Résumé Identifier une fonction de relais pour certaines îles interconnectées sur les réseaux de l'espace mondial prédispose à s'interroger sur les nom­breuses typologies qui se sont attachées à cerner et à caractériser la diver­sité fonctionnelle des espaces insulaires.








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De l'escale au réseau : suites typologiques et fonctions d'île

Christian germanaz Université de la Réunion

« Les îles paraissent, à côté des continents lents à émouvoir, des organismes à sang chaud, plus vivants, susceptibles de briller rapidement d'un éclat extraordinaire, mais plus fragiles. Plantées en avant-garde, souvent disputées, théâtre d'expériences économiques qui les absorbent toutes entières, elles peuvent faire figure de laboratoires du progrès ».

J. Blache. 1936. « Ce problème des îles », Revue de Géographie Alpine, p. 723.

Résumé

Identifier une fonction de relais pour certaines îles interconnectées sur les réseaux de l'espace mondial prédispose à s'interroger sur les nom­breuses typologies qui se sont attachées à cerner et à caractériser la diver­sité fonctionnelle des espaces insulaires. Après avoir rappelé les rapports entre classification et définition, ce travail propose une formalisation de quelques typologies essentielles, en mettant l'accent sur l'évolution des principes qui les ont fondées. Il s'agira ensuite de parcourir la notion de «réseau insulaire» et d'expliciter la fonction «d'île-relais». L'ébauche d'un canevas de la dynamique du réseau insulaire du Sud-Ouest du Bassin India-océanique illustrera ce dispositif conceptuel.

Mots clefs : Ile-Relais - Typologie - Espace Fonctionnel - Réseau Insulaire - Sud-Ouest du Bassin India-océanique.

Abstract

Any identification of relay functions for certain islands interconnected to networks found in thé world needs to draw upon thé many typologies purporting to define and delimit thé functional diversity of island spaces. After a review of thé corrélation between définition and classification, this paper will focus on some of thé better known typologies, bringing to light thé way in which their founding principles hâve undergone change. Subsequently, thé notion of « island network » and thé function of « relay-islands » will be considered and explained. The outline sketch of thé island network found in thé South West Indian Océan Basin and its dynamic will serve to illustrate this conceptual framework.

Keywords : Relay-Islands - Typology - Functional Areas - Island Network - South West Indian Océan Basin

L'île fascine. Cette remarque relève plus du lieu commun que d'une véritable découverte, tant elle se trouve inscrite comme prologue dans un grand nombre d'articles géographiques consacrés aux espaces insulaires. L'item île du dernier dictionnaire de la géographie, publié en mai 2003, n'échappe pas à ce constat. Cette attraction pour le territoire insulaire chez les géographes, peut s'expliquer par une argumentation très large dans laquelle la thématique de l'île laboratoire a tenu une place notable. Les analyses développées se sont souvent attachées à trouver des fonc­tions aux îles et à comprendre les dynamiques qui les animent, l'en­semble aboutissant à concevoir des typologies pour tenter de mettre en ordre l'impressionnante diversité des situations rencontrées. L'appel à communication de ce colloque insiste sur l'importance de la fonction d'île-relais et sur la structuration des réseaux insulaires. Cette remarque semblait mériter une interrogation préalable pour mieux comprendre la nouvelle « ordonnance insulaire » en cours de gestation.

Nous partirons du fait que la pratique scientifique d'une discipline s'apprécie entre autre par l'efficacité des concepts qu'elle utilise pour découvrir les lois qui régissent l'objet de ses recherches. La réflexion proposée ici s'articule autour de trois points. L'origine et l'évolution du classement des îles seront d'abord rappelées. Le sens des typologies exposées sera ensuite développé à partir de quelques exemples signifi­catifs. Ces deux perspectives devraient permettre une meilleure appréhen­sion de la notion d'île-relais et de sa pluralité géographique qui fondent l'interrogation développée par le troisième aspect.

Classer les îles

Temporalité et initiateurs

Classer c'est d'abord identifier. La question de la définition de l'île n'a pas provoqué de longs débats chez les géographes français. Elle semble réglée dès la fin du XIXe siècle dans la première page de l'introduction de la thèse d'Augustin Bernard sur la Nelle Calédonie qui précise : « Qu'est-ce qu'une île ? C'est là une question qui ne mérite pas une longue étude. [...] Les développements sur ce sujet ne peuvent mener qu'à des discus­sions purement formelles et scolastiques ». (Bernard 1894).

