Résumé La littérature s’accorde sur l’existence d’une diversité des incubateurs qui peuvent être regroupés en quatre à cinq groupes.








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L’approche configurationnelle : un cadre théorique prometteur pour la recherche sur les incubateurs


Chaffik BAKKALI

Doctorant en Sciences de Gestion

Karim MESSEGHEM

Professeur des Universités

Sylvie SAMMUT

Maître de Conférences HDR

Université Montpellier 1

MRM – ERFI

chaffik.bakkali@univ-montp1.fr

Université Montpellier 1

MRM – ERFI

karim.messeghem@univ-montp1.fr

Université Montpellier 1

MRM – ERFI

sylvie.sammut@univ-montp1.fr


Résumé
La littérature s’accorde sur l’existence d’une diversité des incubateurs qui peuvent être regroupés en quatre à cinq groupes. Toutefois, bien que cette diversité soit abondamment décrite par des taxonomies, elle reste encore inexpliquée. L’objectif de cette contribution est de remédier à cette situation en identifiant un cadre théorique qui permette d’expliquer la diversité des incubateurs. À partir d’une réflexion conceptuelle, il est montré que l’approche configurationnelle peut être utile à cette fin, et plus largement pour la recherche sur les incubateurs. Le principal apport réside dans la mise en exergue de cinq couples de fonction/structure desquels les incubateurs se rapprochent.
Mots clés : incubateurs, diversité, cadre théorique, approche configurationnelle.

L’approche configurationnelle : un cadre théorique prometteur pour la recherche sur les incubateurs
De nombreuses différences existent dans la manière dont les incubateurs sont organisés et dans les buts qu’ils poursuivent . Ces différences sont à l’origine d’une forte diversité des incubateurs . Cette diversité peut être relevée au travers des multiples taxonomies, établies par les précédents travaux, dont l’objectif est de décrire et de catégoriser les incubateurs à partir de différents critères.
Ces taxonomies ont tendance à identifier peu ou prou le même nombre de catégories d’incubateurs. , qui se basent sur les objectifs poursuivis, en identifient quatre : centres d’innovation, incubateurs universitaires, incubateurs privés d’entreprise et incubateurs privés indépendants. En se fondant sur le même critère, reconnaissent eux cinq groupes d’incubateurs : incubateurs régionaux, incubateurs universitaires, incubateurs virtuels, incubateurs commerciaux indépendants et incubateurs internes. À partir d’une approche différente qui se veut multicritère (objectifs des incubateurs, activité des incubés, etc.), concluent également à l’existence de cinq catégories principales d’incubateurs : incubateurs de développement économique, incubateurs académiques et scientifiques, incubateurs d’entreprises et incubateurs d’investisseurs privés.
La littérature s’accorde donc sur l’existence d’une diversité des incubateurs qui peuvent être regroupés en quatre à cinq groupes principaux. Cependant, la stabilité des différentes taxonomies, qui tendent à identifier à peu près le même nombre de groupes d’incubateurs, interpelle. Elle suppose que dans la réalité quatre à cinq catégories d’incubateurs coexistent. Si la littérature s’attache à décrire avec précision ces différentes catégories, elle reste pour l’heure encore muette quant à l’explication de leur (co)existence.
En effet, la diversité des incubateurs est essentiellement étudiée au travers de l’approche taxonomique. Le problème de cette approche est qu’elle relève d’une démarche purement descriptive, ce qui implique l’absence de toute dimension explicative . Par conséquent, les taxonomies ne peuvent expliquer la diversité des incubateurs qu’elles décrivent pourtant. C’est pourquoi certains auteurs plaident en faveur de l’abandon de ces dernières pour explorer de nouvelles voies . Ce travail de recherche, qui s’inscrit dans cette perspective, tentera ainsi de répondre à la question suivante : à partir de quel cadre théorique la diversité des incubateurs peut-elle être expliquée ?
Pour traiter cette question de recherche, ce travail s’appuiera sur une réflexion conceptuelle. Celle-ci peut être décomposée en trois temps. Premièrement, nous passerons en revue les différentes perspectives théoriques identifiées par pour la recherche sur les incubateurs. Nous montrerons que la théorie des configurations offre la perspective la plus intéressante pour notre problématique. Deuxièmement, nous détaillerons les concepts clés de cette approche théorique pour montrer comment ils contribuent à expliquer la diversité des incubateurs. Troisièmement, nous présenterons les principaux apports de l’explication de la diversité des incubateurs par l’approche configurationnelle, à savoir la définition de cinq couples cohérents de fonction/structure desquels les incubateurs se rapprochent.


