Introduction a l’ethnologie








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INTRODUCTION A L’ETHNOLOGIE

• MALINOWSKI Bronislaw – Les Argonautes du Pacifique Occidental

Présentation ethnologie : site UPV > UFR5 > Sociologie > Licence 1
• Début ethno : 1859-75

Ethno : Analyser et Comprendre l’homme dans son unité et sa diversité (NB : cultures)

Les manières d’être Homme sont différentes alors que les êtres humains sur terre partagent 99,99% de leur patrimoine génétique.

Priorité ethno : Sociétés archaïques, primitives, éloignées (pas la société occidentale), souvent petites. Etudes des sociétés présentes et passées, de leurs coté symboliques et psychologiques.

NB : Anthropologie/Ethnologie > même chose

• 1ers discours ethno : Renaissance.

Grande théorie de l’évolutionnisme.

• La Philosophie est un questionnement personnel et plutôt introspectif alors que l’Ethnologie est un travail empirique/d’observation/de terrain : approcher des populations et les comprendre. Mais les deux se posent la même question : Qu’est-ce que être Homme ?

Introduction : La 1ère Mondialisation

Homo Sapiens : Origines à priori africaine (plrs thérories) puis migration vers l’Europe et l’Asie (vers -200 000 ans), migration et peuplement progressif vers l’Amérique par le détroit de Béring vers -13 000 ans. Conquête de la Mélanésie, de l’Australie (-40 000 ans), Polynésie (-2 000 ans). La quasi-totalité du monde est peuplé.

Homo Sapiens : Maîtrise du feu, du langage articulé, capacité de transmission, des symboles, des rites, de diverses techniques/outils, de l’écriture, de la conceptualisation, de la domestication de la faune et la flore, etc …

Les avancées dans les divers domaines sont inégales selon les sociétés (société voisine avec dvpmt différent).

Ex : Hawaï > constitutions de petits empires (avec un roi très important, donc autorité centralisée), agriculture prospère.

Iles proches > l’autorité n’est pas centralisée, agriculture peu dvpée (sociétés des chasseur-cueilleur).

Ces écarts ne se sont formés qu’en 3 000 ans alors que ces îles ont été peuplées en même temps. Cette situation est amplifiée à l’échelle de la Terre.

Les écarts géographiques donnent lieu à des compartementalisations.

• XVe siècle : arrivée des hollandais en Indonésie (avec volonté de commercer d’une manière avantageuse), mais hollandais relégués au même stade que les autres sociétés avec qui Indonésie commerçait déjà (Malaisie, Chine, côte Est de l’Afrique, etc …). Stupeur face à un réseau commercial déjà établi et fructueux.

L’Indonésie et les peuplades en général ne sont pas figées par les contraintes géographiques/climatiques. (#Capacité d’adaptation au milieu de vie ? Ou adaptation du milieu de vie à l’individu ? Homme animal ou Homme politique ?)

Donc 2nd Mondialisation au XVe siècle : mise en contact de tous les espaces de la Terre avec les avancées techniques de l’Europe Occidentale.

•L’ethno naît de cette 2nd Mondialisation car l’observateur doit avoir conscience des autres peuplades géographiquement éloignée et doit les connaître pour prendre conscience des différences. Ex : Découvertes des « aborigènes » d’Australie.

•Empirisme : Déplacement du laboratoire vers l’objet d’étude.

ETHNOGRAPHIE (plutôt pratique, étude et description d’un peuple, d’une société déterminée sur le terrain)

ETHNOLOGIE (synthèse des récits ethnographiques, analyse d’une société, de ses structures, son fonctionnement et ses lignes directrices)

ANHROPOLOGIE (méta-synthèse, discours, étude plus générale et comparative)

NB : Ceci est théoriquement une conception pyramidale avec comme sommet l’Anthropologie.

Claude LEVI-STRAUSS dans  Anthropologie Structurale II : « L’ethnographie, l’ethnologie et l’anthropologie ne constituent pas 3 études différentes ou 3 conceptions différentes des mêmes études : ce sont trois étapes ou trois moments d’une même recherche et la préférence pour tel ou tel de ces termes exprime seulement une attention prédominante vers un type de recherche qui n’est pas exclusif des deux autres ».

