Tous les pays ont décidé de faire une priorité de la protection et de la restauration de la diversité du vivant








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date de publication17.05.2017
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Avec leurs “Observatoires Locaux de la Biodiversité”, les CPIE mobilisent et impliquent la population !



En moins d’une décennie, le terme “biodiversité” s’est imposé dans le langage courant. Chargé d’un contenu invariablement positif, il mobilise élus, pouvoirs publics, associations, citoyens, médias, attachés à sa préservation. Mais malgré ce bel unanimisme, la réalité est toute différente : la régression de la biodiversité s’accélère, malgré les sommets planétaires et les stratégies nationales.

Derrière les déclarations emphatiques et les voeux pieux, il reste néanmoins possible de contribuer avec ténacité et pragmatisme à protéger et restaurer la diversité du vivant. L’action locale concrète, cordonnée, mise en perspective, permet des avancées incontestables qui s’agrègent et se consolident.

C’est à ce niveau qu’interviennent les 80 CPIE (Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement), associations d’utilité publique, à fort ancrage local, agissant dans le cadre d’un label exigeant. Leur vocation est double : (1) éducation et sensibilisation des citoyens à l’environnement et au développement durable et (2) accompagnement des territoires vers le développement durable.

C’est ce qui donne crédibilité et légitimité aux actions menées au fil des années pour étudier et connaître la biodiversité. Avec la création, dans toutes les régions, des “Observatoires locaux de la biodiversité”, les CPIE franchissent une étape importante, dans une double dimension : scientifique et participative, impliquant ainsi concrètement des dizaines de milliers de citoyens dans leurs initiatives.

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I- Pour préserver la biodiversité, il faut d’abord l’observer !

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Depuis le “Sommet de la Terre” de Rio en 1992, et sous l’égide de l’ONU, au travers d’une convention mondiale de la biodiversité, tous les pays ont décidé de faire une priorité de la protection et de la restauration de la diversité du vivant, considérée comme une des ressources vitales du développement durable.

2010 a été “l’Année internationale de la biodiversité” mais la Conférence de Nagoya a reconnu l’échec de l’objectif international qui était de stopper la régression de la biodiversité avant 2010 et a proposé de nouveaux objectifs.

En France, le Ministère de l’Ecologie et du Développement durable a élaboré une stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020.

Dans ce cadre, les 80 CPIE (Centre permanents d’Initiative pour l’Environnement) , qui adhèrent à la stratégie nationale pour la biodiversité,apportent une contribution essentielle avec la création des Observatoires locaux de la biodiversité® qui visent à renforcer la connaissance du territoire grâce à la collecte de données scientifiques (inventaires naturalistes, suivis d’espèces ou groupes d’espèces), tout en sensibilisant la population locale à la préservation de la biodiversité et en l’impliquant dans les observations.

Par sa dimension scientifique, la démarche contribue aux recueils de données, notamment menés sous l’égide du Muséum national d’Histoire naturelle, avec qui l’Union nationale des CPIE a conventionné.

Par sa dimension participative, la démarche suscite l’envie d’agir et permet à tout citoyen de devenir acteur du maintien de la biodiversité. Cette démarche a été remarquée par le Ministère de l’Ecologie qui l’identifie comme pouvant être contributrice à la Stratégie Nationale de la Biodiversité.

------------------------------------------------------------------------------------------------------II- Les atouts des CPIE pour l’observation de la biodiversité et l’implication du public

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Par leur ancrage territorial et leur positionnement au service du développement durable des territoires, les CPIE collectent, organisent et transmettent des connaissances et des conseils auprès des différentes collectivités sur l’environnement, et en particulier sur le patrimoine naturel.

Leurs compétences naturalistes et pédagogiques leur permettent de réaliser des inventaires faunistiques et floristiques mais également des opérations sollicitant l’implication des habitants et des acteurs des territoires dans la préservation de la biodiversité.

