Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes








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date de publication07.01.2017
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La culture travaille - t - elle à nous rendre plus humain ?
On va traiter la notion de culture. Mais le fond du problème est la question de l’humanité et le ‘’ plus humain ‘’ doit nous interroger. Le verbe travailler signifie ici transformer.

L’idée serait que la culture ferait de nous les hommes que nous ne sommes pas suffisamment sans elle.

On doit d’abord définir le terme culture. La culture peut signifier plusieurs choses , en premier lieu l’érudition , en second lieu la civilisation.
I – Le mythe de l’état de nature :
Ce mythe est la croyance en une nature humaine , en deçà de toute culture. D’où vient ce mythe ?

Il s’explique historiquement , par deux facteurs. Il est renforcé au 18ème siècle. Le premier facteur est l’évolution des sciences de la nature ( Buffon ) , qui établit pour la première fois une classification des espèces. Il y a une interrogation sur la nature. Il y a aussi un deuxième facteur ; le développement des voyages et des échanges commerciaux. Les occidentaux vont ainsi être en contact avec des sociétés humaines , au mode de vie radicalement différent.

La question se pose alors de savoir si ces êtres sont véritablement des hommes ? Il y a un sens commercial et théologique. Existe –il une nature humaine identique partout et toujours ?

Peut-on affirmer , sous la diversité des modes de vie de l’existence d’une nature humaine universelle. Il y avait , au 18ème siècle , une grande confusion dans ces questions. On confondait ce qui relève de la nature et ce qui relève de la culture. Dans le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes , J.J. Rousseau imagine un homme à l’Etat de nature , ou ‘’ bon sauvage ‘’ est obtenu en retranchant de l’homme civil , tout ce que la société lui a apporté. Cette homme à l’état de nature n’existe pas et Rousseau ne dit pas qu’il a un jour existait. Ce bon sauvage est une hypothèse de travail. La manière dont on conçoit l’être humain ca de pair avec le rôle qu’on va lui confier. Dans toute conception politique , il y a une conception de l’être humain . Cette conception va permettre à Rousseau de justifier la démocratie. Pour Rousseau , l’homme nait bon et ainsi on peut lui laisser le choix de son régime. Cet homme à l’état de nature n’existe pas. Mais cette hypothèse devrait montrer comme l’homme devrait être bon et comment la société pervertis l’homme. La société a un rôle ambivalent , bien qu’elle le pervertisse , elle permet à l’homme de devenir pleinement humain. Ce qui peut être une qualité peut également être un défaut ( la conscience de moi peut devenir de l’égocentrisme ). J.J. Rousseau écrit contre Hobbes , sauf que ce dernier , pense que l’homme à l’Etat de nature est un être mauvais qui est le pire de la perversion. Hobbes justifie le despotisme par l’idée que les hommes ont besoin de donner leur liberté contre la sécurité.

Imaginons que nous suivions l’exemple de Rousseau , arriverions nous au même résultat ? Non. L’humanité entière serait perdu puisque seul on ne peut accéder à la conscience de soi. On se rend compte que ce qui est le plus humain pour nous est construit par autrui. Ce qui nous fait en tant qu’homme n’est donc pas la nature humaine mais la culture.

Notre humanité réside est développée dans le rapport à autrui. Ce qui est essentiel au développement de nos caractéristiques humaine est le rapport à l’autre. Il est nécessaire.

II – Le sens anthropologique de la culture.
La conséquence de cette réflexion est que les comportements qui nous semblent naturels relèvent en vérité d’un apprentissage. Le domaine de la culture est plus vaste que ce que l’on pouvait le prévoir. Il faut donc donner à la notion de culture un sens très vaste. Ainsi on va désigner par culture tout ce qui relève de l’acquis et on va désigner par nature tout ce qui relève de l’inné( ce avec quoi on nait , porté par notre patrimoine génétique ). L’innée relève du corps , ce sont les besoins nécessaires. La culture va désigner tout ce qui relève de l’acquis avec une amplitude immense. L’ethnologue américaine Margareth Mead , définit la culture comme : ‘’ l’ensemble des formes acquises de comportement d’un groupe d’individu unis par une tradition commune par l’éducation’’. L’ensemble des formes acquises de comportement , nous dit ce qui est acquis est la manière dont le corps se comporte , un groupe d’individu signifie qu’il n’y a pas de culture individuelle , tradition commune parle de ce qui se transmet de génération en génération , transmis par l’éducation ( éducation =/= enseignement ) est le vecteur de la culture. Selon elle , relève de la culture , par exemple , la manière de laver la vaisselle , ; de coucher les bébés ou encore de faire la cuisine.

