C’est l’étude de la diversité socio culturelle. L’ethnologie est différente de l’anthropologie dans les faits. L’ethnologie est née de la diversité des cultures








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INTRODUCTION : c’est l’étude de la diversité socio culturelle. L’ethnologie est différente de l’anthropologie dans les faits. L’ethnologie est née de la diversité des cultures humaines. Par son étymologie (du grec ethnos : peuple, nation), elle est censée étudier des « ethnies » si bien qu’elle s’est d’abord intéressée à des sociétés exotiques, que l’on considère comme primitives notamment parce qu’elles ignoraient l’écriture ou le machinisme.

Si l’intérêt pour les « peuples primitifs » s’est vraiment développé à partir du 17ème siècle, lorsqu’on découvre le Nouveau Monde et ses habitants, le mot « ethnie » n’est apparu qu’à la fin du XIXème siècle, à une époque où l’Europe, sûre de sa supériorité morale, technologique et culturelle, se lançait à la conquête du monde. Il sert alors à désigner des populations dites « primitives », qui vivent dans des contrées éloignées, et il va d’ailleurs vite se confondre avec un autre terme, celui de « tribus ». On va parler encore aujourd’hui d’ethnie massai alors que c’est un mot que l’on utilise par exemple jamais à propos des Basques, des Bretons ou des Corses, qui nous sont plus proches : on préfère dire d’eux qu’ils constituent des peuples ou des nations.

A l’origine, le mot « ethnie » a donc des connotations coloniales évidentes : dans une Europe qui était convaincue d’apporter la « civilisation » à des « races » supposées « inférieures », il sous-entend qu’il existe une distance entre nous et les autres, entre ce qui nous est familier et ce qui nous est étranger, c’est-à-dire finalement entre les peuples qui seraient « civilisés » et ceux qui seraient restés « primitifs ».

Pour illustrer cette idée, des exhibitions, d’indigènes, venus d’Afrique, d’Asie ou d’Océanie furent organisées dans des conditions dégradantes à travers toute l’Europe à partir de la fin du XIXème siècle. Il a fallut attendre le début du XXème siècle pour que l’ethnologie devienne une véritable science et se dégage des préjugés issus de la pensée coloniale et de l’ethnocentrisme, grâce aux travaux de Marcel MAUSS et e Bronislaw MALINOWSKI. Peu à peu, on se mit à parler de « sociétés » plutôt que « d’ethnies » et le terme de « primitifs » fut remis en question, en raison de son caractère péjoratif, mais également parce que les sociétés que l’on qualifiait ainsi étaient en train de se transformer en contact de l’occident.

Dans « Race et Histoire » (1952), l’un des plus grands ethnologues français, Claude Lévi-Strauss, a écrit qu’il n’existait pas de peuples primitifs et il cite, entre autres, l’exemple des Aborigènes d’Australie qui possédaient une organisation familiale plus complexe que les européens.

« Pour tout ce qui touche à l’organisation de la famille et à l’harmonisation des rapports entre groupe familial et groupe social, les Australiens, « arriérés » sur le plan économique, occupent une place si avancée par rapport au reste de l’humanité…. »

L’ethnologue va donc être amené à porter un regard scientifique sur des sociétés et des cultures qui lui sont étrangères : pour plus d’objectivité, il essaie de le faire sans aucune forme d’ethnocentrisme, c’est-à-dire en évitant notamment de juger les autres cultures d’après ses propres valeurs (fonctionnalisme). L’ethnologue s’intéresse en effet à l’autre, aux autres, à l’altérité et à tout ce qui constitue l’identité. L’ethnologie correspond donc au désir de mieux connaître des peuples qui semblent si différents et, finalement elle permet en retour de mieux se connaître soi-même.
LES AUTEURS

  • Marcel MAUSS, neveu et continuateur d’Emile DURKHEIM, il est nommé en 1901 à la chaire « Marcel MAUSS, neveu et continuateur d’Emile DURKHEIM, il est nommé en 1901 à la chaire « d’histoire des religions des peuples non civilisés » de l’Ecole des Hautes Etudes. Il est considéré à juste titre comme fondateur de l’ethnologie française et a écrit notamment un essai sur le Don en 1925.




