Synthèse globale








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date de publication07.01.2017
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Analyse du contexte

Synthèse globale





Table des matières
Introduction

  1. État de santé et tendances socioéconomiques

  2. Gestion des ressources et gouvernance

  3. Organisation et adaptation des services

  4. Technologies, innovations et approches

Conclusion


Introduction
Le contexte dans lequel évolue le système de santé est en constante transformation. Des besoins sont en émergence et les récentes technologies, pratiques et connaissances offrent de nouvelles opportunités dans le domaine de la santé. Plusieurs éléments de l’environnement exercent une pression sur le système de santé. Notons par exemple les tendances sociodémographiques, dont le vieillissement de la population, l’augmentation des incapacités et l’accroissement des inégalités. D’autres facteurs influent sur la capacité du système à répondre aux besoins et à prodiguer des soins de qualité : la disponibilité de la main-d’œuvre, l’implantation des technologies de l’information et l’accessibilité accrue aux connaissances. Enfin, des défis environnementaux et sociaux comme les pandémies, les changements climatiques et l’impact de la mondialisation sur l’État et la santé s’inscrivent au contexte global dans lequel évolue le système de santé. Les enjeux auxquels le Québec doit faire face demandent de mettre en place des solutions qui leur sont adaptées.

L’objectif de ce document est de dresser un portrait des éléments relatifs au contexte (environnement) dans lequel évolue le système de santé et des services sociaux, qui ont une influence prépondérante sur ce dernier. L’approche adoptée permet de dégager les éléments de pression qui apparaissent dominants et qui font consensus. Cet exercice s’inscrit dans la démarche de planification stratégique du ministère de la Santé et des Services sociaux. Les choix stratégiques qui en découlent, c’est-à-dire les enjeux, les orientations, les objectifs et les indicateurs de résultats, s’appuient entre autres sur une lecture du contexte dans lequel l’organisation évolue. La perspective stratégique amène l’identification de priorités pour une définition des actions les plus structurantes permettant d’améliorer les services de santé et les services sociaux dispensés à la population.

Voici les principales questions auxquelles ce document tente de répondre.

  • Quels sont les principaux éléments de pression qui influencent le système de santé et des services sociaux?

  • Quels sont les défis et les occasions favorables pour le système de santé et des services sociaux?

  • Quelles sont les tendances actuelles et anticipées dans le secteur de la santé et des services sociaux (facteurs d’importance)?

Les thèmes abordés sont regroupés en quatre catégories, à savoir : 1) l’état de santé et les tendances socioéconomiques; 2) la gestion des ressources et la gouvernance; 3) l’organisation et l’adaptation des services et 4) les technologies, les innovations et les approches.



  1. État de santé et tendances socioéconomiques

  1. Situation socioéconomique du Québec

La population du Québec a atteint le cap de 8 millions d’habitants en 2012 et devrait continuer de croître d’ici 2020 et au-delà. Elle connaîtra un vieillissement important dans les prochaines années avec l’arrivée des baby-boomers dans le troisième âge. En 2031, le quart de la population aura 65 ans et plus, et le nombre de « grands aînés » (85 ans et plus) doublera en moins de 20 ans. Ce vieillissement amplifiera la demande en soins de santé1 (ISQ, 2010a).

Le Québec vit une situation économique favorable, bien que fluctuante : un PIB en croissance, un taux de chômage amélioré, mais une dette élevée. Sa population active a atteint un sommet avec 60 % des personnes en emploi en 2012, mais ce taux connaitra une diminution, étant donné l’importante proportion des 50 ans et plus sur le marché du travail. Les finances publiques affichent un déficit, mais la faible croissance des dépenses du gouvernement devrait mener à un retour à l’équilibre budgétaire pour 2013-14. Le Québec aborde une période de pénurie de main-d'œuvre, avec l’arrivée à la retraite des baby-boomers, ce qui fragilise l’activité économique et l’accès à des services publics de proximité, dont les soins de santé et les services sociaux (Ministère des Finances et de l’Économie, 2012, MSSS-INSPQ-ISQ, 2011, CNPMT, 2011; MFA, 2012 et CPP, 2012).