  1. LA LITTERATURE SUR LES INCUBATEURS A LA RECHERCHE DE CADRES THEORIQUES


La diversité des incubateurs est fortement décrite mais peu expliquée, principalement en raison du manque de fondements théoriques dont souffre la recherche sur les incubateurs. Ce manque est lié à la jeunesse du courant de recherche qui s’est tourné, dans les premières phases de son émergence, vers l’exploration et la description . soulignent la nécessité d’aller plus loin. Pour ce faire, les auteurs se sont attachés à repérer des perspectives théoriques émergentes dans les travaux sur les incubateurs. Ces perspectives, qui sont au nombre de quatre, doivent permettre le développement du courant de recherche.
La première est la théorie de la contingence. Celle-ci sert de support aux travaux prescriptifs qui cherchent à identifier des variables auxquelles les incubateurs s’ajustent pour atteindre un niveau de performance maximal. Par exemple, montrent que les incubateurs s’ajustent au contexte local pour définir leurs missions et leurs objectifs. Un des principaux postulats de la théorie de la contingence est qu’il existe différentes structures organisationnelles pouvant maximiser la performance, à condition qu’il y ait toujours un ajustement (« a fit ») entre la structure et le contexte environnemental .
La deuxième perspective théorique identifiée correspond à la « modélisation de la coproduction interdépendante ». Les travaux de constituent la base de cette approche qui modélise la relation entre le responsable d’incubateur et l’incubé par une équation de coproduction interdépendante. Le responsable d’incubateur et l’incubé sont considérés comme co-acteurs du processus d’incubation. Dans cette coproduction, le premier se doit de répartir de manière pertinente le temps entre les incubés, alors que le second se doit d’utiliser les enseignements reçus.
La théorie des réseaux est la troisième piste théorique recensée par . Elle est mobilisée pour montrer l’apport des incubateurs organisés en réseaux . Cet apport réside dans les processus institutionnalisés qui permettent de diffuser les connaissances au sein de l’ensemble des incubateurs faisant partie du réseau, créant ainsi des conditions favorables au développement des projets incubés. De cette manière, l’efficacité du processus d’incubation est plus forte grâce à une plus grande intensité entrepreneuriale et à des économies d’échelle.
La quatrième perspective théorique est relative à l’incubation virtuelle. En opposition aux incubateurs traditionnels, une théorie des incubateurs virtuels s’est développée. en sont les principaux instigateurs. À partir de la théorie de l’intermédiaire, de la théorie de l’enclave et de la théorie collective, ils montrent qu’une communauté minoritaire peut jouer un rôle relativement similaire aux incubateurs traditionnels dans le soutien aux entrepreneurs. La principale différence réside cependant dans l’absence d’hébergement physique et de services administratifs, ce qui implique donc une incubation virtuelle. Cette approche a par la suite été mobilisée dans d’autres contextes, et notamment dans celui de l’industrie du logiciel .
Parmi ces quatre perspectives théoriques identifiées par , la théorie de la contingence apparait comme étant la plus adaptée à la problématique de la diversité des incubateurs. En effet, un des principaux postulats de la théorie de la contingence est que plusieurs types de structure peuvent exister et conduire à une performance maximale, à condition qu’il y ait toutefois un ajustement entre structure et contexte environnemental . Par conséquent, l’existence de plusieurs groupes d’incubateurs peut s’expliquer par le fait que chacun d’entre eux ait adopté une structure organisationnelle ajustée à son propre contexte. La théorie de la contingence fournit ainsi un premier élément d’explication de la diversité des incubateurs.
Si cette approche théorique s’avère intéressante, elle est néanmoins limitée par son positionnement. Celui-ci est de nature déterministe, car les organisations, souhaitant atteindre un niveau de performance maximal, n’ont d’autre choix que de s’adapter à des facteurs de contingence . Ce positionnement déterministe est fortement critiqué pour sa conduite au réductionnisme et à la simplification excessive .
Pour remédier à ces lacunes, la théorie des configurations s’est développée comme un prolongement à la théorie de la contingence, en adoptant une approche plus riche et plus complexe que cette dernière. Le principal apport de cette nouvelle approche réside dans sa vision systémique de l’organisation . Le réductionnisme n’a plus lieu d’être, car l’organisation est appréhendée comme un tout qui est composé de multiples variables s’agençant de manière cohérente. La théorie des configurations reconnait également l’existence d’interactions entre les variables qui s’influencent mutuellement, ce qui n’était pas le cas dans la théorie de la contingence. Dans cette nouvelle approche, le mode de pensée n’est plus linéaire. Les pouvoirs explicatif et prédictif de la théorie s’en trouvent renforcés .
L’approche configurationnelle présente donc un potentiel certain. Elle peut fournir un cadre théorique pour expliquer la diversité des incubateurs. La partie suivante va s’attacher à montrer comment les concepts clés de cette approche peuvent être mobilisés à cette fin.