  • Bronislaw MALINOWSKI (1884-1942), considéré comme l’un des premiers de l’anthropologie économique, cet ethnologue d’origine polonaise est connu pour ses enquêtes de terrain, notamment chez les Mailu, aux Iles Trobriand, en Nouvelle-Guinée. Il est l’auteur des Argonautes du pacifique occidental en 1922.




  • Claude Lévi-Strauss (né en 1908), cet ethnologue français a effectué ses recherches du terrain au Brésil chez les indiens NAMBIKWARA. Il a notamment appliqué une méthode d’analyse structuraliste aux systèmes de parenté et à l’étude des mythes. Il a publié entre autres Tristes Tropiques en 1955, Anthropologie structurale en 1958 et la Pensée Sauvage en 1962.


Conclusion

Aujourd’hui, l’ethnologie est une science sociale qui ne se limite plus à l’étude des seules ethnies : elle a élargi son champ d’investigation à tout ce qui est groupe humain en général. Elle va s’intéresser de préférence à des groupes de petite dimension et va chercher à définir ce qui fait leur spécificité, et par conséquent leur identité. Avec cette ouverture du champ d’investigation, l’ethnologie vise à offrir une conception plus globale de l’humanité, si bien que Claude Lévi-Strauss préfère parler à son sujet d’anthropologie : pour lui, l’anthropologie (du grec anthropô, qui signifie, homme) est la connaissance globale de l’homme, dans toute son extension historique et géographique, aspirant à ne connaissance applicable à l’ensemble du développement humain depuis des hominidés jusqu’aux races modernes.

Tous les faits sociaux et culturels sont donc dignes d’être étudiés et c’est à travers leur observation que l’ethnologue se propose de dégager de lois de portée générale qui seraient valables pour toutes les sociétés et qui mettraient ainsi en évidence l’unité humaine ou de l’humanité.

On peut donc ainsi bien étudier les Massaï en Tanzanie que des enfants dans une cour d’école. L’ethnologie est autant une démarche intellectuelle qu’une science sociale : elle se caractérise en effet par sa méthode qui fait appel à l’observation directe et au relevé d’enquêtes sur le terrain.
QUELQUES DEFINITIONS

Altérité : l’altérité est la reconnaissance de l’autre dans sa différence. C’est une valeur essentielle de la laïcité qui privilégie le métissage des cultures comme source d’enrichissement et de paix. Il y a des différences inacceptables, en particulier celles qui ont précisément pour objet ou pour conséquence de nier à l’autre son propre droit à la différence.

L’altérité est la valeur qui place l’homme et la femme tels qu’ils sont comme premiers sujets de droit. C’est au nom de l’altérité que la laïcité combat toutes les formes de discriminations, celles qui frappent ici ou là les minorités religieuses, philosophiques, ethniques ou culturelles, les étrangers, les gays et les lesbiennes et tous ceux qu’on n’a que trop tendance à confiner dans leur ghetto parce qu’ils ne sont pas dans la norme, ou encore ceux que leur âge, leur handicap ou leurs caractéristiques propres placent à la marge.

L’altérité implique une relation laïque, accueillante, qui s’associe au métissage des cultures, éloignée de la notion de tolérance. L’altérité est étroitement liée à la conscience de la relation aux autres en tant qu’ils sont différents et ont besoin d’être reconnus dans leur droit d’être eux-mêmes et différents. L’altérité est un témoignage de compréhension de la particularité de chacun, hors normalisation, individuellement ou en groupe.

Différence entre altérité et tolérance :

Avec la tolérance, ma liberté s’arrête là où commence celle des autres justifiant le regard qui se détourne au nom de l’idée que je ne dois pas me mêler des affaires des autres ;

Avec l’altérité, ma liberté s’étend au travers de celle des autres impliquant l’attention des autres , le respect fondamental et l’ingérence dans les situations identifiées comme portant atteinte aux droits fondamentaux des hommes d’être eux-mêmes et chacun différents.

