Thèse de docteur en Pharmacie








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Les sites Internet dédiés aux plaisanciers :



Il existe également un certain nombre de sites Internet dédiés aux plaisanciers. Les informations concernant les différents aspects de la plaisance y sont traitées. Malheureusement malgré le sérieux d'un bon nombre de sites, comme celui de l’association Med-Mer, il n'existe pas de véritable référence validée par les autorités compétentes. De plus, le contenu de la plupart de ces sites est bien trop pauvre en conseils et informations.


    1. Particularités du milieu maritime :




      1. Le bateau : (2, 7, 11, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20)



Figure 1: Description d’un bateau

Source : http://www.coupedelamerica.com
Les principaux éléments pouvant induire des traumatismes seront :

  • La bôme

La bôme est un espar sur lequel la bordure de grandvoile est enverguée. Traditionnellement en bois, elle est maintenant beaucoup plus souvent en aluminium voire en matériaux composites comme la fibre de carbone pour les voiliers de compétition.

Elle est notamment responsable de nombreux traumatismes crâniens surtout lors de l’empannage. Elle a provoqué un décès par hématome ex-tradural lors du Triangle Atlantique en 1976 (Saint-Malo – Capetown – Rio – Saint-Malo). Plus récemment, Guillaume Castenet, un jeune plaisancier de 32 ans fut assommé d’un coup de bôme lors de sa tentative de sauvetage envers les scouts de l’Abbé Cottard alors en détresse sur leur caravelle. Il perdit alors pied et se noya. (159)


  • Les winchs :

Il s’agit d’un équipement fixe placé sur le pont d’un bateau qui permet de démultiplier la traction exercée par l’équipage sur les cordages utilisés pour contrôler la voilure.

La plupart des blessures surviennent en cas de rupture du frein, par « retour de manivelle » et si celle-ci sort de son logement, avec risque de fracture du poignet, des côtes. C’est un accident fréquent. Il est possible également de se blesser en étant projeté sur un winch lors d’un coup de roulis ou d’une embardée. Les winchs seront aussi redoutables pour les doigts d’un équipier débutant (doigt coincé entre l’écoute sous tension et le fût métallique du winch).


  • Le tangon :

C’est un espar mobile tenu horizontalement grâce à la balancine et au hâle-bas associé, utilisé pour déployer le spinnaker.

Les accidents peuvent survenir avec le balancement du tangon lors des manœuvres d’empannage. Mais aussi lors d’une rupture ou d’un largage intempestif de la balancine. L’auteur de cette thèse en a été elle-même victime ce qui lui aura provoqué l’écrasement d’un doigt avec perte de substance ayant nécessité 6 points de sutures !


  • Le mât :

Une rupture peut également être à craindre. Or sa hauteur et son poids peuvent atteindre des chiffres importants. En effet, sur des bateaux de 20mètres de long, il peut atteindre la taille raisonnable de 25mètres et plus…Son ascension peut également se révéler délicate et être un facteur de risque de chute.

A Cannes, en 2008, après une collision entre deux bateaux, un des skippers, Wielfried Tolhurst violemment touché par la chute du mât, décédera. (160)

Les torons coupés des câbles qui pointent vers l’extérieur (appelés vulgairement « gendarmes ») pourront également être à l’origine de nombreuses coupures.


  • Le pont :

Son accastillage est un danger permanent pour les orteils (filoirs d’écoute). Panneaux de pont et capots coulissant sont dangereux pour les doigts. Les tiges de fermeture des panneaux de pont peuvent être responsables de plaies perforantes en cas de chute. Une projection contre un chandelier, surtout par gros temps, se solde très souvent par une fracture de côte.


  • La nature des matériaux :

Certains vont favoriser l’infection en érodant la couche superficielle de l’épiderme qui perd alors son imperméabilité microbienne, d’autres provoquer des plaies avec corps étrangers. L’oxyde d’alumine des bateaux en aluminium est suffisamment abrasive pour altérer le revêtement cutané, tout comme les tissus de verre des bateaux en polyester mal polis. Il en est de même pour le revêtement antidérapant du pont.


