«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est








télécharger 384.39 Kb.
titre«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est
page7/13
date de publication19.11.2017
taille384.39 Kb.
typeRésumé
b.21-bal.com > économie > Résumé
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   ...   13

autoshape 17La biocivilisation

Préambule


La vision de la biocivilisation traduit une quête de sens et une indignation par rapport au fonctionnement de l’ancien monde, exprimées dans l’opinion publique en ce début de siècle par un certain nombre de mouvements sociaux, indignés, anticonsuméristes, écologistes, décroissants, féministes (et la critique du matérialisme et de l’individualisme qui les sous-tendent). Une quête qui vise un certain réenchantement du monde, et parfois se teinte d’une forme de spiritualité, voire de religiosité. Le système économique mondial ne parvient en effet ni à contrer la raréfaction des ressources ni à favoriser le maintien des équilibres environnementaux dans un monde de plus en plus inégalitaire. La poussée sociale et l’effet des crises écologiques comme économiques à répétition stimulent le désir d’alternative, le souci d’anticiper les risques et de préserver les ressources de la planète. La biocivilisation s’appuie sur les propositions de ces mouvements pour élaborer une vision syncrétique, réaliste, novatrice, compatible avec des sociétés ouvertes.
Cette vision propose un changement de paradigme global et radical. La rupture envisagée suppose des bouleversements intermédiaires puissants, tant au niveau des valeurs, des représentations collectives, que des principes de gouvernance de la géopolitique mondiale. Elle pourra naître de conflits. Ce renversement se révèle, par définition, complexe à opérer, à concevoir, à tracer. Et n’est pas exempt d’une prise de risques, qu’il s’agit ici d’assumer pleinement.

Résumé


L’ambition de la biocivilisation est de relier l’individu à la planète, et d’ouvrir le 21e siècle à une nouvelle forme d’humanité. Cette civilisation fait preuve d’un réalisme écologique associé à un impératif de justice sociale. Elle intègre les défis environnementaux et leurs contraintes : précaution, anticipation, gestion des risques, volonté de restauration des écosystèmes, stabilisation du climat, baisse de la consommation et sortie nette de la logique consumériste. L’organisation sociale y est configurée selon un nouvel équilibre entre l’Humanité et son environnement planétaire, qui implique la participation de chaque territoire, en vue de converger dans une architecture globale. C’est dans cette logique que cette civilisation explore les opportunités offertes par le développement de la bio économie, et qu’elle mise sur le développement des technologies les plus calquées sur le fonctionnement de la nature.
La biocivilisation est la proposition d’un nouvel équilibre entre l’Homme et son environnement, d’un nouvel ordre glocal. Elle prend en considération le fait qu'une distinction nette entre société et environnement n'est pas adaptée à la complexité de la réalité, et propose dès lors de fonder un nouveau contrat social planétaire.

Celui-ci reconnait la dépendance réciproque de la société et de l'environnement et fonde les relations sociales sur les principes du respect et du partage. On passe d’une relation de prédation de l’homme envers son environnement à une relation de soin. L’homme n’est plus « maître et possesseur de la nature », mais l’habitant d’un écosystème dont il est gardien de l’équilibre, dans un souci de résilience globale : complémentarité humainnon humain, respect des rythmes et des cycles de la nature, valorisation d’une identité planétaire située. La recherche d’harmonie avec l’environnement et avec autrui, la recherche d’une « bio esthétique » et l’application des principes éthiques et moraux sont prépondérants dans les comportements individuels et stimulent les initiatives collectives. L’image de la « Terre Mère » est ici prédominante.

