Mutter Courage und Ihre Kinder”








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C'est tellement vrai, ça».

- L’adjudant : «Comme toutes les bonnes choses, la guerre itou est dure à partir. Mais quand elle fleurit, elle lâche pus; pis là, le monde ont même la chienne de retomber en paix, comme des joueurs de dés ont la chienne de finir la partie parce qu'y ont calculé toute c’qu'y perdraient. Mais, en premier, c'est de la guerre qu'y ont la chienne. C'est nouveau pour eux autres

- Le recruteur : «Coute, une charrette s’en vient. Deux femmes pis deux gars solides. Arrête la vieille, chef. Si on ramasse rien icitte, moi je continue pus à geler dans c'te maudit vent d'avril-là, ça, je te le dis

- - aux cris que pousse Catherine quand le recruteur emmène Eilif, Mère Courage s'afflige : «Tu peux pas rien dire».

(On entend de la musique à bouche. Tirée par deux jeunes gars, une charrette avec toiture avance. Mère Courage et sa fille, Kattrin, y sont installées.)

- Mère Courage : «Bonjour à matin, mon adjudant !»

- L’adjudant (bloquant le passage) : «Bonjour à vous autres ! Qui c'est qu’vous êtes?» - Mère Courage : «Négociants». (Elle chante.)
«Capitain's, faites taire les tambours

Et laissez vos soldats s'assir.

La mèr' courage a des chaussures

Qui les feront bien mieux courir.

Vers la bouch'rie, s'ils doiv’nt marcher

Portant leurs poux pour tout bagage,

En traînant canons et attelages.

Y veul'nt au moins des bons souliers.



Le printemps vient, réveill', Chrétien !

La neige fond, les morts au trou.

Et c'qu'y'est point mort encor : eh bien !

Continuera, mêm' sur les g’noux.
Capitain’s, vos hommes marchent

Sans saucisson vers la tuerie.

Laissez le vin de la Courage

Soigner leur corps et leur esprit.

Le ventre vide, en temps de guerre,

Mon capitaine, ce n'est point sain.

À ma faveur, épuise leur faim

Avant de les rendre à l'enfer
- L’adjudant : «Un instant, les crottés ! À qui vous êtes affectés?»

- Eilif : «Deuxième régiment finlandais

- L’adjudant : «Où qui sont vos papiers?»

- Mère Courage : «Papiers?»

- Fondue suisse : «Ben : c'est la mère Courage

- L’adjudant : «Jamais entendu parler. Comment ça que tu t'appelles? Courage?»

- Mère Courage : «Je m'appelle Courage parce que j'ai eu peur de la ruine, mon adjudant, assez pour traverser Riga en plein bombardement avec cinquante pains de minage dans charrette. En train de moisir, c'était urgent, j'avais point le choix

- L’adjudant : «Point de niaiseries. Toi, tes papiers !»

- Mère Courage (Elle descend de la charrette avec une liasse de papiers sortis d'une boîte en fer blanc.) : «Toute ma paperasse ça, adjudant. Ici là, un livre de messe au complet, de Altoetting, pour envelopper mes cornichons. Ici, une carte de la Moravie, Dieu sait si je vas jamais y aller, c'est bon pour le chat, ça. Pis ici, y est attesté que mon joual a point la fièvre aphteuse ; malheureusement, y nous est mort, y avait coûté quinze florins, mais pas à moi, Dieu merci. C'tu assez de papiers?»

- L’adjudant : «Essaye point de m'enfirouaper avec tes p’tites passes! Ou je te fais avaler ton offense. T'es supposée avoir une licence, tu le sais-tu?»

- Mère Courage : «Eille ! parlez-moi comme du monde vous là ! Pis allez point dire devant mes enfants qui ont pas encore le nombril sec que je veux vous faire une p’tite passe. On n’est point ici pour parler de ces choses-là là. Je veux rien savoir de vous, moi, pantoute.»...
Tableau 2 :

- Le feld-maréchal : «Chante-nous la ! (Il hurle) Ça s'en vient, le manger?»

- Eilif : «Ça s'intitule : la chanson de la femme et des soldats.» (Il chante tout en dansant une danse de guerre avec son sabre.)

«L'arme à feu fait feu et le poignard poignarde,

Tu gèl's si tombes à l'eau car l'eau t'y garde.

Que f'rez-vous contr' la glace ? Rien, n’approchez pas

Disait la femme à des soldats.

Mais le soldat bardé de fer et d'armes

Entendit tambour et se prit à rire :

C'est point marcher un peu qui va nuire !

On descend vers le Sud, on remont’ vers le Nord

Et nos couteaux prolong'nt nos propres corps.

Dir’nt les soldats à cette femme.
Ah, que de regrets pour qui craint la sagesse

Et, des plus vieux, n'écout' point les conseils !

Ah, montez point trop haut ! C'est là qu'on se blesse !

Disait la femme à ces soldats.

Et le soldat, le couteau dans l'étui,

Lui rit en pleine face en suivant ses pareils.

