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III.2. NECESSITE d’une INSTANCE INTERNATIONALE APPROPRIEE

et d’un dialogue pour l’atteinte des objectifs environnementaux et sociaux



« il n’y a pas de gouvernement de la mondialisation encore moins de gouvernance de la mondialisation ; il était plutôt question de dessaisir l’Etat providence de ses fonctions de souveraineté :

  • Régulation du marché ;

  • Régulation de l’activité économique (mission de stabilisation) ;

  • Régulation socio-politique (médiation pour créer l’harmonie et le consentement).

Et donc mettre en place les politiques de libéralisation à travers les principales dispositions que sont :

  • Le décloisonnement (abolition des frontières , aussi bien entre les différents pays qu’entre les produits financiers) ;le système financier est devenu un marché unique de l’argent ;

  • La déréglementation (démantèlement des dispositifs de contrôle des changes); elle a pris effet le 1er juillet 1990

  • La désintermédiation (la possibilité de recourir directement aux marchés financiers). »



Au-delà de la « Realpolitik » qu’est cette citation, le défi que nous devons relever consiste à réduire les risques posés par ces agrocombustibles tout en assurant dans le même temps un accès élargi à leurs opportunités.

Il apparaît urgent de réexaminer les politiques en la matière dans le contexte de la mondialisation afin de protéger les pauvres et les victimes de l’insécurité alimentaire et de promouvoir un large développement rural et agricole tout en veillant à la viabilité écologique.
Quid de la Gouvernance des ressources naturelles dans sa globalité y compris la participation de la population à tous les stades, de la nécessaire cartographie des terres suivant les priorités de la planification nationale et locale, du remaniement et de l’actualisation du cadastre rural, et du respect des aptitudes agrobioclimatiques zonales et intra-zonales en tenant compte de l’effet des changements climatiques.
« Dans un contexte d'augmentation galopante des prix des denrées alimentaires en 2008, marqué par des « émeutes de la faim » un peu partout dans les pays en voie de développement, le sommet mondial tenu a eu pour objectif de mettre en place un plan d'action destiné à enrayer le processus d'inflation. Plus de 850 millions de personnes souffriraient de la faim sur le Globe. Le plan devrait comprendre le déblocage de 15 à 20 milliards de dollars pour l'aide alimentaire, et la recherche d'un consensus sur les politiques d'exportation et de contrôle des prix des produits agricoles, accusées par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de faire monter les cours » 
L’embelli actuel ne doit pas nous faire oublier ce contexte tendu dans plusieurs pays.

Initialement, les politiques favorables aux biocarburants étaient censées contribuer à

la sécurité énergétique et à l’atténuation du changement climatique grâce à la réduction des émissions des gaz à effet de serre, tout en répondant au désir d’appuyer l’agriculture .

Mais leurs retombées actuelles sur la sécurité alimentaire et les niveaux de pauvreté dans les pays en développement sont devenus préoccupantes dans certaines régions du globe.
Il apparaît nécessaire de disposer d’une instance internationale appropriée où les critères de durabilité pourraient être débattus et convenus afin de s’assurer qu’ils atteignent leurs objectifs environnementaux sans créer des barrières inutiles pour les fournisseurs des pays en développement.

Il convient également de s’assurer que les critères de durabilité et les systèmes de certification connexes ne sont pas introduits unilatéralement et ne constituent pas un nouvel obstacle au commerce. Dans la mesure où de tels critères sont arrêtés, la communauté internationale est dans l’obligation d’aider au renforcement des capacités des pays en développement.

Tableau : Objectifs volontaires et contraignants relatifs à l’emploi de la bioénergie dans les carburants pour les transports dans les pays du G8+5 :
Brésil Proportion contraignante de 20-25 pour cent d’éthanol anhydre mélangé au pétrole; de 3 pour cent au moins de biodiesel mélangé au diesel à compter de juillet 2008 et de 5 pour cent (B5) d’ici la fin 2010 ;

Canada 5 pour cent d’énergie renouvelable dans le pétrole d’ici 2010 et 2 pour cent dans les carburants diesel d’ici 2012 ;

Chine 15 pour cent de biocarburants dans la consommation totale d’énergie pour le transport d’ici 2020 ;

France 5,75 pour cent en 2008, 7 pour cent d’ici 2010, 10 pour cent d’ici 2015 (V),

10 pour cent d’ici 2020 (M = objectif UE) ;

