Essai préface de Vittorio prodi








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CONCLUSION DU CHAPITRE 10 :
Oui, la société de la connaissance est une société pétrie de valeurs beaucoup plus féminines. C’est incontestable. Personne n’y peut rien. Ces valeurs nouvelles sont adaptées au nouvel outil de production : l’humain. Elles sont donc plus humaines. Et c’est une bonne nouvelle. Cette société est elle « contre » les hommes ? Non, clairement non. Mais elle invite chaque homme à se repenser dans une société post patriarcale. C’est un défi mais aussi un chemin de libération, un changement de niveau de conscience.

Et donc, je l’ai dit et redit, le danger principal dans la mutation dans laquelle nous sommes c’est de gérer la nouvelle économie et la nouvelle société avec les anciennes valeurs modernes, industrielles et patriarcales. Le danger est de « verser le nouveau vin dans les vielles outres »68 comme dit l’évangile. C’est le refrain de ce livre. Le danger n’est pas le changement, mais la manière dont nous le vivons.

Et la politique du « business as usual » qui domine pour le moment est dangereuse voire suicidaire.




CHAPITRE 11:
LES VALEURS

DE LA SOCIETE DE LA CONNAISSANCE

SONT DEJA PRESENTES PARTOUT
Oui il y a une excellente nouvelle !

En effet, plusieurs centaines de millions de citoyens de par le monde sont en train de changer de valeurs et de comportements. Ils deviennent plus sensibles à l’écologie, aux valeurs familiales, à la communauté de leur quartier. Elles/Ils sont plus ouverts à une dimension intérieure de leur existence, et sont ouverts aux autres cultures, langues et arts culinaires exotiques. Ils sont très méfiants vis-à-vis de la politique et des politiciens. Mais ils sont conscients que l’humanité doit changer sa vision de la politique et de l'économie, si elle veut survivre. Au moins cinquante millions de ces citoyens habitent les USA, une centaine de millions habitent l’Europe, au moins deux cent millions sont actifs au cœur de la culture musulmane, mais aussi dans les autres continents, Chine, Japon, Inde et Amérique Latine.

Et 66% de ces citoyens "créateurs de culture" sont des femmes.

Nous touchons ici la racine profonde de la Renaissance silencieuse qui est en train d'advenir sous nos yeux. En changeant leur vision du monde, les citoyens sont en train de préparer et de se préparer pour la grande mutation qui advient. Une mutation vers une nouvelle conscience globale de nos responsabilités "planétaires" vis-à-vis de notre futur à tous.

Comme le disait si bien Willis Harman : « Nous vivons un des changements les plus fondamentaux de l’histoire : la transformation du système de croyances de la société occidentale. Aucun pouvoir politique, économique ou militaire ne peut se comparer à la puissance d’un changement au niveau de notre esprit. En changeant délibérément leur image de la réalité, les hommes sont en train de changer le monde ».69

Personne, aucune force politique n'est capable de contrer un tel changement de vision et de valeurs. Et pour le dire positivement, c'est à ce niveau de profondeur quasi subconsciente que se trouve l'énergie qui va nous aider tous à plonger dans cette mutation de grande ampleur et à la réussir.
Le refus subconscient de la mort collective est le moteur profond du changement.
Cette enquête nous dévoile une dimension inattendue. Comme la face cachée de ce climat de mort que nous avons décrit dans la première partie. L’autre face de ce qui meurt est une pulsion de Vie extrêmement puissante et présente partout. Cette pulsion est un très puissant moteur de changement qui tourne déjà à plein régime. Mais, on ne le voit pas encore, car il est situé très profond en nous, à un niveau de profondeur subconscient ou à peine conscientisé. Le moteur du changement en cours est le refus subconscient par les citoyens du monde de la mort collective de l’Humanité.

Et ces citoyens sont très nombreux, anormalement nombreux pour une mutation ordinaire. Car l'historien des civilisations Arnold Toynbee nous explique en effet, que lors des mutations importantes, environ 5% des citoyens préparent en silence les valeurs de l'époque suivante. Or ici nous sommes en présence d'un groupe cinq fois plus nombreux que d’habitude, suivant Toynbee.

Donc la mutation est peut-être cinq fois plus importante et plus profonde, puisque la réaction de l'inconscient collectif est cinq fois plus puissante…

L'hypothèse de ce chapitre est donc que l’Humanité a déjà décidé qu’elle ne veut pas mourir. Elle ne veut pas mourir et elle est donc en train de reprogrammer à toute vitesse des centaines de millions d’individus, vers les valeurs de Vie.

On pourrait dire avec mon ami Rupert Sheldrake70, rencontré pour la première fois à San Francisco, au « State of the World Forum71 », qu’il y a apparition d’un nouveau champ de conscience (Champ morphogénétique) qui infiltre nos subconscients en silence. Ce champ est porteur de transformation puissante et rapide des valeurs de base chez chaque individu.

