Les bases de l’anthropologie culturelle








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Dans la plupart des sciences exactes et naturelles, le sentiment de la responsabilité sociale du savant, qui doit veiller à ce Qu'on ne fasse pas un mauvais usage de ses découvertes, a fait ajouter un troisième étage à la structure existante - la base étant la recherche et l'enseignement, et le second étage l'application, au sens de l'ingénieur, des résultats de la recherche scientifique à la solution de problèmes pratiques. Com­me les autres hommes de science, les anthropologues se sont éveillés récemment à ce sens de la responsabilité sociale. Mais dans leur cas le second étage, qui n'existait pas pour eux auparavant, s'est également ajouté à la construction à un seul étage de la recherche fondamentale. Les questions soulevées dans ce chapitre prennent par con­sé­quent une forme spéciale, et pour envisager les solutions possibles il faut clarifier certains points qui sont évidents dans d'autres disciplines.
Tant qu'il s'agit de la contribution fondamentale de l'anthropologie à notre con­nais­sance de l'homme et de ses travaux, seules se posent des questions de méthode et de théorie. Tous ceux qui acceptent les postulats fondamentaux de la science et admet­tent la nécessité d'analyser scientifiquement tous les aspects du monde naturel et de l'expérience humaine en conviennent d'emblée. Si les anthropologues n'ont pas étudié plus de peuples ou n'ont pas embrassé dans leurs recherches une plus grande quantité de cultures, cela provient d'un manque de personnel et non d'un manque d'inté­rêt pour ces problèmes. L'efficacité des efforts des anthropologues se révèle dans le développement régulier des ressources de leur discipline. On s'en aperçoit dans tous les aspects de la science anthropologique - dans l'augmentation des faits utili­sa­bles, dans les perfectionnements de méthode, dans le nombre sans cesse crois­sant d'anthropologues formés pour entreprendre les recherches nécessaires. Sans bruit, sans discussions, dans les centres de travail, dans les muséums du monde entier, ce développement continue. De nouvelles cultures sont étudiées, de nouveaux problè­mes sont examinés, et les savants formés selon les concepts fondamentaux de l'an­thro­pologie font connaître ces problèmes toujours plus loin, tandis que la méthode et la théorie acquièrent toujours plus de rigueur, au profit de ceux qui veulent faire de l'anthropologie leur carrière.
Voilà, répétons-le, le fondement. Mais on a beaucoup discuté sur les solutions que l'anthropologie doit apporter aux problèmes pratiques et sur le contrôle de ses décou­vertes. Le problème de l'application de l'anthropologie a été fortement compliqué parce qu'il pose pour la pre­mière fois aux anthropologues la question de la science pure par rapport à la science appliquée. Actuellement, c'est un lieu commun dans les disciplines exactes et naturelles. Le biologiste ne cherche pas à faire le travail du médecin qui se sert de ses découvertes de laboratoire. Le constructeur de ponts utilise le travail des physiciens, mais ne tente pas d'entreprendre leurs recherches. Mais les anthropologues ont essayé de faire en même temps de la recherche de base et de l'an­thro­pologie appliquée; il en est résulté une confusion non seulement en ce qui con­cerne la division du travail, mais aussi dans le domaine des valeurs fondamen­tales, des buts suprêmes et de l'éthique de la science anthropologique.