Que peut bien un peu d'eau contre lui?

Quand la lune brillera sur les toits,

On s'ra de retour, crains point pour nos âmes.

Dir’nt les soldats à cette femme
- Mère Courage (Elle chante, de la cuisine, en marquant le tempo avec une cuillère battant une assiette) :

«Vous voilà en fumée et pourtant sans chaleur

Et vos exploits ne nous réchauffent pas.

Ah, la fumée meurt vite ! Dieu vous garde en son coeur !

Disait la femme à ces soldats
- Eilif (qui s’est rendu et étreint sa mère) : «Ah ben ! comme ça, on se revoit. Où c'qu'y sont les autres?»
Tableau 3 : Yvette chante “le chant de la fraternisation
«Je v'nais just' d'avoir dix-sept

Quand chez nous l'enn'mi vint.

Même au lit gardait sa baïonnette

Mais m'tendait gentiment sa main.

Après prièr's de Mai,

Venaient les nuits de Mai.

Son régiment prit ses quartiers.

Comm' de coutum' tambours battaient

Pis dins buissons, l'enn'mi nous j'tait

Pis on fraternisait.
L'ennemi était partout.

L’cuisinier 'tait chez nous.

Je l'haïssais le jour,

La nuit, je l'aimais sans détour.

Après prièr's de Mai,

Viennent les nuits de Mai.

Son régiment reste en quartier.

Comm' de coutum', tambours battaient

Pis dins buissons, l'enn'mi nous j'tait

Pis on fraternisait.
L’amour que je ressentais,

C'tait ma bénédiction.

Mon peuple lui, comprit jamais

Et m'accusa de trahison.

Par un matin de brume,

Commc' mon châtiment.

Il retourna au régiment.

Les tambours batt'nt comm’ de coutume.

Pis l'ennemi, mon ennemi

Écrasa mon pays.
J'y ai couru après jusqu'ici, folle que j'étais ; mais, je l'ai jamais retrouvé, ça fait cinq ans de t'ça». (Elle s'en va en titubant derrière la charrette.)

- Mère Courage : «Laisse point traîner ton chapeau

- Yvette : «Peut ben le garder qui veut !»

- Mère Courage : «Que ça te serve de leçon, Kattrin ! Commence-moi jamais à te tenir avec des soldats. L'amour, ça tombe du ciel, pis raide, ie t'avertis

- L’aumônier : «Des martyrs comme celui-là, quand quelqu’un disparaît, c’est point nouveau dans l'histoire de la religion. Ça me rappelle la Passion de Notre-Seigneur, le Sauveur. Y a une vieille complainte là-dessus. (Il chante le chant des heures.)

À première heur' du jour d'hui,

Le Seigneur fut conduit,

Pareil à un assassin,

Chez Pilat' le païen.
Innocent le trouva,

Sans raison de le tuer

Et pour s'en débarrasser,

Chez Hérod' l'envoya.
À trois heur's, le fils de Dieu

Fut battu, flagellé.

Et sa tête, couronnée

D'épines jusqu'aux yeux.
Méprisé et insulté,

Déjà ensanglanté.

Et la croix qui va le tuer,

Lui-même, il l'a portée.
Il fut tout nu à six heures

Et cloué à sa croix

Sur laquell' son sang coula.

Priez pour ses douleurs.
Les spectateurs à l'entour

Lui crachaient au visage.

Le soleil fut prit de rage

Et détourna le jour.
À neuf heur's, les yeux au Ciel

Il crie : Pèr' m'abandonne?

Et, pour sa soif, on lui donne

Une épong' plein' de fiel
- à un autre endroit :«j’ai goût à rien» - «flairer ta crotte» ;
Tableau 6 :

- Un soldat (Il chante) :

«Un schnaps, patronne, envoye !

Un soldat, ç' a point d'temps.

Faut qu'y s'batt' pour son emp'reur !
Tes seins, p’tit’ fille, envoye !

Un soldat, ç' a point d'temps.

Faut qu'y marche su'a Moravie.

Lâch' tout, ami, envoye !

Un soldat, ç' a point d'temps.

Faut tu vienn' pendant qu'y recrutent.
Bénis curé, envoye !

Un soldat, ç' a point d'temps.

Faut qu'y meure pour son emp'reur
Tableau 7 : Mère Courage au sommet de sa carrière commerciale

- Mère Courage : «Je me laisserai point gâcher ma guerre par vous autres. Y paraît qu'elle élimine les faibles mais c'est pareil en temps de paix. En seulement, la guerre nourrit mieux son monde.» (Elle chante.)
«Si t’es point capabl' de prendr' la guerre,

Tu s'ras jamais côté victoire.

La guerr', c'est ben bon pour les affaires.

On fait d'l'argent su' l'désespoir.
Pis à quoi ça servirait de nous arrêter?

Ceux qui s'arrêtent crèvent les premiers.
Un tel veut ce qu’un tel autre a.

Sauf que tout ça, c'est point donné.