Aubert de la Riie dans son ouvrage de 1935, L'homme et les îles, évacue d'emblée la question tant elle lui paraît dérisoire, et il faut regarder plus près de nous, en 1984, pour retrouver une précision séman­tique ultime dans l'article de J-L Tissier qui s'appuie sur les dictionnaires classiques et ceux de la géographie (Tissier 1984). S'inscrivant dans une même position, le dernier en date de ces dictionnaires résume l'esprit des différentes propositions par la sentence : « Étendue de petite dimension entourée d'eau » (Staszak 2003).

En souscrivant entièrement à la remarque sur la stérilité de débattre d'une définition de l'île, il convient de noter au passage la conceptualisa-tion intéressante proposée en 1922 par L. Febvre dans La terre et l'évolu­tion humaine, pour qui l'île « c'est un tour de côtes, un circuit de rivages, [...], en second lieu, une surface terrestre sur laquelle jouent souveraine­ment les influences de la mer. [...], enfin, un domaine voué à l'isolement et à toutes ses conséquences » (Febvre 1970).

Plus constant et plus fort a été l'intérêt d'établir une classification cohérente des îles chez la plupart des auteurs, spécialistes du domaine insulaire, même si J. Blache pose, dès 1936, la question importante de savoir s'il existe «une géographie des îles qui soit autre chose qu'une énumération, un classement commode ? » (Blache 1936).

Le document 1 expose les principaux initiateurs de ces classifications depuis l'Antiquité jusqu'au début du XXe siècle. Le problème est très tôt envisagé dans l'histoire, mais le XVIIIe et le XIXe siècle marquent une véritable étape dans l'analyse du phénomène insulaire. Cela ne peut vrai­ment surprendre puisque nous affleurons aux rivages du « monde fini » et que, dans ce nouveau contexte, l'essentiel des espaces insulaires a été largement inventorié au cours des grandes explorations maritimes, organisées par les puissances européennes. L'influence des Sciences naturelles, décisive sur les autres disciplines, conduit les scientifiques à trouver dans des observations de type naturaliste les fondations de leurs typologies. L'origine de la migration conceptuelle que l'on relève dans les publications sur la même thématique, se trouve au cœur de la science allemande dont la discipline géographique de la seconde moitié du XIXe, fonctionne alors comme « défi et modèle » sur la toute jeune École française de géographie (Berdoulay 1981). Les représentants de l'Ecole allemande, comme Oscar Peschel ou Ferdinand (Freiherr) von Richtho-fen, consacrent un chapitre influent aux îles dans leurs principaux ouvrages de géographie physique. Von Richthofen, en particulier, qui jouit alors d'un formidable prestige, a dessiné une typologie qui s'impose chez la plupart des chercheurs. Elle prend en compte les divers phéno­mènes qui ressortent de la géographie en alliant judicieusement les appro­ches géologique, géomorphologique, biologique et même historique. En France, la thèse de A. Bernard propose une des premières synthèses sur le problème. Après avoir expliqué les différentes positions et les contro­verses qui ont animé les débats durant la seconde moitié du XIXe, l'au­teur se rallie au tableau de Richthofen qui lui semble plus conforme à la réalité observable tout en insistant sur le fait qu'en « géographie il n'y a point de système absolu, mais seulement certaines vues générales fondées sur l'observation de la nature et qui permettent d'ordonner les matériaux d'étude » (Bernard 1894).

L'essentiel de la position de Bernard est de ne pas considérer ces classifications d'une manière trop radicale. Animé par la même souplesse, le livre d'Aubert de la Rue, L'homme et les îles, débute par une présenta­tion exhaustive de l'origine des îles inspirée par tous les systèmes anté­rieurs. Le document 2 résume cette construction qui pérennise l'acquis essentiel du XIXe siècle : la distinction entre îles continentales et îles océaniques.