La société est la culture vont de pair. Les cultures peuvent avoir un côté critiquable , contestable. La culture n’est ni légitime , ni bonne par définition. Il n’y a pas un monde civilisé et un monde sauvage. Si la culture c’est l’héritage de traditions , de savoir-faire , alors toute personne est civilisée. Il n’existe pas de culture qui ignore qu’il y est d’autre culture. A partir du moment où l’on parle de d’humanité , on est dans la culture. L’homme préhistorique est donc déjà dans la culture. Dès que l’on a des symboles , des savoirs faire , on a de la culture. La marque de l’humanité est la technique , le langage et la pensée conceptuelle.

C. Lévi-Strauss dans un ouvrage qui s’appelle Les structures élémentaires de la parenté propose comme critère pour distinguer nature et culture , le critère suivant. Le critère serait l’absence de règles institutionnelles. Quand il y a pas de règles , on est au niveau de la nature ; quand il y en a , on est au niveau de la culture. Lévi-Strauss remarque qu’il y a une exception à cela , c’est la prohibition de l’inceste qui est à la fois un fait culturel et qui pourtant est un fait présent dans toutes les cultures. Il est donc universel. La culture n’est pas universel. Ce qui est naturel , lui est universel. Le seul fait culturel universel est cette exception. Mais selon les sociétés , l’interdiction ne porte pas sur les mêmes personnes , car la notion de famille change selon les sociétés. Selon les sociétés , l’acte est perçu différemment.
III – Hérédité biologique et héritage culturel :
Les préjugés auxquels la notion de culture se heurte sont nombreux et virulents. C’est pour cela que la notion de culture a mis des siècles pour se constituer. Elle a dû faire face à des préjugés toujours présents. Le plus fréquent est celui que l’on peut appeler l’ethnocentrisme. Cela consiste à prendre une seule société comme référence. Lévi-Strauss remarque que toutes les sociétés font preuves d’ethnocentrisme. Toutes n’ont pas cependant le même comportement . Dans un ouvrage qui s’appelle Race et histoire , il donne en exemple l’attitude symétrique des espagnols et des Indiens lors de la découverte de l’Amérique -> attitude mais pas comportement. Les indiens observaient les cadavres de leurs ennemis pour savoir s’ils étaient des hommes , les espagnols se demandaient si les Indiens avaient une âme. Lévi-Strauss nous montre que le 1er mouvement de chaque société mise avec une autre est de la rejeté hors de l’humanité en la qualifiant de ‘’barbare ‘’ , ou de ‘’ sauvage ‘’. Ces deux termes ont une étymologie qui fait référence à la nature ou à l’animalité.

Texte d’appui : La racine de l’inhumanité et aucune société n’est parfaite
L’illusion archaïque nous ramène en réalité a voir qu’il n’y a pas de société inculte. Même des comportements pour nous très transgressif ne relève pas de la nature. Il n’y a pas de comportement qui relève de la nature. Tous les comportements humains sont culturels .

Le troisième préjugé , se rapporte à la biologie. C’est la croyance ne l’existence d’une nature humaine ( essence de l’homme ) indépendante de tout contexte social. Elle est souvent confuse et illusoire. Nous attribuons à notre nature des goûts , des désirs et des comportements qui en réalité ne relève pas de la nature , mais de la culture. Nous obéissons sans même y penser aux usages et aux coutumes de notre milieu social. Ce qui nous apparait naturel et en réalité culturel. Cette confusion révèle le préjugé le plus tenace de tous. Il est le plus tenace car il est le plus ‘’ caché ‘’ , parce qu’il est évident. Il consiste à justifier des différences sociales , culturelles par des différences biologique , réelles ou inventées.

