«Trois visions d’un futur réussi pour la France dans son contexte international en 2050» est








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Quelques traits d’un avenir prolongeant les tendances actuelles


Un scénario tendanciel a été construit comme repère dans le travail d’élaboration des visions, notamment en ce qui concerne l’environnement international. Il résulte d’une projection tendancielle sans se fixer des objectifs de résultats pour 2050. C’est donc un scénario de forecasting et non de backcasting, à la différence des 3 visions exposées ci- après.

Deux principes ont guidé l’élaboration de ce scénario tendanciel :

  • le maintien de la dynamique économique actuelle : concurrence mondiale et société de consommation,

  • une reconnaissance faible des enjeux environnementaux et des mesures palliatives uniquement réactives.

L’objectif n’a pas été de chiffrer tous les impacts et résultats potentiels en 2050 des tendances lourdes qui marquent les dernières décennies et sous-tendent la situation en 2012-2013, mais de dégager quelques évolutions qualitatives probables, ceci à la lumière des travaux de prospective existants.

Les principales tendances retenues

        1. L’aboutissement de la transition démographique et urbaine


Les caractéristiques de la population française comme mondiale sont prévisibles à l’horizon 2050. Il y aura 9 milliards d’habitants sur la terre, avec une répartition géographique différente de celle d’aujourd’hui. Le scenario central de l’ONU, à l’occasion de sa dernière révision en 2011, prévoit une légère diminution de la part de l’Asie entre 2011 et 2050, de 60,3% à 55,3%, en liaison avec le recul de la Chine (de 14,5% à 13,9%) dont le taux de natalité est très faible. La population de l’Amérique régresserait légèrement de 13,6% à 12,9% de la population mondiale. L’Europe et la Russie confirmeront leur déclin démographique, passant de 12,1% à 9,1% de la population mondiale entre 2011 et 2050, ceci malgré un solde migratoire positif pour l’Europe (estimé à 36 millions de personnes). L’Afrique, dont la transition démographique n’est pas encore amorcée, verrait sa part dans la population mondiale passer de 15,0% à 23,6% entre 2011 et 2050.

Le monde est urbanisé à 70% en 2050. La transition urbaine de l’Asie a abouti en 2030, les villes-mégapoles asiatiques constituent de véritables centres économiques et financiers.

L’augmentation des besoins alimentaires est estimée pour 2050 à +70% par rapport à aujourd’hui. A la fois du fait des bouches supplémentaires à nourrir, mais aussi pour assurer une bonne alimentation aux 850 millions d’habitants actuellement frappés par la famine et pour assurer une alimentation plus diversifiée aux populations dont le niveau de vie s’élève, notamment dans les pays émergents.

Le nombre et la proportion des personnes âgées varient considérablement d’une région à l’autre. Dans les régions développées, les personnes âgées de 60 ans ou plus représentent en 2000 près du cinquième de la population ; d’ici à 2050, elles devraient en constituer le tiers. Dans les régions en développement, les plus de 60 ans ne représentent actuellement que 8% de la population, mais, d’ici à 2050, cette proportion atteindra près de 20%.
        1. Le basculement géopolitique : la montée en puissance des pays émergents


En particulier du fait des rapports démographiques, mais surtout du rattrapage très rapide opéré par les pays émergents, les rapports de puissance économique accorderont une place dominante à l’Asie à l’horizon 2050.

Le monde de 2050 est dominé par les grands « blocs », dits « émergents » au début du 21e siècle et les pays développés encore riches en matières premières, qui concentrent les puissances industrielles, économiques et financières (Sud-est asiatique, Moyen-Orient, Russie, Amériques).

La Chine a atteint un niveau de développement élevé en 2030 (néanmoins, la part de sa population de plus de 65 ans pourrait atteindre plus de 30 % en 2050). Du fait des contraintes sur certaines ressources naturelles, elle doit s’appuyer sur des accords passés avec la Russie et l’Afrique pour accéder aux ressources en gaz et en matières premières minérales. Les inégalités se creusent fortement à l’intérieur du pays entre les régions développées et le reste du pays.