Globalement, les Québécois jouissent d’un meilleur revenu depuis 2000 et ont amélioré leur niveau de scolarisation. La proportion de personnes à faible revenu est inférieure à celle observée à l’échelle canadienne (9,5 % versus 10,6 %, selon la mesure du panier de consommation). Depuis 2005, la proportion de prestataires de l’assistance sociale est passée sous le seuil record de 8 %. Le Québec est l’une des rares juridictions à avoir réussi à diminuer la pauvreté au cours des dernières années, notamment grâce à ses programmes sociaux (aide au logement, services de garde…) et particulièrement chez les jeunes de moins de 18 ans. Une telle progression du revenu et de la scolarisation comporte un potentiel d’amélioration de la santé de la population. Toutefois, ces gains n’ont pas empêché les écarts de revenus de croître en raison d’une augmentation marquée de revenu chez les mieux nantis. De plus, les progrès ne sont pas uniformes et des groupes demeurent dans des conditions de vie précaires, comme les personnes seules et les travailleurs à faible revenu (MSSS-INSPQ-ISQ, 2011).

  1. État de santé et de bien-être de la population

L’état de santé de la population du Québec s’est amélioré depuis les années 2000 en ce qui a trait à l’espérance de vie, la survie aux maladies cardiaques et au cancer. La population se dit généralement en bonne santé, tant physique que mentale. La prévalence du cancer et des maladies cardiaques est cependant en augmentation (ISQ 2012 et MSSS-INSPQ-ISQ, 2011). Les maladies infectieuses et les infections nosocomiales ont reculé, mais la vigilance est de mise comme le prouvent les épidémies de rougeole en 2011 et de grippe A(H1N1) en 2009. Les changements climatiques sont également préoccupants pour la santé de la population.

La prévalence des troubles mentaux chez les adultes a peu fluctué depuis 2000, une personne sur dix en étant atteinte chaque année. Néanmoins, chez les moins de 20 ans, elle est passée du simple au double, en raison du diagnostic plus fréquent du trouble de déficit de l’attention et d’hyperactivité. Depuis dix ans, le Québec montre une diminution du taux de suicide, particulièrement chez les jeunes (INSPQ, 2012).

Des pressions importantes sont exercées sur le système de santé et des services sociaux par les maladies chroniques et les incapacités. La moitié de la population âgée de 12 ans et plus aurait au moins un problème de santé chronique en 2010-2011 et le quart en aurait au moins deux. Les dix problèmes de santé les plus fréquents sont, par ordre de prévalence, les maux de dos, l’hypertension, l’arthrite, les migraines, l’asthme, le diabète, les maladies cardiaques, les troubles d’anxiété, les troubles de l’humeur et les troubles intestinaux. L’hypertension touche maintenant 16 % des Québécois et le diabète en affecte 6 %.

Au Canada, le nombre de nouveaux cas de cancer a doublé depuis 1983, reflétant à la fois la croissance et le vieillissement de la population. Plus de la moitié des nouveaux cas de cancer sont des cancers de la prostate, du poumon, du sein ou colorectal. De même, l’Alzheimer ou la démence progresse et le nombre de personnes atteintes au Québec devrait doubler en 25 ans, touchant 270 000 personnes (MSSS-INSPQ-ISQ, 2011).

Le taux d’incapacité chez les enfants augmente au Québec depuis 2001, se manifestant surtout par des troubles déficitaires de l’attention, de l’asthme, des troubles d’apprentissage ou un retard de développement. Les incapacités sont plus fréquentes à mesure que l’âge avance. Alors que 28 % la population de 15 à 64 ans est atteinte d’incapacités légères, modérées ou graves, d’après l’EQLAV 2010-2011, ce taux monte à 48 % chez les Québécois de 65 à 74 ans, à 64 % chez les 75-84 ans et à 84 % chez les personnes de 85 ans et plus. Les incapacités modérées ou graves touchent 11 % de la population de tous les âges.

