Correspondances intellectuelles 1990-2010








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A la rédaction d’Etudes.
Messieurs,
Je souhaite répondre à Paul Valadier qui discute mon livre De la civilité. dans une note parue dans le n° de Juin 1993 d’Etudes. Hélas, je ne serai pas aussi concis que lui -la défense étant toujours plus difficile que l’attaque-.

D’abord, j’apprécie la polémique : tout, plutôt que cette espèce d’ouate où notre époque enfouit le débat de fond !

Ensuite, tout de même, je suis reconnaissant à Paul Valadier d’avoir réfréné son envie d’en découdre, jusqu’à plus la moitié de sa note. Bel exemple de maîtrise de soi !

Ensuite, il explose : il fustige des “vues cavalières”, dénonce des théories “quasi-délirantes”, une “ignorance abyssale du christianisme”, une pratique “fantaisiste” et “péremptoire” qui “discrédite la sociologie”. Ouille! Heureusement que le CNRS n’est pas soumis à l’imprimatur !

Bien, restons calmes, et prenons les choses une par une.

A commencer par la vue cavalière : il est certes hardi de tenter -après bien d’autres- de résumer certains mouvements de fond de l’histoire en une centaine de pages, sans risquer immédiatement de se faire cataloguer comme prenant des positions “péremptoires” et “fantaisistes”. Mais sans hypothèses globales, pas de pensée. Ce n’est pas un chrétien qui me démentira, s’il cherche à découvrir une vérité universelle et de tous temps à partir d’un message énoncé il y a deux mille ans.

Les hypothèses que je cherche à articuler (avant d’aller plus avant dans la démonstration) sont de l’ordre de ce qu’on pourrait appeler une psycho-histoire ou une psycho-culture, et non de la sociologie stricto sensu (bien que Durkheim , Tarde ou Comte aient eu chacun leur moment de “phasage” de l’Histoire). En gros, je propose de considérer que la culture produit des effets homologues sur les individus et sur les sociétés. Il ne choque plus personne (même chez les Chrétiens) d’en référer à Freud pour parler des phases de construction du sujet, en recourant à une nosologie -pourtant très instable et évolutive- : l’agressivité renvoie ainsi à une base paranoïaque, c’est-à-dire au conflit inter-identitaire qui surgit nécessairement sans symbolisation du tiers (le père). L’emprise (jeu avec le thème de l’immobilisation) a à voir avec ce qu’on appelle la perversion (qu’on choisisse le sadisme ou le masochisme, peu importe, dans le fond), c’est-à-dire une symbolisation qui s’arrête au rapport inégalitaire (par exemple : la mère géante et le petit d’homme). L’hésitation (suscitée par une fragilité de la croyance au tiers) produit de l’obsession, avec tous ses effets de symétrie et ses longs détours, ses re-présentations de l’objet aimé-haï. C’est à cette dernière que Freud, dans Totem-Tabou, ramenait tout de go les religions. Le traiteriez-vous toujours de délirant ou de fantaisiste?

Je dis une chose un peu différente : bien que reprenant l’obsessionnalité de tout appareil de rites conjuratoires, le christianisme comme religion occidentale, né de la fusion gréco-latine, manifeste dans la culture quelque chose qui est plutôt de l’ordre de la perversion.

Je sais que c’est dur à entendre de la part de gens qui s’y sont voués. Mais avant d’exploser à nouveau, je souhaiterais que l’on en entende davantage : je ne prononce aucun jugement de valeur sur les trois positions de base -agression (identité), perversion (emprise) ou obsession (hésitation). Elles sont les passages obligés pour chaque personne comme pour chaque culture, car le symbolique nous prend tous dans ses méandres, en particulier ou en bloc. Je dis seulement que pour nos cultures occidentales, il y a eu une sorte de révolte massive et terrifiée contre la phase “paranoïaque” que condensait -et rendait en même temps insupportable- la cristallisation impériale des honneurs gentilices (familiaux, identitaires, agoniques). On est donc passé à une phase perverse, caractérisé par la condensation de figures divines “se penchant” sur l’homme-enfant. Dans cette insistance sur le lien souffrance-béatitude, on s’éloigne de la paternité comme souveraineté (bien que le Dieu barbu ressemble encore un peu à Zeus), et donc comme image de la communauté politique, mais on s’en rapproche par ailleurs pour fabriquer un rapport d’intimité sensuelle (bien-sûr spirituel), qui, n’en déplaise à Paul Valadier, relève précisément de ce que la psychanalyse appelle la perversion, dans le simple fait qu’il est dissymétrique (actif-passif, grand-petit, etc.)