On pourrait aussi comparer le subconscient collectif de l'Humanité aux espèces animales qui augmentent ou diminuent la fécondité des femelles par une reprogrammation subconsciente, selon qu’il y a pénurie ou pléthore de l’espèce.

Rappelons que les valeurs de mort sont symbolisées par la non conscience, ou l'inconscience par rapport au futur et nos obligations vis-à-vis des générations à venir. Cette inconscience peut prendre la forme de

  • l'indifférence,

  • la "guerre à la nature", de la guerre aux valeurs de vie,

  • la vision à court terme: je veux du profit maintenant...

  • l'approche "business as usual": on fait comme on a toujours fait...

Par contre les valeurs de vie s'expriment sous la forme de :

  • préoccupation de notre futur collectif et de celui de nos enfants,

  • reconnexion avec le cosmos.

  • Niveau de conscience plus élevé. Le sort de la terre est « conscientisé » en nous.

  • acceptation que nous devons changer, et que ce n'est la faute de personne...

L'Humanité semble donc être en train de se reprogrammer pour organiser sa survie. Et cela se ferait par le biais du changement des valeurs et des comportements des citoyens dans le monde entier. Cela "advient" au plus profond de la personnalité de chacun et même au plus profond du corps de chacun.
La loi de « complexité conscience »
Certains auteurs comme le jésuite Pierre Teilhard de Chardin, en Europe, expliquent la fameuse loi de complexité conscience. Plus la complexité sur la terre va augmenter, plus aussi il va y avoir des sauts dans le niveau de conscience de l’humanité. Et selon lui, au début de ce nouveau millénaire, nous pourrions assister au basculement de l’humanité, vers un changement de direction fondamental. Au lieu d’aller vers toujours plus de complexité et de différenciation, nous pourrions subitement arriver à un renversement de tendance, à un basculement vers une tendance à un rapprochement progressif des humains entre eux, qu’il appelle « omégatisation ». Après un stade de divergence maximale, l’Humanité irait en convergence progressive vers un point oméga qui est le Christ Cosmique. Elle irait subitement vers plus d’amour et plus de conscience puisque le christ cosmique est un principe de lumière et d’amour infini et divin.

Sri Aurobindo, et la Mère sa sœur dans la vision et compagne spirituelle, annoncent la descente progressive en chacun de nous du Supraconscient. Le Supraconscient est une énergie spirituelle beaucoup plus élevée. C’est une divinisation progressive des humains pour le dire en termes simples. Et cette divinisation fait partie de l’évolution de l’humain sur la terre. Selon eux, comme selon Teilhard, l’évolution de l’humain n’est pas terminée et elle est en train de « sauter » un stade important actuellement. Et ce processus est entré déjà dans une phase décisive. Ce processus de descente du Supraconscient a aussi une influence importante sur nos corps et sur nos cellules. La Mère a écrit des livres et des témoignages sur ce qu’elle a vécu elle-même dans son corps. Elle a senti une transformation de l’intérieur, parfois très pénible, des cellules de son corps. Et elle a appelé ce phénomène une augmentation de la «conscience des cellules ».

Et cette transformation intérieure a été leur remarquable et étonnant combat secret. Aurobindo et la Mère ont - d’après leurs témoignages - comme préfigurée dans leurs corps, la mutation de conscience qui est en train de se produire globalement.
Les citoyens de par le monde, sont donc en train de changer sans exactement savoir pourquoi ni comment. L'humanité change, mais ce changement est encore invisible car il s'infiltre par le biais de nos vies personnelles et de nos valeurs de base qui bougent, de nouvelles questions qui surgissent en nous, de nos corps qui se transforment et de notre vision de la vie qui bouge à toute allure mais en silence.

Ce n'est probablement que dans un second temps que l'on pourra assister à des mutations et à des crises politico-économiques assez importantes.

Nous allons voir plus loin dans ce chapitre que selon nos contacts et nos informations de par le monde, la mutation est en cours avec une force et une profondeur insoupçonnée dans tous les continents. L'Humanité est en train de se préparer à vivre au XXI° siècle.

Et donc au plus profond de ces profondeurs peu visitées de notre subconscient collectif, nous avons découvert un moteur secret et puissant qui pousse la transformation de notre civilisation en silence avec une force insoupçonnée. C'est un peu comme le "Gulf stream" qui est puissant et que personne ne peut arrêter ni dévier, mais très profond et invisible. Et en tout cas, ce moteur de transformation est en train de tourner à plein régime et de nous transformer tous de l'intérieur sur tous les continents. Mais ce mouvement part aussi des eaux les plus froides. Il mettra du temps à se manifester à la surface.

Jacques Delors disait souvent en privé, lors de la visite de personnalités du monde philosophique ou religieux, qu’il était nécessaire en ce temps de mutation, de ne pas se concentrer sur les vagues, mais sur les courants de fond.

