Thèse de docteur en Pharmacie








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Les anti-infectieux : (3, 68, 10)

  1. Désinfectants locaux : (29)




  • Désinfectants cutanés :

Il est peu probable de ne pas y avoir recours lors de croisière ; les produits sont très nombreux mais on peut actuellement faire un choix sur des critères assez précis :

  • bactéricidie, préférable à la simple bactériostase,

  • rapidité d’action, garantie pour le traitement des plaies,

  • spectre d’action large pour couvrir toutes les éventualités de plaies ou de dermatoses et pour éviter de sélectionner des germes,

  • utilisable pur, la réserve d’eau douce à bord étant parfois limitée,

  • non inhibé par les matières organiques (hexamidine) ou possédant les propriétés tensio-actives permettant de les déterger (polyvidone iodée solution moussante),

  • n’ayant pas besoin d’être soigneusement rincé après application ;

  • peu irritant pour ne pas nuire à la cicatrisation ;

  • peu toxique, pour pouvoir être utilisé sur de larges surfaces en application répétées et non phototoxique ;

  • peu allergisant ;

  • stable ;

  • d’application indolore ou peu douloureuse ;

  • utilisable avec le minimum de précautions d’emploi.


Ainsi, trois antiseptiques sont dits « majeurs » : la chlorhexidine, les dérivés chlorés et iodés. L’alcool à 70°C est également un excellent antiseptique de la peau saine mais ne doit pas être appliqué sur les plaies. Il présente également l’inconvénient comme l’hypochlorite de sodium d’être incompatible avec les matières organiques.
La chlorhexidine est l’antiseptique proposé dans la dotation obligatoire des plaisanciers. Bien que présentant plus de contre-indications (femmes enceintes, nourrissons et problèmes thyroïdiens), la polyvidone iodé sera préférable : elle a une couverture antiseptique meilleure que la chlorhexidine, et est de plus virucide contrairement à celle-ci. De plus, son pouvoir asséchant sera particulièrement intéressant en mer.


  • Désinfectants transcutanés:

Pour éviter la constitution d’un furoncle, l’hexamidine dans un excipient particulier (Hexomedine transcutanée®) sera utile. Celle-ci n’entrave pas l’adhésion des pansements prêts à l’emploi et des sutures adhésives. Néanmoins, les attouchements par alcool iodés sont également souvent efficaces.


  • Désinfectants ORL :

Les désinfectants buccaux sont des articles importants (gargarismes, bain de bouche) ; on y a recours lors de gingivites, des traumatismes dentaires ; l’héxétidine (Hextril®) est très utilisée, elle a l’avantage de s’employer pure.
Pour désinfecter le pharynx et surtout atténuer la gêne fonctionnelle en cas d’angine, il peut également être utile de posséder un collutoire d’hexamidine et lidocaïne (Colludol®) ou encore de comprimés à sucer tels la Lysopaïne® qui exercent une activité antibactérienne et renforcent les cellules immunitaires humorales et cellulaires locales.
Pour l’antisepsie du conduit auditif externe, de nombreuses gouttes auriculaires sont proposées : l’association de l’antiseptique à un décongestionnant est souhaitable dans un but antalgique, il est courant d’utiliser l’association phénazone-lidocaïne (Otipax®)
Pour l’antisepsie nasale, une solution désinfectante et qui limite l’écoulement et l’irritation peut être utile (exemple : Pivalone®)


  • Choix du conditionnement : (110)

Pour des raisons d’hygiène et de commodité, les formes unidoses, les compresses imprégnées ou les flacons de petite contenance (inférieur à 50mL) sont préférables. Les sprays sont pratiques mais sont à éviter dans les pays chauds.

Un antiseptique est plus efficace sur une lésion déjà nettoyée, débarrassée des souillures et du maximum de germes. Il est donc nécessaire d’extirper à l’aide d’une pince à écharde, tous les corps étrangers présents dans la plaie, de le laver à l’eau et au savon, puis de rincer soigneusement avant de désinfecter. Autrement dit, un antiseptique en solution moussante est un complément pratique pour le nettoyage des plaies (Solubacter®, Mercryl® , Plurexid®, Cyteal®)