I. LA PREHISTOIRE DE L’ETHNOLOGIE

Au XVIème siècle, l’approche de l’autre se fait à travers une grille d’interprétation théologique (christianisme), on se pose cette question : Ces êtres ont-ils une âme ? Au XVIIIème siècle, l’approche se fait à travers une grille d’interprétation humaniste et au XIXème siècle, elle se fait par une grille d’interprétation scientifique (courant évolutionniste) qui prend ses racines au XVIIIème siècle. Cette dernière dira que si ces êtres sont différents, c’est parce qu’ils sont moins évolués ou ont évolués différemment.

Ces approches sont toutes (d’une manière ou d’une autre, avec des degrés d’intensité différents) subjectives et européo-centrées.

• Ethnologie : science de l’altérité

A. LE SAVOIR PRE-ANTHROPOLOGIQUE

Ce savoir remonte à HERODOTE (-481 av. JC) qui est considéré comme l’un des premiers historiens. Il relate (dans ses œuvres) de la rencontre entre les grecques et les perses.

On note aussi ARISTOTE (-348 à -322 av. JC), il est vu comme un des précurseurs du fait qu’il s’intéresse à la famille.

• XVIème siècle : Découverte de l’Amérique, on voit les autres à travers le filtre de la Religion, sont humains ceux qui sont chrétiens. Les Amérindiens/Africains ont-ils une âme ? On se pose des questions sur leur humanité. Christophe COLOMB pense se rapprocher du Paradis (grille théologique). C’est aussi la découverte du Monde dans sa finitude (Terre ronde).

Doit-on placer ces êtres dans le tableau général de l’humanité ? Quelle place ont-ils dans la Nature ? Quelle est la Nature de leur croyances/institutions ? Quel rapport entretiennent-ils avec l’humanité connue ?

• La Controverse de Valladolid (1550) est un débat sur l’âme de ces américains. SEPULVEDA dira que certains être sont faits pour être dominés.

• Bartholomé de LAS CASAS dénonce la colonisation. Il est considéré comme un des premiers ethnographes, il va décrire les humains d’Amérique comme des fleurs/animaux. LAS CASAS va défendre le fait que ces Amérindiens ont une âme.

Au XVIème siècle apparait deux idéologies antagonistes :

- Le refus de l’étranger dont le corollaire est la bonne conscience que l’on a de soi et de sa société.

- La fascination de l’étranger dont le corollaire est la mauvaise conscience que l’on a de soi et de sa société.

Ces deux idéologiques ont en commun de ne pas considérer l’autre pour lui-même mais de le voir à travers soi (je suis bon donc il est mauvais).

• Les débuts de l’anatomie, les découvertes Copernicienne et Galiléenne remettent en cause l’européo-centrisme spontané : ni la Terre, ni le corps, ni l’Europe ne sont au centre du Monde.

• TODOROV (# ???)

B. LES PREMIERS ETHNOGRAPHES ET LA MISE A PLAT DE L’ALTERITE

• Christophe COLOMB et LAS CASAS

Au niveau de la colonisation, en Amérique centrale on n’assiste pas à un génocide mais à un ethnocide (conversions forcées).

Christophe COLOMB va voir ces êtres de manière ambivalente, il les voit tour à tour comme extrêmement bons puis horribles.

• 2 valeurs opératoires essentielles apparaissent :

- Le lointain (géographie en mouvement), vision et curiosité (description)

- Le merveilleux avec ses deux valences, le monstrueux et les perceptions paradisiaques

Et elles vont perdurer. La découverte de ces terres et de l’Autre va se faire avec des pré-notions bibliques. L’Autre est exotique, on ne le compare pas à soi, c’est un être fondamentalement différent.

L’Evolutionnisme va renverser ces préjugés, l’autre sera vu comme pareil aux européens mais seulement avec une évolution différente et moins avancée. On le compare seulement à soi à partir du courant évolutionniste.

• Le prêtre SAHAGUN va apprendre le nawatt pour comprendre comment existe leurs civilisations (langue, religions, coutumes, histoire, etc.).

On constate ainsi un déplacement des horizons géographiques et mentaux.

C. L’INVENTION DU CONCEPT D’HOMME

« Le Dieu architecte entre en concurrence avec le sujet autonome. » C’est l’arrêt de la grille d’interprétation théologique.

C’est le commencement de la production d’un savoir sur l’Homme, il va être conçu comme une partie de la Nature, un objet social, l’agent d’une histoire, l’origine du droit, le véhicule d’une culture et comme le produit d’une éducation. Ce qui n’était que questionnement éthique, théologique et philosophique n’est plus. Les sauvages et barbares vont être situés dans une histoire universelle, c’est le début d’une connaissance ethnologique.