Mais entrons dans les détails.

Nous nous basons ici sur l’enquête de Paul H. Ray aux USA, mais ensuite aussi en Europe.

L’ ENQUÊTE SUR LES "CREATEURS DE CULTURE"
En étendant à la société américaine dans son ensemble ses méthodes d’analyse des marchés et de la clientèle, Paul H. Ray a eu la surprise de découvrir, à côté des conservateurs et des liberals (ces derniers s'apparentant plus ou moins à la gauche européenne), une nouvelle famille de citoyens : les "cultural creatives" ou « créateurs de culture ». Des femmes et des hommes qui créent de nouvelles valeurs et, sans le savoir, sont en train de mettre en œuvre le paradigme du XXIème siècle. Ils sont 50 millions de citoyens américains invisibles, car la plupart du temps ils ne votent plus et ne lisent pas la presse traditionnelle. Ils sont comme "invisibles" aussi pour les media qui n’en parlent jamais, puisqu’ils ne savent pas qu’ils existent.

Cette famille de citoyens n’est « ni à gauche, ni à droite, mais devant ». Elle désire autre chose. Elle désire surtout intégrer et marier les meilleurs éléments vécus et légués par les deux familles traditionnelles. Réconcilier, en somme, ce qui a été analytiquement fragmenté par la modernité.
66% sont des femmes: elles mènent le changement en silence…
La majorité de ces réintégrateurs sont des femmes : ce groupe émergeant en compte 66%. Comment s'étonner, dès lors, si resurgissent et s'affirment, dans ce groupe, les valeurs féminines par excellence, tout ce qui touche à la vie ?

Nous allons retrouver cette tendance tout au long de cette seconde partie. Partout derrière les coulisses de ce qui change ou est en train de se préparer, il y a des femmes qui ont anticipé et font déjà autrement, sans mot dire. Oui un peu partout elles sont en train de recoudre notre Humanité en pièces…De nombreuses femmes sont déjà sur la dernière flèche et sont tout étonnées quand on le leur demande. Elles trouvent cela tout naturel.
Les valeurs des créateurs de culture:
Dans son étude, Paul H. Ray72 a délivré quelques statistiques très éclairantes. Les premiers chiffres rapportés ci-dessous expriment les pourcentages enregistrés au sein du groupe des 24% de créateurs culturels. Les chiffres en italiques expriment eux, quand cela a été possible, le pourcentage de réponses positives de l’ensemble de la population américaine.

  • Très intéressés par la « simplicité volontaire » : 79%, 63%.

  • Ils/elles travaillent à la réintégration et la reconstruction du lien social dans leurs communautés locales, régionales et au plan mondial : 92%, 86%.

  • Reconnexion avec la nature et réintégration de l’écologie dans l’économie : 85%, 73%.

  • Elles/ils sont prêts à supporter plus de taxes afin de mettre fin à la pollution et au réchauffement de l’atmosphère : 83%, 64%.

  • Redécouverte du caractère sacré de la nature : 85%, 73%.

  • Revalorisation de la dimension du sacré et de la spiritualité dans leurs vies ; elles/ils désirent se reconstruire par un travail intérieur : 52%, 36%.

  • Ils/elles considèrent important de pouvoir développer leur propre créativité au plan professionnel et sont même prêts à gagner moins à cette fin : 33%, 28%.

  • Réconciliation entre les religions et synthèse de ce qu’il y a de meilleur dans les grandes traditions d’Occident et d’Orient. Ils/elles redécouvrent la méditation et l’expérience spirituelle : 53%, 30%.

  • Ont tendance à croire aux phénomènes paranormaux, la réincarnation, la vie après la mort, l’importance de l’amour divin, conçoivent Dieu comme immanent : 53%, 30%.

  • Réconciliation aussi de la science et de la spiritualité, de la médecine avec une vision plus holistique du corps et de l’âme. Utilisent la médecine alternative : 52%.

  • Dépassement des cadres trop rigides des approches psychanalytiques traditionnelles par la psychologie transpersonnelle : 40%, 31%.

  • Ils/elles sont altruistes, inscrits dans une action de volontariat : 58%, 45%.

  • Optimistes à propos de la société de demain : 35%, 27%.

  • Leur travail et leur cheminement intérieur ne les éloigne pas de l’engagement social, bien au contraire : 45%, 34%.

  • Elles/ils aiment voyager, sont xénophiles et aiment les étrangers : 83%, 70%.

  • Ont un sens de responsabilité pour Gaia, notre petite planète bleue, qui est en danger: 85%, 73%.


Elles/ils se méfient ou ont peur par exemple :

  • de la croissance à tout prix, des industriels pollueurs, du big business en général : 76%.

  • de la violence, surtout vis-à-vis des femmes et des enfants : 87 %, 80%.