Tolérance ou altérité :

Pour Philippe Grollet auteur d’Utopie et nécessité préfère le mot tolérance. Non pas que la tolérance ne soit pas une valeur laïque fondamentale, mais parce que le mot est bien souvent détourné de son sens jusqu’à servir de paravent à la pensée unique.

Pour beaucoup, la tolérance serait l’acceptation de toutes les idées et de leur contraire. Pour ces « tolérants » là, « l’intolérant » est celui qui détonne, qui critique et évidemment qui polémique. Et donc, un monde tolérant serait un monde où tout le monde penserait pareil ou un monde, où ceux qui ont une pensée critique, divergente devraient se taire parce que critiquer la pensée d’autrui serait manqué de tolérance.

Rappelons qu’en principe, la tolérance c’est le respect de la personne qui pense ou qui agit « autrement ». C’est l’écoute de cette personne, c’est la rencontre de l’autre en ce qu’il est différent. C’est la raison pour laquelle, le terme altérité semble mieux rendre compte de cette valeur essentielle.

La tolérance ou l’altérité n’ont évidemment de sens et de portée que quand l’autre est différent et que cette différence pose question. Tant que l’autre me ressemble, naturellement ou par volonté de me ressembler, la tolérance est sans objet. C’est quand cet autre a un look qui n’est pas le mien, a une manière de vivre différente de la mienne et a des convictions qui heurtent les miennes que la tolérance ou altérité commence, à signifier quelque chose. C’est du choc des personnalités, des cultures et des idées que naît le débat, entre acteurs épris de tolérance ou d’altérité. Et c’est ce choc de personnalités, de cultures et d’idées qui peut déboucher sur un progrès, sur un apport réciproque enrichissant pour tous les partenaires sans que l’un ou l’autre ait pour autant perdu sa personnalité, son identité, ses racines, sa culture et pas même nécessairement ses convictions, même si certaines d’entre elles peuvent se trouver assouplies, modifiées, bouleversées, anéanties, ou au contraire affinées ou renforcées.

Respecter l’autre ne veut pas dire respecter ses idées. Les idées ne sont d’ailleurs pas faites pour être respectées, mais débattues et parfois combattues ; on a que trop tendance à l’oublier. Une société tolérante c’est une société pluraliste ou coexistent des hommes et des femmes de cultures, de convictions et de conceptions de vie diverses. Une société tolérante, c’est une société de débats permanents, de critiques, de controverses, d’échanges et aussi d’affrontements intellectuels vigoureux.

Le paradoxe est que c’est souvent le discours dérangeant, le propos acide qui vient un peu bousculer les certitudes admises qui est jugé « intolérant » comme si la tolérance c’était éviter de critiquer et taire les contradictions c’est ainsi que l’anticléricalisme est très vite taxé d’intolérance.

Conclusion

La tolérance est le respect des personnes en tant qu’individus porteurs d’idées, de croyances, de convictions. Mais contrairement à un raccourci aussi répandu, la tolérance n’exige aucunement le respect des idées d’autrui. Car la tolérance implique un devoir d’écoute véritable et d’ouverture avant toute contestation, mais elle n’implique pas l’acceptation systématique deus discours de qui que ce soit. La tolérance laïque est donc fondée sur le respect de l’homme et non sur la résignation ou l’indifférence. Elle consiste à accepter la personne de son contradicteur, même si l’on combat ses idées.

La tolérance n’impose pas à proprement parler le respect des opinions d’autrui : comment respecter ce qui jugé faux, ce que l’on condamne, ce que l’on s’efforce de détruire ?

Elle est le respect de la personne de la liberté d’autrui. Elle consiste à affirmer ce que l’on tient pour vérité, en même temps que l’on reconnaît, à d’autre, le droit d’affirmer leurs erreurs, en même temps qu’en les combattant, on se refuse à recourir pour les vaincre à l’injure, à la violence, ou à la proscription.
UN PEU D’HISTOIRE

Ethnie : population désignée par un nom qui se réclame d’une même origine, qui possède une tradition culturelle commune manifestée par une conscience d’appartenance à un groupe avec une langue commune, une histoire et un territoire partagé. L’ethnie c’est la conscience culturelle, historique. Ce n’est pas une identité naturelle, c’est une fabrication.

