Table des Matières








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Les limites des modèles de développement actuels



Cette période transitoire, qui ouvre des possibilités difficiles à imaginer, et encore à moins évaluer, intervient sur une durée extrêmement courte, et dans un contexte où les règles éthiques et morales qui étaient utilisées pour sélectionner ces opportunités, et les pratiques de planification à long terme qui étaient retenues pour les mettre en œuvre ont ete systématiquement combattues et pour l’essentiel déconstruites par un néolibéralisme triomphant dont elles gênaient la progression vers toujours plus de profit financier.
Concernant la planification, alors que nos activités s'inscrivent dans un environnement de plus en plus complexe, les paradigmes rationalistes qui sous tendent la plupart de nos démarches intellectuelles nous incitent toujours à tenter systématiquement de réduire la complexité par dissection et analyse, pour, in fine, essayer autant que possible de satisfaire au principe selon lequel une cause ne peut avoir qu’un effet.
En simplifiant a peine, on peut dire que les modèles les plus courants de planification sont souvent confiés à des experts de plus en plus étroitement spécialisés et monovalents, travaillant « massivement en parallèle », et fonctionnent sur des schémas commande/contrôle de type hiérarchique. Ils sont presque tous fondés sur l’hypothèse implicite que les systèmes objets de la planification sont parfaitement connus, prévisibles et contrôlables. La seule modification importante qui soit intervenue ces dernières années est l’adoption de plus en plus fréquente du principe de précaution, qui est effectivement une première remise en cause significative de l’infaillibilité du savoir scientifique ponctuel, et de la prééminence des experts sectoriels. Cette première prise en compte au niveau éthique de notre incapacité à maîtriser la complexité des choix que nous offre la progression des connaissances est un pas important, mais sans doute insuffisant, car elle peut conduire de fait à un refus de prise en considération qui équivaudrait à un blanc-seing donné aux moins scrupuleux.
De plus, même s’il constitue un progrès par rapport au laisser-faire total qui dérivait de la confiance absolue dans le caractère fondamentalement bienfaisant du progrès des connaissances, et de l’augmentation du PIB, le principe en lui même est inopérant, comme le démontrent bien des auteurs comme JP Dupuy. Ce n’est pas la connaissance de la nature du risque, ni sa probabilité qui sont en cause, car si l’on s’en tient à cette approche, tout se passe en fait comme si le risque avait disparu, ce qui n’est évidemment pas la cas. Le « catastrophisme éclairé » que propose JP Dupuy s’inspire, entre autres, de certaines thèses récentes de biologie, qui avancent que la vie ne peut exister sans la répression permanente du suicide cellulaire. Suivant les propres mots de JP Dupuy, le catastrophisme éclairé « consiste à penser la continuation de l’expérience humaine comme résultant de la négation d’une autodestruction – une autodestruction qui serait comme inscrite dans son avenir fige en destin. Avec l’espoir, comme l’écrit Borges, que cet avenir, bien qu’inéluctable, n’ait pas lieu ».
Les succès indéniables de l’approche rationaliste, - le plus spectaculaire étant sans doute l'exploration spatiale -, rendent ce changement d’attitude difficile. L’abondance de produits manufacturés, de services et d’informations qu’ils ont mise à la disposition des mieux nantis nous ont même conduit à oublier que nous dépendons biologiquement, physiquement et même émotionnellement de notre environnement naturel. Quels que soient les progrès et le degré de sophistication de nos connaissances, notre survie dépend toujours directement de l'état de notre biosphère. Or, pour la première fois sans doute dans l'histoire humaine, l’observation objective de la biosphère indique que les dits progrès semblent durablement et peut être irréversiblement la modifier, dans des conditions qui pourraient gravement compromettre les chances de survie a long terme d’homo sapiens en tant que tel.
Les menaces sont diverses, et déjà mesurables: la disparition de certains écosystèmes terrestres et maritimes, la diminution des surfaces arables et la diminution de la biodiversité qu'elles entraînent en sont les manifestations les plus visibles. La mise au point de méthodes relativement précises permettant de mesurer l’impact des activités humaines sur la biosphère (empreinte écologique) permet d’illustrer les prédations humainesiii. En rapprochant cet impact de la capacité de la biosphère à produire des matériaux renouvelables et à éliminer les déchets dont on l’inonde, on peut en effet déterminer un bilan écologique qui indique si l’humanité est en excédent ou en déficit écologique. Le schéma suivant est assez révélateur. L’humanité est devenue « déficitaire » à la fin des trente glorieuses, et vit depuis « à crédit », son empreinte représentant actuellement à peu près 135% de la capacité de la biosphère. Cette « bulle » de pollution et de pillage de la biosphère est bien sur celle qui est la plus dangereuse pour l’avenir. Mais comme elle risque peu d’éclater brutalement à court terme, et qu’elle rapporte beaucoup, c’est celle dont on s’occupe le moins. On la fait au contraire grossir un peu vite pour compenser les dégâts de l’éclatement des autres, comme le prouvent les résultats calamiteux des différents sommets consacrés à l’environnement organisés sous l’égide de l’ONU. Autant il est facile de trouver des trillions de $ pour renflouer les errements d’un système financier dominateur, autant il est impossible de trouver les quelques centaines de milliards qui permettraient de stopper la progression des pollutions et probablement d’éradiquer ce faisant la famine dans le monde.


Cette constatation de la réalité de l'impact négatif de l'activité humaine intervient au moment précis où l'on commence à reconnaître par ailleurs que le modèle de développement dominant actuel, qui repose essentiellement sur l'exploitation de matières premières et de ressources énergétiques minérales et fossiles épuisables, n'est de toute façon pas extrapolable, que ce soit dans l'espace, ou encore moins dans le temps. On aurait en effet aujourd’hui déjà beaucoup de difficultés pour assurer à 6 milliards de personnes le mode de vie du milliard le plus favorisé. A relativement brève échéance, - de 100 a 300 ans suivant l’optimisme des experts -, et même au rythme de croissance actuel, les ressources minérales et fossiles disponibles seront épuisées si l'on conserve le même modèle. De plus, même si on en trouvait d'autres, les dégradations de l'environnement évoquées plus haut seraient telles que la vie humaine aurait du mal à se perpétuer, tout au moins dans sa forme actuelle.


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