Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu»








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- De par les paroles mêmes de la mère, et les noms qui sont donnés respectivement à ses deux enfants, on peut dire que si Eve accueille son fils premier né en l’inscrivant dans la vie, son silence pour le cadet le désigne pour « le rien », « le néant », donc la mort. En tuant Abel, Caïn ne fait que prendre acte de l’absence de désir maternel pour Abel, de projet de vie, pour son frère.
- Remarquons aussi l’absence d’un « père » (nommant) ce qui enferme encore plus Caïn dans la toute-puissance du désir maternel marquée par le fait qu’Eve place « le Seigneur » (Dieu) lui-même à l’origine de sa maternité et non pas Adam (le terrestre).

- Ce cheminement du désir maternel nous pouvons le voir agir dans les attitudes religieuses des deux frères et dans leur « offrande » (= ce que le « sujet » va déposer aux pieds de son « roi » en reconnaissance de son autorité) : Caïn, l’agriculteur, est inscrit dans le « faire », par contre Abel, le berger, est plutôt dans « le laisser faire » (la nature), mais aussi dans « l’errance » et « la confiance », la confiance dans l’errance comme Abraham ?

- Si là Dieu choisit l’offrande d’Abel, ce n’est pas parce qu’il l’aime plus ou pour éprouver Caïn son frère, c’est parce qu’il n’offre pas simplement une partie de son œuvre, ce qu’il possède, mais une vie, peut-être déjà sa vie, qu’il ne possède pas (=sacrifice d’Isaac ?). Dieu fait ici le choix de « l’être » par rapport à « l’avoir », désirant celui qui n’a pas été désiré par ses parents. Pour une fois Caïn n’est pas le centre du désir de l’autre, mais il ne peut le supporter et tue son frère. Remarquez qu’après ce meurtre, Caïn devient lui-même « errant et vagabond sur la terre » (Genèse 4, 12), ce qui n’est pas une malédiction mais « le Projet » même de Dieu pour ceux qu’il appelle (cf. Abraham). Car qu’est-ce que cette « errance », si ce n’est l’absence de « possessions », une vie où du « manque » peut sortir « le désir de l’Autre », et pour Caïn, une vie libérée du trop plein de désir de la mère, une vie ouverte.

- Enfin, et c’est primordial, Dieu rompt le cercle infernal de la violence et interdit tout acte de vengeance contre Caïn (noter que cette forme d’interdiction de « la peine de mort » est en contradiction avec la Loi mosaïque (cf. Exode 21, 12-17). De plus, en posant son signe sur le meurtrier, en le protégeant d’une partie de son Nom, Dieu offre à Caïn un nouveau devenir.
(d) - D’un point de vue théologique, bien que nous ne sachons rien du « Désir  de Dieu » et de sa « Providence », le chrétien peu percevoir dans ce récit une compréhension du « sacrifice du Christ » qui n’est pas un acte d’immolation, mais une marque d’Amour, « un Signe » de la disponibilité du Fils à accomplir la volonté du Père ; en effet, dans ce texte on passe de l’idée d’une offrande qui ne serait que « matérielle » à une expression plus « spirituelle » de la piété : l’invocation de Dieu sous le Nom de « Seigneur »/YHWH (cf. Genèse 4, 26).
(e) - Enfin, d’un point de vue éthique, on peut mettre en avant la question toujours contemporaine de « la responsabilité de l’un pour l’autre », de chacun face à la haine, la violence, la transgression de l’interdit du meurtre (de la peine de mort ?). « Suis-je le gardien de mon frère ? » (Genèse 4, 9) : sommes nous responsables de ce qui arrive à l’autre ? Si oui, devant qui le sommes-nous ? Dieu ? Les hommes ?