  • Les écoutes et les mousquetons des voiles :

Quand ils battent, ils peuvent blesser très sévèrement les mains ou le visage. Les forces de traction exercées par les écoutes sont d’autant plus importantes que les surfaces de voile sont grandes. L’effort produit par un équipier pour border l’écoute en sera d’autant plus violent. Une éventuelle erreur de manœuvre ou la survenue d’un problème d’accastillage peuvent être alors responsables d’un traumatisme. Le chariot d’écoute de grand-voile, qui coulisse sur un rail perpendiculaire à l’axe longitudinal du bateau peut blesser ou projeter un équipier mal placé s’il n’est pas bien assuré. Les frictions brutales par un bout ou un filin freiné avec la main pouvant générer des brûlures de la paume pouvant aller du phlyctène basal au « steack ».

Olivier de Kersauzon décrira : « François Boivin a failli se retrouver avec les doigts en moins. L’écoute lui a échappé et il a voulu la rattraper et la retenir. L’écoute a entrainé Boivin jusqu’à la poulie. Il a lâché prise de justesse » (21). Patrick de Radrigues, quant à lui, eu durant le Vendée Globe 2000 le pied accroché dans une écoute ; il a été ainsi, violemment projeté la tête la première contre un winch.


  • L’ancre et sa chaîne

Le risque que représentent l’ancre et sa chaîne pour les mains et les pieds est présent dans toutes les consciences depuis l’accident d’Alain Colas. Sa remontée sur le bateau pourra être également source de lumbagos par exemple.


  • A l’intérieur :

Les cloisons et emménagements sont des agents vulnérants potentiels en cas de projection (fracture du nez, contusions du dos, fracture-tassement d’une vertèbre cervicale notamment chez un concurrent lors de la « Transat » en 1980). Les accidents surviennent surtout par gros temps, quand le bateau venu soudainement en travers du vent dans le creux d’une vague se couche ; on peut alors être également blessé par un objet mal arrimé, de la boîte de conserve à la batterie sortie de son logement…

Les brûlures par renversement d’un récipient lors d’un coup de roulis sont également fréquentes et parfois graves ; mais elles surviennent surtout lorsque la mer n’est pas trop mauvaise et que les précautions souhaitables sont négligées.


  • Descente et capot de descente :

Les ouvertures que sont la descente vers l’intérieur et les différents capots ouverts, sont de véritables dangers.


  • Le moteur :

Les réparations sont parfois dangereuses et des éclaboussures d’huile chaude peuvent parfois survenir. Les émanations de CO sont également possibles, surtout dans un espace confiné ou l’on peut vouloir se calfeutrer à l’abri du froid et du vent. L’équipage du dernier grand trimaran Groupama 3 lors des tests du bateaux avant son record de l’atlantique, en ont fait les frais. Les céphalées opiniâtres dont se plaignaient les équipiers étaient dues à une mauvaise ventilation des gaz d’échappement du moteur !


  • Les manœuvres

Les manœuvres de pont représentent l’essentiel du travail à bord d’un voilier. Sitôt que les grains se rapprochent, la puissance disponible dans les écoutes ou toute autre partie du gréement est énorme. Cette puissance peut être génératrice d’accidents, mais surtout elle nécessite tout le savoir et toutes les qualités physiques de l’équipage pour être contrôlée.
Embraquer une écoute, une drisse dans de bonnes conditions, exige un travail rapide et puissant qui suffit à conduire le sujet à une tachycardie d’effort, accompagné de dyspnée. Six concurrents de la route du Rhum en 1982 ont eu à souffrir suffisamment de ce phénomène dû à la charge que leur imposait la manipulation de la voilure.


  • Les mouvements du bateau :

Le bateau, que ce soit en mer ou à quai est en perpétuel mouvement :

  • sous l’action des vagues :

    • le bateau se balance d’un côté sur l’autre : c’est le roulis.

    • Le bateau se balance dans le sens de la longueur : c’est le tangage.

    • Le bateau se balance de haut en bas avec la houle.

  • sous l’action du vent :

    • le bateau gîte.

L’équilibre à bord sera d’autant plus difficile à maintenir que la mer sera formée, ce qui nécessite une correction incessante de la position. Ces différents mouvements pourront être responsables de chute et surtout de mal de mer.
Ainsi, au total, ce sont fractures, brûlures, coupures, hématomes, tendinites, luxations et entorses qui attendent le marin à chaque journée en mer. La gravité de ces affections peut aller du cas bénin au cas grave. Une attention particulière devra être portée aux coupures, sachant que la cicatrisation en milieu humide et salin est retardée. La surinfection a de grandes chances de s’installer mais surtout peut être à l’origine de certaines complications. Un traitement antibiotique par voie locale pour des anthrax, voire systémique pour des lymphangites, des adénites est alors indispensable.