Les CPIE ont notamment mis en place des “Points Info Biodiversité” qui sont des lieux accessibles à tous publics proposant une information pertinente sur l’état de la biodiversité dans un territoire d’action. Pour y parvenir, les CPIE s’appuient sur leurs connaissances de la biodiversité locale et leurs compétences d’ingénierie, d’animation du dialogue territorial et de sensibilisation des acteurs (collectivités, établissements scolaires, professionnels, habitants...).
Dans les “Points Info Biodiversité” s’inscrivent différentes formes de contributions des CPIE à la connaissance et la valorisation de la biodiversité : les études et documents d’objectifs élaborés pour des sites Natura 2000, les inventaires locaux de la biodiversité (ABC par exemple), les données collectées dans le cadre de la mise en place de la Trame verte et bleue sur le territoire, ainsi que les démarches d’Observatoire Local de la Biodiversité®.

Les Observatoires Locaux de la Biodiversité®
Aujourd’hui, 58 opérations de sciences participatives sont animées dans le réseau des CPIE, et 37 font l’objet de contributions à portée scientifique de niveau territorial, régional ou national. Ces actions portent sur diverses espèces ou groupes d’espèces (amphibiens, reptiles, odonates, chiroptères, rapaces nocturnes, lépidoptères, poissons d’eau douce, hippocampes…).
Pour favoriser le développement d’actions de portée à la fois scientifique et citoyenne, offrir une contribution à l’échelle nationale du réseau des CPIE dans ces champs d’intervention, et assurer une meilleure visibilité des actions conduites localement, tant pour le citoyen que pour les organismes scientifiques, le réseau des CPIE a créé sa démarche d’Observatoire Local de la Biodiversité.
Cette démarche à double entrée consiste à étudier les espèces d’un territoire, pour faire un état des lieux ou révéler des tendances, tout en impliquant la population locale dans l’observation et l’inventaire de ces espèces, dans une démarche de sensibilisation participative qui amène également à connaître les enjeux de préservation.
Les CPIE recueillent les données relatives à ces observations, qu’ils auront accompagnées ; elles viennent alimenter ou compléter leurs propres observations réalisés lors d’études de terrains, accolées à des protocoles scientifiques spécifiques. Mener ses observations naturalistes dans le cadre de protocoles scientifiques est en effet la garantie d’une qualité des données recueillies bien sûr mais aussi d’une issue et d’une valorisation des données dans des programmes d’études à plus grande échelle. Les Observatoires Locaux de la Biodiversité sont en effet menés en lien avec le Muséum National d’Histoire Naturelle et l’INRA.
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III- Illustrations exemplaires de l’action des CPIE pour la biodiversité

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L’étude et la préservation des amphibiens et des reptiles !
La disparition des espèces est un phénomène normal, cependant aujourd’hui, avec un taux d’extinction 100 fois à 1000 fois plus élevé que le rythme naturel, c’est l’ensemble des écosystèmes qui se trouve menacé.

Ces 30 dernières années, 9 espèces se sont éteintes dans le monde, 113 sont en confirmation de disparition. 1856 sont menacées d’extinction soient 32 % des espèces.

Les amphibiens paient notamment un lourd tribut. En France, une espèce d’amphibien sur 5 risque de disparaître, selon la Liste Rouge des espèces menacées.