En relançant le débat à travers deux articles (Blache 1936 ; 1948), J. Blache pose plus directement le rôle des particularités géographiques des îles sur la structure des organisations sociales qui vivent l'insularité au quotidien. Les géographes vont alors enrichir les typologies en faisant intervenir des critères quantitatifs basés sur les qualités physiques, les propriétés spatiales ou même sur la personnalité des îles. Cette orienta­tion, qui traduit le recentrage de la place de l'homme dans les probléma­tiques de la géographie et le développement des méthodes quantitatives, s'épanouit pleinement pour l'espace insulaire dans l'ouvrage magistral de F. Doumenge sur L'homme dans le Pacifique Sud (Doumenge 1966). Certes, l'importance des critères physiques, pour distinguer les variétés du domaine insulaire, demeure toujours une base solide, - les articles îles ou Océanie de l'Encyclopaedia Universalis jusqu'à l'aube des années 1980 en témoignent -, mais les géographes travaillent plus sur les pro­priétés des îles comme l'insularité, dont ils assurent la mesure objective à partir d'indices spécifiques. C'est aussi dans cette entreprise que se situe l'apport significatif de F. Doumenge dont la pertinence des indices, côtier, d'isolement et d'endémisme (Doumenge 1984) a été unanimement célé­brée. Le prolongement de cette démarche étant réalisée par C. Depraetere qui propose de façon expérimentale, pour les îles océaniques, une métho­dologie reposant sur un indice « de hiérarchisation des surfaces insu­laires » visant la détermination de divers types de « céphalie insulaire » pour les unités archipélagiques (Depraetere 1991). Cette tentative innovante apporte une contribution originale pour la compréhension et l'inté­gration du poids des conditions géographiques dans le cadre des straté­gies du développement insulaire. Cette préoccupation du développement, qui nécessite de reconnaître l'existence de la spécificité des économies insulaires, produit des tentatives typologiques originales qui creusent plus largement leurs fondations dans les domaines de la géographie humaine et économique sans pour autant évacuer les réalités physiques. Ces projets, souvent conçus à l'échelle régionale, se singularisent aussi par le souci de penser les individualités insulaires, en fonction du déroulement historique des situations démographiques et socio-économiques, et en relation ou en réaction à la globalisation des échanges et à la recomposi­tion géopolitique de l'espace mondial (Maillard 2004).

Cette rapide prospection de l'évolution des classifications marque trop discrètement l'importance de la notion d'insularité qui étaye la significa­tion d'une grande partie des typologies contemporaines.

Suites typologiques

Questions de sens

À regarder de plus près les multiples classifications insulaires, nous pouvons observer au moins deux groupes essentiels. Le premier inclut les typologies qui sont construites à partir de l'origine géologique ou/et des caractéristiques physiques des îles, comme la taille, le climat, ou encore leur situation géographique. Le choix du qualificatif originel leur est géné­ralement accordé. Le second, que l'on peut désigner par l'expression de typologie fonctionnelle et structurelle, réunit celles qui éclairent la plura­lité des fonctions plus ou moins spécialisées de ces espaces et/ou celles de leur structure, politique, sociale, économique ou culturelle. La fusion des points de vue est une gageure implicitement écartée par les auteurs des principales études consultées, dans lesquelles ils perpétuent une séparation « naturelle » entre les deux ensembles. Les bases de données qui rassem­blent les critères des deux parties, comme celle des Programmes pour l'Environnement des Nations Unies1, ne constituent pas a priori de véri­tables typologies selon la considération commune accordée à ce terme.

Classifications originelles et morphologiques.

Ce sont les plus anciennes, elles procèdent des démarches naturalistes qui ont mis progressivement en évidence les caractères géologiques, biogéographiques et morphologiques des espaces insulaires. Pour la plupart d'entre elles, le critère génétique a dominé sur les autres en fon­dant définitivement la partition classique entre îles continentales et îles océaniques. Le schéma, présenté par le document 2, résume assez bien cette conception qui reste un point de départ incontournable dans beau­coup d'études généralisantes sur les îles. Deux grandes familles sont mises en évidence (les îles continentales et océaniques) auxquelles se rajoute une catégorie mal définie (îles particulières) incorporant les espaces insulaires qui ne trouvent pas leur place dans les deux premières. À l'intérieur de chaque famille, des sous-ensembles apparaissent. Les îles continentales sont subdivisées en îles dépendantes et indépendantes. Ces dernières constituent de véritables petits continents ou manifestent l'exis­tence d'une structure continentale immergée, alors que les premières sont situées en bordure des continents dont elles faisaient autrefois partie. Elles peuvent en avoir été isolées par dislocation (îles de facturation) ou par une variation du niveau marin (îles de désarticulation). Les îles volca­niques continentales se signalent comme un cas particulier dans l'en­semble continental. Les îles océaniques sont divisées en îles volcaniques et en îles coralliennes parmi lesquelles, les atolls et les récifs. Enfin les îles particulières rangent les formations alluvionnaires des embouchures de fleuve ou des côtes basses, et les formations construites par les hommes, dénommées, îles artificielles. Si les typologies proposées peu­vent être plus simples et la terminologie différer selon les analystes, les principes fondateurs restent identiques.