Décomposons ce préjugé : on part d’une différence social , culturelle , en tout cas acquise. On la constate ; elle est réelle. On fait ensuite un autre constat qui se repose sur une différence réelle ou inventée , biologique. Le préjugé consiste à établir un lien de causalité illusoire entre ces deux différences.
IV – Le propre de l’homme n’est pas sa nature mais sa culture.


  • Il faut différencier ‘’ le propre de l’homme ‘’ et ‘’ la nature de l’homme ‘’. La première expression désigne ce qui est spécifique à l’homme. On confond cette idée avec ce qui est naturel ou inné. Ce qui est propre à l’homme ; c’est par exemple la pensée conceptuelle ou encore le langage articulé. L’invention technique est également propre à l’homme. La culture est propre à l’homme et par définition la culture n’est pas naturelle. L’homme est le seul à être dans cette situation. Il reste le seul animal à rester dépendant vis-à-vis des autres et de son environnement aussi longtemps.

L’homme coupé de son environnement , de sa culture , ne peut exister. Mais s’il existait , il serait en deçà de l’animalité. Le biologiste Jean Rostand , dans les Pensées d’un Biologiste dit que le biologiste ‘’ ignore le culturel ‘’. De tout ce que l’homme àappris , éprouvé , ressenti au long des siècles , rien ne s’est déposé dans son organisme (…) Chaque génération doit refaire tout l’apprentissage. ‘’ Ceci signifie que la culture ne s’est pas déposée dans notre patrimoine génétique. L’homme va rester longtemps dans un état de dépendance , ce qui montre la nécessité de l’homme à se servir d’autrui. L’hérédité ne suffit pas à être un homme. Comme tous les êtrevivants , l’homme est soumis à l’évolution qui , lentement , transforme les espèces , mais lui seul a eu une histoire. Il est seul inventeur et héritier de culture , il crée des langues , des outils , des croyances et non pas l’hérédité biologique.

  • Il faut également distinguer ‘’ instinct ‘’ et ‘’ réflexe ‘’. Le terme instinct défini un mode d’adaptation inné de caractère propre à une espèce. Le réflexe aussi est inné. Ainsi tout ce qui est inné ne constitue pas pour autant un instinct. Le réflexe est une sorte de réaction à une stimulation extérieure. Chez le nourrisson humain, la succion est un réflexe , c’est une réaction simple à une stimulation extérieure. Chez le veau , ce serait un instinct. Ce que l’on appel ‘’ l’instinct de survie ‘’ n’est pas un instinct. Les sentiments n’ont rien de biologique. Instincts et conscience ne sont pas compatibles , la conscience a remplacé l’instinct. D’après Bergson ( extrait de l’évolution créatrice ) : l’insuffisance même des moyens naturels dont l’homme dispose pour se défendre contre ses ennemis , contre le froid et la faim (…) acquiert la valeur d’un document préhistorique , c’est le congé définitif que l’instinct reçoit de l’intelligence.

Ceci signifie le congé que la nature reçoit de la culture. L’homme nait ‘’prématuré ‘’ , c’est-à-dire incapable pendant de longues années d’assurer seul son existence. La durée de cette dépendance révèle l’absence d’instinct et explique la prédominance de la culture sur la nature.

A partir du moment où le poste est un poste à la responsabilité ou un poste de pouvoir , les femmes sont éloignés. Instinct : comportement naturel inscrit dans notre patrimoine génétique. Quand le préjugé se base sur la différence biologique de la couleur de la peau , c’est ce que l’on appelle le racisme . Il est toujours présent car il a pris une énorme ampleur les années précédentes.
Qu’en est-il de cette idéologie aujourd’hui ?
Quelle que soit les leçons de l’histoire , cette idéologie persiste et prend des formes variées qui relèvent du même raisonnement. Chaque fois que l’on justifie une situation sociale par des raisons biologiques , on tombe dans le même préjugé.
Texte d’appui : le deuxième sexe
Le propre de l’homme n’est pas sa nature n’est pas sa nature mais au contraire le fait d’être un homme en devenir. C’est d’être devenu un homme par un long processus d’humanisation qui donne à la culture toute sa valeur.
Texte d’appui : Tout est fabriqué chez l’homme

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