La situation est quasi identique pour les reptiles (voir Liste Rouge des espèces menacées, Union Internationale pour la conservation de la nature en France, 2009).
En dépit de la protection réglementaire dont bénéficient les espèces de reptiles et d’amphibiens en France depuis les années 80, 7 espèces de reptiles sur 37 et 7 espèces d’amphibiens sur 34 sont actuellement menacées sur le territoire métropolitain. Or, ces espèces sont des indicateurs de l’état de santé de plusieurs de nos milieux naturels.
L’assèchement des zones humides et le comblement des mares représentent une menace pour la survie de la grenouille des champs (en danger critique) et du Pélobate brun (en danger). La pollution des milieux aquatiques a également contribué à la raréfaction des espèces dépendantes de ces habitats naturels.
L’évolution des milieux due au déclin du pastoralisme a entraîné une forte régression de l’habitat de la Vipère d’Orsini (en danger critique), également menacée localement par des aménagements divers (routes, pistes de ski…). Victime de l’urbanisation et de la construction d’infrastructures routières et ferroviaires, la Tortue d’Hermann est aujourd’hui très fragilisée (vulnérable en France et en danger dans le Var). A ces menaces, s’ajoute la collecte illégale d’individus pour les deux espèces.
Enfin, la compétition avec des espèces exotiques introduites, telles que la tortue de Floride ou la grenouille Taureau, représente une menace pour des espèces autochtones comme la Cistude d’Europe (une tortue d’eau douce quasi menacée) et les espèces de grenouilles vertes.
Outre les espèces aujourd’hui menacées, six espèces de reptiles et six d’amphibiens se classent dans la catégorie “quasi menacée”. Le nombre d’espèces menacées en France métropolitaine pourrait donc doubler dans les années à venir si aucune action n’était entreprise pour améliorer leur situation.

Les scientifiques considèrent aujourd’hui la biodiversité amphibienne comme un indicateur précurseur de référence, révélateur de la pollution engendrée par les activités humaines et des effets qu’elle pourrait avoir sur les autres espèces animales.

La déficience d’observateurs scientifiques de ces dernières décennies a entraîné notamment une insuffisance, voire l’inexistence, sur certains territoires, de données quantitatives sur la présence et l’évolution d’un grand nombre d’espèces d’amphibiens. Par ailleurs, les programmes de préservation existants sur les territoires sont très dispersés et nettement insuffisants au regard des menaces.
Afin de pallier à ces manques, les programmes de sciences dites “participatives” ou “citoyennes” permettent d’obtenir des données et d’engager des programmes de conversation des espèces et de leurs habitats sur de vastes espaces géographiques et de longues périodes de temps. Le réseau des CPIE et l’Union nationale se sont engagés activement dans cette démarche et collaborent avec le Muséum National d’histoire naturelle et la Société Herpétologique de France dans la mise en place d’observatoires régionaux des amphibiens à l’échelle du territoire national.
Un DRAGON ? Dans MON jardin ?
Cette opération ambitieuse, créée par le CPIE du Cotentin, se développe aujourd’hui dans de nombreuses régions françaises. 33 autres CPIE l’ont ainsi reproduite sur leur territoire.
Qui connaît vraiment le triton crêté semblable à un  « petit dragon » ? La salamandre, créature inoffensive sujette à mille croyances ? Le crapaud commun, paisible auxiliaire des jardiniers ? Le crapaud sonneur, victime normande des changements climatiques ? La rainette,  batracien arboricole aux allures exotiques ? La vipère, plus utile qu’agressive ? La couleuvre à collier, serpent nageur pouvant atteindre 1.50m ? Et… pourquoi pas des tortues marines de 2m échouées sur les plages ! ?
Les 5 départements bas-normands hébergent ainsi 16 espèces d’amphibiens et 13 espèces de reptiles. Ces animaux pour la plupart  méconnus suscitent souvent des craintes infondées.

 

Ce patrimoine est aujourd’hui menacé par certaines activités humaines comme l’extension des cultures céréalières et le remembrement agricole, l’urbanisation d’espaces naturels, l’introduction d’espèces animales exogènes (tortues de Floride).
Dès 1994, le CPIE du Cotentin a lancé un programme lié à la préservation des amphibiens : chantiers d’entretien ou de créations de mares, sensibilisation à l’érosion de la biodiversité globale au travers de l’exemple des amphibiens...
Le projet portait sur deux objectifs principaux :

  • la préservation des habitats aquatiques et terrestres et de l’environnement plus généralement en utilisant notamment les amphibiens comme espèces indicatrices de la biodiversité

  • la sensibilisation de la population à la biodiversité et l’encouragement des sciences participatives.