Soucieux à la fois de compléter cet acquis et de s'en différencier, les géographes contemporains vont proposer une meilleure appréciation des caractères physiques des îles, en développant des mesures qui seront à l'origine de nouvelles classifications originelles ou morphologiques. Ces mesures sont effectuées à partir d'indices mis au point pour exprimer ces caractères. Le document 3 offre quelques exemples des indices utilisés et des classifications qu'ils induisent. Parmi les plus connus, nous avons déjà évoqué ceux de F. Doumenge qui restent d'un emploi toujours très efficace. L'indice côtier, obtenu en réalisant le rapport entre la longueur du littoral et la superficie insulaire, tout en assurant une assez bonne évaluation de la taille des îles, précise aussi « l'ampleur du phénomène de contact terre-mer», si fondamental pour la compréhension de l'insularité (Doumenge 1986). La distribution de la totalité du domaine insulaire y est réalisée dans cinq classes principales. À un indice égal ou supérieur à 1 correspond une situation pleinement océanique. En opposition, celle de l'île continentale apparaît avec un rapport de l'ordre de 1/60. L'indice d'isolement océanique du même auteur, résultat du rapport entre la surface émergée du territoire et celle de la zone économique exclusive dont il dépend, produit une autre classification dont les seuils minima et maxima bornent les différents dispositifs d'isolement. En mentionnant encore la typologie de Depraetere, construite sur un indice de hiérarchisa­tion des surfaces insulaires H . (rapport entre les superficies d'un cortège d'îles classées par ordre décroissant et prises deux à deux) et sur la forme de céphalie identifiée dans la structuration des territoires archipélagiques (Doc. 3), nous voulons surtout insister sur son intérêt, qui dépasse large­ment les données du milieu pour atteindre directement ceux de l'organi­sation des sociétés insulaires. En ce sens, il faut noter d'ailleurs que tous les indices et classifications mentionnés ne recouvrent pas uniquement les champs de la physique de l'espace. C'est Doumenge qui souligne que son indice d'isolement « est un excellent indicateur de la variabilité des réalités géopolitiques» (Doumenge 1986). Cette liaison nécessaire avec « l'homme-habitant » se retrouve aussi dans la typologie physique des îles de l'océan Indien de J-L. Guébourg, établie surtout «en fonction de la « confortabilité » du climat et du potentiel touristique des îles » (Gué-bourg 1999)

Cet ensemble regroupe des typologies qui sont moins apparentes que les précédentes et qu'il faut très souvent révéler à la lecture des textes utilisés, dans lesquels la proposition de classification insulaire ne cons­titue pas une fin en soi. Elle est énoncée plus comme une piste de réflexion qu'une mise en forme définitive. Il est cependant possible de trouver quelques exemples de typologies structurelles qui s'affichent comme telles, allant même jusqu'à constituer la partie essentielle du travail de l'auteur (Guébourg 1999).