Enfin, comme tout groupe, elles/ils se définissent aussi par le rejet de certaines valeurs :

  • Ils/elles refusent la société de consommation et le modèle de bonheur hédoniste qu’elle propose : 90%.

  • Ils refusent le désenchantement de ceux qui vivent au jour le jour, sans horizon : 81%.

  • Elles/ils s’opposent à ceux qui, dans le monde des affaires et dans les milieux de droite, refusent les décisions et mesures favorables à l’environnement : 79%.

  • Refus de l’idéologie du gagneur, de la concurrence à tout prix et de la course à l’argent : 70%.

  • Peur de perdre son emploi et que son partenaire perde le sien : 62%.

  • Refus du matérialisme et de la recherche sans fin de biens matériels et financiers : 48%.

  • Refus des fondamentalismes de tout bord et de l’intolérance, notamment en matière d’avortement : 46%.

  • Refus du cynisme qui ridiculise la solidarité sociale et le souci de l’autre : 40%, 27%.


Les comportements de ces "créateurs de culture"
Les comportements caractéristiques de ce groupe de citoyens américains ne sont pas moins intéressants.

  • Ils/elles sont ceux qui lisent le plus, écoutent le plus la radio et regardent le moins la télévision. Elles/ils n’apprécient vraiment pas la teneur des programmes et sont actifs dans la protection de leurs enfants contre la publicité à la TV.

  • Ils/elles sont, par contre, des consommateurs voraces de culture. Ils peignent, sculptent, créent de l’art, visitent les expositions. Ils lisent et écrivent des articles et assistent à des groupes de travail où l'on discute des livres.

  • Ils/elles sont des consommateurs critiques qui désirent une information exacte et précise sur la provenance des produits achetés. Ils détestent la publicité mensongère, les vendeurs de voiture ou la presse superficielle.

  • Elles/ils veulent acheter des voitures et des maisons qui durent longtemps et ne polluent pas ou peu, qui sont en matériaux sains et durables. Ils optent pour l’authenticité contre le fast (plastic) food.

  • Ils/elles sont des gastronomes avertis qui apprécient l’art culinaire des autres pays. Ils aiment parler de gastronomie et s’échanger des recettes.

  • Ils/elles détestent la maison classique middle class qui est vantée par les publicités. Ils personnalisent leur maison au maximum avec ce qu’ils ramènent de leurs voyages aux quatre coins du monde.

  • Elles/ils voyagent le plus et le plus intelligemment, entre autres par le biais d'organisations qui promeuvent les voyages éducatifs et spirituels, l'éco-tourisme, les safaris-photos. Ils/elles sont ouverts à la découverte véritable des autres cultures.

  • Ils/elles sont les principaux consommateurs de sessions et conférences sur la spiritualité et le chemin intérieur ainsi que sur la médecine alternative. Ils ne considèrent plus leur corps comme une machine à nourrir ou soigner par des drogues, mais bien comme un allié qu’il faut écouter, aimer et préserver.


Réflexions et visions de Paul Ray: pourquoi ce silence?
Comment se fait-il, se demande Paul Ray, que les médias ne parlent pas de cette frange importante de la population qui est en croissance régulière alors que les deux autres catégories sont en déclin plus ou moins lent, mais continu ? Selon lui, les médias américains sont incapables de considérer une information positive comme une nouvelle : « Good news is no news ». Une observation qu'il affine en ces termes : « Mais si vous discutez avec des journalistes qui réfléchissent, beaucoup reconnaîtront volontiers que le système (moderne) actuel ne fonctionne plus. Cependant, ils semblent incapables d’imaginer ce que l’on pourrait faire d’autre. Ils suivront les innovateurs, ils ne les précéderont pas ». Avec cet état d’esprit empreint de conservatisme, un groupe de 25% de créateurs culturels ne pèse pas lourd aux yeux de la profession journalistique. Le silence persiste donc. Et tous ceux qui ont envie de sortir des sentiers battus, les jeunes en particulier, continuent à croire, du fait de ce péché par omission qui est la négation de l'information, qu'ils ne sont que des marginaux solitaires.
Mon interprétation: tout dépend des "lunettes" des journalistes et des responsables
Mon interprétation, après dix ans d'expérience en ce domaine, est que c'est une question de vision. Les gens ne voient que ce que leurs lunettes actuelles leur permettent de voir. Ou pour le dire autrement cela dépend sur quelle courbe les médias et les politiciens sont. Sur la flèche industrielle ou sur la dernière flèche… société de la connaissance ?

Si comme journaliste ou comme politicien je me situe sur la flèche de la société industrielle, toutes ces enquêtes m'apparaîtront comme du vent, comme dépourvues de sens, ou pire, comme un type d'opium de "Nouvel Age", dont il vaut mieux se méfier.