Deux points à ce propos : je n’ai pas dit que l’Eglise avait le monopole du “rapt” de la parenté, car ce “rapt” (qui réfère précisément aux mythes d’enlèvements collectifs et fondateurs, “représentant” le passage aux loyalismes d’Etat) remonte à bien plus loin. Mais elle a “transformé l’essai” de la romanité ancienne en passant d’une sorte d’équilibre négocié Etat-Famille à une transcendance, une verticalité. Et ici l’argument de Paul Valadier sur le christianisme comme “religion initiatique” est faible, en termes anthropologiques : certes, toutes les religions initiatiques “baptisent” et renomment, mais la grande différence entre les religions gentilices et les religions d’Etat (Etat en un sens profond que je ne discuterai pas ici), c’est que les premières ramènent les identités aux filiations supposées génétiques ou à leurs marques symboliques (animaux claniques, lieux et propriétés, etc) alors que les secondes détachent l’individu de ses liens ethniques. Mais je ne critique pas Paul Valadier de s’aventurer (abyssalement) en anthropologie.

L’autre point concerne l’achèvement du processus, et le basculement entre masochisme (chrétien) et sadisme (scientifique). Là encore, Freud et Lacan sont peut-être des “quasi-délirants”, mais ils ont l’un comme l’autre bien montré l’extrême réversibilité de ces états du même paradigme : celui de l’emprise transcendante. Entendons nous bien : je ne parle pas ici des mille et une contradictions qui ont pu surgir entre telle ou telle tendance de la société chrétienne dans le passage à la science comme “autre discours” de vérité universelle. Mais de la façon dont, globalement, la société chrétienne accouche de la société “rationnelle”. Et je ne crois pas être ici original : des dizaines d’historiens d’excellente réputation, de Duby à Le Goff et d’autres, sans parler des philosophes de la science, ont bien montré comment la science occidentale n’aurait pu se passer de son “moule” chrétien et notamment scholastique. Ce que je rajoute ici est modeste (mais ferme) : ce qui fait lien entre les deux, au delà des phénomènes, est probablement de l’ordre d’un glissement symbolique entre masochisme et sadisme.

Lacan disait une chose amusante sur la différence entre masochiste et sadique. Le premier était un “humoriste”, et pas le second. Et c’est bien ce que je pense : dans l’histoire de la culture masochiste, du retour sur soi de l’agressivité, du fils prenant tout sur lui (plutôt que d’attaquer le père, comme dans le mythe totémique achevé), il y a tout de même un “bémol” mis à la violence. Au contraire, quand on pense qu’on va vraiment contrôler tout l’humain par le bras (non plus séculier, mais informatisé) de la techno-science, il n’y a plus de limite à l’emprise. Au fond de la technoscience, il y a quelque chose comme la mort en tant qu’immobilité du pur objet, et ce ne sont pas certains Jésuites obsessionnels (et éventuellement de génie) qui ont essayé de maintenir une symétrie, un équilibre entre foi et savoir qui me convaincront du contraire.

De plus, je dis bien que la poussée qui renverse la masochisme chrétien en sadisme techno-scientifique est surtout dûe à la pression extérieure des cultures nordiques (voir le chapitre “du loup-garou au marché-cage”, que P. Valadier ne critique pas, curieusement), lesquelles peuvent s’analyser très clairement comme une remontée des thèmes gentilices pré-chrétiens, mais placés en position “paranoïaque”. En effet, ces cultures n’ont jamais vraiment pu (selon moi, c’est là une hypothèse essentielle qui peut être soutenue par beaucoup de pistes sérieuses) intégrer la transcendance paternelle venant de l’empire christianisé. Comme elles n’ont pas non plus eu l’occasion de produire leur propre maturation subjective interne (passage de la peur des vendettas à une cosmologie de la souveraineté), elles sont restées largement coincées dans une opposition symétrique entre “grand guerrier fou” et société répressive. Le R.P Valadier devrait aller un peu plus au cinéma voir ce que nos enfants reçoivent en permanence de la culture anglo-américaine, pour sentir qu’il n’y a rien de fantaisiste dans l’affirmation d’un message culturel fondamental, émis par un vaste ensemble de sociétés liées par le mythe : en l’occurrence, l’idée d’un combat éternel entre puissances.

Là encore il s’agit de formules englobantes, mais je suis prêt à débattre dans le détail de tout cela.

