La reforme de la biologie








télécharger 23.16 Kb.
titreLa reforme de la biologie
date de publication31.03.2017
taille23.16 Kb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > finances > Documentos
LA REFORME DE LA BIOLOGIE


  • La première sensation que l’on éprouve lorsqu’on lit le texte de la réforme de la biologie, c’est sa complexité.

La difficulté que l’on rencontre ensuite, c’est de l’expliquer à la personne qui ne connaît pas ce sujet.

Mais curieusement au bout d’un certain temps, tout cela s’estompe, et l’intention se révèle de façon lumineuse : la réforme de la biologie consiste ni plus ni moins qu’ à tuer une profession derrière un paravent, celui de la qualité, pour la livrer aux financiers.
On imagine ce qu’il s’est passé sur le terrain, avec d’un côté une ministre tout sourire, annonçant à un parterre de communicants la renaissance d’une profession sortie de l’obscurantisme, tout cela pour le bien du patient.
Et de l’autre côté, la réalité sordide liée aux obligations délirantes de cette réforme  : une profession déchiquetée par des contraintes surréalistes et qui sombre dans le désespoir, tout un tissu technique et humain détruit puis remplacé par des structures industrielles déshumanisées gérées par des DRH.

Le spectacle lamentable d’une profession réduite à des livreurs de tubes et des distributeurs à analyses, le risque inhérent d’erreur quand on se coupe du patient et qu’on se borne à le considérer que comme un simple code-barres.
En résumé, une profession à qui l’on rend la vie impossible d’un côté pour l’obliger à céder, et de l’autre, des financiers qui s’approprieront d’une profession médicale sans disposer du moindre savoir.
Par contre, toute une couche sociale moyenne qui pouvait par ses études se réaliser en ouvrant son laboratoire, ne pourra désormais plus le faire, tant les nouvelles contraintes sont intenables et n’aura plus que comme unique horizon que d’être un pion dans un système financier.


  • La réforme de la biologie a été publiée sous forme de l’ordonnance, forme législative excluant le débat classique à l’assemblée. Bien que cela soit facultatif, une ordonnance fait souvent l’objet d’une présentation à l’assemblée nationale, ce qui n’a pas été le cas, afin de ne pas attirer l’attention des députés et faire le moins de bruit possible.




  • Cette réforme s’est faite sous la pression incessante des financiers, et le gouvernement leurs a servi une réforme sur mesure. Ils considèrent l’analyse comme une marchandise, et promettent à ceux qui les écoutent des économies pour le système de santé.




  • Hormis ces pressions, rien ne justifiait cette réforme puisque la biologie répondait aux attentes des patients et ne posait aucun problème sanitaire. Un sondage des années 2000 organisé par LCI révélait, que, après les pompiers, les biologistes étaient ceux en qui les Français le plus confiance !



  • Cette réforme a été préparée en deux ans, ponctués par des réunions mixtes avec les différents représentants de la profession et autorités de tutelle.

Le gouvernement y imposait les règles de la financiarisation sans envisager l’intérêt

du patient ou celui de la profession. De plus la confidentialité était demandée aux différents participants afin de ne pas alerter l’opinion….

1) L’élément phare de cette réforme consiste en l’obligation à tout laboratoire de répondre à « l’accréditation », sorte de cahier des charges, constitué de normes inadaptées et coûteuses d’inspiration industrielle, contrôlées par un organisme privé, le COFRAC.

Le but étant d’utiliser ce fardeau pour obliger un certain nombre de laboratoires à fermer et se faire racheter.

A titre d’exemple pour un laboratoire dont le CA est de 500 000 EURO l’accréditation représenterait par an, directement et indirectement, environ 50 000 euro…

Le COFRAC est un organisme privé qui développe et contrôle la qualité dans un certains nombres de secteurs comme l’agroalimentaire ou l’industriel.

Il n’est absolument pas implanté dans le médical et n’en n’a aucune utilité dans ce secteur.

Pour quelles raisons ?

Tout simplement parce que les facultés de médecine et de pharmacie, sont là pour ça, et permettent aux professionnels de continuer à se former une fois leur diplôme obtenu.

Toutes les professions de santé utilisent cet outil puissant et confraternel pour la formation postuniversitaire.
La biologie constitue le seul secteur à qui on oblige de passer sous le joug du COFRAC, organisme privé !
On imagine sans peine toutes les compromissions qui ont eu lieu pour arriver à ce but vénal et tous les enjeux financiers …


  • 2) L’autre point important est de permettre à un laboratoire d’être « multi site », en clair plusieurs centres de prélèvements, vides de toute machine et de personnel, peuvent être reliés par livreurs à un laboratoire central souvent éloigné.




  • 3) Dernière mesure pour ne laisser aucune chance aux petites structures : la suppression d’un élément indispensable constitué par les «  contrats de collaboration ».