- L’homme en quête de toute-puissance : Genèse 11, 1-9, « Babel ».
Quelques pistes pour nourrir notre réflexion sur Genèse 11, 1-9 :
(a) - D’un point de vue historique, « la tour de Babel » (Babel est le nom hébreu de la ville Babylone) a certainement pour origine la grande Ziggourat du Dieu Mardouk à Babylone, datant de l’époque de l’exil (VIe). De plus, on avait donné à cette tour le nom d’Etemenanki ce qui signifie : « temple pierre angulaire du ciel et de la terre ». Au regard de l’Orient du Ier millénaire av-JC, le modèle de l’Empire unificateur totalitaire, bâtisseur de tours, c’est bien Babylone ! Notez aussi qu’en hébreu il y a un jeu de mot entre Babel (= « porte des dieux ») et le verbe « confondre » à partir de la racine bll (Gn 11, 7) : ce qui peut nous faire lire le verset 9 comme désignant Babylone lieu de la confusion, mais aussi lieu des faux dieux.
(b) - D’un point de vue psycho-anthropologique, ce texte traite de l’orgueil de l’homme, de son désir de « devenir comme Dieu ». L’œuvre de création de l’homme, contrairement à celle de Dieu (créant Adam) en Genèse 1 et 2, ne débouche pas sur un autre que lui-même (« l’homme et la femme »), mais sur du même. L’initiative des hommes se centre sur l’homme : « bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel. Faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre » (cf. vs. 4). Les hommes recherchent une identité commune qui les rassurerait, car, comme nous le lisons bien à la fin du verset 4, ils ont peur « d’être dispersés », c’est-à-dire d’être ramener à leur diversité. Ce que Dieu va faire, ce n’est pas de détruire la création identifiant l’orgueil des hommes, la cité et sa tour, non, Dieu descend parmi les hommes pour « bouleverser » leurs modes de fonctionnement, et ainsi les ramener aux richesses de la diversité, des langages, des cultures, des sexes...
(c) - D’un point de vue théologique, ce texte évoque aussi l’éternelle tension à laquelle est soumis l’être humain, écartelé entre son humanité, son irréductible encrage terrestre, et son désir d’élévation, de divinisation, de « devenir comme Dieu ». L’homme ayant toujours des difficultés à admettre qu’il est « une créature » limitée, finie, mortelle. En mettant fin au projet des bâtisseurs de « la tour », Dieu répond au désir de « toute-puissance » des hommes par la restauration d’une distance entre lui et l’homme qui va rendre de nouveau possible le dialogue. Il rappelle que ce n’est pas là-haut, dans les cieux, que se passe la communication entre lui et les humains, mais bien sur terre, dans le quotidien du vécu de chacun, comme en témoignera son incarnation en Jésus-Christ. Enfin, avec la diversification des langues, Dieu choisit contre l’uniformité la diversité de manière de dire et de penser l’homme, de dire et de penser Dieu, de dire et de vivre la relation de chaque créature avec son Créateur, il jette les hommes hors de leur cercle fermé (la ville), sécurisant, et les pousse à la rencontre de l’autre, le différent, celui qui n’a pas les mêmes codes de langage.

Pour communiquer et surtout se comprendre, point n’est besoin de parler la même langue, il suffit de se reconnaître les uns les autres comme fils d’un même Père, comme frères appelés à construire le Royaume de Dieu.
(d) - Enfin, d’un point de vue psycho-sociologique, on peut lire dans ces neuf versets la tension des plus actuelle entre le sentiment qu’à chaque homme d’appartenir à une même humanité (sentiment d’universalité, le fameux « village planétaire »), et en même temps d’être un individu unique (un « je » aujourd’hui par trop mis en avant). On doit y lire aussi la critique du désir de rassembler l’humanité en un seul peuple, ayant une seule langue - en Genèse 11, 1 on nous dit « un seul langage, des mots uns », ce qui signifie bien que ce langage ne dit pas la diversité mais toujours la même chose (= « une pensée unique ») -, une humanité soumise à un pouvoir de fait totalitaire. Nous connaissons tous les mythes de « la langue originelle » (l’indo-européen), de « l’unité originelle » de l’Eglise, mais le texte de Genèse 11 semble là nous dire que Dieu choisit pour l’homme, voire contre l’homme ici, la diversité et pas l’uniformité des races, des couleurs, des langues. Ce texte s’oppose ainsi à tous les totalitarismes, toutes les tentatives d’asservir l’homme à un « langage unique », une « pensée unique », derrière un même drapeau, de mêmes intérêts, qui au bout du compte ne serviraient que des puissants qui se posent comme rois, voire comme « dieux » lorsqu’ils poussent les hommes à enfreindre les interdits, les lois naturelles, pour dominer la Création.
- L’homme cause de malheurs dans la Création : Apocalypse 6-9 et Ap 16.
Dans ces textes, nous lisons le regroupement d’un ensemble de catastrophes qui depuis toujours ont marqué la vie sur terre : tremblements de terre (cf. Ap 6, 12), chutes d’objets célestes (cf. Ap 6, 13), grêle et foudre (cf. Ap 8, 7), volcanisme (cf. Ap 8, 8, décrit bien ce qui est arrivé à Pompéi quelques années avant la rédaction de l’Apocalypse). Quant aux eaux qui se changent en « sang », nous avons là la description des crus des fleuves chargés de ce limon qui apportait la fertilité en étouffant parfois momentanément toute vie aquatique.
Aujourd’hui, l’actualité peut nous faire lire ces textes (qui ne prédisent pas vraiment l’avenir mais disent d’abord l’aujourd’hui de nos vies) de manière différente, pour voir derrière ces catastrophes non seulement des causes naturelles, mais aussi l’œuvre de l’homme contre la Création : feux de forêts accentuant la déforestation, pollution des mers et des rivières (où le pétrole, les métaux lourds, le cyanure, remplacent « le sang »), rejets de gaz à effet de serre déréglant le climat en accentuant le réchauffement de la terre… sans oublier les « quatre cavaliers » d’Apocalypse 6, 1-8 : la guerre, la famine, la pestilence, la mort… malheureusement toujours présents dans l’histoire des hommes car résultant du penchant de l’homme à choisir le Mal au lieu du Bien (cf. Genèse 3).