Les campagnes et les interventions cliniques de prévention semblent apporter des bénéfices, notamment sur la consommation de fruits et légumes et la diminution du taux de tabagisme, bien que ce dernier stagne depuis 2006 autour de 20 % après un progrès remarquable. On observe un accroissement de l’obésité qui touche maintenant un adulte sur six. Bien que le Québec présente une prévalence de l’obésité légèrement sous la moyenne canadienne, elle est supérieure à celle de plusieurs des pays de l’OCDE (MSSS-INSPQ-ISQ, 2011).


  1. Caractéristiques des sous-groupes de population et des communautés

La prévalence des problèmes de santé physique chez les femmes est plus élevée que chez les hommes; elles sont plus nombreuses à déclarer une incapacité, surtout après 65 ans et connaissent un plus grand nombre d'années d'incapacité dues à la longévité. Les femmes victimes de violence conjugale, particulièrement les jeunes, sont en augmentation depuis une dizaine d’années (MSSS, 2010a; MSSS-INSPQ-ISQ, 2011).

Une hausse de la prématurité est associée à l’augmentation des naissances multiples et des naissances chez les mères plus âgées. Par contre, le faible poids à la naissance est en diminution. En ce qui a trait aux jeunes, près de un sur cinq présente un surplus de poids. Seulement le tiers des enfants et des adolescents atteignent la quantité de fruits et légumes et le niveau d’activité physique recommandés et un jeune sur dix (11 %) déclare fumer la cigarette (ISQ, 2012d; MSSS, 2010b; MSSS-INSPQ-ISQ, 2011; ISQ, 2012d).

La négligence parentale envers les enfants demeure le premier motif des 8 000 prises en charge effectuées chaque année dans le cadre de la Loi sur la Protection de la jeunesse. Les difficultés de comportement sont rapportées chez un enfant sur quatre. Le taux de décrochage scolaire au secondaire a diminué au cours de la dernière décennie, mais il demeure encore trop élevé, surtout chez les garçons (MSSS, 2012a; MSSS-INSPQ-ISQ 2011).

En 2007-2008, environ un aîné sur cinq a besoin d’aide pour ses activités quotidiennes et les proches sont une source importante de l’aide reçue. Parmi les personnes qui ont besoin d’aide, 42 % ne reçoivent pas toute l’aide nécessaire. En 2010, la proportion de personnes âgées de 65 ans ou plus admises en ressources d’hébergement (CHSLD et ressources intermédiaires) est de 3,6 %. Elle grimpe à 12,6 % chez les 85 ans ou plus (MFA, 2012) . En tenant compte uniquement du vieillissement de la population, le nombre d’aînés ayant des besoins en soins de longue durée devrait plus que doubler entre 2006 et 2031 (Choinière, 2010).

Depuis 10 ans, l’immigration tend à augmenter au Québec. Les immigrants vivent des difficultés dans la prise en charge de leur santé : problèmes de communication avec les professionnels de la santé, conception de la santé et de la maladie différente de celle qui prévaut dans la société d’accueil, méconnaissance des services disponibles, priorité mise à la recherche d’emploi, etc. (LEPPM, 2008).

Les besoins en soins de santé des Premières Nations sont en croissance. La population augmente, jouit d’une espérance de vie plus faible et a des problèmes de santé nettement plus répandus que dans la population québécoise en général : mortalité infantile, alcoolisation fœtale, VIH/SIDA, hépatite C, diabète, obésité... Les problématiques sociales sont en recrudescence (pauvreté matérielle et sociale, négligence et mauvais traitements subis à l’enfance, surpeuplement des logements, chômage, faible scolarisation, taux élevé de suicide, de dépression, etc.). La complexité de la gouvernance à plusieurs paliers gouvernementaux des services nuirait à l’efficacité des programmes (délais, listes d’attente, absence de dépistage, zones grises, etc.) (CSSSPNQL, 2007).