Mais si je suis sur la dernière flèche de la transition ou sur la bande de la société de la connaissance, cette enquête va me confirmer que je ne suis pas fou (folle), mais que je suis parmi les pionniers de l'époque planétaire et transmoderne.
On ne « force »  jamais personne à changer de paradigme: c’est impossible.
Bref, je me suis rendu compte après avoir fait des centaines d'interventions sur ce sujet depuis dix ans maintenant,

  1. qu'en aucun cas il ne faut essayer de persuader quelqu'un de changer de paradigme. Car toute insistance peut être vécue comme imposition et ne fait que rigidifier les positions. En effet les gens se sentent attaqués sur leurs propres valeurs de base sur lesquelles ils ont construit leurs vies. Et donc quand vous avez l'impression que quelqu'un, même avec les meilleures intentions du monde, veut saper vos valeurs de base, vous avez le réflexe de vous défendre farouchement. Vous êtes en cas de légitime défense. Et donc l'attaque frontale du paradigme de quelqu'un ne mène strictement à rien ou même à empirer la situation puisqu'on rend tout mouvement de transformation plus malaisé.

  2. Et beaucoup de politiciens et de gens des media sont encore "officiellement" sur la flèche industrielle. Même si parfois en privé, ils se posent des questions très intelligentes…C'est là la raison principale du blocage actuel. Nous sommes devant un blocage typique des changements de paradigme comme a très bien expliqué Thomas Kuhn73.

  3. La seule chose à faire est d'aider les millions de "créateurs de culture" qui sont parmi vos auditeurs (30% de votre auditoire!), à penser à voix haute et explicitement ce qu'ils/elles pensaient déjà de manière implicite. Vous pouvez être un véritable "intellectuel organique" au sens de Gramsci. Un intellectuel qui est au service des gens pour les aider à articuler explicitement ce qu'ils pensent déjà de manière implicite.


Enquête de Paul Ray en Europe.
J'ai eu la chance de rencontrer en 1996, Willis Harman en Californie à l' "Institute of Noetic Sciences" peu avant sa mort. Et il insista beaucoup sur l'importance de l'enquête de Paul Ray qui venait de sortir. Je pris le livre qu'il m'offrait et fus tout de suite passionné. J'ai donc proposé à Jérôme Vignon, alors Directeur de la "Cellule de Prospective" de la Commission européenne d'inviter Paul Ray. Et la Cellule a invité Paul H. Ray à Bruxelles. Elle a invité ensuite, l'Office statistique de le Commission européenne "Eurostat" à effectuer une enquête préliminaire dans les quinze pays membres de l'Union européenne en retenant en partie les questions de l'Américain74.

Cette enquête a été menée entre juin et septembre 1997 par les services d'Eurostat. Mais son dépouillement fut confié à un consultant extérieur "Research International" à Paris. Ses résultats ont été présentés au "State of the World Forum" à San Francisco, par la "Cellule de Prospective", en novembre de la même année. Les résultats européens corroborent clairement les tendances dégagées par l'enquête américaine.

En 2002, le Club de Budapest a décidé de mettre en route une enquête approfondie avec les questions de Paul Ray mais intelligemment adaptée à chacun des pays. Je ne suis pas encore en possession de tous les résultats de cette seconde enquête européenne.
Les "créateurs de culture" en Europe: même tendance.
Selon Jean-François Tchernia, l'auteur de l'étude commandée par la Cellule de Prospective, « il est très fortement probable qu’un groupe de même nature que les "cultural creatives" américains puisse être identifié en Europe… Il paraît bien possible qu’une minorité non négligeable d’Européens, par exemple de 10 à 20%, présentent un ensemble de traits proches de ceux des "cultural creatives" américains ».
100 millions de créateurs de culture dans l'Union européenne!

Si les chiffres de l'enquête préliminaire de 1997 sont fiables, ces 10 à 20% des européens représentent 50 à 100 millions de personnes dont 33 à 66 millions sont des femmes. Le malheur est qu’ils se vivent comme une minorité marginale et se sentent seuls, alors qu'ils sont si nombreux. C'est une foule énorme qui vit et prépare le changement en profondeur.
Moindre proportion de "créateurs de culture" en France ?
Au cours de mes voyages, je me suis rendu compte que partout en Europe on rencontrait la même proportion de ces "créateurs de culture". Mais je dirais que c'est en France que j'ai rencontré les pourcentages les plus faibles au sein de mes auditoires.

La France semble être un peu une exception. J'ai perçu que ce que je disais aux chefs d'entreprise à Paris en 2005 semblait assez nouveau, voire déviant. Je constate un peu la même ignorance de ce type de problématique du changement de société auprès de mes élèves dans une importante Business school française où je donne quelques cours chaque année.