- Séance 6 : Le don de la Loi, créateur d’espaces de liberté et ferment du pacte social.
- Textes : Exode 20 et Deutéronome 5 et 6 (le Décalogue) ; Matthieu 5 à 7 (le Sermon sur la montagne).

Bibliographie complémentaire

- MARTIN-ACHARD Robert, « La Loi, don de Dieu », Edition du Moulin, 1987.


- Introduction.
Loi / Torah / nomos / lex.

En hébreu, la racine yarah du mot torah a pour sens : « lancer », « montrer du doigt ou de la main » = « indiquer une direction ». Dans la Bible, le sens de torah est celui de : « direction à prendre », « d’instruction », « d’Enseignement » = « direction droite de vie donnée par le Seigneur Dieu à l’homme ».

Reste que le terme même de Loi est insuffisant pour marquer la plénitude du mot hébreu Torah, que l’on n’a pu réduire à « Loi » qu’à cause de sa traduction, dans la Septante, dans la terminologie grecque nomos. Car Torah, en hébreu, ce n’est pas « l’Ordre », mais une « Orientation », donc pas la loi, au sens aujourd’hui habituel de ce terme, mais « la Voie » (la route) - comme dans le Taoïsme -. Car la Torah est d’abord « Parole », c’est « le Verbe » d’éternité ! Par elle l’homme se sait « fils de Dieu » et apprend à connaître qu’elle est sa « vocation » dans la Création. Elle est ainsi « le Chemin, la Vérité, la Vie », autrement dit, pour le chrétien : la personne même de Jésus-Christ (cf. Jn 14, 6), le modèle divin qui permet à l’homme de retrouver en lui la plénitude de « l’Image de Dieu ». La Loi est aussi « Alliance », marque d’une relation sans cesse renouvelée entre Dieu et les hommes : « Alliance noachique » qui inclue toute la Création (cf. Genèse 8, 15 - 9, 17), « Alliance abrahamique » qui inscrit tous les peuples de la terre dans une même filiation symbolique, donc dans une fraternité universelle (cf. Genèse 12, 1-3), « Alliance Mosaïque » qui donne aux hommes des repères pour leur vie, le cadre d’un « vivre ensemble » harmonieux (cf. Exode 20, 1-17 et Deutéronome 5, 1-22). Toutes ces Alliances qui comprennent chacune des « prescriptions » ne sont pas là pour entraver de manière contraignante ce « Libre Arbitre » donné à l’homme dans les commencements, mais, pour arracher l’homme au désespoir de sa condition charnelle (sa nature animale) en l’aidant à atteindre sa vocation spirituelle.

Enfin, la Torah de Dieu n’est jamais imposée, elle n’est pas non plus octroyée à des « sujets » plus ou moins libres, elle est « donnée » pour être librement reçue. En cela, elle diffère des lois naturelles ou des lois humaines, n’étant jamais unilatérale mais au contraire toujours inscrite dans le cadre d’une relation, d’une Alliance, qui se renouvelle de génération en génération.

- Exemple de passages bibliques relevant de la « Loi du Seigneur » :
.1. Exode 20 et Deutéronome 5-6 : « Dix Paroles » données aux hommes pour organiser le « vivre ensemble ».
.2. Lévitique 18 : prescriptions relatives aux moeurs (ces prescriptions donnent des repères indépassables qui mettent en avant le strict respect de l’Altérité dans les relations entre les hommes : Altérité entre l’homme et l’animal (interdit de la zoophilie), entre l’homme et la femme (interdit de l’homosexualité), entre parents et parents et enfants (interdit de l’inceste), enfin, respect des liens matrimoniaux (interdit de l’adultère, source de confusion dans la filiation).
.3. Lévitique 19 : prescriptions économiques et éthiques (être solidaire et responsable).
.4. Lévitique 19, 32-35 : accueillir et aimer l’étranger (un des grands commandements).
.5. Lévitique 25 : l’année sabbatique et l’année du Jubilé (pour lutter contre l’injustice).
.6. Matthieu 5-7 : « le Sermon sur la montagne » ou « comment suivre Jésus le Christ ».
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