La biocivilisation propose aux populations d’œuvrer directement en faveur de leur environnement et de définir collectivement les règles du jeu. L’engagement citoyen pour permettre l’épanouissement des générations futures, et la place donnée à la créativité de chacun donne un sens fort à leur existence, confère une nouvelle densité et qualité au lien social à l’échelle des territoires et de la planète (citoyen planétaire, homo durabilis).
Qualité, responsabilité, recyclage, immatériel structurent les échanges marchands. Il n’y a pas de recherche de croissance économique en tant que telle, les plus value obtenues l’étant pour répondre à des objectifs de réinvestissement social et/ou environnemental. Une économie « intelligente » qui répond aux objectifs de plein emploi, grâce à la réduction du temps de travail, au partage du travail et au renforcement de la part de l’économie sociale et solidaire et des activités non marchandes.




Le développement de la bio économie, dont les principes sont fondés sur le fonctionnement des organismes vivants et de leur interaction avec leur environnement s’inscrit dans cette logique d’optimisation de la gestion des ressources naturelles : adaptation aux variabilités des systèmes, optimisation des services écosystémiques, bioassistance… Biomimétisme (nouvelles formes et procédés, affirmation des fonctions dans leur principes de complémentarité et non de concurrence), éco mimétisme (interactions), bionique sont au cœur des technologies maîtresses de la biocivilisation.
La biocivilisation considère les ressources naturelles en tant que biens communs12 pour placer la gestion collective de ces ressources au cœur du contrat social, en appliquant les principes de précaution (préservation) et de partage (accès pour tous) au travers des règles de droits. La propriété sur les ressources est définie au niveau territorial et communautaire, pour répondre à l’intérêt commun, celui du territoire, en propre et dans ses interactions avec les autres échelles. Les logiques marchandes, loin d’être exclues de ce système, sont étroitement encadrées.




Le rôle des institutions est structurant dans la biocivilisation. Elles sont diffuses à toutes les échelles, du micro local, par le biais de comités à l’échelle des quartiers, à l’international, avec la mise en place d’une gouvernance globale du développement durable, en passant par les grands ensembles régionaux, toutes dotées d’une puissance de contrainte et d’outils juridiques. Les territoires constituent un échelon central, celui de l’expérimentation, de l’innovation et de l’expression des créativités. Si les principaux acteurs sont les acteurs institutionnels, garants et maîtres d’œuvre des régulations, les mouvements citoyens représentatifs de la société civile sont largement mobilisés. Actifs et décisionnaires à leur échelle, ils soutiennent et participent directement aux évolutions institutionnelles dans un cadre démocratique renforcé.

La biocivilisation explore un nouveau paradigme de développement basé sur l’intensification écologique, et sur la gestion du vivant en tant que bien commun. Les communautés et les territoires sont l’échelle première de cette gestion collective, dans le cadre d’une gouvernance « glocale » de la planète ou le principe de subsidiarité est retenu prioritairement. Les valeurs de solidarité et de coopération sont prééminentes, ainsi que les principes éthiques de responsabilité. Expérimentations, innovations sociales, environnementales, économiques ou technologiques émergeant des territoires sont relayées par des réseaux coordonnés au niveau global. La gouvernance internationale est articulée du local au global, avec un poids fort des territoires et des communautés qui les organisent. Elle reflète une approche ascendante, s’exprimant du local au global. Les territoires et les communautés sont pleinement intégrés, parleur contributions et leur pouvoir consultatif, aux institutions internationales. Les monnaies complémentaires font florès, soutiennent largement les initiatives de l’économie sociale et solidaire, de l’économie créative. D’autres monnaies circulent, différenciées par grands types de biens et services, selon le degré de durabilité de ces derniers : produits durables et produits éphémères, services à utilisation privée et services publics, produits qui s’épuisent dans l’acte de leur consommation et biens qui s’amplifient quand ils sont mis au service des autres, (économie du soin ou apprentissages des connaissances partagée…)

Ce changement de paradigme caractérise une écologisation de l’économie.