Une enquête vient de sortir sur les « créatifs culturels » en France75. Elle évalue à 17% l’émergence de créatifs culturels en France. C’est de fait plus bas que dans d’autres pays. Mais il faut ajouter à ce groupe les 21% de ceux que l’enquête appelle les « alter-créatifs » qui partagent les mêmes aspirations sauf la « dimension spirituelle », un terme qui semble rebuter la sensibilité laïque française. En additionnant les groupes on arrive à un chiffre de 38%, ce qui est plus important que prévu.
En Italie : le raz de marée : 80%...
Quant aux chiffres préliminaires76 de l’enquête italienne coordonnée par la Professeur Enrico Cheli, de l’Université de Sienne, ils sont encore plus éloquents. En Italie le groupe de créateurs de culture est de 35% auquel il faut ajouter le groupe de ceux qui sont sensibles à cet ensemble de valeurs nouvelles et qui est de 55%.On arrive donc à un total de 80% de la population, ce qui semble presque incroyable. Mais qui correspond probablement à la mentalité italienne beaucoup plus ouverte aux nouvelles valeurs proposées.
Ouverture au changement dans le monde des entreprises et en Europe de l'Est...
Je fais maintenant de plus en plus souvent des conférences pour le monde du Business. Et je suis toujours surpris de voir que ce que je dis sur les changements en cours ne suscite pas de contestation majeure. Le monde du Business semble beaucoup plus ouvert aux nouvelles idées, notamment par le biais de l'économie de la connaissance et des acquis immatériels des entreprises.

Et en Europe de l'Est où je travaille souvent, surtout depuis que j'ai été nommé doyen de la "Cotrugli Business Academy" je perçois une ouverture au changement qui est beaucoup plus importante. J'ai parfois l'impression que l'Europe de l'Est et les nouveaux membres de l'Union européenne pourraient aller plus vite dans le changement de société et vers la société de la connaissance que les anciens membres de l'Union qui sont encore confortablement installés dans la société industrielle finissante.
Existence de créateurs de culture au Japon.
J'ai eu le plaisir et l'honneur de faire une visite du Japon en 1990. Cette visite avait comme but d'interroger les Japonais sur leur vision culturelle et éthique de la science et de la technologie, dans le cadre de la rédaction de mon rapport sur les religions face à la Science et la technologie77.

Une des impressions les plus fortes que j'ai retirées de ce voyage est l'émotion des Japonais - certains étaient émus jusqu'aux larmes - qu'un officiel de la Commission européenne soit envoyé pour leur poser des questions sur leur éthique et leur vision philosophique de la science et de la technologie.

La seconde impression très forte fut la rencontre en 1990 avec le Dr Takeshi Umehara, un futuriste et un intellectuel de haut niveau. Il me parla du changement de paradigme dans lequel nos sociétés étaient engagées depuis des années. Le même changement de paradigme se passait également au Japon, mais personne n'en parlait et cela se passait "en dessous de la surface". Il m’a même dit, je me souviens : « Si le Président Delors veut entamer le dialogue sur ce sujet passionnant, je serais très intéressé ». Ce même Umehara a été accusé de conservatisme par la presse « moderne » et « rationnelle » japonaise, qui, comme chez nous, domine les media et n’a pas voulu comprendre son message.

Voici une citation de cet être d'exception78:

Mon espoir est de redécouvrir les origines culturelles du Japon, pas seulement afin de découvrir une nouvelle orientation de valeurs qui nous aiderait au moment où nous forgeons les valeurs qui permettront à nos enfants de vivre au 21° siècle. Non, je désire aussi contribuer à la réorientation des valeurs de l’Humanité entière qui convienne à l’ère postmoderne avec son impératif écologique dominant (p. 22).

Il est difficile d’éviter d’être pessimiste face au spectacle d’un Japon qui abandonne une tradition si riche, alors que les jours de sa gloire économique sont révolus. Personnellement je dois me ranger du côté de ceux qui disent que la prospérité économique est mauvaise, si elle ne parvient pas à produire aussi des biens d’une haute valeur culturelle. Et un pays qui poursuit ce genre de prospérité culturellement vide, fait du mal à la race humaine, non du bien. Si bien que je me vois forcé de conclure que nous ne pouvons pas être fiers de notre prouesse économique.

Il est évident que le Japon moderne est en contradiction avec l’idéal que je présente ici. Malheureusement, mon opinion est minoritaire au Japon. Je vous demande d’attendre 10 ans. A ce moment je crois que mon opinion sera devenue majoritaire. (p.31)

De nombreux Européens ne croient pas que le Japon soit capable de contribuer au débat international au sujet des problèmes mondiaux. Je suis convaincu du contraire.

J’ai voulu maintenir cette longue citation qui est presque aussi éloquente que des statistiques. A travers cet intellectuel on perçoit que le même mouvement sous terrain est en œuvre au Japon, mais qu'il manque de relais, comme chez nous. Le changement se passe donc en silence. Mais il se passe. Chaque fois que j'ai eu l'occasion d'aller au Japon, on m'a parlé aussi de l'action des femmes et de leur énorme difficulté à être reconnues comme telles dans la société japonaise. Mais le même mouvement de changement de valeurs est en marche avec les femmes en tête du mouvement, mais probablement sous des formes complètement différentes.