        1. Voie générale : (3, 68)


Les anti-infectieux utilisés per os doivent être faciles d’utilisation et satisfaire les préoccupations des plaisanciers. Néanmoins, un avis médical sera nécessaire avant toute prise. En navigation côtière comme hauturière, il faudra prévoir d’emporter des formes pédiatriques si des enfants sont à bord.
Le traitement médical antibiotique de l’appendicite, rare, mais très redouté des plaisanciers (cause d’évacuations périlleuses) est une piste à la constitution de la pharmacie. Le Docteur Bachelard, responsable de la médecine des TAAF (Territoire Australe et Antarctique Française), encourage ce traitement en milieu isolé : glace appliquée localement si possible, amoxicilline + acide clavulanique (Augmentin®) per os 3g/jour en 3 prises, associé au Metronidazole (Flagyl®) 2g/jour en 4 prises. Ce traitement permettra de retarder l’évolution avant l’arrivée des secours.
Ces antibiotiques sont, de plus, efficaces d’autre part sur des pathologies beaucoup plus fréquentes :

- l’amoxicilline + acide clavulanique (Augmentin®) sont indiqués dans les infections dermatologiques, dentaires, ORL, broncho-pulmonaires, abdominales, cutanées, des tissus mous, endocardites, septicémies. Ce seront également les antibiotiques de choix en cas de grossesse. Les céphalosporines de 3ème génération (Oroken®) seront une bonne alternative en cas d’allergie a l’Augmentin®.

  • métronidazole dans les infections digestives notamment et parasitaires.


Le risque de staphylococcie cutanée est très important. Il faut pouvoir y faire face, une synergistine (Pyostacine®) peut avantageusement remplacer les macrolides ; son coût est nettement plus élevé, mais son efficacité est constante sur le staphylocoque avec une bactéricidie 3 fois sur 4 ; elle a par ailleurs les mêmes avantages que les macrolides. Elle présente également l’avantage d’être efficace sur de nombreux autres types d’infections (génitales, broncho-pulmoniare er ORL…). C’est donc un indispensable des croisières au long cours, de plus, les effets indésirables hormis les troubles digestifs sont très rares. Pour les infections anaérobies, l’association du métronidazole (Flagyl®) à la synergistine est recommandée.
Les infections urinaires sont fréquentes en bateau. L’antibiotique de choix pour les cystites non compliquées sera la fosfamycine (Monuril®, Uridoz®). Il présente très peu d’effets indésirables et ne nécessite qu’une seule prise unique. Le traitement relève également classiquement de l’ofloxacine (Ciflox®) ou encore du triméthorpime (Bactrim®). Mais ce traitement nécessitera une protection solaire maximale en raison du risque important de photosensibilisation en mer. Ne présentant pas ce risque, les nitrofuranes (Furadantine®) paraissent ainsi préférables pour traiter une infection urinaire en mer ;  de plus, E.Coli est de plus en plus résistante aux béta-lactamines et aux quinolones; néanmoins, ils présentent des effets indésirables fréquents (nausées et vomissements surtout) et parfois graves. Tous ces antibiotiques peuvent exposer à un risque allergique grave.
Pour les infections gynécologiques, la présentation en comprimés gynécologiques est commode (exemple : Tergynan®), efficace, sur les infections d’origine bactérienne et candidosique. En cas de trichomonase, un traitement par voie orale est préférable
Ils semblent importants qu’ils aient les caractéristiques suivantes :

  • Faire face à la plupart des infections,

  • Avoir une activité régulière sur les streptocoques responsables d’infections cutanées fulminantes et sur les anaérobies gazogènes (clostridium), la mise en route d’un traitement efficace ne pouvant être différé,

  • une bonne diffusion cutanée, ORL, tissulaire en général,

  • la faible toxicité et le risque allergique faible,

  • l’absence de contre-indications chez l’enfant et la femme enceinte,

  • l’administration per os


Il faudra en revanche écarter :

  • Les antibiotiques photosensibilisants (annexe 2);

  • Les tétracyclines qui présentent des résistances trop nombreuses, sont contre-indiquées chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 8ans ;

  • Les phénoxyméthylpénicillines (Oracilline®) qui présentent un risque allergique important et 90% des staphylocoques y sont résistants


Une forme injectable peut être une sécurité en navigation lointaine (vomissements, intolérances digestives) ; les progrès dans la pharmacocinétique des voies orales limitent leur intérêt. Une formation médicale préalable sera alors nécessaire pour administrer un tel produit.
Ils seront à prévoir en quantité suffisante, toute antibiothérapie ne devant pas être interrompue en cours de traitement.
Les personnes ayant déjà été soumises au virus de l’herpès devront également se munir d’un traitement per os (Zelitrex®) et/ou d’un traitement local (aciclovir). Des antifongiques (Fungizone®) pourront être éventuellement utiles pour des navigations très éloignées.