Tableau de bord





BIO

CIVILISATION

Système économique

Gestion des ressources naturelles

Technologie

Source de satisfaction individuelle

Rapports sociaux

Cadre démocratique

Notions clés

Ecologisation de l’économie

Biens communs

Centrées sur la connaissance et le respect du vivant

Créativité/ spiritualité


Valorisation du lien social

Démocratie planète-territoires

Tendances lourdes

Part croissante du secteur non marchand

Volonté de régulation internationale


Progrès des sciences du vivant et de la bioéconomie

Primauté du principe de précaution


Créativité, développement personnel


Ancrage territorial répondant à un besoin de résilience

Montée des initiatives territoriales

Signaux faibles

Alternatives économiques au système de marché

Développement de communauté d’usagers et d’initiatives citoyennes

Développement de la bio économie

Principes bio éthiques

Quête de sens et de spiritualité

Rejet de la société d’accumulation de biens matériels

Recherche de resynchronisation, de ralentissement (mouvements slow)

Attitude responsable et solidaire / sens du collectif


Revendications démocratiques

Facteurs d’accélération

Effondrement des marchés financiers et du commerce international

Accords cadres internationaux


Renforcement de la subsidiarité sous l’effet des crises multiples

Transferts de technologies, diffusion des pratiques

Frustration, dynamiques d’exclusion sociale, crises socio-économiques

Initiatives territoriales et des réseaux internationaux

Crise des souverainetés nationales

Droit à l’innovation et expérimentation des territoires

Limites / points de rupture potentiels

Articulation entre un mode « gestion des communs » et une économie ouverte et concurrentielle

Suppose l’universalisation d’une morale écologique planétaire et des possibilités de sanction


Inégalités territoriales


Conditions d’adhésion individuelles

Mise à l’écart des personnes que cette vision ne peut satisfaire OU fragmentation élite/masse

Risque d’autoritarisme lié à une architecture institutionnelle globale

Contexte international : un nouvel ordre « glocal »


Se tisse un vaste réseau de coopération, du global au local : entre citoyens, entre territoires, entre Etats, entre régions. Des réseaux pour échanger, des compétences, des technologies, des outils, des voyages apprenants… sous l’impulsion de nécessités impérieuses liées à la prise de conscience des risques liés aux crises environnementales, mais également économiques et sociales. Le commerce international résulte directement de ces contrats de coopération.

  • Régulation forte de l’accès aux ressources et des prix au niveau international. Tous les prix des services ou produits sont indexés sur le niveau de consommation de ressources généré, selon un barème international.

  • Gouvernance mondiale du développement durable : régulation partagée dotée d’un pouvoir de contrainte et d’instances de justice internationale (organisation mondiale – Territoires, Etats, Grandes régions et Assemblée des peuples).

  • Accords internationaux reconnaissant les biens communs et en fixant le cadre de gestion: atmosphère (quotas d’émission), biodiversité, sols, océans.

  • Les Objectifs de développement durable internationaux sont déclinés (mesurables et comparables) et évalués tous les 5 ans.

  • Système de droits, structuré du local au global, selon les principes de responsabilité partagé et de solidarité obligatoire ; solidarité entre territoires, entre régions. La Charte mondiale des droits de l’homme et de la Terre Mère définit les principes fondamentaux du droit.


Les anciennes hiérarchies et inégalités, entre le Nord et le Sud, entre les villes et les campagnes, entre catégories sociales, sont progressivement lissées par une organisation fondée sur les ressources territoriales et une démocratie participative qui donne sa place à chacun.
L’Europe pourrait être favorable, voire motrice pour l’émergence de la biocivilisation, dans le cadre d’une double prise de conscience : celle de la nécessaire réponse aux défis environnementaux, et celle de la nécessité de s’orienter vers de nouveaux modes de développement afin de parer aux risques de conflits et aux crises sociales. Cela suggère de dépasser les politiques d’austérité, de se tourner vers l’innovation et de répondre aux attentes citoyennes, et humaines. Cette évolution implique un changement profond de paradigme économique, qui n’est plus centré sur la et croissance du PIB et une finance déconnectée de toute territorialité, mais privilégie avant tout l’emploi et la préservation et le développement des ressources et richesses locales. Elle bénéficie pour cela d’un terreau démocratique favorable (décentralisation et résilience), ainsi que d’une intégration forte au niveau européen.