Evans-Pritchard a bien commenté la question :
je ne vois pas d'objection à ce qu'un anthropologue conseille une politique ou aide à établir une mesure administrative à la lumière des connaissances anthropologiques actuelles. Dans les cas où il faut une grande connaissance anthropologique pour porter un jugement juste sur la fin ou les moyens, il est probable qu'il sera la personne la plus qualifiée pour cette opération. On a objecté que les jugements sur ce qu'il faudrait faire impliquent des valeurs morales. C'est un fait évident ; mais on ne de­man­de sûrement pas un à anthropologue qu'il n'ait aucune valeur morale ou renonce à les employer dans les situations qui commandent une appréciation éthique. Ce qu'on peut objecter, c'est qu'un anthropologue permette à sa philosophie personnelle de déterminer ses observations, d'influencer ses déductions et de dicter ses problèmes dans le domaine de sa propre science. Dans le domaine anthropologique l'anthropolo­gue, comme tout autre savant dans son domaine particulier, est obligé d'exclure les valeurs morales parce qu'elles sont hors de propos pour sa méthode. Dans les affaires pratiques, il est également obligé de les inclure. Personnellement, je trouve qu'il n'est pas nécessaire de faire des acrobaties pour parler tantôt comme un anthropologue dans le domaine anthropologique, tantôt comme un anthropologue dans d'autres do­mai­nes, comme la politique et l'administration, et le plus souvent pas du tout comme un anthropologue. On peut éviter bien des erreurs et des malentendus en indiquant non seulement au nom de quoi l'on parle, mais aussi dans quel domaine.
Les contributions de l'anthropologie à la solution des problèmes pratiques peuvent prendre diverses formes. Les anthropologues peuvent donner des conseils, en tant que membres d'une organisation gouvernementale, concernant la solution de problèmes immédiats. Ils peuvent analyser les questions de lois indigènes de propriété terrienne, de prérogatives de rang ou de coutumes religieuses, afin de permettre à un adminis­tra­teur de mieux comprendre les complexités d'une situation pour laquelle il doit prendre une décision. Les anthropologues peuvent fournir des renseignements de plus vaste portée, portant sur de grandes questions politiques, comme l'intégration de cul­tures différentes dans un système économique et politique mondial, pour éviter les frictions issues des contacts entre cultures d'orientation très différente. Sur le plan le plus général, le plus proche des recherches sur les mélanges de culture, qui fournis­sent les données fondamentales de l'anthropologie, il y a l'étude des principes géné­raux de la forme et du dynamisme culturels, sans lesquels on ne peut arriver à contrô­ler l'adaptation de peuples différents à l'échelle mondiale.
Toutes ces activités exigent de l'anthropologue un jugement - comme l'explique Evans-Pritchard - non d'anthropologue, mais de citoyen. Peu d'anthropologues tra­vail­lent avec des organismes gouvernementaux, qui ne soient pas convaincus qu'ils peuvent ainsi atténuer les frictions et la démoralisation qui ont trop souvent caracté­risé l'histoire des peuples indigènes sous la domination euroaméricaine. Les anthro­po­logues, pour qui l'anthropologie n'a pas place dans un tel système, peuvent trouver les palliatifs qui seuls restaureront le sens de la dignité aux indigènes qui n'ont plus leur indépendance. Pour ces esprits-là, l'expropriation de la terre, la non-participation au gain du travail, la réduction de peuples libres à des conditions dégradantes ont été le résultat de l'action de facteurs historiques, surtout d'ordre économique, que les conseils d'aucun spécialiste n'auraient pu modifier. Ils indiquent, par exemple, que l'expansion de l'Amérique avec l'élimination impitoyable de vastes populations indiennes préluda à la misère à laquelle les tribus survivantes ont été réduites.
D'autre part, lorsque la politique à l'égard des peuples indigènes et des minorités a des buts auxquels l'anthropologue peut donner son assentiment, il sent qu'il peut non seulement mettre ses connaissances au service de l'administration, mais qu'il y est obli­gé. Ainsi aux États-Unis, les anthropologues ont aidé le Bureau des Affaires Indiennes au moment où l'ancienne politique de démoralisation calculée fit place à une politique d'utilisation des formes indiennes préexistantes afin d'intégrer ces popu­lations dans la vie américaine, en leur redonnant l'indépendance économique et l'autonomie culturelle. De même, la politique du gouvernement mexicain, axée sur des buts similaires, a été conseillée par des anthropologues.
L'anthropologue est le mieux placé pour voir les efforts des groupes non privilé­giés, ou d'indigènes qui ne se gouvernent plus. Il voit ces efforts du côté le moins agréable, de l'intérieur. Il voit les problèmes de l'indigène comme aucun administra­teur, quelles que soient ses qualités, ne les verra jamais. Quand donc il est en mesure d'aider à redonner aux indigènes qu'il connaît les droits humains dont ils ont été privés, il saute en général sur l'occasion. Ayant avec les peuples indigènes des rela­tions spéciales du fait de la nature de son travail, il est leur ami et, si possible, leur porte-parole dans les sphères où ils ne pourraient faire entendre leur voix.
