Essai préface de Vittorio prodi








télécharger 0.82 Mb.
titreEssai préface de Vittorio prodi
page3/16
date de publication17.05.2017
taille0.82 Mb.
typeEssai
b.21-bal.com > économie > Essai
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   16

INTRODUCTION : UN POSTE D'OBSERVATION PRIVILÉGIÉ.


J'ai eu la chance de faire partie pendant neuf ans (1990-99) de la célèbre "Cellule de Prospective" de la Commission européenne, créée par Jacques Delors au début de la période pendant laquelle il a été Président de la Commission européenne. Cette Cellule a été maintenue en vie par le Président suivant, Jacques Santer et supprimée par le Président Prodi.

Ce fut pour moi une expérience extraordinairement enrichissante. Je le comprends de plus en plus, maintenant que les années ont passé. Je me rends compte aussi que cette « période Delors » a été un moment de grande créativité et d’enthousiasme parmi les fonctionnaires européens. On avait vraiment l’impression de « faire l’histoire ». Et c’était vrai…

J'ai eu l'impression d'être assis à la place du troisième pilote dans le gros Airbus de l'Europe. La place de celui qui n'a pas de grandes responsabilités, mais qui a tout le temps de voir et d'entendre les manœuvres des pilotes, leurs questionnements sur l’efficacité des politiques économiques ou autres….Tout le temps aussi, de voir les choses d'en haut et de loin. Tout le temps de voir les mouvements des nuages et la formation des cyclones….

J'ai retiré de cette expérience plusieurs convictions qui me « sont venues », que j’ai refusées pendant un temps parce que je les trouvais trop extrêmes. Mais j’ai fini par les accepter. Et au fil du temps je vois qu’elles se confirment de plus en plus.


  1. L'Humanité est en train de vivre une mutation culturelle sans précédent et cela dans un silence étourdissant. De mon poste d'observation à la Cellule de Prospective, j'ai vu le cyclone de cette mutation culturelle énorme se former. Ce cyclone est très important, rapide et global. De moins en moins de gens le nient de par le monde, et un nombre croissant de citoyens pressent son arrivée imminente ou est déjà en train de la vivre. Mais personne ne voit encore clairement quelles seront les conséquences. Ce livre essaye de comprendre ce qui se passe.

  2. Cette mutation est comparable à celle de la Renaissance, mais elle est probablement beaucoup plus fondamentale, plus profonde et beaucoup plus rapide. La raison de cette mutation est double.

    1. Premièrement, pour la première fois de son histoire, l'Humanité est confrontée à un danger d'extinction et de mort si elle ne change pas la manière dont elle gère son rapport à l'environnement et donc à l'économie au sens large.

    2. Deuxièmement, ma conviction profonde corroborée par mon observation, est que la race humaine est en train de muter, de monter de niveau de conscience1.

    3. Nous sommes donc en train de sauter un palier dans notre prise de conscience des menaces globales et de la nécessité de changer. C'est une phase très positive de notre évolution.

    4. Mais ce genre de saut est souvent très pénible et anxiogène. Et ce qui est visible, ce sont surtout les crises du système actuel (industriel et moderne) qui est déjà mort. Ce qui nous touche c'est la souffrance provoquée par ces crises. Si nous regardons le journal télévisé, on ne nous parle que d'entreprises qui ferment, ou qui licencient tout en faisant d'énormes profits. Bref on ne nous parle que de ce qui meurt.

    5. Cette mutation a une dimension intellectuelle, sociologique, culturelle, politique et économique. Et elle touche aussi chacun de nous au niveau le plus profond de son existence, et de ses raisons de vivre. C’est donc une crise du sens. C'est la signification même de notre civilisation mondiale qui est mise en question puisqu’elle nous mène vers la mort. Et c’est donc pour survivre que nous changeons de civilisation.

    6. Et la seconde partie de ce livre nous montrera que nous avons déjà en main les éléments clé de la nouvelle société du 21ème siècle: au plan politique, la non-violence entre Etats, essence de l'Union européenne et au plan économique, l'économie de la connaissance. Mais nous les utilisons encore comme des outils du 20° siècle! Les citoyens le sentent confusément et disent non. Le problème le plus difficile aujourd'hui est de changer de lunettes afin de percevoir cette nouvelle vision de la Renaissance, voire du réenchantement qui est en cours.