        1. Antibiotiques locaux :


L’emploi local d’antibiotique sur une plaie, une muqueuse ou une cavité naturelle n’est justifié par aucune preuve expérimentale sérieuse mais en formellement contre-indiqué du fait du risque de sensibilisation ultérieure, de sélection bactérienne et d’irritation locale retardant les processus de cicatrisation. L’emploi de poudre antibiotique sur une plaie ne sera donc pas conseillé, ni de pommade antibiotique sauf dans le cas particulier de furonculoses pour éradiquer le staphylocoque de ses gîtes. L’acide fusidique (Fucidine®) ou la mupirocine (Mupiderm®) seront très utiles dans ce cas ; ce sont des indispensables des navigations éloignées. 


        1. Antifongiques locaux : (11, 26, 55)


L’hexamidine (Hexomedine®) et l’hexétidine (Hextril®) ont une action antimoniliasique (intertrigos des plis, peau macérée pour la première, candidose buccale pour la seconde). Le polyvidone iodée (Betadine®) est fongistatique sur la plupart des champignons.

Les anglo-saxons utilisent beaucoup les talcs antiseptiques et antifongiques; il sera recommandé d’en emporter pour les personnes qui transpirent beaucoup ou qui fréquentent des mers chaudes (y compris la Méditerranée en été) :

Exemple : talc à base d’ester d’acide hydroxy-4-benzoïque antiseptique, antifongique, antiprurigneux (Nisapulvol®), à utiliser surtout préventivement, très utile pour les démangeaisons de l’enfant.
Malgré l’utilisation du talc, une mycose peut avoir le temps de se développer au cours d’une traversée ; il faut alors utiliser un produit anticandidosique, par exemple avec les imidazolés comme l’éconazole (Pevaryl®) dont le spectre antifongique est en fait très large ; la présentation « crème dermique » semble la plus pratique en bateau, en cas de forme très suintante, il suffira d’assécher au préalable la lésion avec une compresse de gaze. Il faudra prévoir cet antimycosique en quantité suffisante car le traitement est long. Les antifongiques imidazolés ont une action fongistatique et fongicide en inhibant la synthèse de l’ergostérol, composant de la membrane cytoplasmique des cellules du champignon. Ils sont actifs sur les dermatophytes, le candida albicans et sur les bactéries GRAM + souvent associées. La terbinafine quant à elle bloque la biosynthèse de la membrane du champignon par inhibition de la squalène-époxydase. Ces formes locales permettront de s’abstenir ou de retarder la prise d’un antifongique per os.



        1. Antihelminthiques :


Ils pourront être nécessaire, pour des croisières de longue durée et particulièrement si des enfants sont à bord. En cas de teniasis, le niclosamide (trédémine®) reste le traitement de référence. Le flubendazole (Fluvermal®) est très efficace dans l’oxyurose, l’ascaridiose, l’ankylostomiase, la trichocéphalose ; il n’est par contre pas fiable dans l’anguillulose (larva currens). Il est impossible de se munir de tous les antihelminthiques à bord.

Une hygiène rigoureuse (passant par la sélection des aliments, lavage fréquents des mains…) sera préférable et permettra de s’en abstenir.


      1. Les antalgiques : (3, 11, 100, 101)


Ces médicaments sont sûrement les plus importants après les antibactériens généraux : un équipier qui souffre est très diminué, la douleur entraîne insomnie, fatigue et peut donc retentir sur la sécurité de tout l’équipage.
La douleur étant très variable tant dans son intensité que par les mécanismes qui la provoquent, il faudra embarquer une « batterie » d’antalgiques adaptés aux diverses situations.
Les AINS et l’aspirine à forte dose seront déconseillés en raison du risque hémorragique (déplacement de l’anticoagulant de ses liaisons aux protéines plasmatiques, inhibition de la fonction plaquettaire et agression de la muqueuse gastroduodénale).
Classiquement, on divise les antalgiques en trois paliers d’efficacité croissante. L’efficacité des médicaments augmente avec ces paliers mais les effets secondaires aussi (nausées, vomissements, constipation, somnolence, vertiges, céphalées principalement), ce qui incite à ne pas utiliser systématiquement les paliers supérieurs.