Allemagne 6,75 pour cent d’ici 2010, devant passer à autre 8 pour cent d’ici 2015, 10 pour cent d’ici 2020 (M = objectif UE)

Inde Proportion contraignante envisagée de 5-10 pour cent d’éthanol et 20 pour cent de biodiesel ;

Italie 5,75 pour cent d’ici 2010 (M), 10 pour cent d’ici 2020 (M = objectif UE) ;

Japon 500 000 kilolitres, selon la conversion en pétrole brut, d’ici 2010 (V) ;

Mexique Objectifs en cours de détermination ;

Fédération de Russie Pas d’objectifs ;

Afrique du Sud Jusqu’à 8 pour cent en 2006 (V), objectif 10 pour cent en cours d’examen

Royaume-Uni 5 pour cent de biocarburants d’ici 2010 (M), 10 pour cent d’ici 2020 (M = objectif UE) ;

Etats-Unis d’Amérique 9 milliards de gallons devant provenir de biocarburants avancés d’ici 2008, chiffre devant passer à 36 milliards d’ici 2022 (M). Sur les 36 milliards de gallons, 21 devant provenir de biocarburants avancés (dont 16 milliards provenant de biocarburants cellulosiques) ;

Union européenne 10 pour cent d’ici 2020 (M. Proposé par la Commission européenne en janvier 2008).

Légende : M = contraignants; V = volontaires.
Sources: GBEP, 2007, mis à jour à partir des données provenant du Département de l’agriculture des Etats-Unis (USDA, 2008a); de l’Association des producteurs américains d’éthanol (Renewable Fuels Association, 2008); de la communication écrite de la Commission européenne, ainsi que du Professeur Ricardo Abramovay, Université de São Paulo, Brésil.
Ces objectifs par pays et groupe de pays sont-ils en adéquation avec :

  • Les disponibilités en terres ;

  • Le respect des normes écologiques de réserves en massifs forestiers, aires intégralement protégés et espaces de parcours pastoraux ;

  • Les exigences de maintien des cultures vivrières et de reconstitution des stocks mondiaux largement entamés ;

  • La co-existence des exploitations familiales avec le grand agro-buisiness ;

  • Le maintien de la biodiversité au sens large et la protection des biotopes à espèces menacées ;

  • Etc.


Les biocombustibles: nouveau débouché pour l’agriculture familiale et les petites exploitations ?
La demande de matières premières agricoles destinées à la production des biocarburants constituera un facteur important pour les marchés agricoles et l’agriculture mondiale au cours de la décennie à venir et peut être au-delà.
La demande et l’offre de biocarburants devraient continuer à progresser rapidement, mais la part des biocarburants liquides dans l’offre globale de carburants pour les transports restera limitée. Cependant, les projections sont affectées par de grandes incertitudes, en partie du fait de l’imprévisibilité concernant les prix des carburants fossiles, les politiques en matière de biocarburants et les évolutions technologiques.
Cependant, Elles pourraient contribuer à un renversement de la tendance à la baisse du prix réel des matières premières agricoles, et présenter tout à la fois des opportunités et des risques. Le développement des biocarburants liquides fera sentir ses effets dans tous les pays – qu’ils participent ou non directement au secteur – parce que tous les marchés agricoles seront affectés, les marchés internationaux, les échanges et les prix des biocarburants ainsi que les produits agricoles de base en général.
Les tendances actuelles de la production, de la consommation et des échanges de biocarburants, ainsi que les perspectives mondiales, resteront largement déterminées par les politiques existantes, en particulier celles appliquées dans l’UE et aux Etats-Unis d’Amérique, qui favorisent la production et la consommation de biocarburant tout en

protégeant les producteurs nationaux.

Fédération internationale des producteurs agricoles (source : www.ifap.org):
IFAP regroupe quelques 600 millions de familles de fermiers en 115 organisations nationales de 80 pays.

« La production d’aliments destinés à la consommation humaine ou animale demeure primordiale pour les agriculteurs de la FIPA; toutefois, les biocombustibles constituent un nouveau débouché commercial, permettent de diversifier les risques et favorisent le développement rural.