• Au XVIIIème siècle apparait un phénomène de distanciation avec les notions passées :

- arrivée d’une pensée philosophique décentrée et scientifique, c’est un projet anti-théologique (l’Homme est un sujet autonome par rapport à Dieu), l’autonomisation de la Nature par rapport à Dieu et l’abandon des pré-notions liées à la création divine.

- l’humanité est inscrite dans une histoire évolutive (la Nature n’est pas une création immuable soumis à la création divine), le Temps n’est plus cyclique mais linéaire et progressif.

- idée de relativité des cultures et d’une mise en situation historique de celles-ci (redécouverte de l’Antiquité classique que l’on va situer dans le Temps par rapport aux autres cultures, etc.).

• La naissance du projet scientifique de l’anthropologue : les philosophes de l’époque vont appeler le sauvage un primitif et cela est révélateur du questionnement général sur l’Homme :

- construction d’un certain nombre de concepts (notamment le concept d’Homme). L’Homme est conçu comme sujet et objet du savoir (sujet observant et objet observé, qui est une dualité propre aux sciences exactes).

- constitution d’un savoir de réflexion et non d’observation, c’est la naissance d’un nouveau mode d’accès à l’Homme que l’on va considérer dans son existence concrète.

- ce savoir va être lié à une problématique majeure qui est celle de la différence et de la confrontation avec l’ailleurs.

• LAFITAU, Les mœurs des sauvages américains comparés aux mœurs des premiers hommes : il va fonder une science des mœurs et des coutumes, il est le premier à systématiser cette comparaison.

Au XVIIIème siècle, les expéditions ethnographiques sont financées par des institutions. C’est ainsi que le couple Voyageur/Philosophe prend une importance capitale. L’observation seule du Voyageur ne suffit pas, il faudra que le Philosophe éclaire ces récits par ses analyses (dualité sujet observant/objet observé).

La 1ère société savante à caractère ethnologique est La Société des Observateurs de l’Homme (1799) qui va écrire des œuvres telles que Considération sur les diverses méthodes à suivre dans l’observation des peuples sauvages (GERANDO). Le but de ces « guides pratiques » est de créer une méthode d’observation. Leur écriture est motivée par la volonté d’objectivité et la création d’une science nouvelle.

Le XVIIIème siècle a conduit à une ouverture dans l’approche de l’autre. A un niveau anthropologique le siècle va être dominé par l’image du « bon sauvage » (ROUSSEAU). Les philosophes vont se servir du sauvage en le faisant parler pour critiquer notre société (monarchie absolue, propriété privée, Eglise, etc.). Ce mythe du « bon sauvage » accompagnait le débat sur leur origine commune avec nous, cependant ils n’ont pas évolué à la même vitesse et ils ont évolué différemment. Puis, petit à petit, le « sauvage » va devenir le « primitif ». Alors on se pose cette question : pourquoi n’a-t-il pas évolué au même rythme que nous ? Ensuite, apparaît une méthode inductive (partir de ce que l’on observe). Les Groupes sociaux vont être considérés comme des systèmes naturels (comparer la société à un organisme vivant : fonctionnalisme). On va observer les systèmes sociaux comme des faits qui doivent être observé empiriquement.

• DEMEUNIER, l’Esprit des usages et des coutumes des différents peuples ou observations tirées des voyageurs et historiens (1776) montre le projet d’une connaissance positive de l’Homme.

C’est aussi la naissance des sciences de la Nature, avec LINNE on verra que la Nature n’est plus le résultat de la Création, cependant, le système de la Nature est vu comme merveilleux. L’Homme va être vu comme faisant parti de la Nature et de son système.

• Bouleversement dans l’ordre du Savoir avec l’établissement de nombreuses distanciations : Au XVIème siècle, les récits des voyageurs étaient plus des quêtes cosmographiques qu’ethnographiques, l’imaginaire religieux était très présent. Au XVIIIème siècle en revanche, la quête devient ethnographique, on entre dans une perspective comparative.

La réflexion sur le savoir au XVIIIème siècle va amener à l’élaboration de méthodes.

• Pensée philosophique décentrée :

- projet anti-théologique, distance entre l’Homme et Dieu

- se débarrasser du déterminisme religieux avec l’idée d’une histoire évolutive

- la société devient un objet d’étude

Au XVIIIème siècle se dessinent les grandes orientations sur lesquelles va se fonder l’ethnologie au XIXème siècle, le XVIIIème siècle est donc un siècle charnière.