      1. La mer : (11, 13, 14, 22)


L’échelle de Beaufort permet de décrire son état :

Force

Descriptif

Vitesse en nœuds

Vitesse en km/heure

Effets observés

Hauteur des vagues en mètres

0

calme

< 1

< 1

Mer sans ride, la fumée s'élève verticalement

0

1

Très légère brise

1 - 3

1 - 5

Mer légèrement ridée, le vent entraîne la fumée mais non les girouettes

0 - 0,1

2

Légère brise

4 - 6

6 - 11

Mer avec vaguelettes, on perçoit le vent sur le visage

0,1 - 0,5

3

Petite brise

7 - 10

12 - 19

Mer peu agitée, les feuilles et les petites branches sont agitées en permanence

0,5 - 1,25

4

Jolie brise

11 - 16

20 - 28

Mer agitée, le vent soulève la poussière et les papiers

1,25 - 2,5

5

Bonne brise

17 - 21

29 - 38

Mer forte, apparition de vagues sur les lacs

2,5 - 4

6

Vent frais

22 - 27

39 - 49

Mer très forte, les branches plus importantes des arbres sont agitées

4 - 6

7

Grand frais

28 - 33

50 - 61

Mer grosse, la marche des piétons est gênée

6 - 9

8

Coup de vent

34 - 40

62 - 74

Mer très grosse, le vent brise des branches

9 - 14

9

Fort coup de vent

41 - 47

75 - 88

Mer énorme, le vent arrache cheminées et ardoises

> 14

10

Tempête

48 - 55

89 - 102

Mer déchainée, arbres déracinés et importants dommages aux habitations

> 14

11

Violente tempête

56 - 63

103 - 117

Mer déchainée, ravages étendus

> 14

12

Ouragan

> 64

> 118

Mer déchainée, catastrophe, maisons emportées

> 14

1 nœud = 1 mille nautique/heure - 1 mille nautique = 1,852 kilomètre


Tableau 2 : Echelle de Beaufort

Source : http://www.anarvorig.com/mer_bretagne/article-94.php
L’état de la mer est directement lié à la force du vent qu’il fait, qu’il a fait, qu’il fera. Les mouvements de la mer sont également dépendants de courants locaux, tels les marées et les courants marins ayant une influence directe sur le paysage maritime. La mer, moyenne ou forte (de force 5 à 12) favorisera le survenue d’accidents corporels graves. La gravité des lésions est directement proportionnelle à l’énergie de la vague. La pathologie la plus fréquente s’y rapportant sera le mal de mer mais le sel, de part son pouvoir irritant pourra être également à l’origine de divers troubles comme des dermites mécaniques, voire des ulcérations, appelées « salabrasion ». L’apparition des nouveaux textiles depuis une quinzaine d’années a permis d’en réduire complètement la fréquence. Le sel pourra également être à l’origine d’ophtalmie, il aggravera les inconvénients du soleil, de la macération et de l’humidité (gerçures). De plus, il entrave la cicatrisation des plaies : il sera recommandé pour dessaler la peau non seulement de se rincer à l’eau douce (visage et mains en particulier) mais aussi de se savonner.


      1. La chaleur (1, 16, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32)


L’exposition à la chaleur pendant plusieurs jours entraine des modifications de l’organisme visant à augmenter ses capacités à éliminer la chaleur interne en excès. Cette adaptation, basée sur une sudation plus efficace et un débit sanguin augmenté sera réalisée en 7 à 10 jours, à raison d’une exposition minimale de 4 heures par jour. L’âge est un facteur négatif d’adaptation à la chaleur. Certaines maladies seront contre-indiquées pour un séjour à la chaleur comme certains troubles chroniques (insuffisance respiratoire, cardiaque, rénale, hépatiques, hypertension artérielle mal contrôlée, déficits immunologiques profonds, psychiques…), ou encore des troubles aigus (maladie psychiatrique, troubles cardiaques) et la grossesse.
L’action positive de la chaleur sur le bien-être général ne fait pas de doute : elle permet de soulager certaines douleurs, détendre les muscles, stimuler la circulation sanguine et le métabolisme. Mais elle sera aussi le principal facteur incriminé dans de nombreuses affections : insolation, coup de chaleur, déshydratation, hyperthermie d’effort. Plus rarement elle pourra provoquer des crampes de chaleur : par déperdition importante de sel ou encore des miliaires rouges ou « bourbouille »: une sudation importante est la cause de cette affection qui débute par une éruption papuleuse fine, parfois compliquée d’un érythème diffus et de vésicules. C’est une affection très prurigineuse. Les dermatophytoses seront également aggravées par la chaleur et l’humidité.