Globalement, malgré des gains réalisés au cours des dernières années les inégalités sociales et de santé persistent. Les problèmes sociaux et de santé sont plus fréquents chez les personnes défavorisées. Ainsi, l'écart en espérance de vie en santé peut atteindre 14 ans entre les groupes les plus favorisés et les moins favorisés. Les taux de prises en charge par la Protection de la jeunesse ont tendance à augmenter avec le degré de pauvreté du milieu. Réduire les inégalités de santé requiert de lutter contre la pauvreté et agir sur les conditions de vie qui sont des déterminants de la santé (revenu, scolarité, logement, sécurité alimentaire, transport, capital social).

  1. Dépenses de santé, gestion des ressources et gouvernance



  1. Les dépenses de santé

Un des principaux problèmes auxquels sont confrontés de nombreux systèmes de santé est celui d’assurer un financement adéquat tout en contrôlant les coûts. Le Québec ne fait pas exception. La hausse soutenue et continuelle des dépenses de santé depuis 1975 menace la viabilité des dépenses publiques en santé, car elle dépasse le taux de croissance économique et des revenus de l’État. Cette réalité fait en sorte que les dépenses de santé accaparent une part importante des dépenses gouvernementales, ce qui exerce une pression sur les autres missions de l’État. Dans un contexte de lutte aux déficits, de restrictions budgétaires et d’incertitude économique, le contrôle des coûts de santé prend une grande importance. Enfin, la diminution des transferts fédéraux de santé après l’année 2016-2017 est un autre facteur à prendre en considération.

Selon le dernier budget du gouvernement du Québec, les dépenses de santé vont continuer de croître à un rythme de 4,8 % par année, pour atteindre un total de 31,3 milliards de dollars. En 2012-2013, elles représentent 47,8 % des dépenses par mission du gouvernement québécois (répartition excluant le paiement de la dette), ce qui en fait le plus important poste budgétaire (Ministère des Finances et de l’Économie, 2013).

Au Québec, le financement de la santé est principalement public, à l’instar de la majorité des pays de l’OCDE. Il concerne près de 70 % des dépenses totales en santé. Les dépenses totales de santé composent 12,7 % du PIB en 2012, ce qui dépasse la moyenne canadienne, qui est de 11,6 %.

Déterminants de l’accroissement des dépenses en santé

Selon l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), les principaux facteurs d’accroissement des dépenses de santé au cours de la dernière décennie ont été la hausse des coûts de production (ex. : rémunération des dispensateurs de soins de santé), l’utilisation accrue de services (ex. : médicaments et services médicaux) ainsi que l’évolution de l’offre de services (ex. : émergence de nouveaux médicaments et de nouveaux outils diagnostiques et chirurgicaux) et de la demande de services (ICIS, 2012a; ICIS, 2011a) (ex. : évolution des maladies, augmentations du nombre de maladies chroniques et changement de comportements et de préférences des malades) (FCRSS, 2011a ).

De 2002 à 2012, les dépenses totales de santé ont augmenté au Québec, comme dans le reste du Canada. Les dépenses publiques ont augmenté de près de 12,6 milliards (71 %) et ce sont les catégories de dépenses « immobilisations », « médecins » et « médicaments » qui ont connu le taux de variation des dépenses le plus prononcé lors de cette période. (Béland F., 2012)
Selon les données de l’ICIS (ICIS, 2012b), les dépenses en médicaments au Canada ont connu en 2012 leur plus faible taux de croissance annuel en 16 ans. Ce ralentissement s’explique notamment par l’expiration du brevet de médicaments très utilisés et par des mesures de contrôle des dépenses, dont des politiques d’établissement des prix pour les médicaments génériques.

