Traduction de l’Allemand par le Dr. S. Jankélévitch en 1923 revue par l’auteur








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Les états de dépendance du moi

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Si aucun des titres que nous donnons à nos chapitres ne correspond tout à fait au contenu de ceux-ci et si nous sommes obligés, pour étudier de nouveaux rapports, de reprendre des considérations dont le développement pouvait sembler épuisé, il faut en voir la cause dans l'extrême complexité du sujet que nous traitons.
C'est ainsi que nous avons dit à plusieurs reprises que le Moi est formé en grande partie d'identifications, lesquelles proviennent de fixations érotiques détournées du Ça, que les premières de ces identifications se comportent toujours dans le Moi comme une instance particulière, en s'opposant au Moi en qualité de SurMoi, et que le Moi lui-même, à mesure qu'il gagne en force et en cohésion, devient plus tard capable de résister davantage aux influences exercées par ces identifications. Le Sur-Moi doit la place qu'il occupe dans le Moi, ou, si l'on veut, l'attitude qu'il observe à l'égard du Moi, à un facteur qui présente une double importance et doit, par conséquent, être apprécié à un double point de vue en premier lieu, il représente la première identification qui s'est produite, alors que le Moi était encore faible en deuxième lieu, il est l'héritier du complexe d’Oedipe et, comme tel, il a introduit dans le Moi les objets les plus appréciés. Dans une certaine mesure, il est aux modifications ultérieures du Moi ce que la phase sexuelle primaire de l'enfance est à la vie sexuelle qui suit la puberté. Tout en restant accessible à toutes les influences ultérieures, il n'en garde pas moins toute la vie durant le caractère qu'il doit à ses origines remontant au complexe, c'est-à-dire le pouvoir de s'opposer au Moi et de le dominer. Il représente la trace durable de la faiblesse et de la dépendance anciennes du Moi et manifeste sa prédominance, alors même que celui-ci a déjà atteint sa pleine maturité. De même que l'enfant se trouve contraint d'obéir à ses parents, le Moi se soumet à l'impératif catégorique du Sur-Moi.
Mais le fait qu'il provient des premières fixations du Ça, c'est-à-dire du Complexe d’Oedipe, présente pour le Sur-Moi une signification encore plus grande. C'est, ainsi que nous l'avons déjà montré, grâce à ce fait qu'il se trouve mis en rapport avec les acquisitions phylogéniques du Ça et constitue la réincarnation de tous les anciens Moi qui ont laissé leur trace et leur dépôt dans le Ça. A la faveur de cette circonstance, le Sur-Moi reste toujours en contact étroit avec le Ça et peut représenter celui-ci auprès du Moi. Il plonge profondément dans le Ça et est, de ce fait, beaucoup plus éloigné de la conscience que le Moi 1.
Pour bien comprendre ces rapports, nous n'avons qu'à nous rappeler cer­tains faits cliniques connus depuis longtemps, mais attendant encore leur élaboration théorique.
Certaines personnes se comportent, au cours du travail analytique, d'une façon tout à fait singulière. Quand on leur donne de l'espoir et qu'on leur montre qu'on est satisfait de la marche du traitement, ils paraissent mécontents et leur état subjectif s'aggrave régulièrement. On voit d'abord dans ce fait une manifestation de leur esprit de contradiction et le désir de montrer leur sup­riorité sur le médecin. Mais on ne tarde pas à constater qu'il s'agit d'un phéno­mène beaucoup plus profond. On s'aperçoit non seulement que ces personnes sont incapables de louange et de reconnaissance, mais aussi qu'elles réagissent aux progrès du traitement d'une manière opposée à celle à laquelle on pourrait s'attendre en toute logique. Tout progrès partiel qui devrait avoir, et a effecti­vement chez d'autres pour conséquence une amélioration ou une disparition passagère des symptômes, se traduit chez elles par une aggravation momen­tanée de leur mal, et leur état, au lieu de s'améliorer, s'aggrave au cours du traitement. Elles présentent ce qu'on appelle la réaction théra­peutique négative.