Modes de vie et de consommation : sobriété et créativité, soin, coexistence et partage


Le lien qui unit les citoyens d’une même planète est mis en avant pour définir l’individu dans la biocivilisation : un individu en interaction permanente, avec son entourage, son territoire, sa planète ; un individu qui déploie des activités individuelles, créatrices, rémunératrices, et est fortement impliqué dans la vie publique, au niveau local, mais également aux niveaux supra via les réseaux internationaux. Il s’épanouira ainsi au sein d’activités diversifiées et devra cultiver créativité et compétences pour se forger une « identité planétaire ».
Le développement personnel et la contribution de chacun au bien-être collectif deviennent les sources de satisfaction prioritaires. La sobriété des comportements est intégrée de fait, imposée par le biais de rationnements et / ou de quotas résultant de décisions collectives, appliqués aux déplacements, aux consommations d’eau, d’énergie, à la génération de déchets, à l’usage des surfaces.

  • Aautoshape 18limentation : transition nutritionnelle (et alimentation moins carnée), circuits courts et production alimentaire soutenable, part de l’autoproduction (15-25%). La consommation de produits importés est fortement limitée par les prix.

  • Agroécologie : son développement s’impose comme une alternative aux systèmes de production dit conventionnels et se généralisent dans différentes régions du monde. En mettant l'accent sur l'équilibre durable du système sol-culture elle permet une réduction des apports d'intrants à long terme. La prise en compte de cet équilibre entraîne aussi une meilleure capacité de résilience des cultures.

  • Logement et habitat: confort résidentiel généralisé et fort taux de cohabitation (> 50% de la population). Notamment par le fait d’une solidarité intergénérationnelle très forte. Isolation thermique généralisée, production décentralisée d’énergie renouvelable dans les quartiers et les villages.

  • Transports et mobilité Les modes doux sont privilégiés et dominent la mobilité quotidienne à l’échelle des bassins de vie (50% des déplacements). La circulation dans les centres des agglomérations est interdite aux véhicules individuels non électriques. La tarification des déplacements longues distances est proportionnelle au temps impartis, aux exigences professionnelles, et surtout, à leur impact environnementaux. Le transport touristique courte durée est fortement limité et progressivement abandonné. En revanche les déplacements longue distance et long terme sont soutenus, par les prix mais également par le biais d’une liberté de circuler renforcée à l’échelle internationale.

  • Information / communication: vaste réseau institutionnalisé de TIC. Démocratisation des savoirs techniques & technologiques.

  • Education : accès renforcé à la connaissance et prégnance de la morale.

  • Loisirs et culture : création culturelle et artistique renforcée. La culture occupe une place centrale dans la vie publique, les loisirs sont essentiellement créatifs, tournés vers l’expression et le développement personnel.

  • Les savoirs traditionnels et artisanaux mais également techniques sont valorisés, approfondis.

  • Santé : le développement de la bio-économie, la large part des médecines traditionnelles soutiennent largement ce secteur, sans pour autant un abandon de la médecine occidentale dans ce qu’elle a de meilleur.

  • Travail : utilisation du télétravail. Assouplissement des trajectoires de vie : mobilité professionnelle et formation continue encouragée; temps de travail annualisé et réduit (30h)/ temps libre orienté vers les valeurs familiales et sociales, valorisé sous forme d’implication citoyenne. Les individus cumulent ainsi activités marchandes et non marchandes et diversifient leurs sources de revenus grâce aux monnaies complémentaires. Cette organisation plus souple vise une plus grande résilience des personnes, des familles et des groupes sociaux.




  • Les modes de vie sont partagés entre des villes denses et des espaces ruraux où les activités se sont intensifiées, et des espaces naturels protégés. De ce point de vue, la mobilité est forte. Cette mobilité s’organise selon une répartition légère des temps de vie. Les périodes d’activité rémunérées, de création, d’implication citoyenne, sont envisagées sur des temps longs. Cette organisation résulte d’une philosophie de réduction de la vitesse, qui s’est progressivement imposée et est devenue majoritaire.

