. Monsieur Worf, ouvrez la fréquence.

Après quelques secondes d'un silence angoissant, la communication reprend.

- Capitaine Leblanc, je vous invite à me rejoindre à bord de l'Enterprise avec votre premier officier, afin que nous discutions face à face.

Aaron se tourne vers ses camarades avec un grand sourire.

- Qui veut être mon "premier officier" ?

Ceirdwyn fait un pas en avant, Aaron hoche la tête et reprend le micro.

- OK Capitaine Picard, le temps d'enfiler nos scaphandres et nous arrivons.

- Vos scaphandres ?!

Malgré sa retenue et sa courtoisie diplomatique, il a du mal à cacher son amusement.

- Eloignez simplement les deux personnes concernées du reste de l'équipage pour que nous puissions les identifier.

Les deux Immortels s'exécutent et, sous les regards effarés de leurs compagnons de voyage, ils disparaissent dans un scintillement bleuté.

Au même instant, en salle de téléportation numéro 3, Aaron et Ceirdwyn se matérialisent avant de se rendre compte de ce qui se passe. Le souffle coupé, ils parcourent la pièce des yeux. Rien de leur est familier, ni les matériaux utilisés, ni l'interface des ordinateurs, ni surtout la sombre figure d'un homme étrange en costume moulant noir et jaune qui se tient près de la porte, presque aussi grand et large qu'Aaron et portant d'étranges excroissances osseuses sur le front. A côté de lui, la silhouette plus classique d'un homme barbu, vêtu de la même façon mais en noir et rouge, s'avance vers les nouveaux arrivants.

- Bienvenue à bord de l'Enterprise. Je suis le commander William Riker, voici le chef de la sécurité le lieutenant Worf. Le capitaine Picard va vous recevoir dans un moment, mais si vous le voulez bien, notre médecin de bord souhaiterai s'entretenir avec vous avant. Monsieur Worf va vous escorter.

- Il… il n'est pas humain n'est-ce pas ?

- Vous n'avez jamais vu de Klingon ?

- Jamais de formes de vie extraterrestre intelligente ! Et ce… moyen de transport instantané, non plus…

Riker leur adresse un grand sourire.

- Vous n'êtes pas au bout de vos surprises en ce cas, croyez-moi. Worf, dès que le docteur Crusher a fini avec eux, conduisez-les en salle de briefing.

Les Immortels ne savent plus où donner de la tête en suivant l'être taciturne le long des couloirs du gigantesque vaisseau. Des milliers de questions leur traversent l'esprit et ils doivent vraiment lutter pour se retenir de les poser dès à présent. En arrivant à l'infirmerie, le docteur, une douce rouquine, les fait allonger sous un scanner et les analyse à l'aide d'énigmatiques appareils clignotants avant de rendre son verdict et de les accompagner voir le capitaine.
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