Économie : le modèle de Montpellier








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Vitalité démographique

Formidable atout pour la ville, la croissance démographique devrait se poursuivre, bien que dans une moindre mesure, selon les projections de l’Insee (voir ci-contre). Montpellier doit trouver de nouveaux relais d’activités pour étayer son économie de consommation et développer sa sphère productive.
Premier levier : l’économie de la connaissance et du savoir (voir page 22). Montpellier dispose du cocktail gagnant qui a fait éclore la Silicon Valley : une collaboration étroite entre les universités, les laboratoires de recherche et les acteurs économiques, le tout dans un cadre de vie agréable. Montpellier est au premier rang pour l’intensité de sa recherche publique (Insee). La ville abrite 5 filières d’excellence portées par sept pôles de compétitivité : santé, agronomie, technologies de l’information et de la communication, environnement et eau. Montpellier abrite des entreprises d’envergure mondiale. Notamment le géant informatique Dell. « C’est le dynamisme du territoire

montpelliérain qui a prévalu dans notre choix d’implanter ici notre siège social pour l’Europe du Sud. Nous souhaitons jouer un rôle de catalyseur d’énergie sur le territoire », souligne Stéphane Reboud, directeur du site montpelliérain, qui emploie 1 000 salariés et a été reconnu comme le meilleur site de Dell en Europe. Figure phare de l’ébullition entrepreneuriale : Bertin Nahum, fondateur de la société Medtech (conception et commercialisation de robots chirurgicaux) en 2012 a été salué comme quatrième entrepreneur le plus révolutionnaire au monde derrière les Américains Steve Jobs, Mark Zuckerberg et James Cameron, par le magazine scientifique canadien Discovery Series. Montpellier recèle aussi des pépites, comme Ubisoft, troisième développeur de jeux vidéo au monde. Michel Ancel, fondateur du studio qui emploie 120 salariés à Montpellier, vient régulièrement expliquer les débouchés de ce secteur au sein de l’Espace Jeunesse de Montpellier. La jeunesse montpelliéraine est d’ailleurs l’autre atout majeur de la ville : un habitant sur deux a moins de trente ans. Les étudiants ne sont pas en reste de vitalité. Au cœur de l’université Montpellier 2, des nano-satellites étudiants ont été conçus. Une fondation a même vu le jour.
Un "effet Bilbao"

Autre relais d’activité : le tourisme. Il représente, selon l’Office du tourisme, 5 millions de nuitées par an, injectant plus de 300 millions d’euros dans l’économie montpelliéraine et représentant 8 000 emplois. En créant La Panacée, et plus largement en ouvrant ses lieux d’art et de culture qui ont enregistré plus de 200 000 entrées en 2013, la Ville ne facilite pas seulement leur accès au plus grand nombre. Elle investit dans son image et son attractivité, misant sur l’ "effet Bilbao" : pour la seule année 2012, la ville espagnole estime à 334 millions d’euros les retombées touristiques de la création de son musée Guggenheim.

De même, forte de la présence de nombreux professionnels des filières design, architecture, marketing, communication ou art, des activités créatives à haute valeur ajoutée, la Ville parie aussi sur la constitution d’une classe créative, au sens du géographe américain Richard Florida. Attirée par un cadre de vie hors-pair, cette population urbaine, mobile, qualifiée et connectée, renforce encore l'attractivité du lieu et crée un cercle vertueux, le talent attirant les entreprises, le capital et les services.

Enfin, Montpellier s’inscrit dans une tendance favorable à un nouveau modèle économique, plus durable, qui fasse place à d’autres valeurs que la seule richesse financière (voir ci-dessous). Ses politiques publiques contribuent à respecter de grands équilibres entre économie, environnement et cohésion sociale.

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P18

Le dossier
* Sources : Insee
Des nouveaux arrivants jeunes et déjà en activité*
Infographie 1
Moins de 24 ans

Moins de 20 ans : 25%

Entre 20 et moins de 24 ans : 25%

Plus de 24 ans

Entre 24 et moins de 33 ans : 25%

33 ans et plus : 25%

Infographie 2

Actifs

Cherchent un emploi : 10%

Occupent un emploi : 40%
Inactifs

Poursuivent des études : 40%

Autres inactifs (dont la moitié de retraités) : 10%

Croissance de la population*

Montpellier et son territoire
Infographie
Entre 1990 et 1999 : + 5631 habitants/an

Entre 1999 et 2007: + 5256 habitants/an

Entre 2007 et 2013: + 2476 habitants/an

Projection :