En 2004, le CPIE du Contentin a démarré le projet de préservation des amphibiens et reptiles “La reinette, un baromètre ?” puis la campagne “Un DRAGON ? dans MON jardin ?”. Il s’agit d’une campagne d’inventaire des amphibiens et de conseil en gestion des mares chez les particuliers qui a eu un fort impact dans le public.
Ce programme s’est ensuite étendu à toute la région avec, en parallèle, l’identification et le recensement des espèces sous le protocole MARE (Milieu où les Amphibiens se Reproduisent Effectivement), aujourd’hui POPAMPHIBIEN. Les données recueillies alimentent l’Observatoire Batracho-Herpétologique, porté par la Société Herpétologique Française (SHF) et l’Observatoire National de la Batrachofaune Française du Muséum National d’Histoire Naturelle.
Implication citoyenne et inventaire d’espèces en Aquitaine
L’Union régionale des CPIE d’Aquitaine s’est ainsi engagée dans la même démarche, notamment pour enrichir l’Atlas des reptiles et amphibiens d’Aquitaine, conduit par Cistude Nature, coordonnateur régionale de la Société Herpétologique Française SHF.
La région présente 15 espèces d’amphibiens indigènes et une espèce introduite, la grenouille Taureau. La richesse de cette batrachofaune s’explique par la diversité des milieux présents (dunes, marais, forêt, bocage, pelouses calcaires, landes, tourbières) mais elle est menacée par la dégradation des habitats et par l’apparition d’obstacles à leur migration, etc.
La préservation de cette biodiversité passe par une meilleure connaissance de ces espèces par les naturalistes (inventaires) et le grand public (sensibilisation).
Dans ce contexte, avec des objectifs pédagogiques et naturalistes, l’Union Régionale, composée des 7 CPIE d’Aquitaine, a lancé à son tour, en 2011, la campagne « Un DRAGON ! dans MON jardin ? ».

Au-delà d’accompagner le public dans une meilleure connaissance des amphibiens, cette opération est aussi un prétexte à aborder des enjeux environnementaux plus globaux : la dégradation de la qualité de l’eau, la destruction des habitats (zones humides), le réchauffement climatique, les problèmes liés aux espèces invasives et aux nouvelles maladies.

Ce projet a aussi l’intérêt de récolter des données naturalistes chez les particuliers et ainsi d’affiner les cartes de répartition de la batrachofaune aquitaine.
Création d’un réseau d’observatoire des amphibiens dans le Massif-Central
Le Massif-Central compte 22 espèces d’amphibiens identifiées et présente une multitude d’écorégions spécifiques où cohabitent un grand nombre d’espèces.

Le territoire rural possède des agro-systèmes variés et un petit patrimoine lié à l’eau encore très présent (mares, lavoirs, lavognes, pêcheries, abreuvoirs et autres biefs). Ce sont des corridors écologiques et des zones refuges qui constituent des éléments favorables aux cycles de vie des amphibiens. Mais cette richesse patrimoniale est aujourd’hui menacée de disparition et avec elle la faune qui en dépend. Ainsi, la conservation de la biodiversité et notamment des espèces comme les amphibiens est intimement liée à la préservation des milieux naturels et à la revalorisation du patrimoine vernaculaire lié à l’eau.
11 CPIE, répartis sur le Massif-Central ont décidé de s’impliquer dans le suivi et la sensibilisation de ces espèces. Ils se sont réunis en collectif pour créer le réseau d’Observatoire des amphibiens en Massif Central. Décliné par région, chaque observatoire comporte les deux volets de la démarche d’Observatoire Local de la Biodiversité :

  • une partie sur l’étude scientifique batrachologique et la création, la formation, et l’animation d’un réseau d’observateurs qualifiés

  • une partie sur l’animation de l’opération “un DRAGON ! dans MON jardin ?”.