Une autre objection s'élève contre la participation des anthropologues, comme tels, à la solution de problèmes pratiques. Il s'agit de la signification, pour l'anthropo­lo­gie même, du développement de l'anthropologie pratique ou appliquée. Les incur­sions des anthropologues dans le domaine de l'anthropologie appliquée les éloignent-elles de l'étude des problèmes de la nature et du fonctionnement de la civilisation, qui doivent être le but premier de l'effort anthropologique ? Evans-Pritchard, qui plaide pour l'emploi d'anthropologues dans l'administration coloniale, est catégorique en ce qui concerne la place relative de l'anthropologie pure et de la science appliquée : « Comment un anthropologue doit-il utiliser son savoir et, ce qui revient à peu près au même, son temps ? demande-t-il. Je pense qu'il peut utiliser son savoir au mieux dans le but pour lequel il l'a accumulé, à savoir la solution de problèmes scienti­fiques... Un anthropologue utilisera ses connaissances dans son domaine scientifique, en recherchant la solution de problèmes anthropologiques, et ceux-ci n'auront peut-être jamais de portée pratique. On peut estimer louable qu'un anthropologue s'occupe de problèmes pratiques. C'est possible, mais s'il agit ainsi, il doit savoir qu'il n'opère plus dans le domaine de l'anthropologie. »
Il aborde alors le cœur du problème : « Je suis bien certain d'une chose : nul ne peut se consacrer totalement à ces deux domaines; et je doute que l'on puisse explorer à la fois des problèmes fondamentaux et pratiques. En outre, il y a grand danger que la pression des intérêts politiques et administratifs, et les attraits qui les accompa­gnent, éloignent tant de membres de notre petit groupe de la recherche des problèmes purement scientifiques, que le progrès de la science risque d'être sérieusement retar­dé. » En effet, à condition que nous séparions l'étude des problèmes scientifiques de la solution des questions pratiques, sans porter préjudice à l'un ou à l'autre, c'est la perspective lointaine, la recherche apparemment détachée des problèmes quotidiens, qui aura en définitive le plus de prix pour la société.
« L'administration et la science reconnaissent ensemble que plus il y a de con­naissances utilisables, meilleure sera l'application », disait Tax en 1945 à propos du même problème. « La science consiste en une série progressive d'abstractions du plus particulier au plus général, supposant que plus une proposition est générale, plus elle embrasse de phénomènes et plus elle a de valeur... Par exemple, si l'on désire appli­quer les connaissances anthropologiques à une tribu indienne, la science dira que les connaissances sur cette tribu ont moins d'importance que les connaissances sur tous les Indiens ou que des généralisations sur la nature humaine et la société... C'est une erreur de mire que l'anthropologue s'intéresse avant tout à la communauté qu'il étudie. En principe, idéalement, ce n'est pas le cas. Il étudie cette communauté pour appren­dre à comprendre toutes les communautés et la culture et la société en général. » Bref, en tant que savant l'anthropologue doit parvenir à ce détachement envers les faits qui caractérise l'homme de science à la recherche de la vérité. Il doit savoir, comme nous l'avons dit ailleurs, que « la recherche de la vérité doit passer avant toute chose. La dette que nous avons envers la société qui nous supporte doit être payée à longue échéance par nos contributions fondamentales à la compréhension de la nature et des processus de la culture et, par là, à la solution de certains de nos problèmes essen­tiels. »
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C'est ainsi que l'anthropologie pourra donner ses meilleurs résultats. Si une société mondiale doit sortir du conflit des ethnocentrismes que nous appelons natio­na­lismes, ce ne peut être que sur la base du vivre-et-laisser-vivre, sur le désir de reconnaître les valeurs existant dans les modes de vie les plus divers  1. L'anthropo­lo­gie a progressé sûrement, quoique souvent avec lenteur, vers cette position. Le fait de la variabilité culturelle, l'existence de valeurs communes s'exprimant dans diffé­rents modes de comportement, la dévotion de chaque peuple à son mode de vie - tous ces aspects de l'expérience humaine se sont peu à peu mis en place pour permettre que s'instaurent la tolérance et la compréhension. De même que les anthropologues physi­ques ont combattu sans cesse l'idée de supériorité raciale, de même l'anthropo­logie culturelle a montré, à la fois explicitement et implicitement dans la présentation de ses données, la dignité essentielle de toutes les cultures humaines.