        1. Le paracétamol : (41)


Ce sera l’antalgique de choix, les contre-indications étant rares (allergie, insuffisance hépatique) tout comme les effets indésirables en l’absence de surdosage.
Pour les patients cardiaques, le paracétamol restera l’antalgique de choix ; en effet, l’administration d’anti-inflammatoires non stéroïdiens nécessite un suivi médical strict, impossible en mer. En effet, ceux-ci inhibent la synthèse des prostaglandines rénales diminuant la filtration glomérulaire. Les associations avec les diurétiques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion et les antagonistes de l’angiotensine II doivent être prudentes. Elles peuvent entrainer une insuffisance rénale aiguë chez les patients à risque (personne âgées et/ou déshydratées). De plus les AINS réduisent l’effet antihypertenseur des IEC et des inhibiteurs de l’angiotensine II. Les AINS ne devront pas être utilisés chez des patients hypertendus traités par des bêtabloquants, car l’inhibition des propriétés vasodilatatrices des prostaglandines entraine une réduction de l’effet antihypertenseur, donc un risque de moindre efficacité.


        1. L’acide acétylsalicylique : (71, 100, 101)


L’acide acétylsalicylique (Aspirine), sans action inflammatoire aux doses habituelles, est précieux pour toutes les douleurs périphériques d’intensité modérée (céphalées, myalgies,…) ; le sel de lysine soluble (Aspegic®) est peut être moins agressif pour l’estomac. Son usage doit rester prudent car l’aspirine favorise les saignements, favorise l’ulcère à l’estomac et peut entrainer des réactions allergiques sévères. Les formes tamponnées seront préférables. L’aspirine sera également déconseillée dans les pays tropicaux car elle peut aggraver certaines infections virales comme la Dengue (risque d’hémorragie).


        1. Les anti-inflammatoire non stéroïdiens : (AINS) : (1, 21, 22, 34)


Ils sont à réserver aux pathologies à composante inflammatoire. En bateau, ils se révèleront très utiles notamment pour les otalgies, les entorses, les tendinites, les douleurs dentaires…
Tous les AINS ont des effets indésirables soit mineurs (dyspepsie, palpitations, nausées, vomissements, anorexie, diarrhée, constipation, flatulences, épi gastralgies, etc…) soit plus sévères (perforation d’ulcère, saignement, syndrome de Lyell, œdème de quincke avec l’aspirine, etc…).
D’autres risques sont plus spécifiques de chaque classe d’anti-inflammatoire ; par exemple, le retentissement sur l’hémostase primaire de l’aspirine.
L’association du paracétamol aux AINS peut se faire sans inconvénient si la douleur est insuffisamment calmée en respectant les contre-indications.
Il serait utile, particulièrement pour les personnes sensibles de les associer à un protecteur gastrique type oméprazole.
On déconseillera la phénylbutazone et ses dérivés qui possèdent une toxicité importante, en particulier hématologique et digestive, et l’indométacine fréquemment responsables de céphalées et de vertiges.

Le diclofénac (Voltarene®) est en souvent utilisé : il a une activité rapide, proche de l’indométacine, une bonne efficacité antalgique dans les rhumatismes abarticulaires et les lombalgies.

Les dérivés propioniques (ibuprofène, kétoprofène, naproxène) sont assez comparables. Pour l’ibuprofène, il existe des formes enfants à ne pas utiliser en cas de varicelle notamment.
Le diclofénac (Voltarene®) et kétoprofène (Profenid®) existent en forme injectable et se sont avérés efficace dans le traitement des coliques néphrétiques ; les ampoules de Voltarene® ont l’avantage d’être prêtes à l’emploi. Ceux-ci ne seront utiles qu’en cas de navigations très isolées et seulement si le plaisancier est capable de les administrer.


        1. Les enzymes anti-inflammatoires : (11.78)


Peu toxiques, disponibles sans ordonnance, elles sont assez largement utilisées par les sportifs en association avec des analgésiques à usage externe ; elles auraient des vertus anti-œdémateuse (Extranase®, Maxilase®).