La question des Espèces Exotiques Envahissantes (EEE)....

Les Espèces Exotiques Envahissantes se définissent d'un point de vue biologique comme des espèces capables de s'établir dans leur lieu d'introduction et de se multiplier en très grand nombre. Elles peuvent être disséminées à des distances considérables des parents et possèdent ainsi un fort potentiel de propagation.

Certaines espèces exotiques deviennent nuisibles et posent des problèmes à l’environnement et à l’homme en général. Les Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) sont de plus en plus reconnues comme une des menaces les plus sérieuses posées à la biodiversité (uniformisation des paysage, déséquilibre d’écosystèmes, extinction d’espèces, appauvrissement des ressources génétiques…). Ces espèces peuvent être des animaux, des végétaux ou des micro-organismes. Le terme exotique souligne le fait qu'une espèce n'est pas indigène d'un lieu donné et que sa présence n'est donc pas "naturelle".
L’action des collectivités locales en matière d’aménagement de leur territoire et l’action des habitants entraînent souvent la réduction de la biodiversité et la dégradation des milieux et des habitats induites par la destruction des espaces naturels notamment en raison de l’introduction et du développement rapide d’espèces exotiques envahissantes faunistiques ou floristiques.

Ces actions engagées souvent par manque d’information doivent être enrayées en donnant

priorité à la préservation et au réaménagement des milieux et des sites et par la mise en oeuvre de continuités écologiques permettant à la nature régionale de recoloniser des espaces envahis et le développement d’actions de sensibilisation et d’implication de la population pour le maintien ou la restauration d’une biodiversité au quotidien.

Selon, l’ONU, les invasions représentent, au niveau mondial, la seconde cause d'appauvrissement de la biodiversité après la destruction des habitats et, selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, la troisième menace pesant sur les espèces.

Le CPIE du Val d’Authie (Pas de Calais) a créé, en 2010, un Centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes sur les pays du Ternois, 7 vallées et du Montreuillois. Il a pour objet principal d'accompagner la population et les élus de ces territoires dans la mise en oeuvre de leur stratégie de préservation et de restauration de leur biodiversité par la réduction des impacts des espèces exotiques envahissantes.

Parmi les espèces retenues comme envahissantes, on peut retrouver dans le Pays de l’Artois la “Renouée du Japon”, le “Buddleia de David”, la “Berce du Caucase” aussi bien que le rat musqué (voir www.cieu.org).
Composé de plusieurs volets d’action, ce centre de ressources contribue pour deux d’entre eux à la démarche d’observatoire local de la biodiversité, par l’information de la population et des collectivités sur ces espèces et la connaissance scientifique de la biodiversité de ces espèces faunistiques et floristiques.
Le CPIE du Val d’Authie a débuté son action par la réalisation d’un état des lieux de l’environnement des EEE et une sensibilisation sur les territoires concernés. L’intérêt suscité pour cette démarche et les nombreuses sollicitations d’assistance pour développer une gestion globale et une information sur les espèces exotiques envahissantes ont incité à développer un projet plus conséquent, prévoyant notamment :

  • la validation et mise à jour des bases de données écologiques et environnementales liées aux EEE

  • la réalisation des cartographies communales de répartition des EEE

  • la mise en oeuvre d’un programme d’information et de formation annuelle destinées aux élus et habitants

  • la mise en place d’une action d’information et d’implication des acteurs locaux des filières horticoles et animalières (jardineries, animaleries, producteurs, vétérinaires, …).



