Master en sciences et gestion de l’environnement








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V- ANALYSE, INTERPRETATION, CONCLUSION ET PERSPECTIVES

5.1-Analyse et interprétation de la situation existante


L’analyse des différentes utilisations de la biomasse en Haïti fait entendre que la consommation est fortement supérieure à la productivité des formations forestières. Les différentes formes de consommation identifiées engendrent une pression directe sur les formations forestières qui finissent par disparaitre puisque les prélèvements sont supérieurs à l’accroissement.

Cette hausse de la consommation est due au fait que, non seulement, trop de secteurs dans l’économie utilisent les ressources ligneuses, mais aussi avec des appareils de conversion énergétique non performants. La fabrication du charbon de bois ne dépasse jamais un rendement de 20% et la consommation des biocombustibles se fait avec un rendement ne dépassant pas les 10 à 25 %. En fait, la dégradation environnementale d’Haïti est due à l’utilisation massive des ressources ligneuses avec des technologies non performantes occasionnant un gaspillage énergétique. Ce constat ne va pas à l’encontre de celui de SAINT-DICK (1999) affirmant que  le bois-énergie se gaspille en Haïti en dépit de sa rareté. En fait, il ya du gaspillage dans toute la filière du bois-énergie en Haïti.

5.1.1- Le charbon de bois


Du coté de la carbonisation, avec un rendement de conversion ne dépassant pas les 20%, pour produire les 300.000 tonnes métriques de charbon de bois consommées annuellement en Haïti, les charbonniers traditionnels récoltent environ 1. 500.000 tonnes de bois. Tandis qu’avec des meules métalliques, qui procurent couramment un rendement de 35 %, seulement environ 857.143 tonnes métriques de bois auraient été récoltées (300.000/0.35), soit une économie d’environ 642.857 tonnes de bois. Donc, théoriquement, plus de 42 % du poids de bois récolté annuellement pour la production de charbon aurait été épargné. La carbonisation traditionnelle du bois occasionne un énorme gaspillage de produits ligneux. Par ailleurs, il faut souligner qu’en Haïti, cette filière est laissée à la libre initiative du « pauvre charbonnier ». En outre, l’éparpillement à travers tout le pays de petites unités de production de charbon de bois entrave considérablement des innovations techniques dans cette filière. En fait, le pauvre charbonnier commence d’abord par la carbonisation des quelques arbres trouvés sur sa petite propriété, avec des rendements massiques très dérisoires, pour se mettre ensuite à la disposition d’autres propriétaires terriens voulant carboniser quelques arbres sur leur propriété ou se dirige clandestinement vers les domaines de l’état et les réserves nationales.

Du gaspillage peut aussi s’observer dans la consommation du charbon de bois faisant considérablement augmenter la demande. Les réchauds traditionnels couramment utilisés pour la combustion du charbon de bois procurent un rendement de combustion ne dépassant pas les 20 % tandis que les cuisinières à charbon modernes procurent un rendement de combustion de 50 à 70 %. Avec une efficacité de 20%, seulement l’équivalent du PCI de 60.000 tonnes de charbon de bois est récupéré (300.000t*0.20) tandis qu’avec les cuisinières à charbon de bois plus modernes, cette quantité d’énergie pourrait être obtenue en consommant plus ou moins 120.000 tonnes de charbon de bois (60.000/0.5).

D’autres types de cuisinières améliorées du modèle traditionnel haïtien, comme le « réchaud miracle », déjà expérimentées en Haïti qui procurent un rendement de récupération de chaleur de 40% pourraient épargner environ 150.000 tonnes de charbon de bois, soient plus 750.000 tonnes de bois qui seraient économisées même avec une carbonisation traditionnelle.

Ce constat ne va pas à l’encontre de celui du BME, en 2003, selon lequel, une famille Haïtienne qui consomme annuellement 939.5 Kg de charbon de bois pourrait réduire sa consommation jusqu’à 469.75 Kg en utilisant le modèle amélioré « réchaud miracle ». Alors, une économie de charbon de bois d’environ 50 % serait possible.

Pour Tassy (2009), l’utilisation de ces réchauds améliorés (réchaud miracle) pourrait favoriser une diminution de 40% de la coupe des arbres en Haïti. Cependant, il est à signaler que ce type de réchaud amélioré est très peu répandu en Haïti. Cette faible distribution de ces modèles améliorées, disponibles sur le marché haïtien depuis 1987 et largement développés en 1989, est due au fait que les artisans qui les produisent n’ont pas assez d’argent ni d’outils appropriés pour les produire à grande échelle et pour les vendre à un prix compétitif.

Telinden et Saint Jean (1998), de leur coté, ont affirmé, en citant une enquête de l’AFVP en 1989, que 40 % des restaurants informels questionnés affirment ne pas se soucier de se procurer d’un appareil amélioré pour la combustion du charbon de bois qui coûte trois fois plus chers.