De nombreux médicaments par le biais de leur mécanisme d’action ou de leurs effets indésirables pourront être responsables de l’aggravation de symptômes liées aux températures extrêmes (Annexe 1).

      1. Les rayonnements : (23, 25, 26, 33, 34, 35, 161, 162)


Les rayonnements solaires sont indispensables à la vie mais ils peuvent être extrêmement dangereux pour la santé. Les ultra-violets se situent entre 100 et 400 nm. La quantité de ce rayonnement dépend du moment de l’année, de la latitude. Il est important de noter également que l’énergie du rayonnement, quand le soleil est à son zénith, est 10 fois supérieure à ce qui est observé avant 9 heures ou après 15 heures.
La réverbération importante à laquelle sont soumis les marins sur l’eau favorise les accidents aigus en début de croisière. Certains sujets y sont plus sensibles que d’autres, ceux possédant une peau fine (particulièrement les enfants) ou une peau claire.

Deux éléments assurent une protection « partielle » :

  • D’une part, l’acide uronique présent dans la sueur et le film hydrolipidique à la surface de la peau exercent une protection vis-à-vis des UVB. La couche cornée arrête jusqu’à 60% des UVB.

  • D’autre part, la mélanine joue un rôle capital car ce pigment naturel absorbe près de 90% des UV ayant franchi la couche cornée. La photoprotection est fonction de la quantité de mélanine présente dans la peau (pigmentation constitutive) et de la capacité génétique individuelle à produire de la mélanine après une exposition solaire (pigmentation acquise), c’est à dire du bronzage.

Cette inégalité des moyens de défense est représentée par la notion de phototype. Ce dernier définit la sensibilité de la peau aux rayons solaires et l’aptitude au bronzage, en fonction de la carnation, de la couleur des yeux et des cheveux.


Phototype

Teinte des cheveux /

Couleur de peau

Potentiel de bronzage /

Potentiel d’érythème

0

I

II

IIIA et IIIB

IV

V

VI

Blanc / rose

Roux / laiteuse

Doré / claire

Blond-châtain / claire

Brun clair / mate

Brun foncé / mate

Noir

Ne bronze pas, brûle toujours très facilement

Bronze très peu, brûle toujours facilement

Hâle léger, brûle toujours facilement

Hâle clair ou foncé, brûle modérément

Bronze toujours bien, brûle très peu

Bronze abondamment, brûle rarement

Fortement pigmenté, ne brûle jamais



Tableau 3 : Les différents phototypes (25)



Cette photoprotection étant insuffisante, même après une exposition courte, un érythème léger qui devient intense au bout d’une heure puis peut se transformer en véritable brulure du second degré peut apparaître chez un sujet non habitué et non protégé.

Les rayonnements pourront être également à l’origine d’ophtalmies, mais aussi de lucites estivales ou chroniques et sont encore un des facteurs le splus mis en cause dans la survenue de cancers cutanés.