Le CPIE a également développé un volet d’accompagnement et de découverte naturaliste

par les particuliers en matière de présence des EEE et de leurs milieux associés, avec des visites de terrain chez les particuliers et les communes, suite à leur appel lié à la campagne d’information (flyers et affiches). L’un des objectifs est de permettre la participation de la population en l’accompagnant dans l’identification des espèces d’EEE qui se trouvent dans leur jardin ou à côté de chez eux.
Une étude scientifique sur les EEE va également être développée avec le Conservatoire Botanique National de Bailleul, afin de réactualiser les connaissances régionales et nationales. Ces données permettront d’analyser l’évolution des population et les conséquences des mesures de gestion à mettre en œuvre.
... et introduites !
Le CPIE Corte-Centre Corse sensibilise le public à la nécessité de lutter contre les espèces exotiques envahissantes, en leur disant « Basta » ! Il s’agit d’une action qui s’inscrit complètement dans le projet de mise en place d’un Observatoire local de la biodiversité et qui est particulièrement centré sur les espèces de poissons d’eau douce introduites.
Le CPIE est parti d’un constat édifiant, à savoir qu’en l’espace de 40 ans, pas moins d’une vingtaine d’espèces a été introduite dans les plans et cours d’eau de Corse ! Aujourd’hui, tous les acteurs s’accordent à reconnaître que ces introductions anarchiques représentent une menace pour les milieux et la biodiversité locale même si il est encore difficile de pouvoir en mesurer l’impact faute de travaux scientifiques engagés…
L’action menée par le CPIE se veut avant tout pédagogique et participative en impliquant directement les premiers concernés, à savoir les pêcheurs via leurs association agréées de pêche et de protection des milieux. Une importante campagne de sensibilisation a été lancée à leur attention, accompagnée dès 2012 d’inventaires scientifiques qui permettront de disposer d’un état des lieux actualisé et fiable, tout en alimentant l’observatoire.
L’initiative pourrait permettre d’inciter l’Université de Corse et les organismes compétents comme l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques d’engager un suivi scientifique de ces populations « introduites » afin d’évaluer leur évolution et de mesurer leur impact écologique.
Certains phénomènes observés sont en effet inquiétants : dans les lacs de Melo et Capitello, l’introduction du saumon de fontaine dans les années 70 est très probablement à l’origine de la disparition de deux espèces endémiques à la Corse que sont la truite macrostigma et l’euprocte de Corse. Autre exemple, plus récent celui-ci, l’introduction du vairon canadien a, en l’espace d’une dizaine d’année, colonisé l’ensemble des cours d’eau de l’île à quelques exceptions près, venant ainsi occuper la même niche écologique que la truite corse…
Il n’y pas de bonne ou de mauvaise nature mais simplement une seule nature avec un équilibre fragile que seule la main de l’homme peut modifier. Il s’agit donc plutôt d’un problème de bonnes ou de mauvaises pratiques. Il faut savoir que dans la plupart des cas, les personnes qui déplacent et introduisent ces espèces ne pensent pas mal faire et ne mesurent pas les conséquences de leur geste, pourtant passible d’une amende de 9000 € ! La pédagogie et la sensibilisation restent donc à ce jour les moyens de lutte les plus appropriés et les plus efficaces pour limiter le phénomène.
Zoom sur les espèces qui se cachent !
Inventaire et préservation des hippocampes
L’étang lagunaire de Thau est l’un des rares endroits en Europe où l’on trouve une population importante d’hippocampes, essentiellement des hippocampes mouchetés. Le CPIE Bassin de Thau (Hérault) a lancé en 2005 le projet-pilote Hippo-THAU afin d’entamer une première étude sur les hippocampes des côtes françaises. Il s’agissait aussi, en s’appuyant sur ces animaux emblématiques, d’aider à sensibiliser le public à la richesse et la fragilité des milieux lagunaires.
Entre 2005 et 2009, les actions de terrain se sont appuyées sur deux approches participatives :

• une enquête Hippo-THAU menée avec les enfants des écoles riveraines du bassin de Thau,

  • des études scientifiques réalisées en plongée avec la participation de plongeurs amateurs.


Au bout de cinq ans, 13 500 m2 de la lagune ont été minutieusement explorés, et le bilan de cette étude pilote apporte des résultats inédits sur l’écologie, la biologie et la répartition des hippocampes dans la lagune.