Sous la décolonisation, les ethnies étaient donc des constructions de l’administration coloniale qui a réalisé des types d’ethnies avec les populations africaines.

Sous l’antiquité :

Chez les grecs et les romains, il y avait un souci de découvrir des spécificités culturelles pour avoir des considérations générales du peuple voisin. En 484 avant Jésus Christ, Hérode essaie de faire une description sans jugement de valeur des sociétés persanes et égyptiennes. D’autres tel que Strabon mettent l’accent sur les différences. Quand on est confronté à quelque chose de nouveau, de méconnu, la première réaction est la comparaison avec ce que l’on connaît. Comment contrôler ce processus de comparaison ?

Pendant les croisades :

Sous cette période, le but est la religion et les occupations des terres. A cette époque on croyait l’humanité est dégénérée, qu’elle a perdu la grâce de Dieu et qu’elle est éloignée des lieux de révélation. Le rôle donc de l’occident est de ramener ces cultures sous la soumission de Dieu.

Au XVIème siècle, c’est la période de la conquête de l’Amérique. Beaucoup de productions étaient écrites durant cette période. C’était l’époque où on prônait le droit à la domination. Les indiens étaient considérés comme des mineurs. Dans ses essais en 1580 Montaigne, défendait les hommes « primitifs », les valorisent. Il y avait aussi le développement de la pensée ethnocentriste qui est l’attitude par laquelle, nous observons les autres en fonction de nos propres valeurs, nos propres normes. Cette attitude permet une reconnaissance de nous même face à l’autre, cela permet de prendre conscience de notre propre identité face à l’autre.

XVIIIème siècle, c’est le début de la modernité, du grand développement économique, du développement du commerce. C’est aussi l’émergence du groupe social, les bourgeois et les commerçants influencent le monde politique, réclament leurs droits. C’est ainsi que le roi va s’appuyer sur la bourgeoisie pour affaiblir les seigneurs. On voit aussi apparaître la critique du pouvoir royal, de la monarchie. Les philosophes critiquent les institutions, surtout le pouvoir royal. Il y a une remise en cause de la monarchie du droit divin. On reconnaît donc la capacité de l’homme à gérer et décider du pouvoir sur terre. C’est la reconnaissance de l’individu. Les philosophes proposent un modèle de pureté sociale.

C’est ainsi que Durkheim établit deux types de parenté : archaïque et moderne basé sur un système de parenté. Le modèle pour le XVIIIème siècle de société archaïque, c’est la théorie du Bon Sauvage. Quant à Rousseau, il a une vision de société idéale. Il prône la reconnaissance de l’autre d’une façon ethnocentrique, car j’utilise l’autre en fonction de ma propre situation, de ma propre vision.

XIXème siècle c’est la période de la révolution industrielle. C’est aussi l’expansion et la consolidation coloniale. L’idée est la création d’un seul monde avec une société unique, la mondialisation. Dans les dernières années du XIXème siècle, c’est le développement des grandes productions. En 1873, c’est la crise économique, la grande dépression qui va se prolonger jusqu’au début du XXème. Il y a une hausse de la production, mais une baisse de la consommation. Cela va entraîner une surproduction, d’où la crise.

La concentration de la production va avoir comme conséquence la création des empires économiques qui vont contrôler les principales branches de l’économie (textile…).

Il y aura la fusion du capital bancaire et industriel qui va donner naissance au trust (union bancaire). Cette fusion bancaire va aussi donner naissance au capital financier qu’on appelle spéculation. Il fallait donc chercher des marchés et des consommateurs ailleurs. C’est aussi la période de la course pour le partage du monde. Les terres étaient à bon prix et les salaires bas, les matières premières à bon prix dans les colonies. C’est l’impérialisme, idéologie de l’occident au XIXème siècle.

Au congrès de Berlin en 1885, on se partage l’Afrique. C’est donc l’ethnocentrisme, la création d’un monde unique. C’est l’unification du monde dans un même système économique. C’est l’impérialisme culturel.