On voit, un peu partout des intellectuels ou des gens de la rue sont sensibilisés aux problèmes planétaires et sont en train de changer de valeurs et de mentalité. Mais il est très difficile d'appréhender le phénomène puisque la presse locale, soit les ignore, soit les attaque.

Ceci nous mène à la Chine...
Existence de "créateurs de culture" en Chine?
Mon expérience lors de mes voyages en Chine va dans le même sens. Mais je n'avais aucune base sur laquelle m'appuyer si ce n'est le témoignage de certains intellectuels de mes amis. Ils me disent en substance que 10 % des intellectuels chinois79 , soit 5 millions d'intellectuels, sont bien conscients que la Chine s'est embarquée dans un modèle de développement absolument non soutenable, qui la conduit droit vers la catastrophe écologique et sociale. Ils sont à la recherche d'une manière de sauter au dessus ("leapfrog", en anglais) de la phase industrielle trop polluante pour entrer directement dans la phase post industrielle de la société de la connaissance. Ils cherchent donc des contacts avec les intellectuels de par le monde qui sont dans une recherche similaire. Mais ils n'ont pratiquement pas de moyens financiers, ni assez de contacts à l'étranger.

J'ai rencontré lors d'une réunion de "Positive future network" à Bainbridge Island, au Nord de Seattle, un brillant sociologue philippin, Nicanor Perlas80, qui a reçu en 2004, le prix Nobel alternatif à Stockholm. Selon lui, la soi-disant secte "Falun Gong" qui n'en est pas une, pourrait représenter une émergence massive de "créateurs de culture" en Chine aujourd'hui. Ce phénomène n'est après tout que la redécouverte et la réappropriation par les citoyens chinois des racines spirituelles profondes et millénaires du Tai Chi, que chacun pratique couramment encore aujourd'hui. Tout à coup les citoyens redécouvrent une dimension de profondeur à travers cette pratique, une harmonie oubliée entre le corps l'âme et l'intellect. Et ils sont enthousiastes de leur découverte qu'ils arborent fièrement. En l’espace de quelques années le mouvement qui a surgi en 1992, comptait plus de 80 millions de membres, en 1999. Leur nombre doit être bien plus important aujourd’hui, probablement pas loin de 200 millions.

Et le gouvernement communiste a soudain perçu cette redécouverte comme une menace. Ou comme un retour vers l'obscurantisme prémoderne. Et il a entamé donc une répression sans précédent qui a suscité des manifestations devant les ambassades chinoises dans le monde entier. Ce sont ces manifestations qui nous ont permis de visualiser un phénomène de société chinois, qui nous serait sinon totalement invisible.

Si l'hypothèse de Perlas est vraie, il s'agit d'un nombre très important de citoyens. On pourrait aisément dépasser les 200 millions. Rappelons-nous que 100 millions de personnes ne représentent que 10% de la population.
Existence de "créateurs de culture" dans le monde musulman.
La "Cellule de Prospective " a organisé en Mai 1998, en collaboration avec le cabinet du Président de la Commission européenne, Jacques Santer, et la "World Academy of Art and science", un colloque sur le thème de "Gouvernance et civilisations". Le but de ce colloque était de vérifier que, contrairement à l'hypothèse avancée par le professeur de Harvard, Samuel Huntington, nous n'allions pas vers un "clash de civilisations" et de cultures. Mais que les conflits étaient bien plutôt entre des interprétations contradictoires au sein de chacune des grandes religions.

L'intervention la plus remarquable et la plus remarquée fut assurément celle de Ziauddin Sardar81, professeur d’université, conseiller de nombreux gouvernement musulmans en Asie, et éditeur en chef de le revue « Futures ». Il confirma qu'au sein de l'Islam on ne trouvait aujourd'hui plus aucun "moderne" rationnel et sécularisé, mais qu'une partie importante de l'Islam contemporain était composé de croyants qui demeuraient très attachés au coeur de leur tradition, qui était pour eux porteuse de vie et de ce qui est pour eux le plus sacré. Mais ils étaient aussi très intéressés à adapter leur religion à l'époque actuelle. Il s'agissait pour cela de prendre de la "modernité" les éléments positifs, mais pas les éléments négatifs. Son affirmation était que la grande majorité des Musulmans actuels dans le monde sont transmodernes au sens que nous avions défini dans notre présentation initiale82. Cette majorité silencieuse veut et est en train de faire une synthèse créative entre la tradition et les éléments positifs de la civilisation contemporaine. Mais il ajoutait que le problème majeur était que les chancelleries occidentales étaient tellement modernes voire post modernes et rationnelles qu'elles étaient incapables de percevoir ce changement très profond qui était en train de se produire au sein de l'Islam.