  • Les monnaies locales ou complémentaires se développent et deviennent de plus en plus prégnantes, voire déterminantes dans beaucoup d'aspects de la vie quotidienne. Elles valorisent la qualité de vie et de relation avec les autres avant la concurrence et de la compétitivité, qui elles se font souvent au détriment de l'environnement (surexploitation des ressources).


Gestion des ressources et système technico-économique : l’intensification écologique


La primauté de la gestion du vivant, la vision systémique des activités et les nouvelles formes de propriété collectives caractérisent l’écologisation de l’économie. Se dessinent les contours d’une nouvelle économie.
Du carbone noir au carbone vert

  • autoshape 20Approche biodiversité et ressources : conservation in situ13 et ex situ14. Préservationnisme global et prégnance sur les territoires de communautés, réunies autour du désir de prendre soint d’une ressource collective pour la mettre au service de l’intérêt général.

  • Droit de propriété dédié aux communautés et fortement encadré par la puissance publique.

  • Application du principe pollueur-payeur.

  • Sols : maîtrise foncière, municipalisation des sols des centres des agglomérations, aménagement et revalorisation des espaces naturels ; limite aux taux d’artificialisation, augmentation des surfaces agricoles ; approche globale sols- sous-sols, accès et usages).

  • Recyclage des ressources minérales : (75-85%), forte structuration des filières.

  • Eau : qualité écologique (forte limitation des pollutions) et limitation des consommations de la ressource (tarification sociale).



La structuration du système économique s’inscrit dans une logique de moralisation.

  • Economie peu financiarisée (dominante des financements innovants : fonds privés éthiques, ISR, taxe sur les transactions financières).

  • Pilotage selon des indicateurs socio-environnementaux intégrés.

  • Lautoshape 18es nouvelles formes de propriété collective (politiques foncières actives des collectivités territoriales…), fort essor du secteur de l’économie sociale et solidaire.

  • Modes de production coopératifs et ancrage territorial. Formation d’écosystèmes industriels territoriaux (écologie industrielle, …).

  • Relocalisation des productions industrielles et agricoles / la mondialisation économique suit une logique non pas d’avantage comparatif mais d’utilité sociale. Deux principes prévalent à l’orientation des productions économiques : les besoins et les atouts locaux (l’objectif visé est l’indépendance et la sécurité alimentaire); les nécessités de la coopération entre territoires (inscription vitale dans les réseaux internationaux).

  • Deux secteurs quasi équilibrés : gestion des ressources naturelles (y compris industrie verte, recyclage, bioéconomie etc.)/ gestion des ressources humaines (services aux personnes, gestion des services collectifs).

  • Equilibre entre secteur marchand concurrentiel, secteur marchand collectif et secteur non marchand, chaque secteur étant destiné à des biens spécifiques.

  • Filière agriculture et alimentation : consommations de ressources naturelles :-25-30%; gaspillages : <10%. Construction de circuits courts d’approvisionnement.

  • Technologies vertes (soft), intensification écologique des pratiques agricoles, industrie et économie solidaire = secteurs d’innovations et d’emplois.

  • Développement des monnaies complémentaires jusqu’au développement de banques de temps à l’échelle des communautés d’usagers

  • Plein emploi assuré par une réduction du temps de travail, le développement du service civique et une implication citoyenne systématique.


Les équilibres territoriaux sont planifiés, en partant des projets locaux pour favoriser une cohérence et une péréquation au niveau national

  • E
    Ville verte, éco cité, ville végétale, Schuitten
    ncadrement de l’urbanisation
    , arrêt de l’étalement urbain, densification des centres, verdissement (voire reverdissement de certains espaces), développement des espaces ruraux (via pratiques agricoles, exploitation forestières, préservation des espaces et milieux fragiles etc.) aménagements de la proximité.



