«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est








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Les prérequis de visions réussies


Les trois visions (civilisation verte, biocivilisation, civilisation connectée) nous projettent d’emblée en 2050. Un horizon de long terme qui permet d’envisager une stabilisation après une période de changements importants, qui caractérisent précisément une transition. Nous prenons comme hypothèse en effet que les quelques décennies qui nous amènent à 2050 correspondent à d’intenses bouleversements. Le rythme de cette transition, les ruptures éventuelles, font partie des incertitudes. 2050, sans correspondre à un état d’ « équilibre » (ce qui serait irréaliste), peut alors correspondre à un état de moindres perturbations (certain auteurs parlent de steady-state (état stable) pour l’après 2050 [H. Daly]).
La stabilisation est ici relative aux changements, elle ne signifie pas une stagnation et ne rompt avec la notion de croissance. Mais la transition impose d'en revisiter le contenu : qu’est-ce qui croît ? Qu’est ce qui décroît ? Il est nécessaire d’apporter une distinction qualitative. Ainsi, s’il s’agit en premier lieu de faire décroître nos consommations de ressources et de biens matériels, il est indispensable d’accroître simultanément nos capacités de gestion de ces mêmes ressources.
Nos trois visions illustrent divers aspects du changement nécessaire de paradigme économique, plus ou moins en rupture, en fonction :


  • de leur intégration dans une dynamique internationale. L’environnement européen et international est marqué à la fois par l’interdépendance des Etats et des territoires, par les incertitudes quant à son évolution ainsi que par les dynamiques migratoires (à caractère économique, politique, environnementale) qui pourront en résulter ;

  • des capacités à anticiper les contraintes (prendre la mesure des différents comptes à rebours, comme celui du climat) et à s'ajuster aux transformations (amortissement des chocs et crises) ;

  • du fondement philosophique, économique des ruptures proposées et de leur radicalité.


A ces égards, les visions se réfèrent à la distinction entre deux voies alternatives pour intégrer les contraintes environnementales dans le fonctionnement de l’économie :

- « l’économicisation de l’écologie » « tend à réduire les enjeux écologiques à des problèmes essentiellement économiques…, .sans modifier les cadres et représentations de la croissance5 ». Elle recourt à une évaluation monétaire des services rendus par les écosystèmes et un chiffrage des coûts afférents aux atteintes qu’ils subissent afin d’infléchir les comportements rationnels (au sens de la théorie marginale de l’équilibre parfait) des acteurs économiques.

- « l’écologisation de l’économie » « consiste à modifier notre vision de l’économie selon des principes directement issus de l’écologie6 ». Elle propose une révision radicale des mécanismes économiques à l’image du fonctionnement des écosystèmes, « les arrangements privés débouchent sur une refonte des institutions visant à mettre en place au niveau décentralisé des écosystèmes industriels7 », tenant compte des interactions systémiques entre les différentes variables et des irréversibilités.
Dès lors, qu’est ce que la richesse dans la perspective d'un développement durable ? Celle-ci est assurément multidimensionnelle. Une vision réussie doit répondre à 4 exigences, qui sont autant de conditions nécessaires à la résilience de la société :

  • L’exigence environnementale : la prise en compte des contraintes et limites qui pèsent sur les ressources naturelles : énergie, minéraux, biodiversité, milieux et espaces, climat, sols, eau.

  • L’exigence démocratique : un cadre démocratique d’élaboration des politiques publiques.

  • L’exigence sociale : l’affirmation d’un contrat social équitable.

  • L’exigence culturelle : la recherche d’une source de satisfaction individuelle et collective compatible avec la contrainte de départ.