Les médicaments occupent la deuxième place en importance des dépenses en santé au Québec, après les frais d'hospitalisation, et ce, depuis 1997. Le total des dépenses en médicaments représente 16,0 % du total des dépenses de santé au Canada et 19,4 % au Québec (2012). Le Québec consacre davantage aux médicaments que le reste du Canada et cet écart à la moyenne s’accentue. Cet écart s’explique notamment par le régime général d’assurance médicament québécois qui contraint les résidents de la province à être couverts par une assurance médicament, qu’elle soit de nature privée ou publique (Béland F., 2012).

  1. Ressources humaines

Les effectifs du réseau de la santé et des services sociaux augmentent. Au 31 mars 2012, les 297 400 travailleurs du secteur de la santé composent 6,9 % de la population active au Québec (MSSS, 2013a). En 2012, le Québec affiche un des taux les plus élevés de médecins par 100 000 habitants au Canada, soit 231 médecins par 100 000 habitants, pour une moyenne canadienne de 209 médecins. Ce ratio était de 217 en 2007 (MSSS, 2013a). La moyenne des pays de l’OCDE donne un ratio de 314 médecins pour 100 000 habitants en 2010 (OCDE, 2012a). Selon l’ICIS, le nombre de médecins au Québec, ainsi que dans l’ensemble du Canada, a augmenté plus rapidement que la population. Ceci s’explique par l’arrivée constante sur le marché du travail de nouveaux diplômés et par la hausse du nombre de médecins formés à l’étranger (ICIS, 2012c).

Le système de santé doit faire face aux changements de profil sociodémographique de ses employés. Pensons, par exemple, à la féminisation de la pratique médicale, aux enjeux générationnels, à la spécialisation accrue et au nombre croissant de départs à la retraite des travailleurs de la santé. La modification du profil démographique des professionnels de la santé exerce une influence sur le nombre d’heures travaillées et sur les pratiques médicales, notamment en ce qui a trait aux impératifs de la conciliation travail et famille.

Malgré une augmentation globale des effectifs, une pénurie de certains types de professionnels est prévue dans un futur rapproché, notamment en raison d’un vieillissement des effectifs. Certains titres d’emplois seraient particulièrement touchés dans le secteur public selon des données du Ministère : diplômés universitaires en travail social, personnel infirmier, pharmaciens d’établissement, psychologues, audiologistes, ergothérapeutes, orthophonistes, physiothérapeutes, inhalothérapeutes, préposés aux bénéficiaires et technologistes médicaux.

D’autres défis concernant les ressources humaines sont aussi à prendre en compte. Les ressources médicales sont réparties de façon inégale sur le territoire québécois. Toutefois, selon l’ICIS, le nombre de médecins en milieu rural au Québec est plus élevé qu’il y a cinq ans (ICIS, 2012c). Il demeure que le recrutement et la rétention de certaines catégories de professionnels de la santé représentent des défis plus importants pour certaines régions (DiCenso, A. 2010; CHA, 2008).

Les questionnements relatifs aux modes d’allocation des ressources et de rémunération et à leurs impacts sur la prestation des services sont nombreux. Selon plusieurs experts, de possibles gains d’efficacité et d’efficience en ce qui a trait à la prestation des soins sont envisageables en privilégiant une forme de rémunération mixte. De l’avis de certains chercheurs dans le domaine de la santé, le recours au paiement à l’acte comme mode principal de rémunération engendre de l’inefficience dans le système de santé. Dans la même ligne de pensée, le modèle de financement historique des établissements de santé est remis en question. L’adoption d’un modèle de financement à l’activité pourrait, selon certaines études, améliorer l’efficience et l’efficacité des fournisseurs de soins en plus d’améliorer la performance globale du système de santé (Sutherland J.M, Repin N. et Crump T.R. 2013; Eijkenaar F. et coll. 2012; Boulanger, S. et Castonguay J, 2012).