II. LE XIXème SIECLE ET L’EMERGENCE DE L’ANTHROPOLOGIE

A. LE COLONIALISME

Au XIXème siècle, le contexte géopolitique est radicalement nouveau. Les Révolutions Française (politique) et Industrielle (économique) entrainent une prise de conscience des changements drastique de la société et le fait qu’elle ne sera plus jamais ce qu’elle a été.

Les Hommes sont vus comme les agents de la transformation du Monde. Leur destiné n’est pas prédéterminée, elle est en construction et elle se dégage d’un champ social conflictuel (rapport de force).

• Acte de Berlin (1885) : partage de l’Afrique entre les puissances coloniales.

C’est un fait que l’histoire de l’ethnologie n’est pas séparable de l’histoire des conquêtes coloniales car celles-ci créent de nouveaux problèmes qui sont évidemment de nature anthropologique et ethnologique.

L’anthropologie existe comme discipline universitaire à la fin du XIXème. Elle va naître dans les puissances coloniales et les Etats-Unis (NB : ce n’est pas une puissance coloniale mais leurs problèmes ethnologique viennent des indiens qui sont à l’intérieur de leur terres), les gouvernements envoient des ethnologues, qui sont ainsi subventionnés, dans le but de récolter des informations sur les meilleures manières d’assoir leur pouvoir colonial (ceci étant, bien sûr, en arrière-pensée).

• On note l’éveil d’un intérêt pour la collecte d’objet et leur classement systématique : USA, France, RU, Allemagne voient se former en leur sein des sociétés d’ethnologue qui élaborent des guides d’inventaire.

Les deux principes fondateurs de l’ethnologie sont :

- le courant philosophique de l’évolutionnisme

- les élaborations de concepts pour appréhender ces autres sociétés

Ce qui marque aussi les débuts de la discipline sont les à priori philosophiques et l’exigence d’une science positive.

• Quelles sont nos origines ? Qui est l’Autre ?

B. LE COURANT EVOLUTIONNISTE

• L.MORGAN va s’appuyer sur les travaux de DARWIN, il va trouver la « caution scientifique » de l’idée philosophique de l’évolutionnisme dans les sciences de la Nature (Darwinisme : biologie ; darwinisme social : prétendue évolution des sociétés).

Dès le début, l’anthropologie se construit à contre-courant de l’évolutionnisme (L’origine des espèces, 1859, DARWIN est un naturaliste biologiste).

The decent of Man (1871)

• Herbert SPENCER est une philosophe anglais, il va vouloir rendre compte de la dynamique de la société et va aussi s’appuyer sur les théories d’évolution des sociétés.

On note plusieurs ≠ entre darwinisme biologique et darwinisme social :

- darwinisme biologique, les espèces sont contraintes d’évoluer (observation de faits)

- darwinisme sociale, aucune causalité qui explique l’évolution des sociétés (même si SPENCER parle d’une forme de transcendance, un progrès inéluctable)

• Personne ne nie, à cette époque, l’évolution de la race humaine physique et des sciences. On va penser, selon l’évolutionnisme sociale que l’être social et moral évolue au même niveau que l’être physique. Au XIXème, c’est une conception historiciste qui va conditionner les débuts de l’Anthropologie.

Le seul débat existant est évolutionnisme/créationnisme. L’évolutionnisme est une véritable révolution scientifique, avant, on considérait les groupes d’animaux comme fixes et éternels. Néanmoins, cela va envahir toutes les disciplines scientifiques, et l’anthropologique n’y échappe pas.

L’idéologie de la colonisation va fortement influer l’Ethnologie : le sauvage devient le primitif (d’un ancêtre appelé à se civilisé tel un enfant qui grandit vers l’âge adulte). Dans cette perspective : les singularités culturelles vont être assimilées à des écarts historiques, l’unité de l’humanité est rendue par une trajectoire unique et un profond déterminisme. Cette histoire évolutive, indirectement, justifiait la colonisation (il faut civiliser les autres peuples).

Alors pourquoi l’Autre n’a pas évolué comme nous ? (théories raciales et géographiques)

L’étude de l’Autre est indissociablement lié à la découverte de notre origine.

• La Naissance de l’Anthropologie comme discipline académique : Lewis MORGAN.