Il est hors de doute que, chez ces personnes, quelque chose s'oppose à leur rétablissement, dont l'approche est redouté comme un danger. On dit que, chez elles, prédomine, non la volonté de guérir, mais le besoin d'être malade. Lorsqu'on analyse cette résistance par les moyens habituels, lorsqu'on en dissocie l'attitude de provocation à l'égard du médecin et la fixation à telles ou telles formes d'aggravation morbide, on constate que ce qui subsiste constitue l'obstacle le plus puissant au rétablissement, plus puissant que ceux représen­tés par le narcissisme réfractaire, par l'attitude négative à l'égard du médecin et par le désir du malade d'obtenir une aggravation de son état.
On constate notamment qu'il s'agit d'un facteur pour ainsi dire « moral », d'un sentiment de culpabilité qui trouve sa satisfaction dans la maladie et ne veut pas renoncer au châtiment représenté par la souffrance. Constatation peu consolante, mais devant laquelle il faut s'incliner. Pour le malade cependant ce sentiment de culpabilité reste muet, il ne lui dit pas qu'il est coupable; et lui-même se sent, non coupable, mais malade. Ce sentiment se manifeste seu­le­ment sous la forme d'une résistance, difficile à vaincre, au rétablisse­ment. Il est non moins difficile de convaincre le malade que telle est la véritable raison de sa résistance ; il s'en tiendra plutôt à l'explication qui se présente plus naturellement à son esprit, à savoir que le traitement analytique n'est pas celui dont il puisse attendre la guérison 1.
La description que nous venons de donner s'applique aux cas les plus extrêmes, mais probablement aussi, dans une mesure plus atténuée, à beau­coup de névroses, peut-être à toutes les névroses graves. On peut même se demander si ce n'est pas ce facteur, c'est-à-dire la manière dont se comporte le Moi idéal, qui joue un rôle décisif dans la gravité plus ou moins grande d'une affection névrotique. Aussi croyons-nous devoir ajouter quelques remarques au sujet de la manifestation du sentiment de culpabilité dans des circonstances diverses.
Le sentiment de culpabilité normal, conscient (scrupules de conscience) n'offre à l'interprétation aucune difficulté; il repose sur l'état de tension qui existe entre le Moi et le Moi idéal, il est l'expression d'une condamnation du Moi par son instance critique. Les sentiments d'infériorité qu'éprouvent les névrotiques se prêtent assez bien à cette explication. Dans deux affections qui nous sont bien familières, le sentiment d'infériorité est intensément conscient; le Moi idéal fait alors preuve d'une rigueur particulière et sévit contre le Moi d'une façon souvent cruelle. En dehors de ce trait commun, les deux affections auxquelles nous faisons allusion, la névrose obsessionnelle et la mélancolie, présentent des différences, à leur tour significatives, quant au mode de com­portement du Moi idéal.
Dans la névrose obsessionnelle (ou, du moins, dans certaines de ses for­mes), le sentiment de culpabilité affecte un caractère aigu, mais ne réussit pas à se justifier aux yeux du Moi. Aussi le Moi du malade se dresse-t-il contre ce sentiment, contre l'accusation de culpabilité dont il est accablé par le Moi idéal et demande au médecin de le soutenir, de l'appuyer dans la lutte contre ce sentiment. Il serait absurde de lui céder sur ce point, car ce serait là tenter de vains efforts. L'analyse montre que le Sur-Moi subit des influences qui restent inconnues au Moi. On réussit effectivement à découvrir les impulsions refoulées qui alimentent le sentiment de culpabilité. Le Sur-Moi se montre mieux renseigné que ne l'est le Moi et le Ça inconscient.
