Thèse de docteur en Pharmacie








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Les pathologies consécutives à une chute en mer : (13, 57)


Tout le monde n’a pas forcément le pied marin (surtout en équipage familial non entraîné) ; de plus, se maintenir sur le pont d’un bateau quand le clapot se lève, les rafales se multipliant, devient rapidement affaire d’expérience et d’acrobatie.
Il faut savoir que par mauvais temps ou de nuit, les chances de retrouver l’homme son fort réduite, que le tribut d’accidents mortels payé par la plaisance à 50% imputable à « l’homme à la mer ». Dans 85% des cas, il s’agit d’un accident survenant par temps fort, vent de force 6 à 10, et lors d’un coup de gîte ; celui-ci pouvant être causé par une faute de barre, une rafale de vent ; mais le plus souvent, c’est une lame qui couche le bateau.
La chute de mer est parfois consécutive à un choc ou à un traumatisme qui aggrave son pronostic. Selon la durée du sauvetage et d’une éventuelle traumatologie, la personne peut être indemne ou en état de noyade, d’hydrocution et/ou d’hypothermie.


        1. L’hypothermie : (2, 3, 13, 15, 23, 32, 37, 38, 58, 59, 60, 169,170)

  • Etiologie

Pendant la seconde guerre mondiale, environ 30 000 marins anglais sur les 45 000 perdus en mer ont été tués par le froid et l’eau et non par l’action de l’ennemi. En 1979, lors de la course du Fastnet, parmi les 8 décès en mer du Nord, beaucoup moururent dans leur gilet de sauvetage non pas par noyade mais par le froid. L’hypothermie pourra non seulement survenir lors d’une chute en mer mais aussi lors d’un séjour prolongé au froid ou un naufrage. Tous les ans, des marins meurent de froid dans l’eau même si aujourd’hui le port de combinaison de survie en sauve de plus en plus.

L’humidité, la déshydratation, les vêtements inadaptés, la natation en eau froide, et le tabac seront des facteurs favorisant.
Lors du Vendée Globe 1996, le bateau de Raphaël Dinelli coule lentement. Il a le temps de mettre sa combinaison de survie et de monter sur le pont recouvert par l’eau de mer. L’eau est à 3°C, les vagues le frappent, le bousculent, l’éjectent du pont. A chaque fois, il réussi à remonter et à s’accrocher. Après un combat d’une trentaine d’heures pour survivre, Pete Goss le récupère enfin, les muscles sont raides, il a du mal à bouger, il est somnolent. Sa température est en dessous de 33°C.


  • Conduite à tenir :

  • sortir la personne horizontalement de l’eau ce qui est particulièrement difficile si le franc bord est élevé et éviter les manipulations inutiles, génératrices de fibrillation,

  • pour les hypothermies légères, il faudra effectuer un réchauffement lent spontané soit en recouvrant la victime d’une couverture de survie ou d’un duvet, soit en se collant contre elle de manière à réchauffer en priorité le tronc et l’abdomen. De l’air chaud insufflé favorisera également le réchauffement interne. La technique de réchauffement actif ne devra être appliquée seulement si la température est très basse et après avis médical car le risque de complications est augmenté. La tête et le tronc seront réchauffés uniquement et des bouillottes pourront éventuellement recouvrir la victime. Elle devra être allongée en positon latérale de sécurité en position déclive (jambes et thorax surélevé pour assurer un meilleur drainage pulmonaire),

  • ne lui donner à boire que si l’on est sure de son bon état de conscience,


Dans tous les cas, le réchauffement doit être progressif, afin d’éviter le risque majeur de collapsus et de réchauffement qui nécessiterait dès lors un massage cardiaque externe plus lent que la normale (40 pressions par minute) et une respiration assistée (15 insufflations/minute)


  • Pour les hypothermies graves (<34°C) ; le sujet doit rester habillé sous des couvertures chaudes. Le massage ou les frictions des extrémités sont à proscrire. , il faudra réchauffer le noyau central par lavages gastriques à l’eau chaude 40°C additionnée de sel ce qui évitera l’ « after-drop ». De l’air chaud peut également être insufflé au moment où il inspire. Le sujet devra être constamment sous surveillance. La pose d’une perfusion de sérum glucosé isotonique serait nécessaire. Mais il est bien entendu rare qu’un plaisancier possède ce produit, et qu’il connaisse les techniques de perfusion qui s’avèrent être très difficiles dans un milieu en perpétuel mouvement. Cette abstention de soins pourra s’avérer mortelle sans intervention médicale urgente. Une assistance médicale d’urgence doit donc être dans tous les cas demandée, il s’agit d’une urgence !




