Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu»








télécharger 237.43 Kb.
titreBibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu»
page3/6
date de publication06.01.2017
taille237.43 Kb.
typeBibliographie
b.21-bal.com > histoire > Bibliographie
1   2   3   4   5   6

- CHAUVIN Jacques, « Job l’insoumis », Edition du Moulin, 1994.

- De PURY Roland, « Job, ou l’homme révolté », Labor et Fides, 1982.

- STEINMANN Jean, « Job, témoin de la souffrance humaine », Cerf, 1969.

- « Job et le silence de Dieu », Ouvrage Collectif, Revue Concilium 189, 1983.

« Une libre volonté est offerte à tout homme.

S’il désire se diriger dans la bonne voie et devenir juste,

la volonté de le faire est entre ses mains,

et s’il désire se diriger dans le chemin du mal et devenir méchant,

la volonté de le faire est entre ses mains. »

Rabbi Moshe Ben Maïmon dit Maïmonide (1135-1204)
Dans mon propos d’aujourd’hui, je ne veux ni expliquer l’origine ni le pourquoi du mal dans la Création, mais analyser quelques unes de ses manifestations dans les récits bibliques, notamment le Livre de Job, et présenter la position de quelques théologiens sur ce sujet.

A propos du « Mal », Henri Debluë a écrit dans la préface de son « Job » : « Comme l’amour et l’espérance, comme notre vie et notre mort, le mal est un mystère auquel ne répond que le mystère de Dieu et, pour le chrétien, la souffrance de Dieu. Le mal n’est pas un problème que l’on pourrait résoudre un jour, il est un mystère qui défie à jamais la raison. Aucune idéologie ne peut expliquer le mal, aucune théologie, aucune philosophie, aucune science, aucune conception politique, aucune science des profondeurs. »

Reste que ce problème du Mal et de la souffrance, pose aux chrétiens, comme à tout croyant, cette question redoutable : Comment se fait-il qu’un Dieu que l’on dit « Bon », permette la misère, l’injustice, la souffrance et la mort ?

En effet, au regard de ce qui se passe dans le monde, on peut trouver incohérente et absurde la foi chrétienne en un « Dieu d’Amour ». Cette interrogation n’a rien de théorique, car elle touche au vécu de chacun de nous.
- Genèse 3 et 1 Rois 22, 19-37.
Le récit de la « tentation » en Genèse 3, nous fait nous confronter à cette expérience du Mal qui reste profondément inscrite dans la réalité et la destinée humaine.

Dans cette histoire, nous découvrons que cet Humain créé à l’Image de Dieu pour être son chantre et son liturge dans la création (cf. Genèse 1) et son vice-roi sur la terre (cf. Psaume 8), s’est détourné de son Créateur, en se laissant entraîner par une puissance que la Bible nomme « le Péché ». Or, c’est ce « Péché » - dans l’hébreu ou le grec biblique = le fait de s’écarter du bon chemin, de s’égarer, de transgresser, de se révolter -, qui expose l’homme à la souffrance, à la mort, à la rupture de la communion avec Dieu, et plus tragiquement encore, à concevoir et à vouloir le mal.