Le but de ce commentaire un peu long est d’en arriver au point suivant : chaque position favorite d’une culture a ses séductions et ses aspects répulsifs. La “paranoia” nordique aujourd’hui mondialisée via les Etats-Unis) est extrêmement dangereuse et grosse de conflits (notamment Nord-Sud), mais elle revitalise le jeu “héroïque” du Jeune, d’où sa séduction mondiale. Le modèle “sadique” conduit, lui-aussi à de grandes souffrances, des emprisonnements massifs (dont l’informatisation est peut-être un symbole) sans pour autant de solidarité libre, mais il est d’une efficacité incroyable. Quant au modèle “masochiste” (chrétien), il est encore certainement celui qui , en occident, nous éloigne le moins de la base parentale sans la quelle les individus deviennent simplement fous. Mais il nous renvoie aux limites de l’idéal de l’emprise salvatrice, déjà explorées.

Nous ne pourrons sans doute pas nous en passer dans l’avenir, ne serait-ce que parce que, dans des sociétés de masse, ce type de religion occupe la place d’une perversion absolument inévitable : seul le sentiment d’être “un petit” d’une parenté céleste à notre image, permet à beaucoup de gens de ne pas se sentir complètement perdus.

Autrement dit, je ne suis pas un farouche “anticlérical”.

Cela dit, je pense que la société humaine mondialisée risquerait gros à se vouer toute entière aux délices de l’imaginaire de l’emprise. Il nous faut inventer autre chose, correspondant peut-être, dans l’histoire individuelle, aux symbolisations qui permettent une vie relativement à l’abri des trop grandes terreurs de l’abandon ou de la fusion.

Un peu d’autonomie écologiste ne serait pas mal, mais cela veut dire aussi bien une autonomie (partielle et négociée) vis-à-vis des grands réseaux universalisants techniques et mercantiles, que vis à vis des grandes idéologies homogénéisantes.

Je crois que c’est cette cohérence dans la critique d’une des grandes tentatives d’homogénéisation universelle (qu’est le christianisme) que Paul Valadier a inconsciemment ressentie, et qui l’a fait sortir de ses gonds, notamment en arguant de mon “abyssale ignorance du christianisme”.

S’il s’agit d’un manque de familiarité avec la “religion de nos pères”, je ne suis pas dans ce cas, ayant été élevé -probablement autant que Paul Valadier- dans la catholicité.

S’il s’agit d’un défaut d’érudition, je suis prêt à toutes les joutes que Paul Valadier voudra (quitte à sortir de ma manche divers collègues du CNRS).

Mais, comme le remarque justement Paul Valadier, ce n’est pas vraiment l’érudition qui est en jeu, lorsqu’il critique mes “vues cavalières”. De quoi s’agit-il alors ? du droit à de telles visées globales ? Si c’est le cas, je déplore qu’il partage avec les instances académiques les plus sclérosées, l’idée que la réflexion ne s’élabore que dans l’étroite compartimentation des disciplines spécialisées, laquelle fait qu’aujourd’hui, plus personne ne peut lire ce qu’écrivent des collègues même proches dans des milliers de revues. Certes, c’est confortable pour un certain establishment pour qui la vérité est toujours, finalement, indésirable, parce que remettant en cause les bonnes relations entre hiérarchies. Est-ce pour cela que Paul Valadier fait référence à la “sociologie discréditée” par mon livre ? Une affaire de bonnes relations entre “la science” et “la religion”, entre l’institution de recherche laïque et les “Jésuites chercheurs” ? Ce serait un peu dérisoire, et peu conforme à l’idéal évangélique, qui ne s’encombre pas trop de considérations bureaucratiques.

Il ne resterait dès lors qu’une possibilité : mon “ignorance abyssale du christianisme” proviendrait du simple fait que je n’en n’ai pas l’expérience intime et revendiquée. Or cette expérience-là, n’est justement pas de l’ordre du savoir, mais de la foi (de ce transport “furieux” au sens étymologique, sinon un peu “délirant”) qui s’affirme pour clore le commentaire rationnel (satanisation du débat politique).

Si les psychanalystes devaient considérer que les analysants “savent” tout de leur structure psychique pour la seule raison qu’ils la vivent, il n’y a aurait pas de cure. Si les sociologues, et les historiens de la politique ou de la religion devaient prendre pour argent comptant ce que disent les acteurs, il n’y aurait pas de sociologie ou d’histoire.

Le vécu ineffable n’est pas la meilleure garantie de connaissance, et, a contrario, l’extériorité n’est pas une preuve d’ignorance.

Quant à l’abyssal : nous ne sommes pas loin de l’infernal, de ce monde effrayant que les Anciens situaient par en dessous, ou tout autour.