Dans la mélancolie, on a l'impression encore plus nette que le Sur-Moi a attiré la conscience de son côté. Mais cette fois le Moi n'élève plus aucune protestation, il se reconnaît coupable et se soumet au châtiment. Nous com­prenons cette différence d'attitude à l'égard du sentiment de culpabilité qui existe entre la névrose obsessionnelle et la mélancolie. Dans la première, il s'agit de tendances choquantes qui sont restées en dehors du Moi ; dans la mélancolie, au contraire, le Moi s'est assimilé par identification l'objet contre lequel est dirigée la colère du Sur-Moi.
Sans doute, le fait que le sentiment de culpabilité affecte dans ces deux maladies névrotiques une intensité si extraordinaire, n'est pas de ceux qui peuvent se passer d'explication ; mais le principal problème qui se pose à pro­pos de cette situation se trouve ailleurs. Nous nous en occuperons, après avoir passé en revue les autres cas dans lesquels le sentiment de culpabilité reste inconscient.
Ces cas sont représentés principalement par l'hystérie et par les états du type hystérique. Le mécanisme à la faveur duquel le sentiment de culpabilité y reste inconscient est facile à découvrir. Le Moi hystérique se défend contre la perception pénible dont il est menacé par son Sur-Moi critique, de la même manière dont il se défend généralement contre une intolérable fixation à un objet : par un acte de refoulement. C'est donc le Moi qui est la cause de l'état inconscient du sentiment de culpabilité. Nous savons par ailleurs que le Moi effectue la plupart des refoulements pour le compte du Sur-Moi et à ses lieu et place ; mais, cette fois, il se sert de la même arme contre son maître sévère. On sait que dans la névrose obsessionnelle les formations réactives jouent un rôle prédominant; ici le Moi ne réussit qu'à maintenir à distance les matériaux auxquels se rapporte le sentiment de culpabilité.
On peut aller plus loin et hasarder l'hypothèse qu'à l'état normal le senti­ment de culpabilité doit rester en grande partie inconscient, ce qu'on appelle les scrupules de conscience se rattachant intimement au Complexe d’Oedipe qui fait partie de l'inconscient. S'il se trouvait quelqu'un pour émettre ce paradoxe que l'homme normal n'est pas seulement plus immoral qu'il le croit, mais aussi plus moral qu'il ne s'en doute, la psychanalyse, dont les données servent de base à la première partie de cette proposition, n'aurait aucune objection à élever contre la seconde 1.
Ce fut une surprise de constater que lorsqu'il a atteint un certain degré d'intensité, ce sentiment de culpabilité inconscient pouvait faire d'un homme un criminel. La chose est pourtant certaine. On trouve chez beaucoup de criminels jeunes, un puissant sentiment de culpabilité, antérieur, et non consé­cutif au crime ; un sentiment qui a été le mobile du crime, comme si le sujet avait trouvé un soulagement à rattacher ce sentiment inconscient à quelque chose de réel et d'actuel.
Dans toutes ces occasions se manifestent l'indépendance du Sur-Moi par rapport au Moi et les liens intimes qui le rattachent au Ça inconscient. Or, étant donné le rôle que nous avons assigné aux traces verbales inconscientes qui existent dans le Moi, on peut se demander si le Sur-Moi, lorsqu'il est inconscient, ne se compose pas de ces traces verbales ou de quelque chose d'analogue. Notre réponse à cette question sera modeste et réservée : nous dirons notamment que si le Sur-Moi ne peut renier ses origines acoustiques, que s'il est vrai qu'il forme une partie du Moi et que ces représentations ver­bales (notions, abstractions) sont plutôt de nature à le rendre accessible à la conscience, il est également vrai que l'énergie de fixation inhérente à ces contenus du Sur-Moi provient, non des perceptions auditives, de l'enseigne­ment ou de la lecture, mais de sources ayant leur siège dans le Ça.