Mais notre texte de Genèse 3, avec cette figure du « serpent » identifiant « l’Epreuve » et « la Tentation », ne nous dit pas grand chose sur l’origine même de cette « puissance de mensonge et de séduction » qui tente l’homme et cause son asservissement et son aliénation au Mal. Sur cette question, le passage de 1 Rois 22, 19sq offre une piste plus intéressante avec cet « esprit de mensonge » provenant de l’entourage même de Dieu et recevant de lui l’autorisation de faire « chuter » le roi Achab, un peu comme le « satan » en Job 1, 6 - 2, 10. Dans ces cas, comme en Esaïe 47, 5, Dieu serait la cause ultime du Mal (par « monisme » ?).
- Job et le Mystère du Mal dans la Création.
Voilà un homme dont on pouvait dire qu’il avait tout pour être heureux : il était riche, bien entouré, en bonne santé, et sa piété était grande. Cet homme comblé par la vie semblait irréprochable, mais voilà que devant Dieu va se dresser un « accusateur », le « satan », qui va mettre en doute la piété « désintéressée » de Job. Cet « Accusateur » va proposer qu’on retire à Job tous ses biens pour éprouver sa foi (Job 1, 6-12). Job va tout perdre, ses troupeaux, ses serviteurs et mêmes ses enfants, mais contre toute attente, il continue à louer Dieu en disant : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris » (Job 1, 21). Alors, une seconde fois, le satan va se lever et, de nouveau, le Seigneur va lui laisser tenter Job à sa manière, en lui envoyant cette fois une terrible maladie de peau qui signalera aux yeux de tous son impureté. Et Job, contre l’avis de sa femme, ne maudira pas Dieu pour cela (Job 2, 10), il reste dans l’idée qu’il faut accepter son destin, aussi dur soit-il, car il tient de Dieu. Mais peu à peu il entre dans une profonde dépression qui l’amène à espérer désespérément la mort (Job 3). C’est au verset 20 de ce chapitre 3 que l’on trouve clairement posée la question de l’existence du Mal et de son rapport avec la volonté de Dieu : « Pourquoi (Dieu) donne-t-il la lumière (le jour) à celui qui peine (souffre), et la vie aux ulcérés (maudits) ? »

C’est au coeur de ce profond désespoir, de cette souffrance sans issue, qu’arrivent les amis de Job qui vont expliquer, à leur manière, l’origine des malheurs dont il souffre. L’auteur de ce Livre poétique va ainsi résumer, et critiquer en même temps, les différents discours qu’on avait alors sur « l’origine du Mal » et « la Justice de Dieu » :

.1. Pour Eliphaz (Jb 4-5 ; 15 et 22), le malheur, la souffrance, correspond à une rétribution automatique de ce que l’on a fait de mal. Job paye ici quelque faute secrète qu’il doit chercher, confesser, avant se soumettre au Jugement de Dieu.

.2. Pour Bildad (Jb 8 ; 18 et 25), la souffrance est une « sage et cohérente » rétribution de Dieu pour nos fautes ou celles d’un de nos proches, toute faute se payant tôt ou tard !

.3. Pour Sophar (Jb 11 et 20), la souffrance est le fruit de « la Sagesse insondable » de Dieu, qu’on ne peu comprendre, « malheur » qui, de plus, sert toujours à quelque chose.

.4. Pour Elihou (Jb 32-37), toutes ces tentatives de réponses sont absurdes, car Dieu est trop grand pour rendre compte aux hommes de ce qu’il fait (Jb 33, 12). On ne peut ni comprendre, ni discuter ses voies, ni même dialoguer avec lui. Par le Mal, il nous avertit.

Job va entendre ces arguments que nous même nous entendons trop souvent : « tu as péché, tu es puni », ou bien « un des tiens a péché, et ses fautes retombent sur toi », ou encore « arrête de te plaindre, c’est le destin ; la souffrance est un Mystère, Dieu sait ce qu’il fait ». Mais Job ne veut pas discuter de l’origine de ses souffrances, il veut seulement les crier, en parler face à face avec son Créateur. Comme lui, nous devons refuser les explications toutes faites et les raccourcis de toutes sortes, car le plus important n’est-ce pas d’entrevoir au coeur même de nos détresses, la possibilité de rencontrer Dieu en vérité ?
- Quelques positions de théologiens protestants sur la question du Mal.
- Jean Calvin (Réformateur français / 1509-1564).

Pour lui le Mal est voulu et envoyé par Dieu, il n’y a pas de hasard, Dieu gouverne tout par sa Providence, mais on ne doit rien en conclure, cela nous dépasse ! Dieu peut ainsi se servir du diable et de ceux qui font le mal pour servir des desseins plus grands. Ici, ce n’est pas Dieu qui est coupable, mais l’homme.
- Wilfred Monod (Pasteur et théologien réformé français / 1867-1943).

Le Mal est pour Monod contraire à la volonté du Dieu d’Amour, il est lié au démiurge et au cosmos créé par ce-dernier (à la limite d’une théologie dualiste). L’existence de la souffrance dans la Création est pour lui la preuve de la faiblesse de Dieu, et du fait qu’il ne règne pas encore sur la terre. L’être humain, victime et responsable, doit lutter avec le Christ contre le mal.
- Karl Barth (Théologien réformé suisse / 1886-1968).