Y creuse un tunnel pour le voler

Mais c'est sa tombe qu'il creuse.
J'ai vu tout' sort' de gens, tous pressés

D'avoir maison paisiblement.

Six pieds sous terre, y doiv'nt se d’mander

Pourquoi c'que ça pressait tell'ment.»
Tableau 9 :

- Le cuisinier : «Très cher messire, serviteurs et gens de maison ! Nous vous proposons le chant de Salomon, Jules César et autres grands esprits à qui ça a rien donné. Comme ça. vous verrez que nous autres itou, ça nous a rien donné d'être du ben bon monde, à part de la misère, surtout en hiver, de même.» (Il chante.)
«Vovez le sage Salomon

On sait c'qu'il est dev'nu.

Pour lui, l'obscur était clarté.

Il a maudit l'heur' de sa venue

Et vu oue toute 'tait vanité.

Si grand, si sag', fut Salomon !

Or il n'était point encor nuit,

Le monde apprit la triste suite.

C'est la sagess' qui l'aura emporté !

Enviez ceux-là qui en sont libres !
Voyez le courageux César !

On sait c'qu'il est dev'nu.

Égal à un Dieu, il trônait

Et il fut tué à coups de poignard

Au moment d'atteindr' les sommets.

Si fort son cri : toi 'tou mon fils !

Or il n'était point encor nuit,

Le monde apprit la triste suite.

C'est le courag' qui l'aura emporté !

Enviez ceux-là qui en sont libres !
Vous connaissez l'honnêt' Socrate

Qui disait toujours vrai :

Ah non ! remercié jamais ne fut.

Tous les méchants haut-placés lui en voulaient

Et lui fir'nt boir' la ciguë.

Tell'ment honnêt', ce grand fils du peuple !

Or il n'était point encor nuit,

Le monde apprit la triste suite.

L'honnêteté, oui, l'aura emporté !

Enviez ceux-là qui en sont libres !
Le bon Saint-Martin, qui aimait la Vierge,

Support' point la misère.

Il vit un pauvr' couché dans neige

Et partagea avec lui sa p'tit' couverte.

Tous deux fur'nt r'trouvés morts de frette.

C't'homm'-là avait point les pieds sur terre !

Or il n'était point encor nuit,

Le monde apprit la triste suite.

La générosité l'a emporté !

Enviez ceux-là qui en sont libres !
Voyez, nous qui somm's du bon monde

S’lon les dix command'ments.

Ça nous donne rien, quasiment.

Vous qu'êt's autour du poêl', du feu,

Soulagez-nous dans notr' misère !

On prie pourtant, on croit en Dieu !

Or il ne fait point encor nuit,

Le monde en apprendra la suite.

C'est la foi qui nous aura emporté !

Enviez ceux-là qui en sont quittes !»
Pour Robert Lévesque, cette traduction est en soi bonne : elle respecte les changements de tons, de niveaux, que Brecht a insérés pour jouer sur le contraste entre des éléments classiques et des éléments modernes. Et elle les rend bien dans une langue d'ici et de maintenant où l'on conserve des morceaux d'une langue ancienne. Mais ce recours au québécois a le tort de donner un côté humoristique à la représentation.
Intérêt documentaire
Mère Courage” donne un tableau de la Guerre de Trente Ans, période que Brecht a choisie parce qu’elle fut celle d’un affrontement idéologique radical symbolique de celui que l’Europe connaissait de nouveau dans les années trente. Il accorda une place prépondérante au tableau historique. Cependant, la pièce n’est pas historique, est même aux antipodes du drame historique, mais évoque un arrière-plan historique..

Des traits du XVIIe siècle soint reproduits . La réalité matérielle joue un rôle important dans la pièce. Dans sa mise en scène, Brecht reconstituait, avec un naturalisme minutieux, la misere et la grisaille du temps, insistait sur de sordides détails financiers que d’autres créateurs plus délicats auraient escamotés :

- d'abord avec. la roulotte, qui, pour lui, est un chariot dont la bâche d'abord neuve pâlit, se déchire ; elle est très polyvalente : c’est tantôt un véhicule en marche, tantôt une maison (où Catherine se cache) et un magasin où des transactions sont constamment effectuées. Mère Courage vend du pain, du schnaps, de la toile, des guenilles, des boucles de ceinturon (celle que veut le caporal) ;

- ensuite qrâce aux objets significatifs, authentiques et usuels à la fois, plus ou moins nombreux sur la scène selon les fluctuations de la richesse :

au tableau 1, Mère Courage tient une cruche à la main, dans l'autre des godillots ; le caporal veut une boucle de ceinturon ; elle porte une sacoche qui rappelle sans cesse la nature mercantile de ses activités et elle manie des pièces de monnaie ;

au tableau 3, la corde à linge, la roulotte, qui est abondamment garnie de toutes sortes de marchandises, le gros canon ; le sac de balles qu'elle marchande ; la hache que l'aumônier manie avec maladresse et qui rappelle sa formation spirituelle, son mépris pour le travail manuel ;

au tableau 7, elle porte «
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