Il va être celui qui va réunir le couple voyageur/philosophe, il va aller sur le terrain et ensuite il analysera par lui-même. C’est le 1er ethnologue à faire de son expérience de terrain son propre matériaux but de sa recherche. Il va être célèbre pour ses : League of the Ho-De-No-Sau-Nee or Iroquois (1851) et Ancient Society (1877) et c’est dans ce dernier ouvrage qu’il va dresser un tableau complet de l’évolution des sociétés humaines avec une attention particulière portée au mariage, au gouvernement, à la propriété et aux différents modes de subsistances. Dans l’introduction de son livre il va poser sa méthode, son paradigme, etc. Ce qui l’intéresse ce n’est pas l’étude des cultures mais les processus d’évolution : pose la question des origines, du progrès, d’évolution exemplaire et de la survivance. En fait, la découverte des hommes préhistoriques (1836) vont être un des principaux arguments de l’évolutionnisme.

Théorie des stades de l’évolution qui se suivent chronologiquement :

- sauvage

- barbare

- civilisé

Ces stades impliquent que la société est une quant à la source ; une quant à l’expérience ; une quant au progrès. Il y a une évolution, qui, même si elle varie en terme de rapidité, est la même pour tous. L’évolutionnisme, en fait, nie toute forme d’altérité culturelle, car l’Autre est dans la même marche que nous et il va forcément nous rejoindre. Cette diversité culturelle est réduite à des écarts historiques : « Il faut essayer de savoir pourquoi les barbares ont atteint la civilisation et que d’autres sont resté en marge du progrès. » Ainsi, si on ne s’intéresse aux singularités culturelles, ce n’est que parce que cela nous donne des indices sur ce que nous étions avant, l’Autre est témoin d’un autre temps. Les différences spatiales sont aussi conçues comme des différences temporelles (l’autre éloigné montre les différentes étapes de notre évolution). Il va classer, sur une frise chronologique, toutes les sociétés existantes.

Il va classer les sociétés selon :

- les inventions et découvertes (techniques, savoir-faire)

- mode d’organisation sociale (tribu, fratrie, gouvernement)

- la famille, la parenté (relations de parentés, d’alliances, de filiations)

- l’idée de propriété (apparition des notions de richesses et d’échanges et donc d’organisations économiques, les sociétés sans monnaie d’échanges et d’idée de propriété sont conçues comme n’ayant pas de rapport économiques).

Se profile ici les grands domaines de l’Anthropologie (travaux sur la parenté, l’économie, la politique, les échanges, etc.). L’ordre d’approche est essentiellement social et économique et les questions de la Religion et des productions symboliques ne sont pas abordées. L’Evolution, avec MORGAN, est essentiellement matérialiste et est en étroite corrélation avec l’Evolution des techniques : les inventions et les découvertes sont les moteurs de l’Evolution.

Selon lui, les sociétés primitives sont essentiellement organisées sur la parenté alors que les sociétés civilisées sont basées sur des institutions politiques, il va implicitement définir un des points d’étude majeur de l’Anthropologie.

Ce point de vu a le même schéma que l’évolutionnisme darwiniste ; partir du plus simple au plus complexe ; idée d’une évolution irréversible et unilinéaire. Mais il existe une différence majeur aux deux théories : l’évolutionnisme darwinien s’écarte de l’évolutionnisme social car il admet que l’histoire de la Nature est fondée sur le hasard, il n’y a pas de déterminisme, on ne peut pas prévoir ce qu’il va se passer ; alors que l’évolutionnisme social est profondément déterministe. L’évolutionnisme social constitue une approche des autres sociétés par le prisme de nos propres valeurs.

Réduire les différences à des différences d’évolution ; ne pas voir l’autre singulièrement mais comme une Nous moins évolué seront les idées contre lesquelles Claude LEVI-STRAUSS va s’insurger. C’est un ethnocentrisme éminemment condamnable car il se targue d’être scientifique, pour LEVI-STRAUSS, c’est un faux-évolutionnisme.

Les 3 grandes stades de l’Homme sont subdivisés :

- sauvage au stade inférieur, premiers pas vers l’Humanité (enfance de l’Humanité) ; stade moyen, avec la découverte du feu, de la pêche ; stade supérieur, invention de l’arc et des flêches.

- barbare au stade inférieur, invention de la poterie (qui marque la différence entre la sauvagerie et la barbarie) ; stade moyen, usage architecturale de la pierre, domestication des animaux ; stade supérieur, utilisation du fer

- civilisé au stade inférieur, invention de l’écriture (marque la différence entre barbarie et civilisation), etc.