Ces contrats permettaient jusque là à des laboratoires de proximité de se réunir partiellement pour réaliser les analyses les moins fréquentes, tout en permettant à chacun de garder son identité propre.


  • 4) Afin d’accentuer cette démolition, le gouvernement en agissant au niveau du budget de la SS chaque année impose de nouvelles baises tarifaires depuis 6 ans accentuant un peu plus la mort des laboratoires de proximité.


Ainsi, par toutes ces mesures, le tour était joué derrière le paravent rassurant de la qualité …Le business pouvait commencer pour les financiers, et le COFRAC.
L’Europe à reconnu que l’analyse était un acte médical et que les financiers ne devaient pas posséder plus de 25% du capital d’un laboratoire.

Mais dans les faits, ces derniers se mettaient frénétiquement à racheter les laboratoires les uns après les autres.

Ils contournaient la règle des 25% grâce à plusieurs sociétés écrans, difficilement contrôlables, chacune possédant une partie du tout et vidaient ensuite le laboratoire de toutes ses machines, licenciant le personnel.
Et les tubes de sang étaient récupérés par des livreurs direction des usines à analyses souvent éloignées.

Les financiers se feront un grand plaisir de claironner qu’un biologiste suffit pour gérer un plateau qui effectue les analyses de 50 laboratoires avec résultats retournés par fax à la secrétaire.

Ils n’hésiteront pas à influer sur les politiques en leur disant qu’il n’est pas nécessaire d’être BAC +11 pour cela, et demanderont l’ouverture de la biologie à des BAC+2. Bien sûr, ils ne parleront pas la dégradation la qualité du travail et du service.

S’il y a des morts inévitablement à cause de cette organisation inhumaine, ce sera profit et pertes…


  • Comment ne pas douter de la qualité des résultats quand ces tubes auront été ballotés des heures, dans les embouteillages, le froid, ou la canicule ? Ils arriveront, quand ils le pourront, dans ces usines pour y être traités industriellement.

Imaginez la qualité du travail, et l’ambiance qui règne dans ces lieux dédiés à la rentabilité …


  • Les patients et les médecins sont les premiers à ce plaindre de cette nouvelle organisation, au final pas plus économique et pouvant mettre la santé en danger.

En effet, imaginez le cas d’un patient en urgence, devant attendre le bon vouloir du coursier ou être obligé de rendre aux urgences de l’hôpital, pour y faire des analyses…



  • Cette réforme détruit la qualité de la biologie française car elle diminue le nombre de biologistes et techniciens.

Elle appauvri le savoir détenu par cette discipline, où la réflexion et la connaissance intellectuelle ont une place majeure et sont irremplaçables, constituant pour la France d’un rayonnement scientifique et commercial important.



  • La médecine n’est pas un produit industriel, mais un art, et la meilleure qualité d’une analyse c’est avant tout la proximité entre un patient et celui qui réalise ses analyses.

En conclusion, il est impératif de revenir sur cette réforme et annuler les contraintes comme l’accréditation et autoriser les laboratoires à collaborer.

En faisant confiance à rare profession de spécialistes accessibles immédiatement et ne pratiquant pas le dépassement d’honoraires…




similaire:

La reforme de la biologie iconRéforme de la biologie médicale : menace sur le maintien des laboratoires...
«la biologie médicale», dans son rapport en réponse du 2 juillet 2013, recommande notamment à l’État, d’ «assurer un pilotage national...

La reforme de la biologie iconRéforme de la biologie médicale : présence obligatoire d’un biologiste médical sur chaque site

La reforme de la biologie iconRéforme de la formation et du recrutement des enseignants de Sciences de la Vie et de la Terre
«Enseignement svt» réunis en collectif national dénoncent les conditions de mise en place de la réforme de la formation des maîtres...

La reforme de la biologie iconLe but unique de la réforme de la biologie consiste à livrer cette profession aux financiers
«site»après le départ du livreur, et devra perdre un temps précieux pour aller aux urgences de l’hôpital

La reforme de la biologie iconFédération des personnels des services publics et des services de...
«réforme» initié par les lois et ordonnances précédentes «portant réforme hospitalière» depuis 1991

La reforme de la biologie iconRéforme de l’Etat : tentative d‘instaurer un exécutif fort

La reforme de la biologie iconLa réforme des laboratoires d’analyses
«laboratoire multi site» terme trompe l’œil pour désigner un vulgaire centre de prélèvements

La reforme de la biologie icon«La pétition initiée par «les biologistes en colère» contre cette...

La reforme de la biologie iconNée le 8 juillet 1975 à Paris 34 ans, mariée Formation
«Autriche- la reprise de l’exportation et la réforme fiscale accélèrent la croissance Prévisions pour 1999 et 2000»

La reforme de la biologie iconI. Le but de la rÉforme : passer du lycÉe conçu exclusivement comme...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com