Georges BALANDIER, sociologue anthropologue, observe la situation coloniale de manière critique. Il forge le terme de « situation coloniale », à l’intérieur d’une nation. Le système colonial est la domination imposée par une minorité étrangère qui agit au nom d’une supériorité raciste, ethnique et culturelle imposée dogmatiquement. Cette minorité s’impose à une population autochtone laquelle constitue une majorité numérique mais qui est inférieure au groupe dominant d’un point de vue matérielle. Il propose trois types d’entreprises coloniales pour caractériser cette situation coloniale :

  • L’entreprise matérielle : le contrôle des terres, modification des peuples soumis (surtout de leur économie). L’imposition des économies liées à la métropole.

  • L’entreprise politique et administrative : contrôle des autorités, opposition à tous types d’initiative de politique.

  • L’entreprise idéologique : tentative de désappropriation religieuse pour permettre l’évangélisation, transmission des modèles culturels.

LA THEORIE DE L’EVOLUTION DES ESPECES A SERVI D’ARGUMENTS POUR LE COLONIALISME
DARWIN

La théorie de l’évolution des espèces est devenue l’idéologie nationale. Darwin participe à une expédition scientifique à bord du « beagle » pour voir l’évolution de la nature pendant cinq ans.

Bon observateur capable d’établir des relations entre les espèces différentes. Il établit les différences entre les espèces sur le continent et sur l’ile. Il remarque qu’une espèce naturelle n’est pas fixe, pas immuable, et il est probable qu’une espèce se transforme en une autre espèce. Il explique comment les espèces se transforment et évoluent. Pour Darwin, la théorie de l’évolution naturelle consiste en un processus par lequel les organismes qui sont capables de survivre et de procréer dans un environnement donné y parviennent grâce aux autres qui ne possèdent pas cette capacité. C’est la capacité de s’adapter aux transformations.

Les organismes ont besoin de certaines qualités qui leur permettent de s’adapter aux nouvelles conditions de vie. Les organismes bien adaptés pourront survivre et au fil des générations développer des capacités particulières. C’est l’explication biologique génétique. Les modifications peuvent devenir une caractéristique de l’espèce. Les plus adaptés auront survécu. A travers ce processus de meilleure adaptation, on va comprendre que les formes nouvelles sont en quelque sorte meilleures que les formes anciennes parce que mieux adaptées.

Le processus d’évolution est un processus de complexification. Cette forme plus complexe représente un progrès, une marche vers la perfection. Le processus d’évolution nous parle surtout de l’inéluctabilité du progrès. L’homme fait partie de ce processus.

Le darwinisme c’est la remise en cause de la création divine.

MALTHUS

Il explique les « principes de population ». Pour lui toutes les espèces, même l’homme, tous les organismes vivants produisent plus de descendants qu’elles ne peuvent en survivre. Il explique qu’il y a une tendance chez les êtres vivants à se reproduire plus que ne le permet la quantité de nourriture à leur disposition. Le défaut de place et de nourriture fait périr ce qui naît au-delà des limites assignées à chaque espèce. En plus, les animaux sont réciproquement la proie des autres plus forts qu’eux.

WALLACE

Il s’inspire de Malthus. Il part de l’évolution naturelle des espèces pour expliquer comment se passe l’évolution des espèces. Pour lui, chaque espèce lutte pour la survie.
LE FONCTIONNALISME ET LE RELATIVISME CULTUREL : BRONISLOW MALINOWSKI
En anthropologie, il a été initié par Bronislaw MALINOWSKI et Radcliffe-Brown. Ce courant veut opposer à chaque fait social une fonction qui le détermine. En d’autre terme chaque élément de la culture possède une certaine tâche à accomplir, une fonction, qui représente une part irremplaçable de la totalité organique. Ce courant s’oppose à l’évolutionnisme qui est tourné vers le futur. Le fonctionnalisme s’intéresse donc au présent. Malinowski critique la théorie de l’évolution et de l’ethnocentrisme. Il prône donc le relativisme culturel. Dans le relativisme culturel, on observe la culture de l’autre en fonction de ses propres valeurs à lui. C’est un décentrement, car ce n’est plus ma vision du monde qui s’impose dans ce cas. Dans le relativisme, on cherche à se transformer soi-même, car en allant vers l’autre, on se décentre, on se transforme. Pour cela il faut effectuer un déplacement physique, mais aussi intellectuel, pour connaître l’autre il faut aller sur place.