Pour Barth, comme chez Calvin, la « Toute-puissance » de Dieu régit tout dans l’Univers, et donc, comme pour le Réformateur genevois, le Mal (= la non-existence) est voulu et envoyé par Dieu. La souffrance est un faux problème qui disparaît avec la foi, qui seule peut nous décentrer de nous même. Si Dieu accompagne l’homme et le dirige, ce dernier reste néanmoins libre et responsable.
- Paul Tillich (Théologien luthérien allemand / 1886-1965).

Pour Tillich, le Mal attaque Dieu tout en se fondant en lui. De même, Dieu n’agit pas sur les événements mais sur ce qui nous fonde. Dans ce contexte, l’homme est à la fois victime et coupable, notamment quand il coupe toute relation avec ce qui est « le fondement » même de son être : Dieu.

- Emile Brunner (Théologien luthérien allemand / 1889-1966).

Pour Brunner, le Mal est permis mais non voulu par Dieu. Il est dû au mauvais usage que fait l’homme de la liberté donnée par Dieu. De toute façon, la question ne trouvera pas de solution par le savoir, mais dans une attitude existentielle, une révélation personnelle : quelqu’un s’occupe de moi ! Enfin, la responsabilité de l’homme est limitée par l’action du démon (personnalisation du Mal).
Au final, sur la question des rapports de Dieu avec le Mal, les Théologiens peuvent être rangés en 4 catégories :
.1. Ceux qui essayent, comme Calvin ou Barth (idem dans l’Eglise Catholique, à la suite de Thomas d’Aquin ou dans l’Islam), de rendre acceptable l’affirmation que c’est Dieu qui envoie le Mal. Le Mal n’est pas absurde ou inacceptable, il a toujours une raison profonde ou il est pédagogique : « le Mal participe au Bien ». C’est le point de vue des amis de Job, qui nient son expérience du mal et l’invitent à ne plus se révolter et à accepter la volonté de Dieu (ce que Job refusera toujours).

.2. Pour d’autres, comme les théologiens luthériens Brunner ou Bultmann, le Mal vient uniquement de l’action de l’homme, car tout ce qui vient de Dieu ne peut être que « bon » (cf. Genèse 1). C’est l’homme, par sa désobéissance, qui a introduit le Mal dans le monde (cf. Genèse 3), et cette capacité à faire le mal, vient de la « liberté » donnée à l’homme par Dieu, qui a créé non pas le Mal, mais la possibilité du mal (cf. « l’arbre de la connaissance de ce qui est bon et de ce qui est mauvais » de Genèse 2, 9).

.3. Ceux qui face à cette question tiennent, comme Monod, voire Tillich, une position plus au moins « dualiste » (= le dieu créateur est différent du Dieu Sauveur). Refusant l’idée que le Dieu Sauveur (tout Amour) puisse avoir créé ou envoyé le Mal. On va ici affirmer que le Mal vient d’ailleurs, qu’il est contre Dieu et que Dieu ne peut l’empêcher mais lutte avec nous contre. Pour Monod, le Mal provient d’un démiurge, « adversaire » de Dieu ; pour Tillich, cette « puissance ennemie » c’est toutes les forces du « non-être », la foi étant ici, au-delà de tout renoncement, de toute révolte, dans « un courage d’être ».

.4. Enfin, nous pouvons poser une dernière catégorie de théologiens qui mettent plutôt en avant l’impossibilité de pouvoir donner une explication au Mal, qui demeure un « Mystère » que nous ne pouvons comprendre. Peut en importe l’origine, les causes ou les raisons, l’essentiel est de le combattre en faisant confiance en un Dieu qui nous accompagne et nous visite dans la souffrance, un Dieu qui lui-même a souffert, un Dieu que l’on rencontre non pas dans sa « Toute-puissance » mais crucifié sur le bois de la Croix. C’est ce Dieu avec qui Job veut entrer en dialogue, c’est aussi ce « Dieu avec » qui a appelé Moïse du milieu du « buisson ardent » et s’est incarné dans le Christ Jésus, l’Emmanuel, « Dieu avec nous ». Ici, la souffrance et le Mal demeurent un scandale inacceptable tant pour les hommes que pour Dieu, il n’y a aucune réponse à donner (cf. Luc 13, 1-4 et Jean 9, 1-12) que de montrer la direction de la Croix : c’est là l’occasion de rencontrer Dieu en son Fils unique Jésus-Christ venu s’incarner dans nos vies pour en partager les joies et les souffrances.