  3. Le monde politique européen au cœur duquel j'ai eu l'occasion de vivre, pendant dix ans, ce monde politique, au fond, ne sait pas que dire ni que faire. Alors il ne dit rien et ne fait rien. Il attend que les choses se clarifient. Je me souviens que Jacques Delors, dans un entretien privé a utilisé la comparaison suivante: "L'Union européenne est comme un énorme camion. Le pare-brise est totalement embué, si bien que la visibilité est nulle. L'accélérateur est au plancher. Le frein à main est cassé. Les freins sont incandescents. Et personne n'ose toucher le volant. Alors la plupart des politiciens regardent fixement le rétroviseur". Et ce que j’ai compris aussi, dans l’ombre du Président de la Commission, est que dans une mutation de cette ampleur, personne ne sait vraiment ce qu’il faut faire, mais seuls les politiciens les plus lucides le reconnaissent. Et il est bien que les véritables grands politiciens se taisent et suivent les réalisations de la société civile. Car sinon le danger de totalitarisme est là, derrière la porte !

  4. Mais il est vrai aussi que la majorité du monde politique est comme en proie à une fascination, un ensorcellement par l'idéologie du "libre marché". Car il s'agit d'une véritable foi en la rationalité économique, qui se dit "rationnelle" et qui ne l'est pas, puisqu'elle n'est pas capable de discuter du bien fondé de ses axiomes de base, de manière rationnelle.

  5. Or l'économie industrielle de libre marché est déjà morte comme projet mondial acceptable puisqu'elle ne semble pas capable de se repenser afin de se réorienter vers la soutenabilité totale. Cette économie est dominée par la vision libérale du "libre commerce" à l'américaine. Plus il est urgent de réfléchir à notre modèle économique, plus on réaffirme les anciens crédos de la "rationalité économique", plus on se convainc soi-même que "tout va bien".

  6. Au plan de la réflexion économique, on en est en effet moins loin aujourd'hui que lors de la réflexion qui a donné lieu au fameux Livre Blanc sur la croissance, compétitivité et l'emploi de 19932. Ce livre blanc fut le résultat de centaines d'heures de réflexion et de travaux de groupe au sein de la Commission européenne pendant des mois. C'était un travail en même temps visionnaire et réaliste. Il alliait la compétence économique et politique avec la vision du changement en cours. C'était vraiment un texte d'une rare qualité intellectuelle et stratégique. Il dépassait "par le haut" l'idéologie un peu trop simple du "marché libre", pour essayer de résoudre efficacement les problèmes de l'écologie, du chômage et de la société de la connaissance. Il proposait notamment de détaxer progressivement l'emploi et de basculer le gros des taxes sur ceux qui compromettent l'environnement. Il invitait aussi à repenser totalement le système éducatif pour se préparer à l'économie de la connaissance. Ce document de très grande valeur eut une durée de vie politique de quelques minutes. Les ministres "Ecofin" (Le conseil des Ministres de l'Economie et des Finances s'appelle en jargon "Ecofin") le refusèrent platement, sans même le discuter. Il n'était pas assez dans la ligne du "libre marché". Ce fut un grand échec politique pour Jacques Delors. Il avait espéré pouvoir élaborer un modèle économique original de capitalisme européen orienté vers la société de la connaissance et le respect de l'environnement. Il a réussi intellectuellement, puisque le Livre Blanc existe, mais il a échoué politiquement. L'idéologie du libre marché qui commençait à devenir dominante ne le lui a pas permis.