L’exigence environnementale : la prise en compte des contraintes et limites qui pèsent sur les ressources naturelles 


Les conclusions du rapport « Etat des lieux prospectif sur les ressources naturelles, controverses et enjeux » constituent le point de départ de la construction des visions8. Ce rapport met en évidence la rareté de ces ressources (énergie, minéraux, biodiversité, milieux et espaces, climat, sols, eau) et appelle à une maîtrise de cette rareté, multidimensionnelle, via des systèmes technologiques, une organisation socio-économique et des mécanismes politiques adéquats. Les conclusions fixent l’ampleur de la mutation à engager : pour contribuer à la stabilisation du climat, la France et l’Europe de manière plus générale devront engager la transition énergétique pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles et atteindre le Facteur 4 (division par 4 des émissions de gaz à effet de serre) d’ici 2050 ; se doter d’une véritable politique d’exploitation et de gestion des ressources minérales, développer leurs capacités de recyclage... Les modalités d’accès et d’usage des ressources naturelles sont particulièrement stratégiques pour la France, un territoire de petite taille, anciennement exploité.
La rareté occupe en tant que telle une place centrale dans le discours économique classique9, perçue à la fois comme une contrainte et comme un stimulant : elle motive l’organisation sociale, l’émergence de marchés (le marché carbone en est un exemple), l’apparition de formes de régulations, elle est à la base de la formation des prix et donc de nos comportements et choix rationnels (en tant qu’homo oeconomicus). Par extension la rareté peut fonder les théories de la décision individuelle [Robbins]. Mais, parce qu’une part notable de l’usage et de la dégradation des ressources naturelles est gratuit, ce paradigme économique dominant cohabite avec l’illusion d’abondance que symbolise la société de consommation (qui dérive dans nos pays développés vers une surconsommation, des gaspillages et une surproduction de déchets). Un paradoxe qui n’est pas sans faire obstacle à la prise de responsabilité et à la mise en œuvre de politiques à la hauteur des enjeux environnementaux et des défis du 21e siècle. L’accélération de la raréfaction, qui résulte de l’activité humaine, menace de plus en plus les résiliences des sociétés. Adopter des logiques socio-économiques, institutionnelles et organisationnelles en vue d’une optimisation de la gestion des ressources naturelles répond aussi à un enjeu de stabilité et de sécurité des population. Il s’agit de répondre aux besoins essentiels tout en apprenant à gérer la rareté.

En même temps la solution d’attribution de prix aux prélèvements sur la nature et aux dégradations de celle-ci, rencontre des limites. Elle contribue notamment à éloigner plus encore une partie de la population de l’accès aux biens essentiels et élève des barrières à l’’entrée pour les petits producteurs. C’est pourquoi d’autres modalités de gestion et de régulation, d’autres formes de propriété, sont mises en avant et / ou recherchées. L’établissement de règles d’usage pour la gestion des « communs » par les communautés concernées a ainsi été valorisé et porté par l’économiste et prix Nobel, Elinor Ostrom. Ces diverses solutions existantes, émergentes ou en cours d’expérimentation, conduiront nécessairement à un changement de paradigme économique, qui se concrétisera par un recours à de nouveaux outils, process et indicateurs de pilotage des économies et des entreprises, par une refonte de l’appareil statistique. Les limites et contraintes qui pèsent sur nos ressources naturelles imposent à l’humanité de sortir d’une logique de « croissance destructrice » pour entrer dans l’ère de l’optimisation de la gestion des ressources naturelles collectives.
La réponse à l’exigence environnementale passe par l’optimisation de la gestion socio-économique de la rareté des ressources. Celle-ci s’inscrit dans les cycles de production et de consommation, en cohérence avec les enjeux à la fois nationaux, européens et internationaux, dans un souci de résilience et de coopération transfrontières.

Nous faisons l’hypothèse que la durabilité du système ne peut se concevoir qu’une fois la durabilité écologique assurée. Une durabilité forte implique de maintenir le stock de capital naturel, de respecter le rythme de régénération des ressources naturelles et leur capacité à assimiler les émissions de pollutions. Il convient également de tenir compte de la capacité des sociétés à développer des substituts renouvelables aux ressources (une option pour une durabilité faible). Ces options, de manière exclusive ou combinées, sont explorées dans les différentes visions.