Ils représentent aujourd’hui la meilleure option pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dérivant du secteur des transports, de façon à atténuer les effets du changement climatique. Compte tenu du niveau record des prix ‘actuels’ du pétrole, les biocombustibles apportent également une contribution à la sécurité énergétique.
Depuis quelque temps, les biocombustibles sont accusés d’être responsables de la flambée des prix des denrées alimentaires. De nombreux facteurs sont à l’origine du renchérissement des denrées alimentaires, y compris les pénuries du côté de l’offre dues à des conditions climatiques défavorables, et la transformation des habitudes alimentaires qui contribue à renforcer la demande. La proportion à l’échelle mondiale des terres agricoles qui ont été détournées vers la production de biocombustibles est très faible: 1 pour cent au Brésil, 1 pour cent en Europe, 4 pour cent aux États-Unis d’Amérique, aussi cette production n’est-elle qu’un facteur marginal dans la hausse des prix alimentaires.
Il est important, pour une communauté agricole longtemps pénalisée par de faibles revenus, de balayer ces idées fausses au sujet des biocombustibles. Les bioénergies offrent une bonne occasion pour relancer les économies rurales et réduire la pauvreté, à condition toutefois que leur production respecte des critères de durabilité. La production durable de biocombustibles de la part de petits exploitants ne constitue pas une menace pour la production vivrière, mais au contraire une chance d’améliorer la rentabilité de leurs activités et de revitaliser les communautés rurales.
Le développement des biocombustibles exige la mise en place d’incitations et de cadres d’action publics positifs, tels que des objectifs obligatoires concernant l’utilisation des biocombustibles et des incitations fiscales en faveur des biocarburants, par opposition aux combustibles fossiles, jusqu’à ce que l’industrie parvienne à maturité (accompagnement).
Il est dans l’intérêt général que les biocombustibles soient produits à partir de sources locales,

puisqu’ils créent des emplois et des richesses dans le pays. Les gouvernements devraient également favoriser les investissements, par exemple en prévoyant des dégrèvements d’impôt pour les petits producteurs de biocombustibles, en finançant les plantes de production de bioénergie, en renforçant la participation des agriculteurs grâce à des subventions de contrepartie et en réduisant les risques liés à l’adoption de nouvelles technologies. Le soutien à la recherche-développement est essentiel, notamment pour la technologie à petite

échelle et pour renforcer le potentiel énergétique des plantes locales.
Les biocombustibles ne sont pas une solution miracle, mais ils offrent d’importantes possibilités de revenus pour les agriculteurs. Pour que ces derniers puissent en tirer parti, une évaluation approfondie et à long terme des avantages et des coûts économiques, environnementaux et sociaux doit être effectuée pour identifier les possibilités réelles d’amélioration des revenus des producteurs. Des stratégies judicieuses doivent être mises au

point, en collaboration avec les différentes parties prenantes, pour tirer parti des bienfaits environnementaux et économiques potentiels, avec, notamment, l’élaboration d’une politique rationnelle d’utilisation des terres, la sélection pertinente des cultures et des zones de production et la protection des droits des exploitants agricoles.
Les organisations d’agriculteurs doivent encourager la création de mécanismes d’incitation appropriés qui permettront à leurs membres de mettre cette nouvelle possibilité à profit et d’en tirer des revenus complémentaires.
Les gouvernements doivent principalement développer des mesures viables de sauvegarde dans l’allocation de vastes terres de production bioénergétiques.
Ces mesures incluent l’institutionnalisation des consultations préalables en élargissant leur base au delà de la simple enquête de non occupation du terrain aux préoccupation de non objection pour cette production en général et éventuellement l’implantation d’usine de transformation bioénergétique.
Egalement inclure des mécanismes de revue périodique de tenue des engagements , d’évaluation et de correction des méfaits constatés.
Les consultations préalables doivent viser non seulement les occupants de terrain à tabanaani mais également les producteurs d’autres spéculations.

La viabilité n’est pas l’apanage des seuls producteurs privés bénéficiant de fortes capacités ou de grandes surfaces mais peut s’envisager dans des associations de petits producteurs.

Les gouvernements ou investisseurs peuvent explorer l’option « joint-venture » ou le modèle alternatif basé sur l’équité en production et transformation.