  7. La conséquence de cette mutation rapide et silencieuse est qu'un monde est en train de se mourir sous nos yeux, sans que personne ne nous explique pourquoi ni comment. Ce qui meurt, nous le verrons dans la première partie, c'est l'ensemble des valeurs patriarcales de commande, de contrôle et de conquête. C'est aussi le paradigme moderne qui perd son crédit à une vitesse étonnante. Cette manière trop exclusivement rationnelle d'aborder la réalité. Mais c'est aussi la société industrielle qui fond comme une peau de chagrin, pour laisser la place à la société de la connaissance. Et le cumul de ces changements qui s'auto amplifient les uns les autres, précipite la crise sans précédent de la plupart de nos institutions. Sous le terme pudique de "credibility gap" (crise de crédibilité) il faut bien constater une inadéquation fondamentale des institutions de base de nos sociétés aux enjeux de ce XXIème siècle qui commence. Tous les secteurs sont touchés, car ils sont tous structurés en pyramides désormais inefficaces: la politique, l'enseignement, les syndicats, les organisations régionales nationales et internationales, les religions organisées, les armées et institutions militaires, les institutions de défense et de sécurité, etc.

  8. Ceci nous mène à une observation très positive: la société civile bouge beaucoup plus que les médias ne nous disent. Elle prépare en silence l'Humanité aux valeurs nécessaires à sa survie. En effet, des nouvelles statistiques intelligemment ciblées ont fait apparaître qu'aux USA et dans l'Union européenne, environ 25% de la population est en train, en silence, de changer de valeurs et de culture. Quelles sont ces nouvelles valeurs? Elles vont dans le sens de la vie et du futur pour nos enfants: le respect absolu de l'environnement, la reconnexion au cosmos, à nos corps, à la nature, mais aussi à nos familles, à nos communautés, aux animaux, une recherche d'une dimension spirituelle, pas nécessairement religieuse et une nouvelle relation femmes hommes… Et bien qu'il n'y ait pas de statistiques disponibles, il semble qu'un mouvement de la même ampleur soit en train de se développer en Chine, en Amérique Latine, mais aussi au sein de l'Islam mondial. Et dans ce groupe important au plan mondial, 66% sont des femmes. Les femmes sont donc en silence à la pointe du changement dans le monde contemporain, et cela probablement dans les cinq continents.

  9. Nous verrons aussi dans la seconde partie du livre que de tous les côtés, et souvent de manière quasi invisible, un monde nouveau est en train de naître. Nous assistons en effet, à la naissance d'une logique nouvelle, d'une autre manière de fonctionner, de penser, d'enseigner et même de faire des affaires, dans la société de la connaissance. La seconde partie nous montrera que la société de la connaissance est déjà là et est un tout autre projet politique et économique. Et c'est à nous citoyens du monde, jeunes entrepreneurs, jeunes intellectuels et jeunes politiciens de faire fonctionner ces nouveaux outils afin de créer une civilisation mondiale soutenable et juste.

  10. Enfin, puisque nous sortons de la modernité, nous sommes aussi en train de sortir du "désenchantement du monde" que nous a décrit si éloquemment Max Weber. La rationalisation moderne en n’acceptant que la démarche rationnelle a éliminé progressivement toutes les dimensions non rationnelles de notre civilisation occidentale, « développée » ! En supprimant toute dimension d’enchantement, ou même toute approche complexe, voire méta-rationnelle, la modernité a parfaitement réussi à désenchanter le monde. On peut considérer que ce processus est arrivé à son parachèvement aujourd'hui, après quelques siècles. Or nous sommes en train d'assister au resurgissement de toutes les dimensions non rationnelles. C'est donc un bouillonnement très important, - évidemment ambigu - mais qui est en train de faire basculer notre civilisation mondiale vers un possible réenchantement du monde. Et ce réenchantement ne concerne pas seulement la vie intérieure, ou la vie privée des citoyens. Il concerne aussi, nous le verrons, la dimension politique, institutionnelle et économique au plan local national, régional et mondial. La société de la connaissance pourrait être une société réenchantée.




1° PARTIE
UN MONDE SE MEURT


« Nous vivons un des changements les plus fondamentaux de l’histoire : la transformation du système de croyances de la société occidentale. Aucune puissance politique, économique ou militaire ne peut se comparer à la puissance d’un changement au niveau de notre esprit. En changeant délibérément leur image de la réalité, les hommes sont en train de changer le monde ».