Le but du fonctionnalisme est de chercher à connaître le fonctionnement de la société, à partir du fonctionnement des institutions. Il part de l’idée que la société est comme un corps, un organe. De la même façon que les organes du corps ont besoin de fonctionner en harmonie, la société également est constituée par des institutions en interaction. Pour connaître et comprendre une société, il faut aller voir comment les institutions interagissent, fonctionnent. Ce sont les institutions qui garantissent l’ordre social.

Malinowski va chercher à prouver ses analyses à partir des expériences concrètes, d’où l’importance du travail de terrain.

Malinowski va s’installer en Papouasie Nouvelle Guinée pour étudier le comportement des papous asiens. Il se rend compte qu’on ne peut pas comprendre l’autre dans une petite durée, car c’est sur le long terme que l’on peut effectuer le travail de terrain. Il est donc resté trois ans chez les papous asiens.

Il va travailler sur le mariage, la famille, la sexualité. L’un des plus grands mérites de Malinowski est d’avoir abordé l’étude des comportements sexuels à une époque où on imposait un véritable tabou sur ces recherches. Pour lui, la communication sexuelle est aussi un langage, l’un des modes essentiels par lequel communiquent entre eux les éléments composant la communauté. Le sexe est ainsi socialisé.

  • Dans ses travaux, il va remettre en cause le complexe d’Oedipe. Selon lui, le triangle du complexe d’Œdipe se modifie selon les sociétés et n’est absolument pas universel.

  • Il va critiquer aussi l’évolutionnisme. Darwin considérait les aborigènes australiens comme primitifs qui n’avaient pas évolué beaucoup depuis les singes anthropoïdes. Il disait que les races les plus sauvages s’éteindraient parce que la survie du plus fort signifiait qu’ils seraient supplantés par les races civilisées plus avancées sur le plan de l’évolution. Beaucoup d’atrocités furent commises envers les communautés aborigènes à cause de ces croyances évolutionnistes. Pour l’évolutionnisme toutes les cultures seraient les étapes d’une seule culture. Or, le relativisme culturel dit le contraire. Toutes les cultures ne sont pas les étapes d’une seule culture, ce sont des cultures singulières. Le fonctionnalisme reconnaît la particularité de chaque culture. Chaque culture a une histoire, une logique. Le fonctionnalisme essaie de comprendre les différences culturelles à partir de la culture de l’autre. « Toutes les cultures sont également légitimes et tout est culturel ». Les valeurs et les institutions d’une société ne trouvent leur explication et leur légitimation qu’à partir de la culture de cette communauté humaine.

  • Il va condamner l’exotisme en disant que c’est bien d’étudier des institutions qui sont finalement proches de celles des européens. Pour lui, dans l’altérité de l’autre on trouve finalement des choses qui nous sont proches.

Dans sa méthode de recherche, on trouve une véritable volonté de faire de l’ethnologie une véritable science. Pour lui, le terrain n’est pas seulement un découpage socio spatial, mais aussi un objet de recherche. Le terrain, c’est aussi la problématique. Malinowski considère les sociétés comme un tout cohérent. Toutes les cultures ont une logique, et c’est à l’anthropologue et au travailleur social de connaître et comprendre cette logique. Pour comprendre cette logique, il faut comprendre les institutions. Toute institution a une utilité et le fonctionnalisme cherche à comprendre l’utilité d’une institution dans une société. Pour Malinowski il y a toujours un décalage entre ce que prône une institution et comment celle-ci fonctionne au quotidien.

Pour cela, il faut connaître les principes de l’institution, mais ses sujets, le groupe qui y travaillent. Quel est l’appareil matériel de l’institution (infrastructures, bâtiments…) ?

Derrière l’architecture d’un bâtiment il y a une idéologie. Quelles sont les activités proposées par l’institution, comment est accueilli l’usager ?