      1. Le froid : (1, 14, 16, 22, 24, 27, 30, 36, 37, 38, 163 ,164)


C’est l’ennui premier. Il peut briser le moral de tout un équipage. En mer, le froid est un élément quasi permanent, car pendant un nycthémère, même en plein été, les « heures froides » sont plus nombreuses que les « heures chaudes ». De sorte, qu’à part un temps de huit à dix heures par jour en plein été, et par beau temps, l’organisme doit faire face au froid.
L’extrême froid sera rencontré, quant à lui, dans les mers proches de l’Antarctique par exemple (bien que ce continent soit contourné pendant l’été austral entre les 50è et 60è parallèle).
Tout comme pour la chaleur, le corps mettra environ 2 semaines pour s’adapter en augmentant sa production de chaleur interne ; 18°C étant la température de neutralité thermique par temps secs et sans vent.
Quand la température centrale diminue, on observe d’abord une vasoconstriction cutanée qui permet d’isoler les tissus périphériques du compartiment central. Celle-ci s’accompagne d’une hypertension artérielle et d’une augmentation du tonus sympathique (SNA) qui se traduit en particulier par une augmentation du rythme cardiaque. La redistribution du sang vers les organes, sera à l’origine d’une hémoconcentration. L’organisme augmentera sa thermogénèse, l’activité cardiaque augmente ainsi que les besoins du cœur en oxygène. Une diminution de la transpiration est également observée. Le froid aura également d’autre répercutions notamment :

  • Sur l’hypophyse : le froid fait diminuer la sécrétion d’A.D.H et augmente la diurèse, diminue également la sécrétion de l’hormone de croissance et de l’hormone gonadotrope.

  • Sur la thyroïde : le froid augmente son activité.

  • Sur les parathyroïdes : diminution de la sécrétion avec abaissement de la calcémie et de la magnésémie.

  • Sur les cortico-surrénales : stimulation endocrinienne.

  • Sur le pancréas : Diminution de la glycémie d’où la nécessité de se nourrir convenablement par temps froid.

  • Sur le système circulatoire : Vasoconstriction périphérique et hémoconcentration, chutes des leucocytes et des plaquettes, de la vitesse de sédimentation, le potassium et le magnésium diminuent par temps froid et augmentent en été, le taux d’albumine est plus élevé en hiver qu’en été, il s’élève également lors des pressions d’air froid.

  • Sur la peau : crevasses, engelures et gelures.


La vasoconstriction, l’augmentation de la pression artérielle et l’hémoconcentration pourront aboutir à une rupture des plaques d’athéromes et donc favoriser une thrombose artérielle en particulier chez le sujet âgé. Au niveau des artères coronaires, le spasme lié au froid associé à une éventuelle thrombose et l’augmentation des besoins en oxygène du myocarde favorise, chez le sujet à risque, la survenue ou l’aggravation d’une angine de poitrine voire d’un infarctus du myocarde en cas de sténose complète de la lumière artérielle.

Au niveau cérébral, l’hypertension artérielle, l’hyperviscosité et la thrombose peuvent être à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux, particulièrement chez les hypertendus ou en hypercholestérolémie. Les basses températures pourront également aggraver des phénomènes de Raynaud.

L’inhalation d’air froid entraine également un refroidissement de la muqueuse des voies respiratoires, ce qui peut inhiber les mécanismes du lutte contre les infections, comme la clairance-muco-ciliaire et la phagocytose des leucocytes. Chez les patients asthmatiques, l’inhalation d’air glacé et l’humidité sont des facteurs déclenchant de la crise d’asthme.

Les enfants, en particulier les nourrissons seront vulnérables au refroidissement car leur rapport surface corporelle sur volume corporelle est élevé. Ils se refroidissent ainsi plus vite que les adultes pour une même température extérieure. Chez les personnes âgées, l’altération des capacités cognitives conduit à sous-estimer le froid. L’hypothyroïdie, l’insuffisance surrénale, la maladie de Parkinson, des antécédents d’accident vasculaire cérébral, des lésions médullaires, de brûlures, sont aussi des conditions qui, réduisant l’activité, favorisent le refroidissement.
Le froid est susceptible de modifier l’absorption de médicaments utilisés par voie sous-cutanée ou en patch. Les médicaments sous forme liquide seront susceptibles de subir des transformations dues au froid, l’insuline devra par exemple être mise à l’abri du risque de congélation.
L’alcool, les benzodiazépines comme les opiacés sont susceptibles de diminuer les réactions de défense contre le froid et tout particulièrement les frissons. L’effet le plus important observé avec les agents myorelaxants qui suppriment totalement toute réaction de défense et qui vont donc favoriser ou aggraver une hypothermie.


      1. Le vent : (12, 13, 14, 16, 24, 30, 39)


Indispensable à la marche d’un voilier, sa force conditionnera le temps de retour. S’il mollit, la durée du retour peut devenir préoccupante en cas de problèmes de santé.