Willis HARMAN († 1977)

Penseur de la Silicon Valley

au "Stanford Reasearch Institute", et

Fondateur de la "World Business Academy"


Introduction
De nombreux citoyens de par le monde pressentent la mutation qui s'infiltre dans leurs vies. Souvent le premier sentiment est un malaise. "Tout va mal!". "C'est la crise!". Le citoyen se sent perdu, car il se demande ce qui se passe et quel va être l'avenir de ses enfants. Il pressent que quelque chose se passe sans pouvoir dire ce que c'est. Et de plus, il croit qu'il est seul à ressentir ce malaise alors qu'il fait partie d'un groupe de plusieurs centaines de millions de personnes. Il n'a pas de vision globale.

Et la première chose qu'il ressent c'est ce sentiment de fin de quelque chose, un sentiment confus de mort. En effet ce que nous voyons, ce qu'on nous montre au journal télévisé, ce sont surtout la mort du système existant: les entreprises qui ferment, les dysfonctionnements politiques et institutionnels, les corruptions, les guerres et les insurrections violentes.

Dans la seconde partie de ce livre nous montrerons tout ce qui est en train de se construire autour de concepts économiques et politiques nouveaux. Car c'est habituellement ce qu'on ne nous montre pas parce que c'est malaisé à percevoir. S’il y avait eu des médias au temps de la Renaissance, ils auraient probablement parlé abondamment de l'effondrement de la société agraire et médiévale, de la crise du latin dans les Universités, de l'horrible invention permettant de fabriquer le Livre Sacré avec des machines (à imprimer). Et peut-être auraient-ils parlé un tout petit peu de Galilée, de Michel-Ange, de Copernic... les pionniers du changement…dans les pages culturelles du Weekend ou les pages judiciaires des procès (de l'Inquisition !).

Dans cette première partie nous allons donc essayer de décrire tout ce qui est déjà mort mais n'en finit pas de mourir, parfois dans un silence feutré, parfois avec grand bruit.

Pour structurer notre description nous présentons l'hypothèse que le changement que nous vivons au plan mondial est comme un iceberg à cinq étages, dont seul le cinquième étage émerge de l'eau.

Nous reprendrons l'image de l'iceberg sous une forme légèrement différente dans la seconde partie pour montrer à chaque niveau de profondeur ce qui est déjà en train de vivre de manière nouvelle.

Voici les cinq niveaux de changement que nous proposons:


Figure 1 : L'iceberg du changement: cinq niveaux de mort.

Niveau 5, seul visible : MORT des structures pyramidables (Chap. 5)



Niveau 4 : MORT de la société industrielle (Chap.4)

Niveau 3 : MORT de la modernité (Chap. 3)


Niveau 2 : MORT du patriarcat (Chap.2)




Niveau 1 : Notre civilisation est menacée de MORT (Chap. 1)


On le voit le niveau 1 est celui qui est le plus bas. Il y fait le plus froid et le plus sombre. On n'aime donc pas y aller, ni y séjourner. C'est le niveau que nous connaissons tous maintenant: notre civilisation mondiale est menacée de mort si nous ne changeons rien. J'ai choisi ce niveau le plus bas car nous n'aimons pas parler de ce danger qui plane sur nos têtes. Nous préférons ne pas descendre si bas dans l'eau froide…de notre subconscient individuel et collectif.

Le niveau 2 est encore très froid et assez bas. On ne le visite pas souvent non plus, même si on sait bien qu'il existe. C'est la mort des valeurs patriarcales. On en parle très peu et cependant nous sommes confrontés chaque jour avec la crise du management vertical, arrogant, manipulateur. Cela marche de moins en moins, mais on n'en parle pas souvent. Et tout le monde sait et se rend compte que nous ne trouverons pas de solution à nos problèmes mondiaux avec les valeurs de commande de conquête et de contrôle. On sent bien que pour protéger cette belle boule bleue dont les astronautes américains nous ont apporté les premières photos, il nous faut de toute urgence un nouveau cocktail de valeurs de respect, plus douces, plus féminines. Le patriarcat est donc déjà mort…mais son cadavre bouge encore!