Malinowski va révolutionner le travail de terrain. Pour lui, c’est la durée sur le terrain qui permet d’expliquer la quotidienneté. Dans sa recherche anthropologique, c’est le chercheur lui-même qui devient l’outil de recherche. Il conseille donc au chercheur la nécessité d’une préparation psychologique afin d’éviter de tout jugement de valeur des sociétés qu’il va observer. Le but est de comprendre les mobiles internes qui poussent les gens à se comporter de telle ou telle manière. Il faut comprendre la logique interne qui guide chaque culture. Cela nécessite une immersion totale dans la culture qui va permettre d’observer par soi même. L’anthropologue est donc là avant tout pour apprendre et cet apprentissage passe nécessairement par celui de la langue, car la langue c’est l’esprit de la culture. Pour Malinowski, les détails apparaissent nécessaires dans une culture. Pour cela il dit que l’observation a une triple utilité :

  • Elle permet en premier lieu d’enregistrer les phénomènes que l’accompagnateur pourrait intentionnellement ou non omettre de dire.

  • En second lieu elle permet de contrôler ce que dit l’accompagnateur.

  • Et enfin, l’observation permet de mesurer la distance entre l’idéale (qui est la norme de la culture) et la réalité (ce qui se passe réellement dans cette culture). Parfois il y a un décalage entre la présentation idéale et ce qui se passe réellement dans la culture. Les contradictions font partie des éléments de l’identité du groupe.

Malinowski propose des techniques :

  • Il y a incontestablement l’importance du séjour et des intervalles sur le travail de terrain. Il conseille de faire une coupure, de revenir chez soi, de faire un travail d’analyse et ensuite de revenir sur le terrain. Cette distance nécessaire permet de se remettre en question.

  • Il y a aussi l’apprentissage de la langue qui est un aspect à ne pas négliger. La langue, c’est la dimension mentale, celle des idées.

  • Pour lui, il faut commencer par observer le plus simple, les activités matérielles de survie. Il faut observer la matérialité, la dimension technologique.


Il compare le travail de terrain à un rite de passage (étapes importantes de la vie). Le rite de passage est un moment de changement statutaire, c’est l’initiation. A travers le rite de passage, on éloigne les jeunes du groupe de protection primaire, à travers l’apprentissage des règles et de modes de vie. De la même manière, l’anthropologue s’éloigne de sa propre société, il disparaît, il s’éloigne du monde connu.

Dans la société d’accueil, l’anthropologue se sent seul, a envie de partir. Il faut noter que cette solitude est nécessaire pour le travail de terrain. Ce malaise est le signe que quelque chose est en train de changer. Ce dépaysement est nécessaire et il faut l’analyser.

Lorsque l’anthropologue va retourner dans son monde d’origine avec des nouvelles connaissances détachées des valeurs socialisatrices de ses propres parents. Il va observer sa société d’une manière différente, car il a changé. Ce changement nécessite d’endosser des nouveaux rôles.
Malinowski dit qu’il y a trois mouvements dans un rite de passage :


  • D’abord la mort qui est l’abandon de ce que l’on est, de ce que l’on a connu. C’est un moment d’apprentissage et de deuil.

  • Ensuite la liminarité qui est un moment de marginalité. On est entre deux mondes et cela correspond à un moment de recherche d’identité.

  • La résurrection qui correspond à un nouveau statut. On apprend des choses qui font partie du groupe secondaire.


Le deuil c’est l’intégration définitive de l’autre qui a disparu, c’est l’incorporation totale du mort en nous.

La résurrection, c’est la resocialisation. C’est une étape douloureuse, car elle correspond à une remise en question de son monde d’origine. Lors de la resocialisation, l’anthropologue doit recréer des liens, des relations et les. De la même manière que le jeune initié a besoin d’un parent de passage, l’anthropologue aussi a un parrain qui l’aide à se resocialiser.