  • Complications :

Elles sont quelquefois très graves, et sont souvent dues, soit à un réchauffement tardif, soit à un réchauffement trop rapide. On pourra ainsi observé :
L’after drop

Lors du réchauffement des zones périphériques du corps, la vasoconstriction dont ces zones étaient le siège, se lève, entraînant :

  1. une chute brutale de la tension artérielle allant jusqu’au collapsus,

  2. une nouvelle thermolyse par circulation de la masse sanguine dans ces territoires encore froids. De plus, tout se passe comme si l’organisme abandonnait toute lutte sitôt secouru.


Le risque de fibrillation :

Dès 28°C de température centrale, le risque de fibrillation ventriculaire est en premier plan. La fibrillation est inéluctable à 25°C.
Des complications pancréatiques et rénales pourront être également observées.
La prévention est essentielle car il n’y a pas à l’heure actuelle de drogue permettant de lutter contre l’hypothermie.



        1. L’hydrocution : (2, 13, 15, 23, 32, 33)




  • Etiologie

L’hydrocution est un accident syncopal qui se caractérise par une perte de connaissance plus ou moins brutale accompagnée d’un arrêt respiratoire réflexe (d’où l’absence d’eau dans les poumons, mais la reprise de la respiration peut entraîner la noyade). Cet accident provoque chaque année des morts parmi des nageurs avertis.
La cause est un choc thermo-différentiel ou syncope thermique différentielle, qui va déclencher un stress brutal entrainant la libération d’adrénaline qui provoquera alors un rétrécissement brutal des artères de la peau d’où la pâleur observée. Ce rétrécissement entraine un reflux brutal du sang vers l’intérieur du corps, qui par différents mécanismes, va provoquer l’arrêt de la respiration et du cœur. Ce phénomène sera majoré avec l’absorption d’alcool qui stimule la dilatation des vaisseaux superficiels et induit donc un reflux encore plus brutal du sang vers l’intérieur du corps.


  • Facteurs favorisant

  • le froid reste le principal facteur qui détermine l’hydrocution ; le risque croissant avec l’abaissement de la température de l’eau,

  • la température de la peau qui augmente prédispose à l’hydrocution : c’est le cas après un bain de soleil où la peau accumule de la chaleur sous l’effet des radiations caloriques,

  • le refroidissement du corps : il est 25 à 30 fois plus intense dans l’eau que dans l’air, et 150 fois plus en nage subaquatique. Le refroidissement rapide de la nuque, l’immersion de la tête parallèlement à l’hypothermie favorise l’hydrocution. Dans ce cas, les centres thermorégulateurs ne jouent plus aucun rôle.


  • Conduite à tenir

Si besoin, une réanimation cardio-respiratoire doit être pratiquée immédiatement, tout en donnant l’alerte aux secours car toute anoxie prolongée, peut provoquer des lésions rénales, hépatiques et cérébrales irréversibles. Le plaisancier atteint devra être couvert.
En cas de syncope grave, le sujet conscient doit être transporté dans un centre spécialisé dans les 2 à 6 heures suivant l’accident pour avoir de bonnes chances de survie.

En cas d’arrêt respiratoire ce délai sera raccourci de 10 à 15 minutes. C’est pourquoi, la prévention est très importante pour éviter ce genre d’accidents très graves. En effet, il faut réunir 3 conditions essentielles pour qu’un choc se produise : un coup de chaleur, une température de l’eau inférieure à 14°C, une immersion brusque.


        1. La noyade : (3, 13, 15, 23, 32, 33, 36, 56, 60)




  • Etiologie

La noyade doit être évoquée par tout chef de bord conscient de son rôle de sauvegarde de l’équipage. Elle se produit non seulement par la chute d’un homme par-dessus bord mais aussi lors de sortie en plongée sous marine.
L’asphyxie par inondation alvéolaire survient lorsque le sujet conscient ne peut se maintenir à la surface de l’eau. Elle entraîne des troubles majeurs ventilatoires, hémodynamiques, humoraux et neurologiques.
L’eau douce est hypotonique et va donc passer à travers la membrane alvéolo-capillaire. Ceci va créer une hypervolémie qui augmentera la pression veineuse. Les hématies seront alors hémolysées provoquant ainsi une anémie circulatoire, la libération de leur hémoglobine et de leur potassium d’où une hyperkaliémie ; une dilution des électrolytes dans le plasma. Ces troubles favoriseront ainsi la fibrillation.
Dans l’eau de mer, il se produit le phénomène inverse : « le plasma passera du sang vers les alvéoles », d’où une hémoconcentration et une hypovolémie. Ceci conduisant à un syndrome d’œdème aigu du poumon.