Entre 2013 et 2020: + 3165 habitants/an

Entre 2020 et 2030: + 2600 habitants/an

Un habitant sur deux a moins de 30 ans*

Infographie
0-14 ans : 15%

15-29 ans : 32%

30-44 ans : 20%

45-59 ans : 15%

60-74 ans : 10%

75 ans ou plus : 8%

Des entreprises de très petite taille*

Infographie
0 salarié : 69%

10 à 19 salariés : 4%

1 à 9 salariés : 24%

20 à 49 salariés : 2%

50 salariés ou plus : 1%
Une économie axée sur la consommation*

Répartition des entreprises par secteur d'activité

Infographie
Adm. pub. Enseignement, santé, action sociale : 18%

Industrie : 3,5%

Construction : 11%

Agriculture, sylviculture et pêche : 0,5%

Commerce, transports et service divers : 67%

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P19

Le dossier


INTERVIEW
Montpellier: une économie «cadre de vie»

Frédéric Gaschet, enseignant-chercheur en économie à l’université de Bordeaux.

Pourquoi est-il important de parler d’économie résidentielle?

Cette notion a pour mérite de ne plus focaliser l’attention sur l’économie productive, objet de tant de politiques publiques alors qu’elle ne génère que peu d’emplois. Et de ne plus négliger l’économie résidentielle qui représente parfois, en Aquitaine par exemple, 90% des créations d’emplois. L’économie résidentielle regroupe les activités destinées à satisfaire des besoins locaux (commerce, services à la personne, emplois publics, santé, construction, culture…). Par opposition, l’économie productive répond à une demande qui ne se trouve pas forcément sur le territoire (industrie, logistique/transport, services aux entreprises). L’économie présentielle permet d’affiner davantage ce regard neuf porté sur le modèle de développement d’un territoire. L’endroit où nous dépensons ne correspondant pas toujours à celui où nous résidons, elle intègre toutes les populations présentes sur le territoire, résidentes mais aussi de passage.
Quels territoires misent sur l’économie résidentielle?

Montpellier, bien avant les autres. Le pari de l’économie résidentielle est d’inverser la logique prévalant jusqu’ici : il s’agit d’attirer des populations grâce au cadre de vie, de réussir à capter des emplois productifs basés auparavant à Paris notamment. C’est désormais la stratégie de nombreux territoires à faible économie productive mais dont la proximité avec le littoral séduit populations et touristes. Sur toute la façade atlantique et méditerranéenne, c’est d’ailleurs la mer, plus que le soleil, qui dope la croissance démographique. L’afflux a commencé dans les années 1990, suite à la perte de dynamisme de l’emploi industriel dans le Nord et l’Est de la France. Il est aussi lié au développement des nouvelles technologies de communication et des transports rapides (TGV) qui permettent de travailler à distance. Bordeaux développe ainsi une stratégie de localisation de sociétés de services informatique (SSII) près de son aéroport. La Rochelle mise sur la fixation d’une économie étudiante qui injecte des revenus issus d’ailleurs (bourses, parents…).
Ce levier de développement est-il pérenne?

Le maintien d’un tissu productif est indispensable à l’échelle régionale pour que ses revenus continuent à faire tourner l’économie résidentielle. Le risque est qu’habitants et élus rejettent l’implantation de toute industrie pour préserver le cadre de vie. Et que le territoire se spécialise alors en « chambres d’hôtes », comme le redoutent les Bonnets rouges pour la Bretagne (mobilisation contre la disparition de l’industrie agroalimentaire) avec cette inquiétude sous-jacente de dépendre de l’extérieur. Par ailleurs, une étude montre que les rémunérations de la sphère résidentielle sont inférieures de 30% à celles de l’économie productive. Il faudrait revaloriser les métiers et les revenus pour continuer à attirer des personnes qualifiées.


Encadré 1

103 000

navetteurs. En 2010, parmi les 140 000 emplois montpelliérains, 49,5% étaient occupés par des personnes résidant dans d’autres communes. À l’inverse de ce mouvement pendulaire, 23 000 Montpelliérains travaillent dans une autre commune que Montpellier.
5 320

résidences secondaires. En 2009, Montpellier comptait 146 500 logements, dont 3,6% de résidences secondaires, dans leur majorité occupées par des retraités.
65 000

étudiants. Chaque année, la ville de Montpellier accueille des étudiants formant l’équivalent du quart de sa population. Ville universitaire, elle compte aussi 2 300 enseignants et chercheurs dans ses 28 établissements de recherche et d’enseignement supérieur.


Encadré 2

zoom ville

Des touristes toute l’année

Devant leurs succès, l’Office de tourisme (OT) de Montpellier a doublé, cette année, le nombre des balades nocturnes des Hivernales. Les touristes sont friands de ces prestations qui profitent opportunément des manifestations mises en place par la Ville de Montpellier pour diversifier son offre. Ces « produits d’appel » supplémentaires génèrent une activité touristique qui ne connaît pas de temps morts. En effet, Montpellier a pour caractéristique d’attirer des visiteurs tout au long de l’année. Si le patrimoine et les événements culturels en sont en partie la cause, c’est surtout le tourisme d’affaires qui profite à l’économie montpelliéraine. Cette clientèle venue assister à des congrès ou des rassemblements professionnels est en hausse constante, passant de 53% en 2008 à 56% en 2012.