En parallèle, l’Inde poursuit son développement démographique mais se heurte aux effets des crises écologiques : la dégradation des sols et, en conséquence, une incapacité d’autosuffisance alimentaire, le changement de régime des fleuves himalayens lié au changement climatique.

Les inégalités s’accentuent en Afrique qui reste la région du monde la plus fragile (pauvreté, vulnérabilité aux impacts des changements climatiques et conflits politiques).
        1. La mondialisation de l’économie


L’interdépendance économique entre les parties du monde demeurera, ne serait-ce qu’au niveau des échanges agricoles dans une nécessaire solidarité avec les régions affectées par le changement climatique. Toutefois l’intensité inédite des échanges liée à la spécialisation de l’Asie comme atelier du monde et aux délocalisations qui l’accompagnent, en France notamment, dans les années 2000-2010 connaîtra probablement une régression, ne serait-ce que du fait du renchérissement des transports et du relai pris par la croissance endogène des pays émergents.
        1. Les incertitudes liées à l’évolution de la crise économique et financière


Le surendettement de la plupart des Etats anciennement industrialisés ne laisse pas de préoccuper. Les tentatives de résorption du surendettement mises en œuvre dans les pays d’Europe du Sud à travers des politiques de déflation compétitive comportant la désagrégation des filets de sécurité sociaux et conduisant à la montée du chômage, se révèleront sur la durée dangereuses pour la cohésion sociale et la démocratie. Les risques de déstabilisation par une finance mondialisée, qui joue des différences réglementaires entre pays, oublieuse de sa mission d’accompagnement de l’économie réelle et mue par les gains liés à la spéculation de court terme, demeureront tant qu’un accord mondial re-régulateur n’interviendra pas. Ainsi les Etats se trouvent accaparés par des préoccupations de court terme et les finances publiques sont démunies pour accompagner la transition exigée par la prise en compte des limites de la planète.
        1. La poursuite des modes de production et de consommation actuels avec des adaptations progressives


Ce tendanciel ne suppose pas de grands changements technologiques dans des secteurs clés, notamment les transports et la production d’énergie. Le renouvellement des équipements dans l’industrie a un rythme spontané d’une décennie. Ce délai est encore plus long pour l’intervention sur les bâtiments ou sur les infrastructures de transport. Faute de politiques volontaristes il n’y a pas de profondes ruptures mais seulement des adaptations progressives. L’accumulation matérielle reste la principale aspiration des consommateurs.

L’accroissement des déséquilibres

  1. L’accentuation des pressions sur les ressources


Faute de politiques très volontaristes et concertées réussissant à infléchir notablement le contenu énergétique de modes de production et de consommation diffusés à une part rapidement croissante de la population du globe, des tensions majeures sur l’approvisionnement énergétique se produiront dans la plupart des pays. Il en sera de même pour les ressources rares. Un renchérissement de ces ressources - énergies fossiles, produits agricoles, eau, ressources minérales sous tension comme les terres rares…- est donc à prévoir, avec des conséquences probablement aggravées par la spéculation financière sur ces produits. Cela risque d’alimenter des conflits entre pays et une grande fragilisation des populations les plus vulnérables.

On assistera à l’instauration d’une nouvelle géopolitique des ressources. L’Europe et la France, mais aussi la Chine, comme tous les pays de forte densité démographique, feront face à des difficultés. Ce qui peut inciter certains pays à chercher à les contourner, en préemptant des ressources extérieures à leur territoire, ce que pratique la Chine –les premiers pays industriels ayant ouvert la voie-, ou nouant des coopérations fortes avec des territoires excédentaires en matières premières comme la Russie.