Si cette hypothèse se vérifie cela voudrait dire que 500 millions au moins de Musulmans dans le monde seraient en pleine mutation, et embarqués dans la même création culturelle que le reste des citoyens du monde. Et cela, sans que personne en Occident ne s'en aperçoive. Et dans ce groupe, les femmes jouent un rôle absolument crucial.

En effet, une autre rencontre remarquable m'a confirmé dans cette hypothèse sur l’Islam en marche. J'ai rencontré Madame Sona Kahn lors d'un colloque à Stockholm organisé par le Ministère Suédois des Affaires Etrangères. Elle m'a approché plus tard, à Bruxelles, pour me demander si la Commission pourrait lui donner 10.000 euros afin de financer un émetteur de radio lui permettant de communiquer plus facilement avec son réseau de 30 millions de femmes musulmanes en Inde. Ce réseau, m'explique-t-elle a entrepris de réécrire la Charia (loi Islamique) qu'elles considèrent comme beaucoup trop patriarcale et carrément injuste vis-à-vis des femmes. Elle-même est Vice présidente de la Cour Suprême Indienne et est en contact avec sa collègue de la Cour Suprême du Pakistan qui fait un travail similaire.

Pour moi, ces femmes indiennes et pakistanaises sont en train d'opérer la synthèse transmoderne dont parle Sardar. Et n'oublions pas que les Musulmans en Inde représentent une minorité de plus de 100 millions de citoyen(ne)s.

Il est possible que je sois totalement dans l'erreur. Car nous ne disposons pas de chiffres sérieux en dehors de l'Europe et des Etats-Unis. Mais il y a une convergence d'indices qui me pousse à penser le contraire.

Même si la plupart des "observateurs" ne vont pas du tout dans le même sens. Mais ont-ils les bonnes lunettes pour apercevoir ces citoyens qui bougent partout ?
CONCLUSION DU CHAPITRE 11
Les valeurs de la Société de la connaissance sont en train de gagner du terrain partout, avec une rapidité et une intensité assez incroyable. Et dans un silence parfait.

Mais elles sont encore minoritaires partout et donc invisibles.

Peut-être peut-on aussi présenter les statistiques autrement et dire que 20 % de chacun de nous est en train de muter et de changer de valeurs en silence tandis que 80% de chacun de nous est encore ancré dans les vielles valeurs industrielles modernes et rationnelles. Le changement fermente au plus profond de chacun de nous.

De toute façon le changement est bien là. Les valeurs bougent. Mais ce mouvement n’est pas encore très visible.


CONCLUSION GENERALE
Nous voici à la fin de ce livre.

Le changement que j’y décris, n’est pas facile à vivre. Moi-même ai vécu dans ma chair ce changement de paradigme.

C’était en 1990. Il m’a fallu 9 mois de convalescence. Au départ j’étais un penseur moderne et rationnel, et …à la sortie je me suis retrouvé un penseur transmoderne, planétaire. Cette transition a changé profondément ma vie et le processus est toujours en train.

Mais cela sera le sujet d’un autre livre…

Ce livre se veut un appel à l’espérance qui se trouve en chacun de nous.

Nous avons en mains les outils pour affronter le XXIème siècle, mais il nous faut changer de lunettes.

Et c’est surtout difficile pour ceux qui sont persuadés qu’ils n’ont pas de lunettes. Oui, car ils ont en fait, des verres de contact qu’ils ne voient pas toujours.
Marc Luyckx Ghisi,

Sint Joris Weert, le 13 juin 2007.
Adresse email : marcluy@skynet.be
Mon site contient de nombreux renseignements complémentaires :

http://vision2020.canalblog.com

Bibliographie

ALLEE Verna: The future of knowledge: Increasing prosperity through value networks, Butterworth Heinemann, Elsevier Science, 2003.

ANDERSON Ray : Mid-course correction: towards a sustainable enterprise: the interface model., Chelsea Green publishing company, 1998, UK. www.chelseagreen.com

ASSOCIATION POUR LA BIODIVERSITE CULTURELLE: Les Créatifs Culturels en France éditions Yves Michel, 2007. Préface de Jean Pierre Worms.

AUROBINDO (Sri): par exemple : La vie divine, L'Idéal de l'unité humaine.

A propos de lui Voir par exemple

  • SATPREM : Sri Aurobindo ou l'aventure de la conscience, Buchet-Chastel, Paris, 2003. Première édition : 1964.

  • Prithwindra MUKHERJEE, Sri Aurobindo, Desclée de Brouwer, Paris, 2000.

  • Peter HEEHS, La Vie de Sri Aurobindo, Éditions du Rocher, Monaco, 2003.

  • Voir aussi Wikipedia.
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