Depuis, les psychanalystes (encore eux) nous ont fait comprendre que cet abîme était simplement en nous, dans ce que nous ne voulons pas trop savoir de nous-mêmes. Et là, cher Paul Valadier, je crois que Chrétiens et non-Chrétiens, nous sommes absolument à égalité : l’abysse, le vertige (et les délires qui viennent éventuellement y faire filet de rattrappage) nous y sommes tous confrontés, et tous avec la même ignorance acharnée.

Encore une fois, merçi de m’avoir donné l’occasion de répondre sur le fond, car l’indignation est un sentiment plus humain que la placidité fibreuse de la pensée managériale. Je suis évidemment ouvert à toute proposition de débat.


Denis Duclos
Paris, le 29 Juin 1993
Cher Paul Valadier,

merci de votre lettre.
J’ai bien ri sur la susceptibilité chatouilleuse des culturologues : il faut avouer que c’est bien tourné.

Cela dit, vous persiflez sur la “culturologie”. Je ne tiens pas particulièrement à défendre ce néologisme, mais je le trouve plus modeste et plus précis qu’anthropologie (science de l’homme), que sociologie (science des sociétés) ou qu’ethnologie (science des peuples), toutes disciplines qui ont bien du mal à reconnaître leurs limites (même si elles y parviennent mieux que le discours religieux à visée d’emblée universaliste). Par ailleurs, les nouveaux noms de disciplines surgissent tous les jours : quand la “science des matériaux amorphes” prétend désormais représenter une partie de la chimie, cela ne me choque pas.

Je crois qu’il y a une spécificité durable, et pas du tout floue, des phénomènes de culture que l’on peut essayer de mettre à jour et de rendre scientifiquement débattables, soit dans la structure des mythes, soit dans la logique. Que cela se phase en millénaires n’est pas pour effrayer un chercheur en sciences de l’homme, pas plus qu’un paléoclimatologue. Et dans les deux cas, en tirer des conséquences pour l’avenir est généralement admis. Maintenant, je n’ai aucun doute que vous trouveriez des appuis dans la bureaucratie du CNRS pour couper les vivres (ou la tête) à tous ceux qui tenteraient de faire leur travail d’innovateurs, dès lors que cela égratignerait quelque peu le statu quo.

Pas plus que vous ne pouvez découper Freud en un bon et un mauvais (au nom de quelle compétence générale illimitée en psychanalyse ou en ethnologie ?), vous ne pouvez découper Duclos en un bon morceau et un mauvais. Tout se tient. Il y a une logique sous-jacente assez précise, et il est étrange que vous ne l’ayez pas aperçue, alors qu’elle structure la première partie de mon livre (que vous dites avoir apprécié). L’insistance considérable mise par Freud à écrire des textes de théorie de la culture (Moïse, Totem-Tabou, Malaise dans la civilisation, et j’en passe), ne peut être jugée “indue”, sans signaler une partialité forte et un puissant esprit de censure (qui n’est pas étonnant pour quelqu’un qui par ailleurs ne dit respecter Freud que de façon “forcée”). Qui trace les frontières légitimes de la recherche entre individu et société ? Les Jésuites ? Les tenants de la psychanalyse américaine ? Allons, soyons sérieux !

La théorie freudienne est sur ce point en avance sur toutes ces tentatives désespérées d’en rester à un statu quo dans la représentation profane qui substantifie “l’individu”. Mais comment, si vous n’en n’avez pas reconnu le nécessité théorique, vous faire comprendre, que pour Freud, comme pour la pensée lacanienne dont je m’inspire en l’élargissant, il n’y a aucune différence ontologique (sinon illusoire) entre les effets de sujet sur la personne et leur constitution collective, communautaire ? Relisez le texte de Lacan sur “la logique” comme construction collective. Mais je doute que vous souhaitiez vous ouvrir assez à la recherche, risquant de voir chanceler un ensemble de convictions fermées et étayées à grand renfort de rhétorique. Et pourtant, vous avez tort : je ne crois pas que la religion chrétienne et la romanité “masochiste” dont je parle soient menacées par l’ouverture d’esprit -non pas superficielle- mais en profondeur aux concepts qui la révèlent à elle-même comme forme spécifique du dispositif culturel humain. Je le répète : se vivre petit enfant malléable est l’une des constantes d’un monde social marqué par la domination, et le ressort masochique a été fondamental pour interpréter puis renverser les formes ravageuses de la domination gentilice tardive à Rome, cela afin de transformer “réellement” le pouvoir impérial en patrimonialité contrôlable par son immense population appauvrie.