  1. CONCEPTS CLES DE L’APPROCHE CONFIGURATIONNELLE ET DIVERSITE DES INCUBATEURS


L’approche configurationnelle a été initialement développée dans le champ de la recherche organisationnelle afin d’expliquer comment plusieurs formes cohérentes d’organisation peuvent toutes conduire à une performance maximale. Elle repose sur trois piliers qui renvoient aux concepts d’idéal type, « de fit » et d’équifinalité . Par la richesse de ses trois concepts, cette approche peut s’avérer utile pour expliquer des phénomènes dans d’autres champs de recherche. C’est le cas pour la recherche en entrepreneuriat qui a vu l’émergence de travaux s’appuyant sur l’approche configurationnelle . montrent effectivement que cette approche constitue un cadre théorique particulièrement prometteur pour le champ entrepreneurial. Leur argumentaire repose sur deux points principaux.
Le premier a trait aux dimensions holistique et intégrative de l’approche configurationnelle qui peuvent faire avancer la recherche en entrepreneuriat en remédiant à la fragmentation du champ. En effet, celui-ci reste particulièrement divisé, ce qui n’est pas tenable sur le long terme . La recherche en entrepreneuriat doit aller vers une approche plus intégrative pour développer des théories et des questions de recherche davantage reliées. L’approche configurationnelle, en étudiant comment plusieurs dimensions interreliées (structure, stratégie, etc.) s’agencent pour former des ensembles cohérents , peut permettre l’atteinte de cet objectif. Le second argument avancé par est que la théorie des configurations fournit des concepts particulièrement pertinents pour étudier des phénomènes relatifs à l’entrepreneuriat. Les auteurs prennent pour exemple le courant de recherche sur la performance des jeunes entreprises en montrant comment les concepts clés de l’approche configurationnelle peuvent lui être utiles.
Si la recherche sur la performance des jeunes entreprises peut bénéficier des apports conceptuels de l’approche configurationnelle, d’autres courants de recherche dans le champ entrepreneurial le peuvent aussi. C’est le cas de la recherche sur les incubateurs. Celle-ci peut bénéficier des apports de la théorie des configurations pour expliquer des phénomènes auxquels elle s’intéresse, tels que la diversité des incubateurs. Pour justifier cette idée, il est possible, à la manière d’, de montrer comment les trois principaux concepts de l’approche configurationnelle éclairent ce phénomène.