  1. Développement du secteur privé

La part des dépenses privées sur les dépenses totales de santé a graduellement augmenté au fil des ans. Elle était de 18 % en 1978, un niveau inférieur à la moyenne canadienne de l’époque qui se situait à 24 %. En 2010, elle se rapproche de la moyenne canadienne avec 29,4 % (29,5 % au Canada). En moyenne, les pays de l’OCDE financent publiquement 73,2 % des dépenses totales de santé et une dizaine de pays affichent une part publique de plus de 80 % (ICIS, 2012a). La répartition public-privé du financement a peu varié entre 2002 et 2009 au Québec, cependant la part du financement privé semble connaître une forte augmentation en 20102.

Au cours des dernières années, l’offre de services et de soins privés dispensés dans une logique de marché s’est accentuée. La prestation privée est plus présente dans les services de première ligne qu’auparavant. Ce phénomène s’observe notamment par un attrait vers le privé dans certaines professions de la santé déjà touchées par une pénurie de personnel (ex. : physiothérapie, inhalothérapie). On observe une augmentation des médecins non participants à la RAMQ. Entre les années 2005 et 2013, leur nombre est passé de 43 à 186 pour les omnipraticiens et de 50 à 77 chez les médecins spécialistes. Cette augmentation se traduit par une offre de services en croissance, caractérisée par un nombre plus important de cliniques médicales privées, et ce, partout sur le territoire québécois. La complémentarité et les rôles des secteurs publics et privés sont peu définis, ce qui pose des problèmes d’équité.

  1. Gouvernance

Parmi les principaux enjeux associés à la gouvernance, on remarque une attention accrue accordée à la transparence, à l’imputabilité et à la gestion du rendement. Cette tendance se concrétise notamment par une redéfinition des rapports entre le gouvernement et les parties prenantes du secteur de la santé, qui peuvent prendre la forme d’exigences, d’ententes d’imputabilité avec les hôpitaux, ou de mécanismes liés à l’évaluation et à la diffusion de l’atteinte de cibles de performance (Gouvernement de l'Ontario, 2012; Castonguay J., Montmarquette C. et Scott I. 2008).

L’interdépendance et la complexité des activités exacerbent la nécessité pour l’État de briser les silos et de favoriser les actions intersectorielles. La nature actuelle des problèmes de santé demande une meilleure collaboration, que ce soit entre les professionnels, entre les établissements, entre les trois paliers de gestion (intégration verticale), ou encore entre les prestateurs de soins et la communauté (intégration horizontale) (OMS, 2011). C’est pourquoi il est important de clarifier les rôles et responsabilités de chacun afin d’éliminer les dédoublements ainsi que les zones grises dans leur exercice. Une des approches privilégiées pour l’optimisation de la gestion des soins de santé est d’assurer une meilleure intégration des médecins dans la prise de décision clinique et de renforcer leur niveau d’imputabilité. Cela peut être favorisé par des partenariats médico-administratifs (AQESSS, 2012). Un autre exemple de moyen mis en place au Québec pour accroître la collaboration entre les acteurs au niveau local est la création des réseaux locaux de services (RLS).

Un autre élément à prendre en compte en matière de gouvernance est la tendance vers la coproduction de la santé. Cette notion fait référence à un mode de gouvernance axé sur un engagement et une collaboration plus grande du citoyen et des acteurs de la société civile. Ces derniers participent davantage et s’attendent à bénéficier de traitements pharmacologiques et médicaux efficaces (OMS, 2011; OCDE, 2012b).

En raison de nombreux facteurs dont l’évolution des besoins de la population et des avancées technologiques, la prestation de services est davantage offerte dans un contexte décentralisé ou en communauté. Les soins sont alors dispensés dans un continuum ou par un réseau de prestateurs (Saltman R.B., Duran A. et Dubois H. 2011; OCDE, 2012b). Dans cette optique, davantage d’efforts sont consentis au renforcement des services de proximité et de première ligne. Conséquemment, les mécanismes de gouverne sont importants afin de favoriser une meilleure coordination et une continuité des soins ainsi que pour renforcer l’imputabilité des acteurs. À cet effet, la création, en 2004, de 95 RLS à l'échelle provinciale avait pour objectif de rapprocher les services de la population, de les rendre plus accessibles, mieux coordonnés et continus. (MSSS, 2013b).