L’enquête Hippo-THAU, qui a impliqué 12 classes de CM1-CM2 dans toutes les communes riveraines de la lagune, a permis de rassembler les témoignages de pêcheurs, conchyliculteurs, plongeurs et autres usagers de la lagune.

Elle a mis en lumière une diversité d’habitat des hippocampes plus importante qu’on ne le pensait auparavant et, par ailleurs, permis une approche globale de la répartition des hippocampes dans l’étang.
La notoriété et la bonne perception du projet ont offert l’opportunité d’étudier des hippocampes capturés, grâce à une coopération avec des pêcheurs, une structure d’élevage, et le lycée de la mer de Sète. Cela a permis d’établir certaines caractéristiques biologique de la population d’hippocampes de Thau : structure démographique, sex-ratio, croissance, variabilité morphologique et de coloration, développement des filaments cutanés, évolution morphologique avec l’âge, comportement des juvéniles…

Une prochaine phase d’enquête devrait permettre d’apporter des informations plus précises sur la localisation des hippocampes dans le temps (à l’échelle « historique », mais aussi saisonnière).
L’hippocampe est un emblème du milieu lagunaire lui-même, un témoin reconnu de l’originalité écologique de l’étang de Thau, un passeur d’émotion qui sensibilise le public à la fragile diversité de monde caché sous la surface. Mais on trouve aussi des populations d’hippocampes en mer, que ce soit sur la côte Vermeille ou le long des plages, du Roussillon jusqu’au Golfe d’Aigues-mortes.

Et ces populations marines méritent d’être étudiées tout autant que celles qui habitent les lagunes. Car la question de la vulnérabilité des hippocampes du littoral reste posée, et des recherches complémentaires sont nécessaires pour estimer les éventuels besoins de protection ou de gestion des deux espèces connues en Languedoc Roussillon.
Connaître et protéger les OVNI (Objets Volants Nocturnes Identifiables)
Plusieurs CPIE dont ceux des Villes de l’Artois et du Val d’Authie, dans la région Nord-Pas de Calais, se sont engagés dans une démarche de connaissance et de protection des chouettes, hiboux, chauves-souris, papillons... qui vivent la nuit, se font discrets mais jouent un rôle importantes dans nos éco-systèmes.
Dans le nord de la France, outre de nombreux papillons de nuit, on compte 20 espèces de chauves-souris et six espèces de rapaces nocturnes fortement menacées par les activités humaines. La pollution lumineuse, par exemple (éclairage nocturne, enseignes commerçantes) perturbe leurs comportements en déréglant leurs systèmes de repères. De même, l'habitat de certains "noctambules" volants est menacé par des aménagements qui les prive de "gîte et de couvert" (charpentes fermées, traitées ou colmatées, déboisements excessifs, traitements chimiques des jardins, des cultures et des espaces verts).
Il est important de les connaître et de les protéger, c’est pourquoi des programmes visant à recenser ces populations et à informer la population ont été mis en oeuvre. Pour cela, en plus d'un travail de recherche sur le terrain, la population est mise à contribution : chaque personne peut remplir un formulaire pour décrire ses observations. Des volontaires, intéressés pour suivre les populations qui auront été identifiées, sont aussi formées à la reconnaissance des espèces et aux méthodes de prospection.

Le CPIE réalise ainsi des études et des inventaires, conduit des formations et des animations tout public, des actions de collecte participative; il cherche à réhabiliter des habitats naturels : aménagement des combles des églises pour les chauves-souris, conception de nichoirs pour les rapaces, diffusion de graines de plantes favorables aux papillons de nuit, etc...

Pour information complémentaire :

° Danièle Mascaro, relations presse,

05 49 87 23 58, 06 75 60 46 44, piclamirandole@reseune.fr

° www.cpie.fr

° Twitter : @i_environnement


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