Les instruments politiques tels que les subventions bien ciblées peuvent aider à l’inclusion des petits producteurs dans le schéma global local, national ou sous-régional.
Entre les termes de la dichotomie « petits producteurs » et «grands producteurs»,il y’a des solutions intermédiaires de collaboration (arrangements institutionnels liant petits producteurs et producteurs industriels, schéma de copropriété coopérative au stade de la production comme celui de la transformation ; par exemple :
Des efforts supplémentaires en matière de recherche-développement sont nécessaires pour éviter toute concurrence entre les utilisations alimentaires et énergétiques de certaines cultures et pour impulser de bons signaux à la production de biocombustibles dans le monde. Il est donc extrêmement important de combler le déficit de connaissances relatif aux biocombustibles grâce à la diffusion d’informations et à des programmes de renforcement des capacités qui aideront les agriculteurs à occuper la place qui leur revient dans la chaîne de valeur ».
Il convient également d’adopter un système de classification des biocarburants à l’échelon international pour fludifier et faciliter les échanges.
En complément à ce réquisitoire des producteurs, il est clair que la communauté internationale a la responsabilité d’aider les pays en développement à affronter les menaces immédiates pesant sur leur sécurité alimentaire, qui pourraient découler de la hausse des prix de l’alimentation, en fournissant des ressources pour engager les mesures d’aide et de protection nécessaires pour les pays et groupes de population les plus vulnérables.


PROMODEV DSM et d’autres organisations de la société civile préconisent un cadre éthique et législatif sur les biocarburants, une convention internationale et l’évaluation sociale et environnementale ex-post et ex-ante de ces projets et programmes.
Urgence sera également d’identifier et de diffuser les Bonnes pratiques agricoles (BPA) notamment.

Les bonnes pratiques visent à utiliser les connaissances disponibles pour aborder la primauté de la dimension de développement durable, de la production, de la récolte et du traitement

sur l’exploitation des matières premières pour extraire du biocarburant.
Cet objectif s’applique aux problèmes de gestion des ressources naturelles tels que les terres, le sol, l’eau et la biodiversité ainsi qu’à l’analyse du cycle de vie utilisée pour estimer les émissions de gaz à effet de serre et déterminer si tel ou tel biocarburant est plus adapté au

changement climatique qu’un combustible fossile.
En pratique, la protection des sols, de l’eau et des cultures, la gestion de l’énergie et de l’eau, la gestion des éléments nutritifs et des produits agrochimiques, la préservation de la biodiversité et des paysages, la récolte, le traitement et la distribution sont autant de domaines où de bonnes pratiques sont nécessaires à enraciner pour aborder le développement durable de la bioénergie.
L’agriculture de conservation peut être définie comme des pratiques ayant pour objet d’obtenir une agriculture durable et rentable pour les agriculteurs et les habitants des campagnes en bouleversant au minimum le sol et en assurant une couverture organique permanente du sol et des rotations de cultures diversifiées.
Dans le cadre de l’accent actuellement mis sur le stockage du carbone et les technologies qui réduisent l’intensité énergétique, cette méthode semble particulièrement adaptée. Elle semble aussi répondre à des situations où les labours sont rares et où il faut préserver l’humidité et la fertilité des sols. Des interventions comme le travail mécanique des sols sont réduites au minimum et des intrants comme les produits agrochimiques et les éléments nutritifs d’origine minérale ou organique sont appliqués au niveau optimal et en quantité qui ne mettent pas en danger les processus biologiques.

Ce système d’agriculture durable s’est révélé efficace dans une large gamme de zones agro-écologiques et de systèmes d’exploitation.
De bonnes pratiques agricoles combinées à de bonnes pratiques forestières pourraient sensiblement réduire les effets négatifs sur l’environnement liés à la promotion possible

d’une intensification durable aux limites des forêts. Des méthodes basées sur l’intégration

de l’agriculture, de la sylviculture, des pâturages et d’autres formes d’élevage du bétail pourraient aussi être envisagées dans le cadre d’une intégration des cultures bioénergétiques aux systèmes.
Beaucoup d’ONG dénoncent les expropriations de millions de petits paysans en Colombie, en Indonésie, en Tanzanie, au Congo, entraînant souvent la réduction des cultures vivrières.

Et des acquisitions globales ont déjà été opérées à hauteur de 2,5 millions d’ha au moins en Ethiopie, Mali, Ghana, Soudan et tanzanie.
Des demandes fortes sont en instance au Sénégal mais la prudence doit être de mise.

Dans certains pays, une prise de conscience politique est en train d’émerger.« La terre est un sujet très sensible. C’est l’identité des peuples mêmes qui est en jeu.