Sauts technologiques et secteurs clés d’innovation :

Les principes de bio-éthique sont appliqués de manière stricte. Les technologies font l’objet d’intenses échanges internationaux, sur la base d’accords de coopération coordonnés par l’organisation internationale, mais également entre territoires, qui portent et développent les innovations. Cette large diffusion soutient l’innovation, et s’appuie sur une suppression des droits de propriété intellectuelle et une généralisation de l’open-source, qui permet un travail collaboratif d’amélioration constante des technologies.

La biocivilisation privilégie les technologies suivantes :

  • Bio économie : éco mimétisme, sciences du vivant, technologies vertes.

  • Technologies de l’information et de la communication.

  • Energies renouvelables, efficacité et sobriété : la biocivilisation s’appuyant sur un scénario volontariste et propose, outre une généralisation de la sobriété, un mix énergétique 100% énergies renouvelables en 2050 (cet horizon n’exclut pas des phases intermédiaires où le recours à des énergies fossiles non conventionnelles aura pu être toléré).

Organisation sociale : responsabilité partagée, de la planète aux territoires


L’organisation institutionnelle et contexte démocratique est marquée par une forte articulation institutionnelle entre les échelles de décision (et de planification) du global au local; forte dynamique « bottom up ».
Les territoires, au cœur de l’organisation sociale

  • Les territoires : une échelle primordiale de définition des normes, une échelle privilégiée pour l’innovation.

  • La prise en charge des contraintes sur les ressources, des exigences de développement et de justice sociale et environnementale du global au local : les communautés d’usagers s’inscrivent dans une gestion des communs.

  • Gouvernance partagée des structures de production.

  • Co-construction des politiques publiques : participation à la définition des politiques publiques locales, régionales (démocratie de co-construction) nationales et internationales; jurés populaires; « service citoyen », auto-organisation des communautés pour prendre soin des biens communs et placer les actions et les choix au service de l’intérêt général.
Rapports sociaux

La gouvernance territoriale est partagée entre collectivités locales, entreprises et organisations citoyennes.

  • Des pactes locaux et des instances d’évaluation territoriales permettent un échange régulier.

  • Les acteurs territoriaux ont compétence pour la recherche et les mises en réseaux pour

    • l’innovation (technologique, sociale, organisationnelle…) ;

    • La règlementation, le contrôle, l’information, les incitations fiscales par exemple.

    • Les choix en matière de développement.

Les modes de développement et modes de vie peuvent varier d’un territoire à un autre, en fonction des choix, des organisations et ressources locales.

Politiques publiques : régulation et maîtrise publique


  • Gestion des ressources naturelles : investissements massifs dans la recherche et développement : exploration, conservation des écosystèmes, articulation des gestions communautaires, locales, territoriales et régionales. Forte prégnance du principe de précaution.

  • Politique sociale : justice, éducation et formation sont des postes prioritaires d’investissement publics.

  • Commande publique 100% « durable »; généralisation des conditionnalités environnementales et sociales.

  • Organisation et financement des transports collectifs, de l’rticulation entre les différents modes.

  • Contrainte publique : rationnement et restriction des usages (transports, conso de ressources, propriété),

  • Fiscalité environnementale : taxe carbone ; taxation des déchets (volume) ; normes sur les durées de vie des produits, établies selon un principe de subsidiarité du mondial au local. .

  • Forte règlementation environnementale et sociale des activités économiques, qui s’appuie sur des institutions très fortes qui produisent du droit.

  • Droits : les institutions sont garantes des droits, de la justice et de la morale, avec la mise en place d’une justice glocale.

  • Fort niveau de subsidiarité.