Les menaces viennent d’une toute autre direction. Ouvrez les yeux : pourquoi les WASPS accédant au pouvoir mondial par le moyen de l’hégémonie américaine font-ils immédiatement courir le bruit que des milliers de prêtres catholiques ont agressé sexuellement des enfants ? Peut-être délirent-ils (et j’en suis même sûr, car je crois à la vérité psychique de l’ascèse et du renoncement, même si je l’appuie sur la jouissance masochique sans laquelle elle ne pourrait tout simplement pas exister, car il n’existe aucune morale qui ne soit pas fondée en sensualité, même “transposée”), mais ils ont le pouvoir de transformer leur délire en rumeur crédible. Pourquoi ? Parce qu’ils jouent exactement à ce niveau psycho-culturel où vous refusez -dignement- de vous aventurer. Parce qu’ils “savent” que c’est sur cette vieille histoire du rapport à la famille, à la parenté, que se joue le reste d’influence de la latinité comme “rapt” paternaliste étatique de la compétition gentilice. Que disent-ils implicitement en visant à terme une déstabilisation de l’Eglise catholique sur leur territoire (où confluent les traditions italiennes, irlandaises, hispaniques) ? Que les valeurs du nouvel empire ne seront jamais celles de la confiscation des autorités familiales par une “parenté” spirituelle illicite et obscure, mais au contraire, qu’elles seront revalorisées dans une sorte de culte de l’héroisme des gangs, des bandes, des groupes ethniques. Ils savent, eux, d’une façon confuse mais armée par l’histoire européenne, que pour rétablir dans leur propre pays l’idéologie libérale et guerrière qui a permis leur montée au sommet du pouvoir-monde, il faut faire reculer d’une façon ou d’une autre l’idéal de l’Etat paternant. La forme communiste ayant été liquidée, il reste encore -du Québec au Mexique, pour ne parler que d’Amérique du Nord- des formes culturelles plus floues, mais toutes inspirées par le modèle latin. Comment faire reculer celles-ci ? -En les démonisant. Comment les démoniser ? Simplement en agitant les fantasmes autour du “détournement d’enfants”, car celui-ci ne hante pas seulement le désir de quelques prêtres dévoyés, mais, beaucoup plus largement, tout l’imaginaire de la transposition de l’autorité paternelle que l’Eglise catholique porte avec elle, car elle s’y fonde littéralement.

Croyez-vous que c’est en vous époussetant le revers du puceron Duclos que vous éliminerez le problème massif du reflux catholique en aire anglo-saxonne (pour commencer) ? En me faisant l’honneur d’une réponse aussi vive (je vous remercie de songer à me faire publier plus vite, bien que votre commentaire “excessif”, -selon les mots mêmes du responsable des recensions d’Etudes- fasse plutôt repoussoir aux lecteurs potentiels), vous montrez en fait que j’ai mis le doigt là où çà fait mal. A savoir : une fragilité essentielle de la valeur éthique du renoncement et de la macération. Comme si l’obligation de consommer et de produire “utilement”, celle de répondre aux sollicitations des médias, n’avaient pas depuis longtemps remplacé la souffrance mystique, tout en l’amplifiant formidablement. Comme si la cité de l’inspiration augustinienne (pour reprendre Boltanski et Thévenot, dont vous avez omis -il me semble- de dénoncer l’ignorance abyssale), n’avait pas été depuis longtemps, recouverte par celle des disciplines industrielles et de la circulation universelle forcée !

Car, en semant le doute sur la moralité des prêtres catholiques, en forçant l’autorité pontificale à des réponses humiliantes, la civilité anglosaxonne dirigeante propose en miroir, le modèle de sa propre saga libertaire et héroïque, peuplée de Rambos et de serial killers, certes hyper-violents, mais fatalités d’un monde ouvert et juvénile, seulement pacifié de loin en loin, par les juges et experts du bon fonctionnement du marché. Cette liberté justifie toutes les inégalités, tous les conflits, car elle apparaît comme le seul reflet social du grand chaos naturel, et donc la seule position individuelle véritablement digne d’être vécue sans illusion, comme une aventure pleinement active, et qui -plus est- “utile”. L’affinité de ce mythe avec la position paranoïaque d’une part, et avec les sagas anciennes du “bersekr”, du guerrier fou est évidente. Sortez de vos calmes lieux de retraite et d’éducation, et portez-vous face à la vague de fond culturelle qui imprègne les jeunesses du monde, vous verrez qu’aucune autre conclusion sérieuse n’est possible : le monde nordique dominant reconstruit pour tout l’univers son propre passé, recompose comme universelle la thématique de la violence héroïque modérée “automatiquement” par la machine à gouverner hobbienne.