Ce voyage est plus qu’un déplacement dans l’espace. C’est surtout et avant tout un déplacement de point de vue, c’est un décentrement. Ces voyages intérieurs permettent d’aller aux limites de sa propre culture, aux limites de soi-même.
QUESTION ENTRE NATURE ET CULTURE : CLAUDE LEVI STRAUSS ET LE STRUCTURALISME

En 1949 Claude Levis Strauss, père fondateur du structuralisme a écrit « les structures élémentaires de la parenté ». Il insiste sur la singularité de la culture comme une dimension non déterminée par la biologie, par la nature. Il va s’appuyer sur la variété culturelle pour démontrer l’autonomie de la culture à l’égard de la nature. C’est à l’étude de la parenté que Lévi-Strauss a appliqué sa méthode. Pour lui, la parenté n’est pas une modalité biologique, mais une alliance. Les règles du mariage remplacent un système de relations consanguines d’origine biologique par un système sociologique d’alliance. Le mariage est une rencontre dramatique entre la nature et la culture, entre l’alliance et la parenté.

Par exemple tous les hommes ont un caractère humain en eux, mais tous en mangent, ne s’habillent de la même façon. Tout change selon les pays et les différentes cultures.

Dans son livre les structures élémentaires de la parenté, Lévi-Strauss va développer le passage de la nature à la culture.

Il se pose cette question : où finit la nature ? Où commence la culture ?

Pour expliquer la relation nature-culture, il va s’appuyer sur la théorie des enfants loups, des enfants sauvages. On disait que ces enfants étaient abandonnés parce qu’ils portaient des malformations congénitales. Or, Lévi-Strauss montre que ces enfants étaient en état de régression parce qu’on les a abandonnés, c’est donc l’abandon qui a causé leur régression (pas clair).

Pour lui, les animaux domestiques lorsqu’ils sont abandonnés reviennent à leur état initial, ils perdent donc leur domestication. Or, l’homme ne perd jamais son état social, il ne revient pas à un état qui n’a jamais été le sien.

Il soutient qu’il y a des animaux qui ont une certaine capacité d’apprentissage, cela reste très élémentaire.

Lévi-Strauss démontre que la vie sociale par exemple des singes ne permet pas d’établir des normes, car le comportement d’un même sujet n’est pas constant et on ne peut tirer des régularités d’un comportement collectif. Il n y a pas de norme à laquelle le groupe se rattache à chaque fois et on ne peut établir une norme à la manière de la société humaine, même s’il y a des codes. Les singes ont une capacité d’apprentissage limitée en ce sens qu’il n’y a pas de cumul de connaissance. Or dans le processus d’évolution humaine, la culture est en lutte contre la force de la nature.

Conclusion :

De l’observation et de l’analyse de la vie individuelle, Lévi-Strauss conclut que le comportement individuel des animaux est inconstant et dans leurs comportements collectifs, on ne peut trouver des régularités, même s’il reconnaît l’importance des régularités dans la nature. Pour lui, ces régularités dans la nature répondent à des déterminations biologiques, c’est de l’ordre de l’héritage biologique.

L’originalité de Lévi-Strauss est qu’il choisit comme critère valide pour reconnaître l’existence d’une culture la présence de la norme construite par la société. Pour lui, partout où se présente la norme, nous savons que nous sommes au stade de la culture et d’une certaine façon on peut donc établir le commencement de l’humanité. Tout ce qui est universel chez l’homme correspond à l’ordre de la nature et est caractérisé par sa spontanéité (tous les hommes ont besoin de manger, dormir, avoir des rapports sexuels …).

Alors que ce qui est soumis à une norme est de l’ordre de la culture et présente des attributs du relatif et du particulier.

Exemple : la pulsion sexuelle est naturelle à tous les hommes. Mais la prohibition de l’inceste est universelle mais peut s’exprimer de manière différente selon les cultures. L’inceste possède l’universalité des tendances naturelles (pulsions sexuelles), mais possède en même temps le caractère restrictif des règles, des lois, des institutions.

La prohibition de l’inceste en réalité est moins une prohibition que la création d’une règle de communication. L’interdiction de l’inceste est une règle qui ouvre vers l’extérieur, vers l’étranger, ce n’est pas de l’ordre de la filiation, mais de l’alliance.

L’alliance est le premier lien social en dehors du groupe de consanguinité. L’alliance est l’unité de base du lien social. L’interdiction de l’inceste est moins une prohibition que la création d’une règle, car elle oblige à rassembler des groupes différents par l’alliance. C’est ce système de l’alliance qui constitue la culture et qui marque le lien de transition entre la nature et la culture, la procréation et la parenté.





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