En faisant des artifices de calculs simples, nous pouvons voir que, théoriquement en combinant les techniques de carbonisation traditionnelles procurant un rendement de conversion de 20 % avec la consommation dans des cuisinières modernes, on aurait une économie de 900.000 tonnes de bois (1.500.000 - 120.000 t/0.20). Cela signifie que même avec un rendement de carbonisation de 20%, environ 900.000 tonnes métriques de bois n’auraient pas été récoltées si tous les ménages et les restaurants informels avaient utilisé des cuisinières à charbon de bois modernes, soit une diminution de la coupe des arbres d’environ 18 %.

Avec les techniques de carbonisation modernes et les cuisinières à charbon de bois modernes, on aurait une économie d’environ 1.157.142 tonnes métriques de bois (1.500.000 t -120.000 t/0.35), soit plus de 34 % ((1.157.142/5.000.000)*100) du poids de bois récolté annuellement aurait été épargné. Cela prouve que le bois se gaspille énormément dans cette filière.

5.1.2- Le bois de feu


La consommation du bois de feu est aussi catastrophique. Les foyers traditionnels à trois pierres utilisés en Haïti procurent un rendement de combustion de seulement 10 %, alors que les cuisinières à bois modernes, comme celles utilisées en Europe procurent un rendement de plus de 50 %.

Considérant qu’environ 2.293.500 tonnes6 de bois sont consommées annuellement dans ces foyers traditionnels. Si les ménages utilisaient ces cuisinières modernes, cette consommation ne serait pas si haute.

Avec ces foyers traditionnels, seulement l’équivalent du PCI de 229.350 tonnes de bois qui sont théoriquement utilisées pour faire cuire les aliments (2.293.500t * 0.1). Donc, les cuisinières modernes procureraient cette même quantité d’énergie en consommant environ 458.700 tonnes (229.350*0.5). Plus de 1.834.000 tonnes de bois (2.293.500 – 458.700), soit plus de 36 % ((1.834.000/5.000.000)*100) poids de bois récolté annuellement aurait été épargné. Cependant, ces pauvres paysans qui utilisent ces foyers traditionnels n’ont pas de moyens économiques suffisants pour se procurer d’équipements électroménagers modernes.

Du coté, des petites et moyennes entreprises, malgré les législations Haïtiennes leur interdisant de consommer le bois, le gaspillage n’est pas moindre. Si nous prenons l’exemple des blanchisseries qui utilisent des vielles méthodes de combustion ne dépassant les 25 %, si elles avaient utilisé les cuisinières à bouilleur qui ont un rendement de combustion d’environ 70 % d’énormes quantités de bois pourraient être économisées. Leur consommation pourrait être passée de 25.772 tonnes à 9.205 tonne en utilisant des poêles à bois modernes7 (25.772 t *25/70), soit une diminution de la coupe annuelle des arbres d’environ 0, 18 %.

Les guildives traditionnelles qui consomment la plus forte quantité de bois parmi ces entreprises produisent de la bagasse de canne qui pourrait être utilisée pour substituer au bois. En fait, l’utilisation du bois dans ces petites entreprises est due à cause qu’elles n’ont pas d’équipements modernes, leur permettant de consommer la bagasse. En effet, la bagasse a un taux de cendre plus ou moins élevé et un PCI plus faible que le bois, donc il fallait avoir des équipements plus modernes pour sa combustion. Selon Saint-dick (1999), les ateliers qui consomment uniquement de la bagasse sont aussi ceux qui ont une technologie plus adéquate pour l’extraction du jus de canne et pour la distillation. Le taux d’extraction du jus de canne est de 80 % pour ceux qui ont la capacité d’utiliser la bagasse contre 40 % pour les petits ateliers les plus traditionnels. Les plus grandes guildives obtiennent jusqu’à 22 galon de clairin par tonne de canne broyée contre seulement 9.5 gallons pour les petits ateliers traditionnels (Saint-dick ,1999). Il semblerait que ces petites unités traditionnelles qui exploitent environ 3.82 ha de terres (PIERRE, 2005), ne génèrent pas assez de valeur ajoutée pour se procurer d’appareils modernes adaptés à la consommation de la bagasse. Il est à souligner que ces petites entreprises fonctionnent quasiment dans l’informel et qu’il est difficile de connaitre et même d’estimer leur chiffre d’affaire (Jean-Giles, 2002). Cette difficulté s’explique par l’absence d’un système de comptabilité au sein de la plupart de ces PME et aussi à la méfiance de certains propriétaires pour que l’Etat ou les étrangers se mêlent dans leur affaire. Par contre, certains chefs de ces PME questionné par le CARE et le BME, ont déclaré qu’ils sont conscients de la dégradation de l’environnement, mais qu’ils n’ont pas assez de moyens pour se procurer d’appareils modernes, poursuit Jean-Gilles.
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