Conclusion : controverses sur les conditions de l’adhésion


Cette vision fait référence dans l’imaginaire collectif aux utopies du 20e siècle, le communisme en premier lieu, et peut donc pâtir dans son interprétation des dérives de l’histoire et des échecs des utopies collectivistes. Il est donc impératif pour cette vision d’anticiper les réticences et de préciser les gardes fous nécessaires. Il conviendra surtout, notamment dans le cadre de mise en débat, de se démarquer des a priori et de prendre en compte les capacités de changement systémiques.
La biocivilisation nous interpelle à différents niveaux :

  • Elle est résolument planétaire, dans ses fondements, et suppose l’universalisation d’une morale et d’une éthique qui prennent en compte les contraintes sur les ressources naturelles. Quelles sont les sources d’une telle morale ? Cette question nous renvoie au dilemme de l’adhésion : la biocivilisation peut-elle susciter l’adhésion du plus grand nombre ? Face aux contraintes, quelle est la contrepartie ? C’est la possibilité de développer sa créativité et de co-décider des contraintes. La créativité est la condition historique d’émergence et de développement des civilisations. La créativité naît de la marginalité et est incompatible avec le risque de dérive autoritaire.

  • Quelles sont donc les conditions d’acceptabilité, et le temps nécessaire, à une telle transition (ce qui questionne le degré d’adhésion envisageable en 2050) ?

  • Quelle contrepartie au recul des souverainetés nationales et plus globalement à la rupture dans la structuration des centres de décision et d’influence ?

  • Globalement, il faut prendre en compte les ruptures, socio-économiques, politiques et culturelles, sous-jacentes à l’émergence d’une telle civilisation (comment – et peut-on- éviter que les ruptures soient synonymes de crises, de catastrophes… ?)

 Anti vision »

Les risques de dérives :

- vers une « mauvaise » utopie : plus autoritaire que réellement responsable.

- fragmentation du monde entre ceux que cette civilisation peut rassembler et ceux qu’elle ne peut satisfaire.

Biocivilisation, un récit de vie


« J’aime bien aller ramasser le bois et les feuilles mortes dans la forêt avec l’équipe chargée de l’approvisionnement en biomasse, c’est tellement convivial… A chaque fois j’en oublie de voir le temps passer ! Trois heures de dépense physique dans la nature, à échanger avec les autres récolteurs du lundi ; j’en reviens toujours apaisée et inspirée. Aujourd’hui en plus, il y a la petite dame de 70 ans – celle qui tient un atelier d’ébéniste à la coopérative de la communauté ; j’aime bien parler avec elle, elle a toujours quelque chose d’intéressant à raconter. Et puis, quelle énergie ! J’espère être aussi en forme à son âge, elle est infatigable… Je reconnais aussi l’ingénieur physicien qui nous avait fait une formation très enrichissante sur la photosynthèse. (Une prochaine réunion est d’ailleurs prévue sur la thématique de la chimie verte m’informe-t-il).

Déjà 11 heures ? J’ai tout juste le temps de passer au local communautaire pour aller emprunter quelques outils ; il fait trop beau pour aller s’enfermer dans une salle de classe : aujourd’hui, j’emmènerai les élèves au jardin collectif pour le cours de biologie. Je jette un coup d’œil au passage au tableau des annonces. Avec l’arrivée des beaux jours, le planning est très chargé cette semaine, surtout concernant les travaux agricoles…

Je passe rapidement à la cantine de quartier pour avaler un succulent gratin de courgettes et vérifier que l’équipe de cuisine à laquelle je suis rattachée ne travaille pas avant la semaine prochaine. J’ai hâte que ce soit la saison des tomates pour essayer la recette de gaspacho qu’un andalou de passage nous a donné cet hiver… Ca ne devrait plus tarder d’ailleurs, la dernière fois que je suis passée au jardin collectif, elles commençaient déjà à rougir. Un petit bout de chèvre du producteur du coin, une pomme et c’est reparti !

Avec tous mes outils, impossible de me rendre à l’école à pied. Je vais pouvoir tester le nouveau prototype de bus dont tout le monde ne cesse de parler, intégralement construit avec les matériaux de l’ancienne version, j’en reste toujours épatée.