L’exigence démocratique : un cadre démocratique d’élaboration des politiques publiques


Un cadre démocratique est indispensable pour favoriser une dynamique collective favorable au changement à travers un enrichissement des solutions et innovations et la recherche de consensus et d’adhésion à un projet collectif.

L'implication des différents acteurs sera requise aux différentes échelles et selon des dynamiques interactives. L’horizon de long terme, 2050, suppose de dépasser les cadres démocratiques existants, et d’imaginer d’autres formes possibles d’organisation du débat et de la participation aux décisions. L’exigence démocratique ne privilégie pas les mesures incitatives ou les mesures de contrainte, mais repose sur la proposition d’un cadre de co-construction, un espace de négociation du contrat social, qui devient structurant pour l’organisation sociale d’une société durable, qui décloisonne les fonctionnements en silo des acteurs et favorise des partenariats, sources d’innovations. Ceux-ci sont aussi stimulés dans l’action publique ou privée par une progressions de la transparence des activités.

L’exigence sociale : un contrat social équitable


En 2050, la société devra pouvoir reposer sur un contrat social équitable, doté d’un fonctionnement institutionnel permettant de lutter contre les inégalités et permettant l’accès de tous aux services essentiels et à un rôle social actif et valorisant.

L’amélioration des conditions de vie demeure nécessaire même si dans les pays aujourd’hui développés, l’amélioration du bien-être se déconnecte progressivement de la croissance. Le chômage persistant et l’éloignement du plein emploi réinterrogent les finalités d’inclusion sociale du travail, sa nature, les termes du contrat. L’éducation, la formation s’imposent tout au long de la vie dans cette période d’adaptation, de mobilités professionnelle et géographique constantes.

L’exigence sociale couvre la solidarité (obligatoire) entre territoires et entre pays et pose ainsi l’exigence d’une gouvernance mondiale du développement durable. Cette solidarité devra aussi se jouer entre générations, en tenant compte du vieillissement de la population.

L’exigence culturelle : la recherche de nouvelles sources de satisfaction individuelle et collective


De prime abord, les sources de l’insatisfaction actuelle sont multiples :

- l’absence de sens et le sentiment d’impuissance par rapport au cours des choses ;

- un rapport inadéquat au travail et à l’emploi : chômage de masse, précarité, inégalités ;

- la dégradation des conditions de vie, la montée des inégalités

- une soif de consommation de biens matériels sans cesse renouvelée, et stimulée par la montée en puissace des messages marketing et publicitaires.
Si on doit infléchir la surenchère permanente, incompatible avec les limites de la planète, que nourrit la société de consommation, aujourd’hui il faut une proposition à la personne, afin de soutenir les alternatives à la sur-consommation. Le bien-être, l’épanouissement, la connaissance, la relation aux autres, dans leurs dimensions à la fois matérielles, artistiques et spirituelles, à la fois individuelles et collectives peuvent constituer des perspectives positives, répondre aux aspirations d’infini dans notre monde fini. Il faut considérer également l'émergence de nouveaux besoins, cohérents avec l'évolution des personnes, du rapport au monde et aux technologies.

La question posée est plus large : dans un monde fini, dans lequel la gestion planétaire implique chaque citoyen, quel peut être le mode de relation de l’individu à la société et au monde ? Les représentations de l’individu et ses facultés, sont amenées à évoluer au cours des prochaines décennies, sous l’effet des bouleversements culturels, mais également des sauts technologiques.

Une satisfaction commune aux trois visions est l’extension considérable des opportunités de formation et d’accroissement des connaissances mises à disposition des individus grâce aux TIC notamment. De quelque manière qu’elle s’engage, la transition écologique sera obligatoirement accompagnée d’un effort redoublé de formation à tous les âges de la vie, ne serait-ce que pour l’adaptation aux nouveaux métiers et nouvelles compétences requis par les technologies vertes ou de l’information.
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