C’est la ruée vers les terres, aucune place n’est accordée aux petits exploitants puisque les prix du foncier agricole sont relativement bas et les forêts sont beaucoup plus rentables (à court et moyen terme, en termes monétaires) emblavées en biocarburants plutôt qu’exploitées pour la production de bois. D’où la tentation universelle et la course effrénée. Les petites gens qui n’ont pas de titres de propriété en bonne et due forme courent le risque d’être chassés. Les détails des accords fonciers sont généralement tenus secrets dans nombre de pays, si bien qu’on ne sait pas s’ils prévoient des garanties pour les populations locales. 
La loi sur le domaine national en vigueur au Sénégal n’est plus adaptée véritablement à l’importance des investissements bancaires à injecter pour moderniser la production au Sénégal puisqu’elle accorde uniquement le droit d’usage du lopin de terre mis en valeur et en aucun cas le droit de propriété (usufruit).

Mais à l’aune des appétits de l’agrobusiness, il pourrait être contourner habilement par des baux amphithéotique spéciaux ou la non nécessité de recourir à l’emprunt bancaire classique pour certains investisseurs.
À long terme, la croissance de la demande en biocarburants et la hausse des prix des produits alimentaires en résultant pourraient permettre de stimuler la croissance agricole et le développement rural dans les pays en développement. Ces évolutions militent pour la promotion de l’agriculture en tant que moteur de croissance permettant de réduire la pauvreté.

Cela nécessite un engagement fort des autorités pour améliorer la productivité agricole, pour laquelle l'investissement public joue un rôle fondamental. Ce soutien doit en particulier s’attacher à permettre aux petits producteurs d’accroître leur production et d’accéder aux marchés.
Toutefois, les opportunités de marché ne permettent pas de surmonter les barrières sociales et institutionnelles existantes à une croissance équitable – on pense aux facteurs d'exclusion

de toutes sortes et l'absence de pouvoir politique et/ou de pouvoir de négociation– et peuvent même les aggraver. En outre, un niveau plus élevé des prix des matières premières à lui tout seul ne suffit pas.
Il existe également un besoin urgent d'investissements dans la recherche pour améliorer la productivité et la durabilité, ainsi que dans le renforcement des politiques et institutions mais également sur les infrastructures.

Tout doit converger vers les besoins des groupes de population les plus pauvres et les plus dépourvus de ressources afin d'assurer une large base au développement rural.
Certaines Associations de la société civile et organisations non gouvernementales (ONG) dont PROMODEV, Action Aid et Wetlands ont préconisé un cadre éthique et législatif et une "évaluation socio-économique et environnementale" afin d’orienter la production de biocarburants au Sénégal dans le cadre d’un développement durable…
Les donateurs internationaux doivent également reconnaître les opportunités qui découlent du développement des biocarburants et accentuer les efforts en faveur d’un soutien accru pour le développement agricole.
Les opportunités et défis associés aux biocarburants sont souvent les mêmes que ceux que l’on a connu avec l’expansion et l’intensification agricoles. Cependant, l’essor des biocarburants et les hausses de prix des produits agricoles qui en découleraient améliorent le rendement des investissements agricoles et militent en faveur d’une augmentation de l’aide au développement ciblant en particulier le secteur agricole où il est aisé de noter une chute relative de la part dans l’enveloppe globale de l’aide publique depuis plus d’une décennie.

Par ailleurs,au plan politique, il est recommandé dans certains fora internationaux de plus en plus de faire preuve de prudence compte tenu de l’état actuel des connaissances actuelles sur les impacts potentiels multiples des biocarburants.

Face à ces craintes, les autorités sénégalaises se veulent rassurantes. 

« Nous mettons tout en œuvre pour que les projets développés n’affectent pas la sécurité alimentaire des Sénégalais», assure la Direction des biocarburants au Sénégal.

« Le président de la République a été très clair et souhaite que la production soit avant tout orientée vers les besoins locaux. »
Des experts défendent les biocarburants
La production de biocarburants en Afrique ne menace pas la sécurité alimentaire sur le continent, durement touché par la crise alimentaire mondiale ont estimé plusieurs experts agricoles sénégalais.

«À l'heure actuelle, la production de biocarburants en Afrique ne constitue pas une menace pour la sécurité alimentaire de nos pays», a déclaré le directeur général de l'Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA) Macoumba Diouf.