Des problèmes de portée mondiale, comme la nécessité d'intégrer les peuples non industriels dans une économie mondiale, doivent être envisagés en fonction de l'ana­lyse comparative des civilisations. Refuser l'autonomie à un groupe tribal non indus­triel parce que ses coutumes diffèrent de celles des peuples qui dominent la scène mondiale, c'est engendrer des ressentiments qui ne se résoudront dans l'avenir que par le sang. Les anthropologues sont en mesure de démontrer comment un peuple réagit à la domination étrangère, même s'il est inerte et impuissant. Ils peuvent voir aussi clai­re­ment combien les coutumes peuvent être dissimulées rapidement ou, sinon, com­ment la démoralisation envahira les victimes des échecs qui accompagnent l'impuis­sance face à l'assaut mené contre des valeurs et des buts de vie profondément ancrés.
C'est presque une étude de laboratoire de ces constatations qui a été fournie par l'assaut lancé par les puissances fascistes contre la démocratie dès l'année 1930. La démocratie, disait-on, était décadente, usée. La doctrine de la primauté de l'individu, de l'État serviteur du citoyen, fut déclarée fausse et dénaturée. On affirma au contraire que l'individu existe pour l'État, qui n'a pas besoin de respecter la personnalité des réfractaires à ses ordres. Ainsi la base même de la société démocratique fut attaquée - à grand renfort de cris et d'injures, qui allèrent jusqu'à l'épreuve suprême de la force. Puissamment armés, les États totalitaires étendirent sans cesse leur domination, raillant l'indécision des démocraties.
Or il est de l'essence de la démocratie d'être pacifique; de ne pas glorifier la guer­re, mais au contraire de l'abhorrer et de l'éviter à tout prix, sauf en dernière extrémité, en cas de défense. Mais comment une philosophie démocratique pouvait-elle se maintenir dans un monde où la guerre, non la paix, était le but déclaré des nations les mieux armées, avec un système de gouvernement visant à la destruction de l'idéal démocratique ? C'était une question insoluble par rapport aux valeurs admises, com­me le montra l'égarement quant aux règles d'action. Les débats sur le pacifisme et la non-intervention groupèrent du même côté des gens d'opinions très différentes contre ceux avec lesquels ils s'accordaient habituellement. Seul le début de la guerre, la résolution d'accepter l'épreuve de force, clarifia l'atmosphère et répondit au doute de millions d'individus.
Cette expérience a fait goûter aux Occidentaux le genre de démoralisation qui était devenue le lot de millions d'indigènes pris dans une économie et une politique mondiales en expansion. Même la tactique de l'expansion allemande en Europe res­sem­bla au mécanisme qui commanda le développement de la domination occidentale dans les parties lointaines du globe. Les Allemands des Sudètes ou de Pologne furent l'équivalent du missionnaire ou du Commerçant maltraité par les indigènes, ce qui provoquait l'arrivée de l'armée ou de la flotte de la Puissance qui allait dès lors imposer sa loi aux tribus coupables. L'exercice de la force pour montrer la capacité de gouverner impressionne n'importe quel peuple; de même la force impressionna les démocraties quand elles se trouvèrent face aux nations fascistes. Les victimes de la force résistent difficilement à l'argument que la puissance représente la supériorité, de même que les démocraties trouvèrent difficile de ne pas tirer une conclusion sembla­ble à l'égard de ceux qui ne perdaient pas une occasion d'affirmer la supériorité de leur mode de vie parce qu'ils étaient plus forts.