Les activités liées au tourisme représentent environ 2 000 emplois à Montpellier. Ils concernent principalement la restauration et l’hôtellerie et ont la chance de se maintenir tout au long de l’année, contrairement à ceux des villes du littoral qui ne durent que le temps de la saison estivale.

La Chambre de commerce et d’industrie de Montpellier estime la dépense journalière d’un touriste à Montpellier à 45 euros. La clientèle étrangère consomme un peu plus (52 euros). En 2013, elle a été plus nombreuse que de coutume. Sur les neuf premiers mois de l’année, les nuitées étrangères ont enregistré une progression de 27%.

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P20

Le dossier

Article 1

BTP: favoriser l'emploi local

Rencontre avec Patrick Ceccotti, président de la Fédération du bâtiment de l’Hérault.

« Montpellier est une grande ville avec une démographie croissante. Nous avons eu la chance d’avoir des maires bâtisseurs. Aujourd’hui, c'est un chantier permanent qui attire des entreprises de toute l’Europe. Le revers de la médaille : nous sommes confrontés à une concurrence étrangère qui tire les prix vers le bas.

La Fédération du bâtiment a signé 16 conventions avec les principales collectivités territoriales pour favoriser le « mieux disant », afin de protéger l’emploi local. Les clauses d’insertion sont un rempart à cette main-d’œuvre extérieure. Nous essayons de sensibiliser le maximum de personnes sur le « coût global » des travaux et non pas seulement sur coût total de la facture. Aujourd’hui, sur 1 million d’euros investis, quand le marché est attribué à une entreprise locale, 20% (200 000 euros) sont immédiatement redistribués dans l’économie montpelliéraine et 10 salariés locaux ont du travail. A contrario, si ces mêmes travaux sont attribués à des entreprises européennes, 200 000 euros partent dans d’autres pays et la France doit financer le coût de 10 chômeurs supplémentaires ».

Article 2

Les 20 premiers

employeurs

de Montpellier

1 -  CHU de Montpellier 12 000 emplois

2 -  Département de l'Hérault 5 500 emplois

3 -  La Poste 4 300 emplois

4 -  Ville de Montpellier 4 090 emplois

5 -  SNCF 4 047 emplois

6 -  Région LR 3 250 emplois

7 -  France Télécom LR 3 200 emplois

8 -  GDF SUEZ Délégation Régionale LR 3 150 emplois

9 -  Véolia Eau 2 270 emplois

10 -  Présence Verte 1 968 emplois

11 -  Groupama Méditerranée 1 800 emplois

12 -  Oc Santé 1 800 emplois

13 -  ERDF Direction Hérault 1 620 emplois

14 -  Caisse d'Epargne LR 1 602 emplois

15 -  ADMR 1 588 emplois

16 - Dell 1 486 emplois

17 - Vinci Construction France LR 1 250 emplois

18 - Groupe Languedoc Mutualité 1 230 emplois

19 - Adages 1 192 emplois

20 - TAM 1 136 emplois
Sources : www.emploilr.comet «Annuaire éco» La Lettre M 2012.
Article 3

Une centenaire qui s’adapte

Depuis 1840, la maison Arnal Bazille déménage des générations de Montpelliérains. L’histoire de cette entreprise familiale est liée à celle de la ville. Autrefois, pour annoncer son déménagement, on disait « je vais faire Arnal-Bazille ». « Nous travaillons selon un savoir-faire traditionnel et une exigence de qualité. Mes salariés ont une bonne éducation, car un déménagement, c’est entrer dans l’intimité des personnes », explique Nicolas Arnal, le PDG. La réussite de cette solide entreprise au niveau local, national et international est fondée sur la réputation de son nom. Elle a su faire face à la rude concurrence et s’adapter au fil du temps aux nouvelles technologies. Il existe d’autres entreprises centenaires dans la région, notamment Perrier, Noilly Prat.

Infos. nicolas.arnal@arnalbazille.com

Encadré

zoom ville

Du social dans les marchés publics

La Ville de Montpellier a mis en œuvre, dans ses marchés publics, un dispositif d’aide à l’accès à l’emploi. En inscrivant une clause d’insertion dans ses appels d’offres, elle demande aux entreprises soumissionnaires de réserver 10% des heures travaillées à des publics en insertion professionnelle. Différents marchés publics incluent ses clauses « sociales » : espaces verts, construction de groupes scolaires, etc. Soit en 2013, plus de 10 000 heures en faveur de publics éloignés de l’emploi, notamment chez les jeunes.


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