.


  • Pronostic

Les lésions alvéolaires évolueront, suivant la rapidité de l’intervention soit vers la surinfection et l’œdème aigu du poumon qui peuvent entrainer des lésions irréversibles. Ainsi, 4 stades de noyade sont décrits par l’InVS :

  • le stade I, qualifié d’ « aquastress » correspond à un accident d’immersion. La victime n’a pas inhalé de liquide, ne présente pas de troubles de la vigilance, de troubles respiratoires. Le patient peut être angoissé et légèrement hypotherme,

  • les stades II, III et IV correspondent à la « noyade vraie » qui est caractérisé par un degré croissant d’hypoxémie due à l’inhalation de liquide dans l’arbre respiratoire. Il y a fréquemment ingestion liquidienne qui induit le vomissement,

  • le stade II correspond au stade de petit hypoxique. La victime a inhalé une faible quantité de liquide. Elle ne présente pas de troubles de la vigilance. Elle présente une toux et quelques râles,

  • le stade III, qualifié de « grand hypoxique », sera caractérisé par une fonction cardio-respiratoire qui restera adaptée à la défense ; tandis qu’au stade IV appelé « anoxique », les fonctions neuro-végétatives seront en état de souffrance profonde, la victime est alors en arrêt cardio-respiratoire.

Si la réanimation est commencée immédiatement, le pronostic d’une noyade au stade I sera très favorable. Pour les stades suivant, cela dépendra de l’état général du sujet (conscient ou non, respirant ou non), de la rapidité d’intervention des sauveteurs et de la proximité des soins. Les chances de réanimation sont exceptionnelles après dix minutes de submersion et laisse prévoir des lésions cérébrales irréversibles.


  • Conduite à tenir face à un noyé

Un équipier devra alerter les secours immédiatement. Si la prise rapide du pouls et l’observation simultanée de la respiration témoignent d’un arrêt cardio-respiratoire, il faudra libérer les voies aériennes en pratiquant, si besoin, la manœuvre de Heimlich et commencer sans tarder le massage cardiaque et le bouche-à-bouche.

Si le sujet est inconscient mais avec un pouls présent et une respiration spontanée, il sera disposé en position latérale de sécurité.

Le sujet devra être réchauffé en l’enveloppant dans des couvertures pour éviter l’hypothermie.

Le bouche à bouche et le massage cardiaque sont des gestes de secourisme primordiaux et doivent être pratiqués avant même l’arrivée des secours médicalisés. Il est à noter que la ventilation (bouche à bouche) peut être pratiquée alors que la victime est encore dans l’eau (enfant). La surveillance de la conscience est également indispensable. Même si le sujet est conscient et parait en bonne forme, il sera impératif de le faire hospitaliser au plus tôt ; une mort pouvant survenir après un mieux trompeur.


  • Complications

Selon le temps passé dans l’eau et la température de celle-ci, le noyé peut souffrir d’hypothermie. Un noyé comateux et en état de mort apparente n’est pas inévitablement un noyé mort : ce peut être un noyé hypotherme. Ceci est remis en question par un travail expérimental mené au Royaume-Uni : l’hypothermie générale ne serait pas le principal responsable du décès ; elle serait précédée d’une diminution des capacités à nager ainsi que d’une altération de la fonction cardio-respiratoire. . Les VFI sont aujourd’hui confortable et gênent moins les mouvements. Ils sont normalement équipés de renforts pour maintenir la tête hors de l’eau dans le but de ne pas s’épuiser inutilement. Il sera nécessaire également de protéger les zones à fortes déperditions caloriques comme le creux de l’aisselle, la région de l’aine et surtout la tête et le cou pour éviter le refroidissement des fonctions vitales à l’origine de graves désordres.
La perte d’efficacité de la nage sera due principalement au refroidissement des muscles des bras qui se paralysent peu à peu. De plus, l’activité musculaire dégage des calories éliminées par la peau. Au contact de l’eau froide, ces calories vont se disperser très rapidement accélérant la perte de chaleur. Le brassage de l’eau accentue la déperdition en empêchant la création autour du corps d’une couche un peu réchauffée par la chaleur du corps et qui atténue la perte de calories. Enfin, en nageant, la respiration plus rapide favorise l’absorption d’eau, ce qui accentue le refroidissement. La bouche et le nez peuvent être à l’origine de phénomènes réflexe avec blocage respiratoire, ralentissement ou même arrêt des pulsations cardiaques. Dans l’eau à 10°C, un nageur moyen ne pourra pas parcourir plus de 1500 mètre avant d’être paralysé par le froid. Il sera donc préférable de rester accroché à une épave plutôt que de regagner la côte à la nage et bouger le moins possible. En effet, la survie peut être augmentée de 35 à 50 %.