C’est vrai qu’on est bien installé ; avec ces grandes baies vitrées, je me sens un peu comme dans un vaisseau spatial. Il y a évidemment toujours un espace pour les vélos, les fauteuils roulants ; de quoi mettre les bagages volumineux… J’essaie de m’imaginer comment c’était avant, quand il y avait encore des voitures partout : le bruit, la pollution, les embouteillages, le bitume à perte de vue... Je crois me souvenir, mais j’étais tellement petite et c’est si loin déjà !

Quoiqu’il en soit, que de progrès la bioénergie a-t-elle permis en un temps si court ! Ca donne le vertige… 

Tiens ! Voilà le vieux monsieur du quartier des Oliviers ! Comme il a l’air fatigué… Et tous ces sacs qu’il se traîne jusqu’au centre de tri chaque jour, ça n’est pas possible ! Il faut vraiment qu’on mette en place une équipe plus importante sur ce travail ; il n’y a pas assez d’effectif et il faut que ça tourne plus. J’en parlerai à l’Assemblée Générale de ce soir, il me semble bien qu’il y avait un point « répartition des tâches collectives » à l’ordre du jour.

J’espère que ça ne se terminera pas trop tard par contre, demain matin j’ai mon atelier de peinture, je ne manquerai ça pour rien au monde ! Il faut absolument que je termine ma toile, je sais déjà précisément à qui je vais l’offrir…

Mine de rien, une petite révolution à part entière cette généralisation du temps partiel, le temps passe tellement vite ! Je pense à ma mère, à mon père, qui se consommaient à petit feu, 39 heures par semaine… Ca n’a aucun sens quand j’y pense ! Perdre sa vie ainsi à la gagner… Bien sûr, ils gagnaient beaucoup plus d’argent. Encore que. Le montant des dépenses était tellement exorbitant ! Je me souviens être tombée sur un ticket de caisse datant d’une cinquantaine d’années en faisant le ménage dans le grenier l’autre jour… Tout, tout, tout, absolument tout était payant ! Forcément, ce qu’on n’avait pas le temps de produire, on devait bien l’acheter ; et puis, la notion de coopérative, de travail collectif était alors si peu développée... »
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   ...   13

similaire:

«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est iconBibliographie Annexes introduction «Nostre bien estre, ce n'est que la privation d'estre mal»
«flânerie systématique». Lui même n’ayant pas réussi à convaincre son équipe pendant trois ans IL en conclura que l’homme est égoïste...

«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est iconLa recherche sur l’embryon
«visiteur» est invité à choisir les gamètes en fonction de ses critères pour son futur enfant (L’Evénement, 02/09/99). Ce n’est là...

«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est iconBonjour Danielle. Quel est l’animal que nous évoquons aujourd’hui ?
«d’ingénieur» doublé d’un industriel. IL est maître des forges de Montbard. IL s’intéresse de près à la gestion de son domaine, de...

«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est iconRésumé : Liane a quatorze ans. Après des débuts prometteurs, elle...

«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est iconIXe Congrès International de Gestalt-thérapie
«la voie perforante» — liaison synaptique originale qui n’a pas son équivalent dans le cerveau gauche, verbal et rationnel

«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est iconRÉsumé Dans le contexte industriel actuel, l’innovation est une question...
«familiale» qui conçoit et fabrique des produits intégrant des éléments mécaniques, électroniques et informatiques dans le domaine...

«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est iconD’un organisme est l’information stockee dans son materiel genetique:...

«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est iconLe figuier est une culture peu répandue en France, les principaux...

«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est iconLe programme thématique est l'une des questions scientifiques actuelles...
«L’école Internationale Paris» est engagé avec le futur des étudiants et aussi d’accomplir avec les propositions faites

«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est icon1. Matériel et méthodes 5
«La situation du chêne-liège est préoccupante sur tout le pourtour méditerranéen et plus particulièrement dans les Maures et l’Esterel...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com