    1. Le concept d’idéal type


Un idéal type est l’abstraction théorique d’une organisation dans laquelle différents facteurs s’agencent de manière cohérente pour conduire à un niveau de performance maximal . Les idéaux types représentent des formes pures d’organisation qu’il est très difficile d’observer dans le monde réel . Dans la réalité, les organisations tendent à leur ressembler de manière plus ou moins forte. Plus elles s’en rapprochent et plus leur niveau de performance est élevé, et à l’inverse, plus elles s’en éloignent et plus celui-ci diminue . De plus, il existe une tendance naturelle à la limitation du nombre d’idéaux types . Même si les combinaisons de facteurs organisationnels sont potentiellement illimitées, seules quelques-unes d’entre elles conduisent à des configurations cohérentes auxquelles les organisations peuvent ressembler .
Or, la littérature distingue, de manière récurrente, à peu près le même nombre de groupes d’incubateurs. Les différentes classifications en identifient généralement entre quatre et cinq . Il est le plus souvent question : d’incubateurs de développement économique ou d’incubateurs régionaux, d’incubateurs universitaires, d’incubateurs technologiques ou de centres d’innovations, d’incubateurs sociaux, et d’incubateurs d’entreprise. Il est possible d’en déduire que l’existence de ces différents groupes d’incubateurs s’explique par le fait qu’ils parviennent tous à atteindre un certain niveau de performance et qu’ils s’approchent donc nécessairement d’idéaux types qui restent à définir. Ce constat nous amène à formuler une première proposition.
Proposition 1 : les groupes d’incubateurs existants s’approchent d’idéaux types de structure qui conduisent à une performance maximale.


    1. Le concept de « fit »


Le concept de « fit » peut être traduit en français par « ajustement » ou « cohérence ». Il est hérité de la théorie de la contingence qui postule que les ajustements entre structure et environnement , structure et technologie , ou encore structure et stratégie , sont des conditions sine qua non à la performance organisationnelle. Deux niveaux d’ajustement sont à distinguer . L’ajustement horizontal renvoie à la notion de cohérence interne de l’ensemble des variables d’un même domaine. L’ajustement vertical (ou ajustement externe) correspond à la mise en relation, de manière cohérente, de groupes de variables issus de deux domaines distincts (par exemple, la cohérence entre variables structurelles et variables environnementales).
Dans l’approche configurationnelle, les organisations qui dévient le moins des idéaux types sont celles qui sont les plus performantes . Cela s’explique par le fait que ces organisations sont celles qui ont le niveau de cohérence entre variables le plus fort. C’est pourquoi les organisations cherchent généralement à maximiser à la fois l’ajustement interne et l’ajustement externe. Les organisations qui n’y parviennent pas se trouvent dans une situation de « misfit ». Cette situation peut trouver son origine dans un contexte environnemental conflictuel où l’atteinte d’une cohérence globale est empêchée par l’existence de facteurs de contingence contradictoires . Une autre source de « misfit » peut provenir d’un arbitrage à effectuer entre ajustement interne et ajustement externe . En effet, il n’est parfois pas possible d’atteindre simultanément ces deux types d’ajustement, car l’ajustement de l’un se fait au détriment de l’ordre.
Quelle que soit l’origine du « misfit », les organisations, qui sont dans cette situation, souffrent d’un manque de cohérence. Or, le manque de cohérence conduit à l’inefficacité qui elle-même entraîne, en raison de pressions économiques, l’élimination . Par conséquent, il est possible d’expliquer l’existence simultanée de plusieurs groupes d’incubateurs par le fait qu’ils parviennent tous à l’ajustement interne de leur structure organisationnelle, tout en l’adaptant à leur contexte environnemental. Il en découle la formulation d’une deuxième proposition.
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