      1. Les principales pathologies dues à la chaleur

        1. Insolation et coup de chaleur :(1, 16, 23, 24, 25, 26, 29, 30, 31, 32, 61)




  • Définition

L’insolation se présente comme une hyperthermie légère qui peut aboutir au coup de chaleur lors de l’existence d’un trouble prolongé de la thermorégulation naturelle de l’organisme. L’absorption de boissons et un repos à l’ombre pendant quelques heures suffisent à la traiter.

Le coup de chaleur peut survenir à l’ombre si l’atmosphère chaude et humide empêche l’évaporation normale de la transpiration. Celui-ci est aussi souvent déclenché par un effort intense. La mauvaise adaptation alimentaire serait aussi en cause et il semble que la prise d’alcool joue un rôle prédisposant.

Il frappe à tous les âges mais les enfants, les personnes âgées y seront particulièrement sensibles.


  • Symptômes

Le début du coup de chaleur est parfois brutal, le sujet tombant alors dans le coma. Heureusement, le plus souvent, le début est précédé de signes d’alertes tels que maux de tête violents, malaise général, agitation, transpiration abondante se tarissant, température en élévation rapide au-delà de 40°C. Des vomissements et des signes méningés (raideur de la nuque) seront également observés. La peau sera rouge, chaude, élastique, ferme, ne gardant pas les plis.

Ce tableau peut constituer une urgence grave car sans traitement, le coup de chaleur évolue vers l’apparition de convulsions, avec un risque de lésions cérébrales définitives, de coma ou même de décès.


  • Conduite à tenir

Le traitement doit être instauré rapidement, et ce d’autant plus que le sujet est jeune.
Si la température corporelle n’est que légèrement augmentée (38°C) et la tension est normale, le coup de chaleur est bénin : il faut alors étendre le sujet déshabillé dans un local aéré, lui faire boire de l’eau fraîche sucrée par petite gorgée et lui appliquer des linges mouillés (ou vaporiser de l’eau fraîche) sur tout le corps mais plus particulièrement aux endroits ou passe les grosses artères (le cou, l’aine) sur le front et au niveau du foie. On peut lui administrer un antipyrétique (paracétamol car l’aspirine peut entraîner des troubles de la coagulation) et lui faire prendre une douche tiède de 10 minutes. Après reprise de l’état général, on lui imposera un repos à l’ombre, des repas un peu plus salés et deux litres d’eau à boire en 24 heures.
Si la température dépasse 40°C, on se trouve devant un coup de chaleur important, avec une tension basse : c’est une urgence médicale. Il faut mettre le sujet en position couchée, la tête basse, le couvrir d’une couverture mouillée et lui mettre une poche de glace sur la tête si possible. D’autre part, il faut immédiatement prévenir les secours car une hospitalisation est indispensable ; des anticonvulsivants auxquels s’ajouteront éventuellement des perfusions de sérum glucosé et bicarbonaté pourront alors être administrés.

. Il ne faudra en aucun cas immerger le sujet dans la mer (risque aigu d’hydrocution).


  • Pronostic et complications :

Les coups de chaleur restent dans leur grande majorité bénins, car les signes (maux de tête, vomissements, peau chaude) alarment le sujet et le font souvent s’abriter et s’étendre dans un endroit aéré où il se sentira mieux. Si c’est le cas, le sujet récupère en général dans les 24 heures suivant le début du traitement. Par contre, pour un coup de chaleur important, l’hospitalisation doit être effectuée une à deux heures après l’accident, tout retard aggravant le pronostic. Les principales complications sont le coma et l’hypotension ainsi qu’une possible déshydratation globale avec état de choc, une anurie ou encore un syndrome hémorragique.