Face à cela, le mythe de l’adoption paternante semble vieilli et pusillanime. Il manque d’énergie et repousse les Jeunes par les images de hiérarchie et de carcan qu’il évoque. Il n’a même plus l’aura de la civilisation qu’il avait du temps des Théodorics envahisseurs, car le champ de bataille libéral a su s’entourer de droit et de science, s’armer de bureaucratie et de systèmes de communication. Bref, le modèle latin, repoussé vers le Sud (non loin du “démon” Saddam et de son militarisme nationalitaire) n’a plus grand chose pour convaincre de sa supériorité.

Et le pire est que tout cela est vrai : le paternalisme est devenu moralement insupportable et techniquement inefficace. Le libéralisme héroïque électrise les énergies, libère les corps et les âmes des mortifications, rendant invisible le réseau de contraintes inhumaines qui le sous-tend.

Et c’est un peu là que se situe mon travail et concerne aussi les Chrétiens : dans une reconnaissance d’un impossible retour au passé. Dans l’appel à envisager quelque chose de vraiment neuf au delà de la classique confrontation entre héroïcité et cléricature. Et ce progrès, précisément, ne peut se concevoir que dans une maturation simultanée de chaque position : du côté de l’héroïcité, cela veut dire la reprendre dans une paternité écologique, (patrimonialité mondiale). Ce qui implique un changement radical dans l’idée de liberté, d’autonomie, de déconnexion des canaux de la circulation accélérante. Du côté des Clercs, cela veut dire une remise au niveau des citoyens de base, une reprise du problème de la communauté à partir des intérêts des personnes, etc. Qu’il demeure une part de conflictualité et également une part de masochisme (liée nécessairement au rapport de “petitesse” à “grandeur” qui s’instaure toujours entre citoyens et représentants) est inévitable : non seulement inévitable mais inaliénable comme aspect de l’expérience humaine.

Je ne sais pas si le christianisme pourra pour une très longue période survivre à la réduction de la position masochique (la remise de soi à une figure parentale sublimée) à un statut non total, plus humble, d’aspect de l’expérience humaine, mais ce dont je suis sûr en revanche, c’est qu’il est immédiatement menacé par sa propre crispation sur la défense intégrale de cette position.

Les Chrétiens (et essentiellement les Catholiques qui en portent le fardeau principal) peuvent se cacher la vérité, atermoyer, faire les braves, se refermer entre puristes ou s’ouvrir à l’oecuménisme, l’échéance est la même, le problème identique : le ressort du renoncement et du disciplinaire ne peut plus, en aucun cas, suffire à faire pièce aux tendances barbares, car, il partage au moins avec celles-ci l’illusion -désormais destructive à grande échelle- que la connexion généralisée (des marchandises d’un côté, des âmes de l’autre) fonde l’humanité.

Or c’est l’idée même de Grandeur qui pose aujourd’hui problème : ce qui doit faire apparition dans l’histoire, s’il doit y avoir nouveauté, c’est quelque chose qui vienne modérer et réduire l’importance des centralités -militaires, économiques ou spirituelles-. C’est la tendance même à la connexion imaginaire qui, de proche en proche, soutient l’urgence d’une mobilisation mondiale (dont le christianisme a été et ne cesse d’être un facteur fondamental) qu’il faut faire reculer quelque peu devant d’autres valeurs, plus autonomes. Bien entendu, un principe de négociation mondiale doit être trouvé (et la distorsion américaine de l’ONU et des droits de l’homme n’y aide pas), mais je ne crois pas qu’il puisse s’agir seulement d’une éthique de la peur sacrée (comme le propose Hans Jonas) ou d’un nouveau culte de la Reine-mère-terre. Tous ces thèmes issus de la position chrétienne (même si elles la transforment ou l’anamorphosent) ne feront que renforcer l’embryon d’Etat-Ecocrate qui, parfois, donne l’impression de commencer à exister, malgré les réticences productivistes de la métropole américaine. Et si la Gemeinschaft planétaire ne devait exister que pour trouver sa Herrenschaft, ce serait encore partie remise pour un ordre humain. Or je sens que les théories de Jonas produisent un frémissement passionné chez de nombreux Chrétiens informés.

Pour tout dire, ce qui me semble le plus menaçant pour le christianisme, n’est pas de montrer comment il participe à la structure culturelle en y apportant le désir du dominé, mais les réactions internes qui viseraient à une adaptation aux visées d’une domination planétaire.