Si le vent forcît, le voilier se trouve gîté en permanence et les rafales accroissent temporairement l’inclinaison de l’unité, ce sont les coups de gîte. La vie et le travail à bord se résument à l’action sur un plan incliné, le plus fréquemment trempé. Plein vent arrière, le bateau peut se mettre à rouler bord sur bord. Si le bateau se met à rouler un peu sur la houle, ce roulis va balancer le spinnaker, qui va donc tirer tantôt à droite, tantôt à gauche, et ainsi augmenter le roulis….On peut voir quelquefois la bôme et le tangon plongés alternativement dans l’eau.
Même habillé, la surface corporelle restant à l’air libre est une source importante de fuite de calories. Le vent sera un des éléments responsables de l’hypothermie en mer. Ainsi, on, estime qu’à -20°C, un vent de 50km/h fait baisser la température perçue par le corps de 15°C, soit l’équivalent d’une température de -35°C sans vent. Cette estimation est basée sur le « windchill index » ou refroidissement éolien.


Vitesse du vent (km/h)

Température (°C)

5

0

-5

-10

-20

-30

-40

10

3

-3

-9

-15

-27

-39

-51

20

1

-5

-12

-18

-30

-43

-56

30

0

-6

-13

-20

-33

-46

-59

40

-1

-7

-14

-21

-34

-48

-61

50

-2

-8

-15

-22

-35

-49

-63

60

-2

-9

-16

-23

-36

-50

-64

70

-2

-9

-16

-23

-37

-51

-65

80

-3

-10

-17

-24

-38

-52

-67


Tableau 4 : le refroidissement éolien
Le vent peut entrainer une dyspnée avec diminution de l’expectoration ; les bronchiteux chroniques et insuffisants respiratoires devront donc pratiquer la voile avec prudence.
Le vent pourra également être à l’origine d’asthénie, de céphalées tenaces, d’’irritabilité, d’insomnie, de prurit, de douleurs rhumatismales. Certains vents ont été également décrits comme capables de faire « crier les fous ». Ils pourront ainsi exacerber certaines maladies neuropsychiatriques ou encore des pathologies cardio-pulmonaires.



      1. L’humidité : (1, 14, 22, 24, 30, 32, 40, 165)


En bateau, l’hygrométrie de l’air est à 100% tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, de plus les vêtements sont aussi saturés par l’humidité. L’eau étant 25 fois plus conducteur que l’air, la perte de chaleur sera beaucoup plus importante dans l’eau ou dans des vêtements humides, que dans l’air à température égale. De nombreux travaux (Golden, Keating, Boutelier, Timbal, les abaques de Molnar) montrent que 50% de décès (pour des sujets habillés) apparaissent en 1 heure dans une eau à 5°C, en 2 heures à 10°C, en 6heures à 15°C. Ainsi, un corps mouillé exposé au vent se refroidira 9 fois plus vite que s’il est sec.
L’humidité pourra être responsable de :

  • Déshydratation hydroélectrique : l’effort physique produit d’importantes dépenses hydroélectriques sous forme de sueurs, accentuées par l’humidité ambiante.

  • Erythèmes diffus, mycoses dermiques : pied d’athlète mycosique favorisé par le port de bottes.

  • Pied d’immersion ou « sea-boot foot » ou « boot foot » : ils apparaissent quand les pieds macèrent dans des bottes en caoutchouc, en milieux très humides pendant plusieurs jours. Le pied est alors successivement engourdi, douloureux, le siège de paresthésies puis anesthésié. Dans les cas graves, une nécrose des tissus est possible.

  • Modification de la perméabilité cellulaire et du liquide synovial ce qui contre-indiquera les pathologies inflammatoires en poussée (polyarthrite rhumatoïde par exemple). Une activité de courte durée en dehors des poussées est néanmoins possible. L’humidité semble également jouer un rôle défavorable dans la bronchite chronique et l’insuffisance respiratoire.

  • Dermite du siège : les « paquets de mer » balayant le pont ont parfois raison des joints des combinaisons étanches. Elle apparaît surtout lorsque les températures augmentent. Le plaisancier devra donc être vigilent à son hygiène corporelle sous les tropiques.


De plus, avec celle-ci, les pansements classiques se décolleront également souvent et s’ils restent en place, leur humidité sera un excellent bouillon de culture.


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