Parmi les Sciences humaines, certaines disciplines ont contribué à la formation de ces classifications en privilégiant leur regard. Par exemple, le problème de la viabilité économique des espaces insulaires s'est très tôt imposé, entraînant les observateurs à distinguer, parmi les activités exer­cées dans les îles, des formes de spécialisation fonctionnelle. Aubert de la Rue en dresse un panorama très exhaustif que nous avons schématisé dans le document 4. Cinq familles concentrent la plupart des activités économiques et stratégiques repérables dans le monde insulaire. La spécialisation ne signifie pas l'absence d'activités complémentaires ou secondaires. Si l'unicité fonctionnelle a pu avoir une quelconque réalité au moment de l'extension de la révolution industrielle, aujourd'hui peu nombreuses sont les îles qui assurent leur survie par une seule fonction économique. Sans vouloir réduire la réflexion de J-C. Maillard à un projet de mise en forme typologique, dans un article en cours de publication (Maillard 2004), l'auteur dessine les différents profils économiques des îles tropicales, en partant d'une classification fonctionnelle qui explore les possibles développements insulaires dans une perspective historique. De l'île comme escale maritime, à celle comme espace de valorisation des activités de services, toute une gamme de solutions semble avoir été expérimentée par l'île tropicale. Considérée sur le long ternie, J-C. Mail­lard précise bien que la fonction économique n'est jamais définitive, ni unique et que les évolutions insulaires sont rarement linéaires. Cet effort de classification des îles selon leurs spécificités économiques se trouve également chez F. Doumenge qui met en relation poids démographique, masse et niveau économiques pour établir un tableau qui range les espaces insulaires de la micro-économie à l'économie autonome (Dou-menge 1985). En banalisant le thème des Petites Économies Insulaires (P.E.I.) à partir des années 1980, les scientifiques ont poursuivi l'explora­tion de la dimension économique des îles. L'analyse de la question centrale du développement économique en situation d'insularité, n'a été approchée par le biais de l'économétrie que très récemment. L'étude menée par P. Oberti sur les P.E.I. de l'Europe (Oberti 1999), en utilisant la base de données EURISLES2, est significative. Elle passe là aussi par la production d'une typologie structurelle dont l'analyse met en évidence cinq groupes d'îles (doc. 5) déterminés en fonction des performances économiques obtenues, en tenant compte de la taille démographique et géographique des îles et de la valeur des variables mesurant leur accessi­bilité.

Si le thème de l'île comme « laboratoire d'organisation des sociétés » (Meistersheim 1999) a été largement exploré, les structures et les rapports sociaux des populations insulaires ont été moins souvent mobilisés, dans un cadre typologique, pour exprimer la richesse des nuances observées. J-P Doumenge, en pointant les phénomènes liés au métissage des diffé­rentes cultures, dans les îles carrefours ou ponts culturels, souligne l'ap­port indispensable constitué par l'analyse des sociétés insulaires «pour une meilleure compréhension des spécificités et antagonismes ethno-culturels continentaux» (Doumenge 1984). Dans ce contexte, en réflé­chissant sur la confrontation entre tradition autochtone et modernité très souvent allochtone, l'auteur explicite l'existence de trois types de sociétés insulaires (doc. 5). Cette démarche originale trouve son prolongement par l'investigation des champs culturels des îles dont les enseignements peuvent inciter à envisager de nouvelles typologies : sociétés océa­niennes, caraïbes, ou India-océaniques... La classification n'est pas là encore un but en soi, mais un outil conceptuel permettant une exploration rigoureuse de la complexité des îles.

2. Eurisles CDrom, M. Biggi 1997.
Pour clore cet inventaire succinct des typologies insulaires, nous pouvons aborder une classification du mixte, présentée par J-L Guébourg, pour un cadre régional, dans Petites îles et archipels de l'océan Indien (Guébourg 1999). La logique de sa construction réside dans une mise en relation, du poids démographique, de la situation historique, et d'un indice insulaire pour chacun des espaces analysés. La situation historique est déduite d'un modèle d'évolution attribué aux îles tropicales. Pour l'auteur, cette évolution passe par trois phases que résume le terme « d'écolonormalité » ; écologique pour signifier la période du premier peuplement et la relative harmonie entre l'homme et son environnement ; coloniale avec l'exploitation économique impulsée par les Européens qui cherchent à fortifier leur position géopolitique à l'échelle de la planète ; et enfin la phase de « normalité » qui correspond à l'indépendance où à des

2. Eurisles CDrom, M. Biggi 1997.
statuts politiques particuliers (départementalisation, association). Cette dernière étape est particulièrement importante puisqu'elle « change les rapports de force et les structures sociales hérités de la colonisation». L'indice insulaire imaginé par J-L. Guébourg correspond à un indice de richesse pondéré par cinq autres qui relèvent du domaine économique, politique et géographique avec la considération du phénomène de l'isole­ment (doc. 5). Cette classification du mixte (données démographiques, historiques, économiques, politiques et géographiques) distingue cinq profils pour les petites îles et les archipels de l'océan Indien : les îles vides stratégiques (Chagos, Diego Garcia), les îles « écologiques » (Nias, Nicobar), les îles du passé (Zanzibar, Comores), les îles touristiques (Seychelles, Maldives), les îles à économie équilibrée comme Maurice et les îles intégrées à un État développé, cas de la Réunion. Bien que prêtant le flanc à de multiples critiques, cette typologie n'en constitue pas moins une proposition édifiante qui porte en elle, comme les précédentes, la question de la fonction et du fonctionnement des îles.
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