Pour éviter cette erreur fatale -qui consisterait encore une fois à prendre en otage la génération, mais cette fois dans une sorte de chantage au stock génétique futur- il me semble donc nécessaire de braquer le projecteur sur le désir très fort qui penche vers ce type de perspective, afin de le distinguer d’autres réactions possibles :

-en gros, la réaction jonasienne consiste à réactualiser le masochisme classique, sorte de jeu avec la “colère divine”, les humains se mettant en position non plus de parents réels (chacun responsable de “sa” lignée dans les limites réglées d’une communauté), mais d’enfants “gérés” par une élite de Pères de la cité. Ceux-ci, du fait de leur voyance efficace, s’attribuent le droit de régler la fécondité d’autrui en fonction de leurs estimations sur la tolérance écologique. Une telle orientation s’opposerait une fois encore au libre jeu des parentés symboliques réelles, lignagères, et de leurs évidentes contradictions d’intérêts dans le présent et l’avenir dans un monde unifié comme champ économique. Pourquoi ? Parce que dans un tel champ, les stratégies génétiques les plus “bio-sociologiques” sembleraient devoir être gagnantes, la masse des Miséreux l’emportant finalement sur le petit nombre des Riches, même si un grand nombre d’humains doit périr dans la catastrophe écologique “mutuellement assurée”.

Or ici, les restrictions morales classiques du catholicisme au contrôle technique des naissances ont un effet paradoxal : Elles apparaissent en effet “jouer la carte du Sud” contre le Nord. Dans ces restrictions, ce qui permettait le “rapt” ecclesial de la gestion des parentés, se retourne aujourd’hui contre soi-même. L’antique volonté de contrôle par l’Eglise elle-même, bloquant les pratiques traditionnelles d’autolimitation par les familles n’est plus du tout perçue comme telle : non seulement, en refusant la contraception, l’Eglise ne manifeste plus aucun pouvoir “sur” les familles du Sud, mais encore elle semble s’aligner sur leur politique démographique explosive (ou supposée telle, ce qui n’est plus évident). Encore un argument utilisable par les Anglo-saxons pour réduire l’influence catholique “at home”.

C’est pourquoi un certain nombre de Chrétiens éclairés (mais surtout localisés au Nord, et pas parmi les couches les plus défavorisées) regardent Jonas avec sympathie : il leur propose en effet -même avec tous les bémols éthiques casuistiques voulus- une actualisation du masochisme et du rapt de la parenté, cette fois sur des bases modernes, compatibles avec l’objectif de diminution de la “menace” démographique du sud. Cette actualisation est certes contradictoire avec la politique démographique actuellement en vigueur dans l’Eglise, mais pas avec l’essence du phénomène de la captation sociale, étatique, des choix génétiques. Elle suppose seulement de faire basculer l’ancien mode de contrôle (basé sur l’interdiction de pratiquer sa propre contraception) à un nouveau (préconiser la contraception sur la base plus large d’un engagement éthique écologique vis-à-vis des générations futures).

Dans un cas (l’Eglise “fait la politique du sud”) on aurait affaire à une variante classique du paternalisme dans le cadre d’une stratégie de reconquête de l’influence perdue, en s’appuyant sur les “peuples innombrables” (et ce serait sans doute la moins inhumaine des variantes, même si elle présente des risques écologique majeurs). Dans l’autre cas, on adhère à un autoritarisme de Riches. Je crois que tout cela, comme disait naguère un mien homopatronyme est “bonnet blanc et blanc bonnet”. A savoir : dans les deux cas, on a le maintien d’une gestion globale, d’un principe panoptique. On s’enferre dans l’idée qu’on sait mieux que les gens leur propre bien et qu’il faut le leur révéler, par la foi ou par la science, le tout pour imposer une forme d’ordre.

Or la seule nouveauté en histoire serait celle qui semble la plus invraisemblable aux économistes libéraux, aux Marxistes ou à nombre de Chrétiens : la discontinuité. La discontinuité n’est pas seulement un concept des mathématiques du chaos, appliqué essentiellement au temps. Elle peut également être appliquée aux espaces sociaux et spirituels. Dieu serait-il assez mesquin pour avoir besoin d’une retotalisation au palier humain, alors qu’il s’en passe si bien aux autres paliers du réel ? Un Dieu que ses adorateurs se représentent comme une sorte de protecteur convivial, qui vous enveloppe de sa chaleur -même si parfois il vous met à l’épreuve du dehors- a certes besoin de cette totalisation.