Cette classification ne laisse aucune place à la diversité, elle ne se base que sur des évolutions techniques, cela implique une hiérarchisation des cultures (certaines cultures sont supérieures à d’autre, ce qui pose un problème éthique). Ce qui va fonder l’intérêt de son œuvre, ce sont les grands axes sur lesquels il étudie l’Homme. Même si ses thèses sont obsolètes, il est important de souligner l’aspect de la culture matérielle qui va devenir un grand champ d’étude en Anthropologie.

• La Parenté et les descriptions qu’en fait MORGAN et il va étudier les Iroquois aux systèmes d’appellation dans la langue vernaculaire. Il va s’intéresser au système descriptif et classificatoires (ex : même termes pour désigner père, mère, tante, oncle - système classificatoire - termes différents pour désigner chaque membre d’un même groupe - système descriptif).

• MORGAN remarque que les Hawaiiens n’ont pas de termes ≠ pour désigner les tantes/oncles/neveux/nièces les oncles étaient appelés pères, les tantes étaient appelées mères, les neveux étaient appelés fils et les nièces étaient appelées filles. Ceci est un système classificatoire et, selon lui, ce système est dû à une confusion symbolique qui date d’un temps ou l’homme épousait sa sœur (inceste). En fait, dans ce système, les lignes de descendance collatérales sont assimilées aux lignes de descendance directe. Il va donc supposer que la famille consanguine va être une étape dans le développement de la famille. Par ses travaux, il va poser des bases sur l’étude de la Parenté, qui sera un grand domaine de l’Anthropologie. Il va aussi jouer un rôle important dans la genèse d’une identité de la discipline anthropologique.

C’est une tentative de poser un cadre sur l’étude des sociétés éloignées. Il va poser des règles méthodologiques de travail dans le domaine anthropologique, c’est un auteur important dans l’analyse de la Parenté.

• TYLOR est le premier à utiliser le terme « anthropology » (que l’on appelle ethnologie en français), il a également été le premier à utiliser le terme « animism* », et selon lui, l’animisme précède la Religion qui elle-même précède les Sciences, l’Animisme n’est plus qu’un stade de l’évolution.

Naturalisme : opposition culture/nature

Animisme* : on va avoir des rapports sociaux avec la nature, et on va personnifier certaines choses de la nature (qui sont imprégné d’une âme) ; la nature est pensée à l’image de la société

• FRAZER va écrire une œuvre monumentale Rameau d’or, qui va s’intéresser au domaine des religions (c’est une des ouvrages les plus accomplis du XVII et XIXème siècle sur les croyances et les superstitions). Le retour à la magie/religion serait une régression ; la science comme stade ultime de la rationalité. Cependant, FRAZER n’est pas un homme de terrain.

Avec la pensée évolutionniste, le primitif est le même que nous culturellement, mais à un autre stade de l’évolution, il n’y a pas de reconnaissance de la différence ; l’évolution est la même pour tous.

• Le supposé retard des sociétés « primitive » est mesuré par les critères de la société occidentale (approche ethnocentrique), l’archaïsme est notre reflet inversé.

On peut penser à un lien entre l’anthropologie et l’Etat (ère du colonialisme).

C. PREMIERE DEMARQUATION AVEC L’EVOLUTIONNISME : LE DIFFUSIONNISME

• TYLOR va avoir une attitude comparatiste, il est à l’origine d’un courant d’étude aux USA : l’analyse cross cultural : établir par la statistique les traits culturels des sociétés, voir les traits de diffusion des traits culturels. C’est une idée d’emprunt de traits culturels entre des sociétés voisine ou proches. On pense alors que l’homme progresse, mais par des emprunts, on va donc établir des aires culturelles. Les diffusionnistes il y a quand même l’idée d’une évolution générale, mais les traits communs viennent d’échanges/emprunts (alors que les évolutionnistes pensent à une seule ligne directrice de l’évolution de l’humanité).

Le diffusionnisme va se poser, ensuite, comme un « contre-courant » de l’évolutionnisme, mais un contre-courant nuancé, assez peu radical. C’est une méthode d’approche plus qu’une réelle école. Ce courant sous-estime l’innovation et la création humaine ( + immobilisme des idées) ce qui va entrainer un disparition dans les années 1950.

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