Il y a également un risque d’érosion accélérée des ressources biologiques. La question des modes de régulation de l’utilisation des ressources naturelles est devenue l’objet principal de la Convention sur la diversité biologique. Deux visions s’opposent : l’une consistant à faire entrer ces biens au sein d’un marché économique des ressources naturelles ; l’autre s’appuyant sur une reconnaissance de ces biens comme biens communs, dont l’utilisation serait tributaire de règles définies collectivement. La réforme du droit des brevets oppose entreprises multinationales enclines à une extension de la brevetabilité sur le vivant et populations des pays en développement qui revendiquent la reconnaissance des savoirs locaux et pratiques associées aux ressources.
        1. La dégradation de l’environnement


Le non-respect des limites de la planète a pour conséquence une dégradation globale de l’environnement, une diminution à la fois des ressources disponibles et de la diversité des ressources biologiques : appauvrissement des écosystèmes, dégradation de la qualité des sols et de l’eau, disparation d’espèces animales et végétales. Les coûts d’accès à certaines ressources naturelles ont fortement augmenté, privant une part croissante de la population de l’accès à ces ressources. L’artificialisation des sols conduit à la diminution de la surface agricole. La croissance des répercussions sanitaires de la pollution et des produits chimiques dangereux sur la santé engendrent des coûts qui pèsent sur les budgets de santé nationaux.
        1. La poursuite du réchauffement climatique


En l’absence d’accord cadre international sur les changements climatiques et d’actions consécutives, les tendances actuelles se confirmeront : hausse des émissions et accélération des impacts. Il est probable que les trajectoires d’émissions des pays continueront de diverger et que les réductions ainsi obtenues ne permettront pas de s’orienter vers la stabilisation du climat telle que recommandée par le GIEC. Un tel scénario conduirait à un réchauffement additionnel d’au moins 3°C à l’horizon 2100 (dont 1°C d’ici 2050 par rapport à aujourd’hui).

Les impacts du changement climatique ne sont pas encore très aigus en France en 2012 en dehors des épisodes de canicule, ils devraient s’amplifier au fil du temps. Le principal effet est une dégradation des sols et une diminution des ressources en eau dans l’ouest atlantique et le bassin parisien. Par contre, dans le nord de l’Europe (et de la France) la productivité agricole augmentera.

Mais des régions comme l’Afrique subsaharienne ou la Chine du nord seront très durement affectées, nécessitant une intensification des échanges mondiaux de produits agricoles et entraînant de fortes pressions migratoires et une accentuation de l’engorgement des mégalopoles de ces pays.
        1. L’accentuation des difficultés sociales


Les difficultés économiques liées à l’augmentation des coûts des matières premières et une faible compétitivité vis-à-vis des pays émergents, l’absence de politique active en faveur des technologies du futur, devraient se traduire en France par le prolongement d’une faible croissance et une augmentation du chômage. A cela s’ajouterait l’amoindrissement des filets de sécurité sociaux du fait des difficultés des finances publiques. La hausse des « dépenses contraintes » particulièrement lourdes dans le budget des ménages défavorisés en France creusera les inégalités. L’écart deviendra particulièrement sensible entre zones urbaines et zones périurbaines et rurales.

L’aggravement des inégalités entre pays, accentué encore par les retombées du changement climatique, provoquera un accroissement des migrations. Or si certains pays sont en mesure d’anticiper et d’accompagner ces déplacements, la majorité d’entre eux connaîtra des difficultés à gérer ces flux et à développer les infrastructures nécessaires à leur accueil.

Les mesures correctives apportées : des ajustements à la marge


Face aux nombreuses dégradations et pressions exercées sur l’environnement, une attention croissante à corriger les effets négatifs s’avère progressivement indispensable. Le principe adopté dans le scénario tendanciel est une adaptation réactive et non proactive.

La part des énergies renouvelables dans le mix énergétique reste limitée, ainsi que les économies d’énergie dans le bâti, ne permettant pas d’atteindre le facteur4. Les efforts des pays au niveau mondial se limitent à des engagements volontaires. Une fiscalité environnementale est mise en place tardivement et progressivement. D’une manière générale les objectifs en termes sociaux et environnementaux ne sont pas atteints en 2050.

Ainsi, il faut envisager un certain nombre de ruptures, philosophiques, culturelles, technologiques, économiques pour permettre une (ou des) issues aux impasses et risques mis en exergue par ce scénario tendanciel.
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