Mais peut-être pas un Dieu plus physicien, biologiste ou écologue. Car il est fréquent que des communautés (végétales, animales ou humaines) régulent assez bien leur activité et leur nombre dès lors qu’elles trouvent un équilibre avec un territoire particulier, auto-suffisant. Mais cela implique qu’aucune surchauffe ne vienne accélérer un segment de la vie de cette communauté, comme le marché international des fourrures -suivant comme une ombre le passage des héroïques voyageurs jésuites- vint détruire l’économie nord-amérindienne encore plus sûrement que les bons Pères porteurs de la grippe (après tout, on ne peut pas la leur reprocher).

La question de l’avenir n’est donc pas tant de savoir quelle universalité nous aurons, que de nous demander à quels aspects nous limiterons l’universalité pour instaurer des discontinuités nécessaires. Le Japon a accepté les marchandises et les technologies occidentales et refusé les Jésuites. Il a probablement été moins dépendant de logiques externes que s’il avait fait le contraire...(comme l’élite indienne) au moins dans un premier temps. Car aujourd’hui il est évidemment atteint de la maladie mortelle de l’universalité qui en fait un valet richissime du “Herr” américain endetté.

Demain, peut-être devrait-il laisser entrer quelques Jésuites (attention, c’est encore explosif) et quelques marchandises seulement, mais surtout cesser de s’envisager comme une sorte de manufacture pour le reste du monde. Est-ce possible ? Des peuples de centaines de millions de personnes peuvent-ils aujourd’hui vivre convenablement sans tenter ces “rapts” de l’économie mondiale qui les mettent en position de dominance ? Cela n’est pas sûr. Mais le contraire non plus : des populations denses et fortement urbaines sont même peut-être des conditions préalables à la construction d’espaces écologiques discontinus pour demain. Déjà, par nécessité, l’eau de Tokyo est recyclée immeuble par immeuble. La productivité de l’agriculture hors-sol est décuplée, favorisant l’autosuffisance de territoires exigus.

Bref, la théorie de la déconnexion relative et de l’autonomie n’est peut-être pas si utopique que cela.

Mais, si elle doit un jour se matérialiser, il faut bien voir que ce sera sur le bord externe de la limitation des théories de l’universalité, dont le Marché et l’Etat Paternant sont les deux formes essentielles. Les Jésuites, (pour prendre en eux l’exemple d’un christianisme dynamique et adaptatif) sauront-ils se distancier du second modèle qui leur a donné naissance et les a toujours protégés (fût-ce celui de la vieille Russie) ? Sauront-ils penser autre chose que des formes centralisées, protégées, proches des pouvoirs ? S’ils savent évidemment que dans leur propre propension à reconnaître les élites, il y a une prédiction créatrice (self-fulfilling prophecy) qui produit de l’élite centralisée, et qui fait advenir l’universalité là où elle n’existe pas, peuvent-ils imaginer qu’ils pourraient contribuer à la faire reculer, au nom d’un Dieu “discontinuiste” ?

Eh bien, Cher Paul Valadier, j’en doute : non parce que l’intelligence de tels hommes (en attendant les femmes) soit défaillante, mais parce qu’au plus intime de ce qui permet de tenir à leur vocation, je crois qu’il y a cette idée d’un abandon “dans les bras” d’une figure d’universalité, d’un être enveloppant qui vous “touche”. Car c’est de cette inscription intime, psychique, d’une forme culturelle, que seule peut naître l’énergie de la vocation.

Comprenez-bien : c’est parce qu’il s’agit de produire du nouveau, que je ne peux me contenter d’autorisations de “continuer sur la première partie” et d’avertissements à ne “pas toucher à mon Chrétien” (Touche pas à mon Chrétien, çà serait pas mal comme slogan, hein ?). Il y a certes des possibilités d’alliances partielles ou de dialogues. Mais dans le fond, si le catholicisme n’est pas capable de reprendre fondamentalement son rapport à la centralité (que les Protestants ont fait éclater il y a bien longtemps) et à l’image du Père-Mère englobants et manipulants, je crois qu’hélas, les gens de l’avenir devront travailler sans lui, au risque, bien sûr, d’être aplatis sur la frontière entre les deux universalismes, où de régresser eux-mêmes à la pire des formes anciennes : l’ethnicité territoriale.
Toujours à votre disposition pour un vrai débat au delà des polémiques épidermiques,
Denis Duclos

Denis Duclos,

16 Rue Moreau,

75012 Paris

43 43 45 75
Paris, le 14 Février 1994
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