La question dont nous avons dit plus haut que nous en différions la dis­cussion, est la suivante : comment se fait-il que le Sur-Moi se manifeste principalement comme un sentiment de culpabilité (ou, plutôt, comme une instance critique, le sentiment de culpabilité étant la forme sous laquelle le Moi perçoit cette critique) et qu'il fasse preuve en même temps d'une sévérité si dure et impitoyable à l'égard du Moi ? En ce qui concerne tout d'abord la mélancolie, nous trouvons que le Sur-Moi, très puissant, qui a attiré la conscience de son côté, sévit contre le Moi avec une violence inouïe, comme s'il avait accaparé tout le sadisme dont dispose l'individu. Étant donnée notre manière de concevoir le sadisme, nous dirions que l'élément destructif s'est déposé dans le Sur-Moi et dirigé contre le Moi. Ce qui désormais domine dans le Sur-Moi, c'est une sorte de culture pure de l'instinct de mort qui réussit sou­vent à pousser le Moi à la mort, lorsque celui-ci n'a pas eu la précaution de se réfugier au préalable dans la manie.
Non moins pénibles et torturants sont les reproches de la conscience dans certaines formes de la névrose obsessionnelle, mais ici la situation est moins apparente. Il est à noter que, contrairement à ce qui se passe dans la mélan­colie, le malade atteint de névrose obsessionnelle ne franchit jamais le pas qui le sépare du suicide, on dirait même qu'il est immunisé contre le danger de suicide, en tout cas, il est mieux protégé contre ce danger que l'hystérique. Nous nous rendons fort bien compte que ce qui assure la sécurité du Moi, c'est le maintien, la conservation de l'objet. Dans la névrose obsessionnelle, c'est la régression vers l'organisation prégénitale qui rend possible la transformation des impulsions amoureuses en impulsions agressives contre l'objet. L'instinct de destruction ayant ainsi recouvré sa liberté, veut anéantir l'objet ou semble tout au moins avoir cette intention. Le Moi n'a pas adopté ces tendances, il y résiste par toutes sortes de formations réactionnelles et de mesures de précau­tion, si bien qu'elles restent dans le Ça. Mais le Sur-Moi se comporte comme si c'était le Moi qui était responsable de ces tendances, et le sérieux avec lequel il cherche à réaliser ses desseins de destruction, montre bien qu'il s'agit, non d'une apparence provoquée par la régression, mais d'une substitution réelle et véritable de la haine à l'amour. Impuissant des deux côtés, le Moi se défend en vain entre les suggestions du Ça meurtrier et contre les reproches de la conscience qui punit. Il ne réussit à empêcher que les actions les plus grossières de l'un et de l'autre, et il aboutit seulement soit à se torturer lui-même sans fin, soit à torturer systématiquement l'objet, lorsque la chose est possible.
Les dangereux instincts de mort de l'individu subissent des sorts divers : tantôt ils sont rendus inoffensifs grâce à leur mélange avec des éléments érotiques, tantôt ils sont déviés vers le dehors sous une forme aggressive, mais pour la plus grande partie ils poursuivent certainement en toute liberté leur travail intérieur. Comment se fait-il donc que dans la mélancolie le Sur-Moi puisse devenir une sorte de réservoir dans lequel viennent s'accumuler les instincts de mort?
En se plaçant au point de vue de la restriction des instincts, de la moralité, on peut dire : le Ça est tout à fait amoral, le Moi s'efforce d'être moral, le Sur-Moi peut devenir hypermoral et, en même temps, aussi cruel que le Ça. C'est un fait remarquable que moins l'homme devient aggressif par rapport à l'extérieur, plus il devient sévère, c'est-à-dire aggressif dans son Moi idéal. D'après la logique courante, c'est le contraire qui devrait se produire ; elle voit dans l'exigence du Moi idéal une raison justifiant plutôt le renoncement à l'agression. Le fait reste cependant tel que nous l'avons énoncé . plus un hom­me maîtrise son aggressivité, plus son idéal devient agressif contre son Moi. On dirait un déplacement, une orientation vers le Moi. Déjà la morale cou­rante, normale porte le caractère d'un code plein de sévères restrictions, de cruelles prohibitions. C'est d'ailleurs de là que vient la conception de l'être supérieur, impitoyable dans les châtiments qu'il inflige.
Il m'est impossible de tenter une explication de tous ces faits, sans intro­duire une nouvelle hypothèse. Le
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