Le niveau 3 est à mi-course: la mort de la modernité. Nous n'en avons pas tellement conscience mais nous le sentons peut-être un peu plus. Et nous le verrons, pour ceux qui sont encore à 100% modernes il est très difficile, voire impossible de comprendre que l'on pourrait être en train de changer de paradigme. Car par définition ils n'ont pas conscience d'être dans un paradigme puisqu'ils se vivent comme étant dans l'objectivité réaliste et donc dans la vérité impartiale.

Le niveau 4 est tout proche de nous. De nombreuses entreprises de type "industriel" sont en train de mourir sous nos yeux. On ne dit pas d'une entreprise qu'elle meurt, mais qu'elle "ferme". C'est plus pudique. Mais c'est toute l'économie, "industrielle moderne" qui est mourante, pour une raison toute simple: l'approche industrielle des problèmes ne permet pas de trouver rapidement un chemin vers un monde véritablement soutenable. Cette logique nous conduit vers la mort collective et est donc de plus en plus clairement refusée par les citoyens. Elle est donc morte car elle n'a aucun avenir. Mais son cadavre bouge encore, certes.

Enfin nous arrivons au seul niveau qui soit visible: nos institutions sont en crise si grave que l'on peut avancer l'hypothèse qu'elles sont en train de mourir. Globalement toutes les institutions qui sont pyramidales, sont en crise…quand elles ne sont pas déjà mortes parce qu'elles sont accusées de corruption, d'absence de transparence, ou plus gravement d'incompétence parce qu'elles ne parviennent pas à répondre à la question de notre survie collective.

CHAPITRE 1:
DANGER DE MORT ET DE SUICIDE COLLECTIF

Mon point de départ est que l'Humanité se trouve dans un moment tout à fait exceptionnel de son existence, puisqu'elle est confrontée, pour la première fois dans son histoire, à la possibilité d'une mort collective consciente, donc d'un suicide.

Selon Lester Brown, directeur du "Worldwatch Institute" à Washington, qui a présenté son livre au Parlement Européen en 2005 en commençant son exposé par les mots suivants: "Notre économie globale croît tellement qu'elle dépasse la capacité d'absorption de la planète. Elle nous mène donc chaque jour plus près du déclin et de la mort possible."

Il est assez évident pour la plupart des observateurs, et pour le public en général, que notre modèle occidental de développement est polluant et non soutenable. Mais cela allait encore plus ou moins tant que nous n'étions que 750 millions d'occidentaux (USA +UE) et tant que nous avions pu exporter nos nuisances dans d'autres pays.

Mais maintenant que la Chine, l'Inde, le Brésil et le reste du monde s'alignent sur la même politique de développement "non soutenable", on ajoute à ces 750 millions, plus de 2 milliards de personnes. A ce moment, il devient encore plus évident qu'il n'y aura plus assez d'énergie fossile, il y aura beaucoup trop de déchets et de pollution, que les surfaces agricoles vont encore diminuer et s'épuiser encore plus rapidement. La production de CO2 va augmenter de manière exagérée, le changement climatique va s'accélérer encore et il devient de plus en plus évident que les espèces animales vont diminuer encore plus vite…Bref nous allons droit au mur et…encore beaucoup plus rapidement que prévu initialement.

Si l'on prolonge la courbe de l'évolution actuelle qui inclut la Chine et l'Inde, rares sont les "spécialistes" qui nient qu'il y ait un problème grave,… très grave.

Je lisais dans le train cet article récent de Koïchiro Matsuura, Directeur Général de l’Unesco3 : « L’espèce humaine, la planète, la cité savent désormais qu’elles sont peut-être mortelles. Certes l’Humanité ne vit pas sa première crise écologique. Mais nous vivons sans doute la première crise écologique mondiale d’une telle ampleur. Aujourd’hui nos comprenons que la guerre à la nature est une guerre mondiale… »

Et il continue en nous encourageant à sortir de l’immobilisme :

« Trop cher le développement durable ? C’est l’inertie qui nous ruine ! Javier Perez de Cuellar a lancé aux « Dialogues du XXIème siècle » un clair avertissement : « Comment pouvons-nous savoir et ne pas pouvoir, ni vouloir ? » ...