Dans le cas particulier, la réaction fut assez puissante pour repousser la menace. Les peuples indigènes, n'ayant que des arcs et des flèches à opposer aux canons, n'ont pas eu d'autre choix que de se soumettre. Cependant l'anthropologue, qui étudie la signification d'un mode de vie pour ceux qui y vivent, n'a pas besoin de se départir de son dévouement à la science pure quand il signale les dangers pour la paix du monde qui sont inhérents à la répression des ressentiments, à la force croissante des natio­nalismes indigènes qui sont une réaction contre la dépréciation et la suppression de la culture d'un peuple. C'est sa contribu­tion, en tant qu'observateur scientifique des cultures autres que la sienne, de souligner la nécessité, dans une société mondiale, de donner à chaque peuple une autonomie culturelle. C'est à lui de montrer que les coutumes étrangères à une société peuvent être conservées précieusement par une autre, ou de noter l'importance du fait que les différences culturelles ne sont pas le signe d'une infériorité. Reconnaissant que les processus de l'histoire ne sont pas ré­ver­sibles, il peut néanmoins, par ses données, démontrer les mécanismes psycho­culturels de l'attachement inévitable d'un peuple à sa culture et expliquer à l'homme d'État qu'il est possible de concilier l'autonomie culturelle avec la participation à un ordre économique et politique mondial.
L'anthropologie peut apporter une contribution d'une portée encore plus grande. Les considérations de Sir John Myres sont aussi vraies pour le présent que pour l'avenir : « Chaque progrès nouveau de la recherche éternelle de l'Homme tel qu'il devrait être a été la réponse de la théorie aux faits nouveaux concernant l'Homme tel qu'il est... En attendant, les rêves et les spéculations de chaque penseur - même les rêves et les spéculations qui ont troublé les nations et précipité les révolutions - ont cessé de gouverner la raison des hommes, quand ils ont cessé de s'accorder avec leur savoir. » Irrésistiblement les connaissances amassées par les anthropologues sur l'homme et ses œuvres nous ont sans cesse obligés à réviser nos idées sur la valeur des coutumes humaines et à réorienter la politique et les instruments de la politique.
Le relativisme culturel, qui sous une forme implicite ou explicite domine tous les mouvements visant à construire une société mondiale, illustre notre citation. C'est une philosophie engendrant un respect mutuel basé sur des faits qui mettent en relief le noyau des ressemblances entre les cultures, ces ressemblances qui ont été résolument négligées alors qu'on soulignait l'importance des différences. Ces faits montrent que toute société a des valeurs et impose des contraintes qui sont dignes d'appréciation, même si elles diffèrent des nôtres. Le relativisme culturel, qui s'appuie sur ce qu'il y a d'universel dans l'expérience humaine, à l'encontre des concepts ethnocentriques des valeurs absolues, ne renonce pas aux contraintes exercées par tout système ethnique. Reconnaître que le droit, la justice et la beauté peuvent revêtir autant de formes qu'il y a de cultures, c'est faire preuve de tolérance, non de nihilisme. Résultat suprême de l'anthropo­logie, ce principe fait progresser l'homme dans la recherche de ce qu'il devrait être, à la lumière des faits tels que nous les connaissons, qui montrent sa nature propre tant dans son unité que dans sa diversité.

1 Trad. française Payot, Paris. Même collection, no 77.

1 Cf. La sexualité et sa répression dans les sociétés primitives. Trad. française Payot, Paris. Même collection, no 95. (N.d.T.)

2 Cf. Le langage. Trad. française Payot, Paris. Même collection, no 104. (N.d.T.)

1 Le mot anglais pattern est fort difficile à traduire. Il implique une idée de pression sociale (mais non morale) et recouvre des faits pour lesquels nous avons une grande variété de noms : usage, coutume, mœurs, conventions. Tout cela résulte du patterning. « Modèle » nous a semblé le mieux convenir, en précisant bien que ce mot n'a ici aucune nuance d'ordre moral. (N.d.T.)

1 Cf. la « Déclaration des Droits de l'Homme » soumise aux Nations Unies par l'American Anthropological Association en 1947.

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