        1. Les produits du palier II : (3, 26)

Les principales molécules utilisées seront :

  • dextropropoxyphène + paracétamol (Di-Antalvic®), dextropopoxyphène + paracétamol+ caféine (Propofan®)

  • tramadol

  • tramadol + paracétamol (Ixprim®)

  • codéine + paracétamol (Dafalgan® codéiné)

  • opium + caféine + paracétamol (Lamaline®)


Les produits de paliers 2 ne doivent pas être associés entre eux. Ils ont des effets secondaires : nausées, vomissements, constipation, somnolence, vertiges, diminution de la vigilance et donc accroissement de risque d’accidents. La constipation, déjà largement favorisée par la pratique de la voile (alimentation, hydratation, activité physique réduite), risque d’être dangereusement aggravée, allant jusqu’à occlusion grave.
Le tramadol peut être utilisé dans les douleurs majeures et est administrable en association avec les produits de paliers 2 sans risque de surdosage. C’est un antalgique puissant qu’il faut réserver aux douleurs très sévères. De ce fait, sa présence est conseillée dans la trousse à pharmacie. Il s’utilise per os, sous forme classique agissant en 45 minutes, et sous forme à libération prolongée.


        1. Les produits du palier 3 :


Ils pourraient s’avérer très utiles, notamment dans le cas de fractures. Mais les analgésiques morphiniques et du palier 3, exposent à un risque de somnolence et de dépression respiratoire. Ils peuvent être d’autre part détournés de leurs fins thérapeutiques (toxicomanie, dopage). La délivrance de ces médicaments classés stupéfiants, répond à des règles administratives strictes et le suivi du traitement.

Malgré tout, comme pour les courses au large notamment, la prescription préventive de morphiniques devrait pouvoir être faite à des plaisanciers hauturiers pour des navigations éloignées des secours, quand ils ont, par des moyens suffisants de communication, la possibilité de recevoir un avis médical sur l’indication du médicament et le suivi du traitement.

La forme orale, stable, d’action rapide, d’utilisation facile est plus adaptée que le patch ou les formes injectables dans les conditions de plaisance.


        1. Les décontractants musculaires : (2, 11, 52)


Il est vivement recommandé de s’en munir dès que le bateau se trouve à quelques heures du port, les pathologies axiales / rachialgies, contracture musculaires sont fréquentes à bord du fait des problèmes de postures.
Le tétrazépam pourrait être utile dans le traitement des contractures musculaires douloureuses. Mais ces effets indésirables (somnolence, sensation de faiblesse musculaire, ralentissement des idées, baisse de la vigilance) le rendent peu indiqué en bateau.
La méphésine (Decontractyl®) , le méthocarbamol (Lumirelax®) peuvent être responsable également de somnolence, de nausées, de vomissement et d’éruptions cutanées, de vertiges…
Le thiocolchicoside (Coltramyl®) diminue les stimulations nerveuses envoyées aux muscles par le cerveau, ce qui leur permet de se détendre. Ses effets indésirables seront diarrhée et douleurs d’estomac. Il sera donc préférable en mer, étant sans effet sur la vigilance.
La quinine, pourra être utile pour des destinations lointaines car elle traitera non seulement le paludisme à forte doses mais aussi en traitement d’appoint des crampes musculaires. Elle peut être exceptionnellement responsable de réactions allergiques graves ce qui nécessitera à avis médical pour son utilisation.
Pour des navigations lointaines, il semble intéressant de posséder à bord du diazépam (Valium®), actif en 4 minutes après administration par voie rectale à l’aide d’une poire, est utile en cas de convulsions lors d’un coup de chaleur, d’une intoxication. Le clonazepam (Rivotril®) a des propriétés voisines.
L’action sédative et myorelaxante de ces deux composés est intéressante en cas de luxation à réduire, de fractures pour la navigation hauturière. Ils peuvent calmer un équipier en proie à la peur (gros temps) ; le diazépam est également intéressant en cas de douleur importante mal contrôlée par des antalgiques seuls ;
Dans tous les cas, l’utilisation de ces médicaments imposera aux plaisanciers de redoubler de vigilance en matière de sécurité : port de gilet de sauvetage, ligne de vie…



        1. Les antalgiques locaux : (27, 43, 111)


Ils sont très utilisés par les sportifs. Ce sont des médicaments d’appoint recouvrant des spécialités très différentes.
Chacun a ses préférences ; dans les tendinites et entorses bénignes l’association corticoïde-salicylé (Percutalgine®) semble efficace. Le gel Voltarene® est également très utilisé, son application étant suivie pendant une demi-heure à une heure d’un effet antalgique appréciable. Contre les coups, l’Hemoclar® et l’Arnican® pourront être utilisés et pour les douleurs musculaires l’Algipan®, l’Ibutop® ou encore l’Intralgis®.
En cas d’œdème post-traumatique, un pansement alcoolisé convient : certains utilisent avec satisfaction l’Osmogel® également…
Un spray réfrigérant (Sport Akileine Chocs®, Urgofroid®…) et/ou un coussin réfrigérant (Coldhot®, Dolofriz®..) seront particulièrement conseillés pour soulager les douleurs traumatiques, notamment les fractures.
Enfin, l’extrait de clou de girofle (Eugenol®), analgésique dentaire local d’efficacité spectaculaire sera particulièrement recommandé. Il est souvent contenu dans les kits dentaires