        1. La déshydratation : (13, 16, 58, 25, 30)




  • Définition :

Elle se rencontrera lors de vomissements, de diarrhées, d’hypertranspiration, de coup de chaleur. De plus, pour des raisons sans doute liées au degré hygrométrique de l’air d’une part, au souci de ne pas charger les récepteurs spatiaux intéroceptifs d’autre part, les marins ont tendance à peu boire, se maintenant de cette façon dans un état d’hypo-hydratation qui peut favoriser la survenue d’un accident aigu, mais qui entraîne également une diminution très importante de la diurèse.


Ainsi, deux types de déshydratation peuvent survenir :

- La déshydratation globale

La sudation est relative sous nos climats tempérés, puisqu’elle est de l’ordre de 1litre par 24 h. Mais, lors de séjours en régions chaudes, elle peut atteindre 4 à 6 litres, voire 10 litres, pour une activité intense, toujours pour 24 h. La déshydratation est ainsi importante sans aucune compensation. Il s’en ressent une soif intense.

Elle débute par une sécheresse de la langue, l’apparition d’un pli cutané. Sur le plan cardiovasculaire apparaît une hypotension, accompagnée d’une tachycardie. La réhydratation s’impose, sinon le processus se poursuit par l’apparition de signes neurologiques avec confusion et obnubilation avant un coma calme avec présence possible d’hématomes sous-duraux ou de collapsus cardiovasculaire.
- La déshydratation par sel

Celle-ci est causée par un déséquilibre de l’apport en chlorure de sodium par apport aux pertes, lors de l’adaptation du sujet au climat, qui sera variable d’un individu à l’autre. Cette déficience peut d’ailleurs être aggravée lors de vomissements, avec pertes ioniques importantes, consécutifs au mal de mer. Le sujet ressent alors des céphalées, de l’asthénie, des vertiges, associés à de l’anorexie, des nausées et des vomissements. Il peut avoir aussi des crampes musculaires, des œdèmes, des troubles psychiques aigus avec agitation, colère ou abattement. L’apport sodé en curatif est peu efficace au vue de la mauvaise assimilation digestive.

Les nourrissons de moins de 1 an sont les premières victimes. En effet, par rapport à son poids, le nourrisson a une surface corporelle, donc d’évaporation de l’eau, beaucoup plus élevée qu’un adulte et, de surcroît, sa régulation thermique est encore immature. Au-delà de 10% de perte de poids chez le bébé, apparaissent la persistance du pli cutané, la dépression des fontanelles, une tachycardie et une hypotension.


  • Conduite à tenir

Face à une déshydratation légère, le traitement repose essentiellement sur la réhydratation orale, qui pourra s’avérer indispensable aux âges extrêmes de la vie. Les types de solutions qui peuvent être utilisés seront détaillés dans le chapitre consacré aux médicaments utiles pour les troubles de gastroentérologie.



        1. L’hyperthermie d’effort : (52)


Elle surviendra lors d’épreuves longues lors de conditions météorologiques difficiles (chaleur, humidité). Elle est aggravée par la déshydratation et le manque d’entrainement. La conduite à tenir et les symptômes seront les mêmes que le coup de chaleur accompagnés de fièvres et de douleurs musculaires.
C’est une urgence grave : elle peut provoquer un arrêt circulatoire justifiant une ventilation artificielle et un massage cardiaque. Une évacuation médicale devra être envisagée.


      1. Les principales pathologies dermatologiques : (2, 11, 13, 14, 26, 56, 58, 62)

        1. Les pathologies infectieuses :


Les infections cutanées sont courantes, due en général au staphylocoque : furoncle anthrax, lymphangites, adénites, abcès sont souvent observés. Les particularités du milieu maritime (macération, irritation par les cristaux de sel…) les favoriseront mais aussi une hygiène insuffisante, la preuve en est faite par une épidémie de furonculose lors de la Course autour du monde en équipage de 1977, ayant atteint tous les équipages français à l’exception de deux équipières dont les lavages étaient plus réguliers.
De plus, l’eau de mer entraîne un retard de cicatrisation et une plaie béante est la porte ouverte à tous les germes.
La fréquence des plaies rend l’antibiothérapie prophylactique importante pour le navigateur : streptocoque et clostridium constituent un danger immédiat (évolution parfois fulminante de l’infection).