«L'Afrique a suffisamment de terres pour faire des biocarburants sans reprendre des terres dédiées aux cultures vivrières», a assuré Chérif Salif Sy, le directeur général de l'Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar).

«À l'heure actuelle au Sénégal, seulement 50% des terres arables sont cultivées», a pour sa part indiqué le Dr Samba Ndiaye, ancien coordonnateur du programme national du Sénégal. Interrogé sur le risque de voir les paysans abandonner progressivement les cultures vivrières en raison d'une plus forte rentabilité des biocarburants, le chercheur de l'ISRA a assuré qu'il «n'y a pas de danger, dans la mesure où les producteurs veulent sécuriser leurs revenus et donc diversifient leurs cultures».
La production des matières premières des biocarburants peut offrir des possibilités rémunératrices complémentaires pour les agriculteurs des pays en développement.

L’expérience montre que la production des cultures commerciales ne va pas nécessairement à l’encontre des cultures vivrières et qu'elle peut contribuer à améliorer la sécurité alimentaire

A mesure que notre compréhension de leurs conséquences écologiques et socio-économiques s’améliorera, il faudrait chercher à asseoir ces politiques sur des bases plus solides.

Pour garantir une production durable sur le plan écologique, économique et social des biocarburants, il convient d’ores et déjà d’agir pour :

  • Protéger les populations démunies et victimes de l’insécurité alimentaire ;

  • Tirer partie des possibilités qu’offrent les biocarburants pour le développement agricole et rural ;

  • Veiller à protéger l’Environnement ;

  • Revoir les politiques actuelles en matière de biocarburants ;

  • Faire en sorte que le système international favorise le développement durable des biocarburants 


les derniers chiffres connus révèlent2,5 millions sous culture sur un total de 3,8 millions d’ha

Il est essentiel de relever les défis relatifs aux biocarburants et de tirer parti des possibilités qu’ils offrent, compte tenu des besoins mondiaux en matière de sécurité alimentaire, d’énergie et de développement durable. Des études approfondies, la mise en commun des données d’expérience sur les technologies, les règles et règlements concernant les biocarburants, un dialogue international cohérent, efficace et fondé sur les résultats au sujet des biocarburants, sont nécessaires pour que la production et l’utilisation des biocarburants soient durables d’un point de vue économique, environnemental et social, et tiennent compte de la nécessité de parvenir à la sécurité alimentaire et de la maintenir.
Les politiques commerciales des biocarburants doivent accroître les opportunités pour les producteurs agricoles et transformateurs de biocombustibles des pays en développement, en fonction de leurs avantages comparatifs, en éliminant les barrières commerciales existantes. Cela contribuera à rendre plus efficiente la production de biocarburants à l’échelle internationale.
Il faut faire en sorte que les règles du commerce international et les politiques commerciales nationales pour l’agriculture et les biocarburants favorisent d’avantage une allocation internationale efficiente et équitable des ressources. La combinaison actuelle entre subventions, obligations et barrières commerciales ne sert pas cet objectif.
Il convient d'harmoniser les méthodes d’évaluation des bilans écologiques, en particulier celles relatives aux gaz à effet de serre. L’adoption de critères de production durable peut aider à réduire l’empreinte environnementale des biocarburants, mais ils doivent être axés sur la notion de bien public mondial, reposer sur des normes internationales reconnues et ne pas désavantager les pays en développement. Le traitement réservé à une matière première agricole donnée doit être le même, qu’elle soit destinée à la production de biocarburants ou destinée à des emplois traditionnels tels que l’alimentation humaine ou animale ».
Toutes ces tâches et d’autres portant sur les normes de production et de mise sur le marché et l’harmonisation des politiques nécessite la mise en place d’une Autorité Supranationale Mondiale pour les Biocarburants.
Au Sénégal, il est attendu l’intégration des plantations de Jatropha curcas dans les systèmes agricoles locaux existants,sous forme de haie vive (H V), afin de protéger les activités agricoles traditionnelles qui sont essentielles pour la sécurité alimentaire.
Selon les projections officielles, les plantations en cultures pures (plantations massives) sont envisagées uniquement dans les terres dégradées. Cette culture de Jatropha curcas peut donc, sans entrer en compétition avec les cultures vivrières, constituer un nouvel outil de développement comme nouvelle filière agricole.
Pour toutes ces raisons et pour d’autres les lois d’orientation sénégalaises en la matière sont attendues impatiemment.
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