Master en sciences et gestion de l’environnement








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5.2-Récapitulation de l’analyse de la situation existante


L’analyse du système de consommation de la biomasse en Haïti nous permet de signaler, entre autres, quatre facteurs caractéristiques :

  1. Il y a un énorme gaspillage du bois dans toutes les filières de consommation qui est lié à une faiblesse technologique.

  2. Un fort pourcentage du secteur informel rend difficile à l’état de contrôler cette filière.

  3. Il y a une inadéquation entre la consommation et les ressources disponibles, conduisant à une dégradation spectaculaire de l’environnement.

  4. La faiblesse des pouvoirs publics est l’un des facteurs clés à la base de la dégradation environnementale d’Haïti. Les législations sur le bois-énergie ne sont jamais d’application malgré la dégradation de l’environnement, même les parcs et forêts nationaux font la scène de déboisement à des fins énergétiques.

Enfin, l’hypothèse de départ est sans doute vérifiée, la dégradation environnementale d’Haïti est provoquée par une utilisation inadéquate de la biomasse avec des technologies non performantes.

5.3- Inventaires des ressources de biomasse disponibles et alternatives de valorisation


Avec un taux de couverture végétale d’environ 2 %, nous ne pouvons pas proposer pour l’instant, des alternatives pour la valorisation du bois. Par contre, en vertu des analyses que nous venons de réaliser aux points précédents, nous pouvons déduire les apports d’un changement de technologies dans la consommation du bois. Certes, il est à souligner, que des efforts d’améliorations des appareils de combustion du charbon de bois ont été déjà effectués en Haïti, mais n’ont pas eu de succès.

Par ailleurs, il existe deux sources de biomasse potentiellement valorisables et pour lesquelles des alternatives peuvent être envisagées : ce sont la bagasse de canne à sucre et les déchets organiques des grandes villes.

D’autres sources de biomasses existent en Haïti, notamment des résidus de récoltes (pois Congo, sorgho, paille de riz, ...), mais nous n’avons pas de chiffres, en ce qui les concerne. Il y a également une difficulté de les récolter, compte tenu du morcellement des parcelles et prédominance de la polyculture.

5.3.1- La bagasse de canne à sucre


Le potentiel de bagasse disponible en Haïti a été estimé à 140.000 tonnes (ESMAP 2007). Deux alternatives peuvent être envisagées pour la valorisation de cette quantité de bagasse : La fourniture de crédits de modernisation aux petits ateliers de canne à sucre pour consommer de la bagasse ou l’électrification rurale. Avant d’envisager une de ces deux alternatives une étude socio-économique devrait être effectuée pour déterminer laquelle est plus rentable.

Si la production d’électricité est priorisée, plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour cette valorisation, notamment la dispersion de cette ressource. La production de la canne à sucre est effectuée dans des unités très dispersées dans tous le pays (PIERRE, 2005). Partant de cet état de fait, il serait fortement conseillé, dans ce cas, de valoriser cette ressource dans des petites unités de quelques kilowatts. Des gazogènes pourront être utilisés pour produire de l’électricité. Avec cette technologie, 1Kg de bois procure environ 1,25 Kwh d’électricité. Si nous considérons que la bagasse a un PCI d’environ 75 % de celui du bois8, les 140.000 tonnes de bagasse produiront une quantité d’énergie électrique d’environ 131.250.000 KWh (140.000 t *1,25 Kwh*0.75* 103). Cette quantité d’énergie est non négligeable et permettrait d’éclairer des petites villes de province. Cette perspective pourra être envisagée pour éclairer certaines communes d’Haïti où la canne à sucre est la principale culture et où la culture de la canne à sucre est en forte croissance, comme la commune de « Saint Michel de latalaye », « Maïssade », « Thomonde », « Gros morne » (PIERRE, 2005).

5.3.2- Les déchets des villes


Les déchets des grandes villes haïtiennes ont un potentiel énergétique non négligeable. La ville de Port-au-Prince génère environ 3.500 tonnes de déchets ménagers par jour et les 8 autres grandes agglomérations urbaines (Cap Haïtien, Gonaïves, les Cayes, St-marc, Verrette, Jérémie, Port de paix, Limbé) génèrent environ 600 tonnes de déchets ménagers par jour. Ces déchets ménagers contiennent environ 75 % de matières organiques (Centre Wallon de biologie industrielle 1999, citant Corporation Housing Foundation, 1999). Donc nous avons une quantité déchets fermentescibles d’environ 3075 tonnes par jour ((3.500 t +600 t)*75/100).

Cette quantité de matière organique pourrait produire environ 184.500 m3 de méthane par jour soit 67.342.500 m3/an (Voir calculs en annexe). Cette quantité de méthane pourrait être stockée pour être vendue aux ménages à un prix modéré, de manière à les inciter à utiliser du gaz à la place des ressources ligneuses ; ou utilisée pour augmenter la production d’électricité. Une comparaison sur base de PCI et considérant que le gaz est consommé en Haïti avec un rendement de combustion de 55% (Anguélier, 2005), contre 10 à 25% de rendement pour les biocombustibles, montre que cette quantité de méthane procurerait une diminution de plus de 6 % de la récolte annuelle de bois (voir calculs en annexe).

Le développement de cette filière en Haïti présentera de nombreux avantages en plus de la production énergétique comme:

  • Elle permettra d’assainir les grandes agglomérations urbaines. Ce qui contribuera à améliorer les conditions de vie des gens des bidonvilles.

  • Elle permettra de récupérer une quantité importante de méthane qui se dégage dans les grandes villes ou dans les décharges à ciel ouvert quand les déchets sont ramassés.

  • Le compost qui sera généré pourra être utilisé dans le reboisement dans le cas où il n’est pas de bonne qualité pour l’agriculture à cause du tri des déchets.

  • Enfin, elle permettra à l’état haïtien de générer des revenus avec les déchets lui permettant d’assurer une collecte plus rationnelle de ces derniers.


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