  • Les abcès :

Les abcès sont très fréquents à bord. La peau est d’abord rouge, chaude et gonflée puis il constitue une poche de pus. Cet abcès peut être profond, douloureux ; il se trouvera préférentiellement sur les doigts (panaris) et les avant-bras.



  • Les folliculites staphylococciques :

Ce sont des lésions inflammatoires de la base des poils avec démangeaisons et vésicules purulentes pouvant évoluer en profondeur en faisant des nodules inflammatoires purulents. Si le poil est un cil, il s’agira d’un orgelet ; si c’est une barbe un sycosis. Pour ce dernier cas, une mousse à raser antiseptique (NOBACTER®) peut s’avérer très utile.


  • Les furoncles :

  • le furoncle isolé : la survenue du premier furoncle à bord d’une unité doit être considéré comme l’annonce de calamités futures. Il faudra par toutes mesures appropriées éviter la dissémination du staphylocoque au sein de l’équipage. La première d’entre elle sera la confection d’un pansement occlusif

  • la furonculose ou furoncles multiples récidivant : son traitement et son évolution sont particulièrement difficiles à contrôler sur un bateau. Sa survenue, certes favorisée par les agressions multiples dont le revêtement cutané est le siège, nous a toujours paru traduire un degré de fatigue excessive de l’équipage.


La réunion de plusieurs furoncles au niveau de la nuque, du dos ou des fesses constitue un anthrax ; il sera traité de la même manière que les furoncles.
Le traitement de ces dermatoses reposera sur une hygiène corporelle irréprochable, un traitement local par un antiseptique (HEXOMEDINE®) ou éventuellement antibiotique (FUCIDINE®). Pour les formes étendues ou profondes, un traitement général pourra être nécessaire. Un panari pourra être traité de la même manière après incision de l’abcès.


  • L’impétigo :

Sa fréquence est proche de zéro à condition de ne pas avoir emmené le staphylocoque dans ses bagages. Il est alors associé au streptocoque. Il sera néanmoins fréquent chez l’enfant en se caractérisant par des lésions vésiculeuses jaunâtres.


  • Les mycoses :

Leur apparition est favorisée par la transpiration, la macération consécutive au port prolongé de bottes et de ciré ; il s’agit essentiellement de candidoses (pied d’athlète ou intertrigo).
Les agents responsables seront :

  • les moniliases : dominées par le candida albicans, on les retrouve à bord sous la forme classique du pied d’athlète, mais aussi avec des fréquentes disséminations à l’ensemble des plis. Les moniliases trouvent en effet un terrain de macération particulièrement favorable à leur prolifération,

  • les dermatophyties : le plus volontiers représenté par un eczéma marginé de Hébra. On les rencontre parfois sous la forme de l’herpès circiné. Si ces deux formes paraissent être favorisées par la navigation, les teignes, elles, résultent toujours de la contamination de l’escale,

  • le pytiriasis versicolor : il ne nous intéresse que par sa contagiosité et sa sensibilité particulière au soleil.


Les régions les plus exposées sont les mains et les pieds ainsi que les plis de l’aine. Les démangeaisons sont importantes, la peau est rouge, très irritée et suinte.
Le traitement reposera en une hygiène rigoureuse, un lavage par un savon liquide antimycosique type Plurexid® ou de la Bétadine® dermique et l’application d’un antimycosique.


  • L’herpès :

L’herpès survient souvent chez des sujets déjà habitués à ses récurrences et qui en font donc souvent eux-mêmes le diagnostic. Il est souvent déclenché par l’exposition solaire de la peau non encore tannée et bronzée, favorisée par le vent et la corrosion cutanée dues aux embruns d’eau de mer, la fatigue, le stress, les décalages horaires, les variations climatiques.
Il se localise le plus souvent au niveau du visage, sur le pourtour des narines, des lèvres, des yeux mais peut siéger sur les muqueuses de la bouche ou de la région génitale, les fesses et le bas du dos.
L’herpès est très contagieux particulièrement durant la phase de poussée. Il sera donc conseillé aux sujets habitués de se munir d’un traitement anti-herpétique.

        1. Les principales affections dues au soleil : (11, 16, 22, 26, 31, 58, 63)
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