Master en sciences et gestion de l’environnement








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3 .2- La consommation du charbon de bois


La consommation annuelle du charbon de bois en Haïti était évaluée en 2000 par le bureau des mines et de l’énergie, à plus de 300. 000 tonnes métriques. De ce total, plus de 70 % sont consommés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et le reste dans les villes de provinces. Le charbon de bois satisfait à lui seul plus de 26 % des besoins énergétique de la population. Il est essentiellement consommé par les ménages des villes (environ 80 % de la quantité de charbon de bois produite en Haïti) et les restaurants informels (les 20 % restant) (BME, 2003).

Selon Régis (2002), la consommation moyenne annuelle des ménages de Port-au-Prince est d’environ 939.5 Kg de charbon de bois.

Le charbon de bois est produit en Haïti avec un rendement massique très faible, soit de 20 % dans le meilleur des cas (BME, 2000). C’est-à-dire 5 Kg de bois, donnent environ 1Kg de charbon de bois dans les meilleures conditions de carbonisation traditionnelle du paysan Haïtien. D’autres sources parlent d’un rendement massique de seulement 10 à 15 % (ESMAP, 2007). Tandis que, les fours métalliques de carbonisation utilisés dans d’autres pays en développement procurent un rendement massique d’environ 35 %. D’autres pertes sont consenties lors du transport, avant d’atteindre la destination finale des grandes villes à cause de l’état critique des routes, surtout en saisons pluvieuses.

Quant aux appareils utilisés par les ménages et les restaurants informels pour la combustion du charbon, ils enregistrent des pertes en chaleur d’environ 80 %, c’est-à- dire un rendement de combustion de seulement 20 % (SAINT JEAN, 2001). Depuis 1997, des efforts d’améliorations des cuisinières traditionnelles ont été entrepris par le CARE Haïti et le BME et des cuisinières à charbon plus performantes (« réchauds miracles ») qui procurent un rendement de combustion d’environ 40% ont été mises sur le marché depuis les années 2000. Cependant, ces cuisinières améliorées sont très peu commercialisées par rapport aux réchauds traditionnels à plus bas rendement qui coûtent moins chers.

Le charbon de bois est essentiellement consommé par les gens les plus pauvres des villes puisque la classe la plus riche utilise surtout des réchauds à gaz. En fait, les gens les plus fortunés ont tendance à sortir de l’utilisation du charbon de bois. Selon SAINT JEAN (2001), environ 60 % des riches des villes n’utilisent pas le charbon de bois.

3.3- La consommation du bois dans les petites et moyennes entreprises (PME)


Les petites entreprises constituent une source non négligeable de consommation du bois. Selon les estimations du bureau des mines et de l’énergie d’Haïti, en 2003, les blanchisseries consomment annuellement entre 25.772 tonnes de bois, les boulangeries 156.000 à 208.000 tonnes, les « guildives » (usines traditionnelles de fabrication d’alcool) plus de 240.000 tonnes, les huileries essentielles (usines d’extraction d’huiles de vétivers…) plus de 50.000 tonnes. A coté de ces unités, d’autres entreprises comme les cassaveries, les confitureries, les restaurants informels, les fours à chaux ont une consommation d’environ 20.000 tonnes. Les guildives et les boulangeries sont les plus grandes consommatrices de bois de feu dans cette filière, comme le montre la Figure 8.



Figure 8 : Consommation en bois des petites et moyennes entreprises en Haiti

Ces micro-entreprises font une pression accrue sur les ressources ligneuses et ce qui est d’autant plus grave c’est le fait de brûler le bois avec les technologies les moins performantes.

La consommation du bois dans les guildives se fait avec un rendement de combustion ne dépassant celui des foyers traditionnels à trois pierres (environ 10 %). Les foyers de combustion du bois de ces entreprises sont constitués d’un four en béton ou en argile sur lequel repose la chaudière de distillation du jus de canne. Deux grandes imperfections sont à la base du mauvais rendement de combustion dans ces foyers (SAINT-DICK, 1999) :

-Etat défectueux et vétusté des chaudières de distillation

-Mauvaise qualité des foyers : la bouche du cendrier et de fourneau se confondent en un seul orifice ce qui provoque une mauvaise aération du four conduisant à une mauvaise combustion du bois.

Les boulangeries traditionnelles, utilisent des fours traditionnels qui donnent un rendement ne dépassant pas « 3 à 10 % dans le meilleur des cas » (BME, 2003). Le four utilisé par les boulangeries est une variation du four à briques utilisé en France aux XVIII siècle. Le pain est cuit grâce à la circulation de la chaleur de convection résultant de la circulation du gaz de combustion à l’intérieur du four. Les pertes de chaleur dans ces fours traditionnels proviennent de trois sources principales:

  • Le mauvais contrôle de l’entrée d’air dans la chambre de combustion à cause de l’absence de portes,

  • Cheminée mal conçue : la conception de la cheminée permet la sortie des fumées par l’entrée du four ou par la chambre de combustion,

  • L’isolant de l’intérieur du four n’est pas adéquat.

A cause de ces différentes pertes, les boulangeries utilisent une quantité de bois supérieur à la quantité qui serait nécessaire.

Du coté des blanchisseries, la majorité d’entre elles utilisent du bois pour produire la pression nécessaire au fonctionnement de leur presse à vapeur. Les chaudières de fabrication locale, utilisées par les blanchisseries procurent une efficacité énergétique d’environ 25 %. Les pertes de chaleur enregistrées sont liées au fait que la porte de la chambre de combustion reste souvent ouverte lors de la combustion et également au quasi inexistence d’un bon système d’isolation (Moïse, 2003).
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