- Séance 5 : L’homme contre la Création.
- Textes : Genèse 4 (Caïn et Abel) ; Genèse 11, 1-9 (Babel) ; Apocalypse 6 à 9 et Apocalypse 15 à 16.

Bibliographie complémentaire

- « Caïn et Abel », in Revue Le monde de la Bible N° 105 de juillet-août 1997.

- CUVILLIER Elian, « L’Apocalypse... c’était demain », Edition du Moulin, 1987.

- « Pour lire les textes bibliques », ouvrage collectif du CRDP de l’académie de Créteil, 1998.

- La violence et le meurtre contre la Création : Genèse 4, « Caïn et Abel ».
Quelques pistes pour entretenir notre réflexion sur Genèse 4, 1-16 :
(a) - D’un point de vue historique, ce « mythe » a peut-être pour origine le conflit ancestral qui opposait les Qénites, une des populations qui occupaient Canaan avant l’arrivée des Hébreux, avec les « anciens Israélites » les premiers étant des agriculteurs sédentaires, les seconds des éleveurs nomades.
(b) - D’un point de vue psycho-sociologique, certains ont pu voir dans ce texte « un drame fondateur », indice de l’inscription de la violence et du meurtre dès le début de la socialisation de l’homme, voire de la présence de ce « désir » au sein même de la cellule familiale.
(c) - D’un point de vue psycho-anthropologique, c’est sans doute l’angle d’analyse le plus intéressant, ce texte nous décrit le cheminement du « désir maternel » à l’œuvre dans le fils, et ses conséquences dans le comportement de celui-ci devant Dieu. La « vérité » de ce passage se cache peut-être derrière l’étymologie des noms des deux frères ?

- Eve dit : « j’ai acquis », en hébreu qanithi, « un fils avec le Seigneur » : qayîn/Caïn. Devenu adulte, celui-ci tua son frère Abel parce qu’il était « jaloux », en hébreu qena’.

- Si Eve accueille son fils aîné par une parole de reconnaissance, elle reste silencieuse pour son second fils, Abel, dont le nom évoque en hébreu « l’inconsistance », le « rien » : hèbèl (= souffle, vapeur, buée), comme dans ces paroles de l’Ecclésiaste : « vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanités des vanités, tout est vanité (= « rien n’a de sens », en Qo 1, 2).
1   2   3   4   5   6

similaire:

Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu» iconÀ qui de droit et tous les lectrices/teurs
1 Au commencement Dieu créa le ciel et la terre Et Dieu dit : Que la terre se

Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu» iconAux prêtres et aux diacres
«Dieu est amour» (Deus caritas est): tout provient de l’amour de Dieu, par lui tout prend forme et tout tend vers lui. L’amour est...

Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu» iconSous préfecture de largentière affaire suivie par Jean-François martin...

Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu» iconHôtel-Dieu Mont Saint-Martin Projet Médical
«Hôtel-Dieu» de Mont St Martin (msm) est le seul hôpital implanté sur un bassin de 120 000 habitants et 26 communes. La population...

Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu» iconSuperieur et de la recherche un Peuple Un But Une Foi
...

Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu» iconChapitre III sciences Error: Reference source not found
«Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?» Error: Reference source not found

Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu» iconBibliographie thématique restreinte (1995-2006) Vous pouvez consulter...

Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu» iconBibliographie “Peripherie und Zentrum”
Bibliographie récapitulative” in: Haïti: Lettres et l’être, Toronto: gref 1982

Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu» iconNaissance de l'ordinateur

Bibliographie bottero jean, «Naissance de Dieu» iconLa naissance du cinéMA








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com