(Dentanurse®).
Le manque de médicaments à visée antalgique chez l’enfant est à déplorer pour un usage local. Les spécialités à base d’ibuprofène et de diclofénac sont toutes contre-indiquées en dessous de l’âge de 15 ans. Seul deux classes de médicaments possèdent une AMM chez l’enfant : les salicylés et l’arnica. Les salicylés (DOLAL®, BAUME AROMA®, ALGESAL®) sont indiqués chez l’enfant de plus de 7 ans à l’exception de REPARIL® qui ne mentionne aucune limite d’âge. Cependant une utilisation chez le nourrisson est à proscrire. Ils ne devront pas être appliqués sur une plaie, une dermatose infectée, un eczéma, une brûlure, sur les muqueuses ou être proches des yeux.

L’arnica montana est décrite depuis de nombreux siècles comme un remède d’excellence contre les coups, notamment pour son action anti-ecchymose. Elle sera utilisée pour son action antalgique, anti-inflammatoire et stimulante de la circulation sanguine. Arnigel® peut être utilisé à partir de 1 an et Arnican® 30 mois. Peu d’effets indésirables sont à noter : quelques risques d’irritation cutanée ou d’allergie.


  • Anesthésique de contact :

Ils permettent d’obtenir après un temps d’attente d’1 heure, une anesthésie cutanée ou muqueuse. En général, ces produits (Emla®) sont appliqués pour réaliser une perfusion mais ils pourront aussi être utilisés en cas d’incision d’abcès, ou pour réaliser des points de sutures par exemple. Ils seront également très efficaces dans un but antalgique local (fracture de côte, piqûre par un poisson venimeux)
Ils ont deux inconvénients :

  • un indéniable risque allergique (surdosage, injection intravasculaire…),

  • la nécessité de reconnaitre des contre-indications (infection locale surtout).


Ils semblent donc surtout intéressants en croisière hauturière, en course au large ou s’il y a la possibilité d’un isolement réel (intérêt de l’action antalgique).
La lidocaïne (Xylocaïne® non adrénalinée à 1 ou 2%) qui reste l’anesthésique local de choix par son faible coût et sa faible toxicité ; son temps de latence bref (5mn) est intéressant dans le traitement des plaies ; l’action se prolonge une heure environ. Mais étant destinée à la voie injectable, peu pratique en bateau, les crèmes anesthésique type Emla® seront bien préférables.


  • Les anti-inflammatoires locaux :

Les traumatismes étant fréquents à bords, les gels anti-inflammatoires ont souvent du succès. De nombreuses spécialités existent (Voltarene®, Flector®). Dans tous les cas, il ne faudra pas les appliquer sur une peau lésée (eczéma, abcès, brulures). L’utilisation sous un pansement occlusif étanche nécessitera un avis médical car certains produits peuvent provoquer des brulures de la peau ou des intolérances. Ils peuvent parfois être responsables de réaction allergique cutanée nécessitant l’arrêt du traitement. Leur passage dans le sang étant faible, ils présentent beaucoup moins d’effets indésirables que leur prise par voie générale.
Des emplâtres peuvent également être utiles pour des longues croisières comme Flector® tissugel emplâtre (diclofénac) qui sont des compresses pré-imprégnées d’un anti-inflammatoire. En cas d’entorses légères, ils seront retenus par une bande légère sur la zone lésée. Cette forme à l’avantage d’être toute prête à l’application locale.


  • Les pommades chauffantes :

Ces substances provoquent une dilatation des vaisseaux qui passent sous la peau. Elles provoquent ainsi un afflux de sang et ont un effet chauffant. Elles seront particulièrement appréciées pour les douleurs musculaires Les substances les plus fréquemment rencontrées seront l’eucalyptus, le camphre, l’essence de girofle, le salycilate de méthyle etc. Des réactions allergiques locales peuvent également survenir.

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