Mettre un terme à la guerre à la nature requiert aujourd’hui une nouvelle solidarité avec les générations futures. Pour ce faire, faut-il que l’humanité conclue un nouveau pacte, un « contrat naturel » de co-développement avec la planète et d’armistice avec la nature ?

Sachons faire prévaloir une éthique du futur si nous voulons signer la paix avec la Terre. Car la planète est notre miroir: si elle est blessée ou mutilée, c’est nous qui sommes blessés et mutilés.

Et il propose de nous embarquer le plus vite possible vers les sociétés du savoir qui sont potentiellement beaucoup moins polluantes, voire une possibilité réelle de créer une économie mondiale soutenable.

« Pour changer de cap, nous devons créer des sociétés du savoir pour combiner la lutte contre la pauvreté, l’investissement dans l’éducation, la recherche et l’innovation, en posant les fondements d’une véritable éthique de la responsabilité. »

Nous reviendrons sur ce concept proposé par Matsuura de guerre à la nature et qui est finalement une guerre à nous-mêmes.

La question qui tenaille en secret notre civilisation est de savoir si nous allons globalement vers la vie ou si nous nous acheminons collectivement vers la mort ? Nous dirigeons-nous vers la destruction irréversible de notre environnement naturel et donc, à terme, vers notre propre mort collective ? Des tensions et des guerres socio-économiques cruelles et des invasions dévastatrices nous attendent-elles, ou bien prendrons-nous à temps les décisions qui s’imposent de plus en plus clairement ? Telles sont les questions lancinantes mais souterraines, enfouies dans les profondeurs, qui hantent notre civilisation.
La mode est au noir…
Notre époque est dominée par un sentiment collectif de mort qui ne se dit pas comme tel. Par exemple le noir est devenu une couleur dominante dans la mode chez les jeunes et dans la rue. C'était impensable en 1960. Cette mode ne révèle-t-elle pas précisément le sentiment de mort qui est lié à la fin d’une logique, la fin d’une époque? Quelque chose est en train de mourir. L’agonie du système imprègne les esprits et bouche l'horizon.

Une civilisation en décadence n’a point de projet d’avenir. Jamais.

Mais en même temps dans le monde entier quelque chose est en train de naître, qui est passionnant mais encore difficilement saisissable.
« Est-ce la fin de la France » ?
J’ai été invité il y a quelque temps, à faire une présentation devant un parterre d’une centaine de chefs d’entreprise du groupe X, à Paris. Je me souviens très bien qu’après mon exposé, qui parlait des différents niveaux de la mutation actuelle, il y eut un grand silence embarrassé. Puis la première question fut : « Pensez-vous que ce soit la fin de la France ?»4. Ce type de question indique la présence subconsciente de ce puissant sentiment de mort. Cette question était très indicative des courants sous jacents de notre société : on sent que quelque chose est en train de mourir.

1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   16

similaire:

Essai préface de Vittorio prodi iconEssai clinique réciser, si thérapeutique, phase 1,2, 3 ou 4, caractéristiques...

Essai préface de Vittorio prodi iconPreface

Essai préface de Vittorio prodi iconPRÉface

Essai préface de Vittorio prodi iconPreface (2 pages) introduction

Essai préface de Vittorio prodi iconPreface et objectifs du document 1

Essai préface de Vittorio prodi iconSommaire Préface de Sylvie Simon

Essai préface de Vittorio prodi iconPreface a l'edition allemande de 1872

Essai préface de Vittorio prodi iconPréface : L’idéal éducatif du collégien

Essai préface de Vittorio prodi iconPRÉface
«métapsychiques» a fait de remarquables progrès en France surtout du côté physiologique, et, pourrait-on dire, scientifique

Essai préface de Vittorio prodi iconPréface
«La prise en compte des dimensions linguistiques de toutes les matières scolaires : équité et qualité en éducation»








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com