  1. Performance 

Assurer la pérennité du système de santé est une préoccupation qui teinte les choix stratégiques en santé. La tendance actuelle est à la recherche d’une amélioration constante des pratiques, d’une optimisation des processus et d’une meilleure performance afin de respecter les obligations actuelles et futures. La performance des établissements de santé est un incontournable dans la plupart des pays développés et regroupe un ensemble de dimensions, dont l’accessibilité, la pertinence et la qualité des services, de même que leur efficacité et leur efficience (Vérificateur général du Québec, 2012.). Mesurer la performance est utile pour promouvoir la transparence et pour améliorer le rendement global des activités produites par le système de santé. Certaines juridictions innovent à cet effet en liant des ententes de responsabilités, des cibles de performance et de rémunération avec les conseils d’administration et les directions d’établissements hospitaliers (Smith P.C et coll. 2009; Savedoff, W.D. 2011; Gouvernement de l'Ontario, 2012). Dans le système de santé québécois, cela prend notamment la forme d’ententes de gestion.

Lorsqu’il est comparé à d’autres provinces canadiennes et à d’autres pays développés, le système de santé du Québec obtient rarement de bons résultats. Le Canada Health Consumer Index de 2011 classe le Québec au huitième rang des provinces quant à la performance globale de son système de santé telle que perçue par les consommateurs de services (Frontier Center, 2012).

Une autre enquête internationale sur la qualité des services de santé basée sur l’opinion des usagers est réalisée par le Commonwealth Fund en collaboration avec des organismes nationaux, dont le Commissaire à la santé et au bien-être. Les principaux résultats de l’enquête de 2010 indiquent que la perception globale du système de santé et de la qualité des soins est sensiblement moins bonne au Québec que partout ailleurs. Ainsi, seulement 23 % des Québécois croient que le système de santé fonctionne assez bien, le résultat le plus bas avec l’Australie, parmi les 11 pays participants. En comparaison, ce pourcentage atteint 46 % en Ontario et 62 % au Royaume-Uni. Le manque d’accessibilité tant au niveau des services de première ligne qu’à celui des services spécialisés est particulièrement critiqué par les Québécois, bien que l’accessibilité aux services préventifs obtienne des résultats plutôt favorables. De plus, les problèmes soulevés précédemment sont plus importants au Canada que dans la plupart des autres pays qui ont participé à ce sondage (CSBE, 2011a).

Selon sa mission, le Commissaire à la santé et au bien-être apprécie la performance du système de santé et de services sociaux québécois à partir d’une soixantaine d’indicateurs regroupés en quatre grandes fonctions de système (adaptation, atteinte des buts, production et maintien et développement) et la compare à celle des autres provinces canadiennes. Globalement, les indicateurs de 2011 montrent des résultats inférieurs à ceux de l’ensemble du Canada pour toutes les fonctions à l’étude. Le Québec se situe au 10e rang des provinces pour l’adaptation aux besoins de la population et au 8e rang à l’égard de la production de services. Toutefois, il réalise une meilleure performance pour l’atteinte des buts en santé, car il obtient le 3e rang (CSBE, 2012).

Pour sa part, l’Institut Fraser a évalué en 2013 l’efficience des systèmes de santé provinciaux en mettant en rapport 46 indicateurs de résultats avec les coûts par habitant. À cet égard, le système de santé du Québec se distingue au premier rang du classement général, suivi de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. Comme le Québec est la province où les dépenses de santé par habitant sont les moins élevées, qu’il est plutôt bien pourvu en ressources humaines et technologiques et que son rendement se situe dans la moyenne, ce sont donc les Québécois qui en obtiennent le plus pour leur argent en matière de soins de santé (Institut Fraser, 2013).

  1. Organisation et adaptation des services
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