Sommaire








télécharger 1.88 Mb.
titreSommaire
page3/40
date de publication20.01.2018
taille1.88 Mb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > économie > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   40

PROLOGUE


Le plus grand défi pour l’Afrique est la gouvernance Les Etats africains doivent développer leurs capacités à gérer les politiques économiques, éduquer leurs citoyens, fournir des biens publics de qualité…si ces mesures ne sont pas prises, les bulles liées aux ressources naturelles et aux matières premières vont perdurer et continueront d’exacerber les problèmes du continent.

Francis Fukuyama
Ce rapport s’inscrit résolument dans le registre investigateur et pédagogique, donc répétitif par endroits à dessin, empruntant à des sources diverses pour retracer en les éclairant les principales thèses développées dans le grand débat mondial sur les biocarburants; le Mandant du Comité national ad hoc a voulu saisir cette opportunité de partenariat avec la FAO sur ce sujet, ô combien d’actualité au Sénégal, pour servir un document national multidisciplinaire et plurithématique à la fois d’ordre technique, socio-économique et environnementale autour des préoccupations et interrogations actuelles tant du citoyen ordinaire que de certains décideurs.

L’objectif étant d’apporter un éclairage supplémentaire mais également de provoquer la réflexion de tous les partenaires notamment ceux qui, décideurs, peinent à trouver leur voie dans la forêt de sentences tant locales qu’internationales, négatives ou positives mais souvent partisanes au sujet des biocarburants.

Bien souvent la question « pourquoi ?», objet du premier chapitre développé à suffisance, n’a pas été suffisamment traitée et partagée dans l’abondante littérature pour que naissent des plages de convergence fondatrices de plateformes d’actions communes participatives ouvrant la voie au « comment ?» toujours perfectible.

Rendons ici un hommage mérité à certains maîtres à pensée qui nous ont appris à aller au fond des choses au delà des apparences et nous en citerons deux seulement - l’académicien Pirisipkin (Vaskhnil) et l’immense, le toujours d’actualité Cheikh Anta DIOP père de l’Egyptologie moderne.

M Falilou DIOP

  1. CONTEXTE et ETAT des LIEUX



« il ne faut pas non plus confondre la Mondialisation et l’Internationalisation, qui, elle signifie que ce sont les économies nationales qui sont les entités les plus significatives puisque les gains réalisés à l’étranger sont drainés vers l’économie nationale…

A tous ces phénomènes se greffe un nouveau : l’interpénétration économique au travers des frontières, dans la production, la commercialisation, le financement et la recherche-développement.

En d’autres termes, ils émergent des entreprises qui distribuent leurs activités industrielles et financières au niveau international, avec comme résultat, une progression du commerce international, des flux de capitaux et de l’investissement, plus rapide que la production. »
Mis en perspective, le monde traverse une triple crise :

  • Alimentaire ;

  • Energétique ;

  • Economique et financière.

Mais autre défit écologique à incidence socio-économique évidente, les changements climatiques ont une forte emprise sur les systèmes écologiques.

D’après les travaux du Groupe d’experts international sur l’évolution du climat (GIEC), la Terre, qui a connu de grandes variations climatiques au cours de son histoire, est actuellement en phase de réchauffement. Le phénomène, dont les causes et l'ampleur des conséquences sont vivement débattues dans les milieux scientifique et politique, s’accélère depuis les années 1990. Pour les chercheurs, l’importance de l’impact de l’activité humaine est indéniable. La controverse fait rage quant aux décisions politiques qui s’imposent pour limiter les facteurs aggravant le réchauffement naturel.

Les deux défis majeurs agro-écologiques auxquels le Sénégal fait face sont d’une part, l’irrégularité structurelle des précipitations qui rend les systèmes de production agricole vulnérables et d’autre part, la désertification et ses implications néfastes sur la biodiversité. Le Sénégal reçoit, en moyenne en apports pluviométriques, après 1970, un quart moindre de volumes d’eau par rapport à la Normale pluviométrique1931-60. Suite à la détérioration climatique qui a touché le Sahel, les apports moyens du fleuve Sénégal sont descendus à en moyenne 14 km3 par an ; le fleuve Gambie, dont les apports moyens sont de l’ordre de 2,7 km3/an sont irréguliers : 3,3 km3 en 1974 et seulement 1,1 km3 en 1984.

Malgré ces pesanteurs, l’énergie hydraulique reste un potentiel majeur de l’Afrique (cf.C. A. DIOP « les fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire de 1960 ») y compris du Sénégal à plus long terme avec l’actuel politique des barrages OMVS et OMVG.

Les pays en développement doivent réfléchir sur leur situation présente mais aussi desserrer l’étau des urgences du quotidien pour se projeter dans la construction du développement durable.

C’est dans ce cadre que cette étude est menée pour documenter les arguments souvent tranchés à priori et par là même peu propices à éclairer la planification et la prise de décisions socio-économiques et environnementales forcément délicates en Gouvernance des Ressources Naturelles, voir en gouvernance tout court.


Présentation sommaire du Sénégal:

Superficie : 196 720 km²

Environnement : Climat tropical sahélien avec une saison des pluies de juillet à octobre et sèche de novembre à mai.

Population : 12 171 265 millions d'hab.

Projection 2050 : 23 108 000 millions d'hab.

Taux de Croissance démographique : 2,1 %

Population de -15 ans : 43,4 %

Population urbaine : 46,8

Densité de la population : 60 hab./km²

Espérance de vie : 57,5 ans

Mortalité infantile : 7,8 %

Taux brut de scolarisation combinée : 82,5%

Taux d’analphabétisme : 59,2%

PIB : 5 944 milliards FCFA (en 2006) 

PIB par tête : 501 978 FCFA (en 2006) 

Indice de développement humain (2003) : Indicateur : 0, 499 
Rang : 157 (sur 175 pays)

Part de l’agriculture dans la formation du PIB : 15,9%

66 % de la population sénégalaise est rurale et ne reçoit que 5% en moyenne des investissements

Aires protégés : 11,3% de la superficie nationale

Taux annuel de déforestation : 0,7 %

Emissions de CO2 : 3 829 900 MT //

: donc per capita :0,42

: 1, 00 kg pour $2000 PIB 

Source : www.ansd.sn

Le Sénégal est un pays semi-aride, très sensible à la désertification, l'agriculture demeure la deuxième ressource économique employant près de 72% de la population active. Le Produit intérieur Brut (PIB) est estimé à environ 11,1 milliards $EU pour l'année 2007. La contribution de l’agriculture dans la formation du PIB est plus précisément de 15,87%. Le revenu brut par habitant est d’environ 898 $EU.
L’agriculture est largement dominée par des exploitations de très petite taille de type familial. La situation alimentaire est préoccupante dans le monde rural (51,2% des ménages en situation d’insécurité alimentaire sévère et 41,3% en état d’insécurité alimentaire modérée) ; avec une population vulnérable estimée à 2,1 millions d’habitants.
La balance commerciale agricole du pays est caractérisée par un déficit notoire depuis plus d’une vingtaine d’années. Les importations alimentaires atteignent des niveaux parfois sans commune mesure avec la production actuelle. Il a été enregistré au cours de ces dernières années en moyenne 400 000 t de riz importées pour 100 000 t produites en moyenne;
La Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA) dont la première année coïncide avec la campagne agricole 2008/2009 prévoit, en l’espace de 6 mois et à partir du mois d’octobre, une production de 3 millions de tonnes de manioc, 500 000 tonnes de riz paddy et plus de 3 millions de tonnes pour les autres céréales (maïs, mil, sorgho, fonio). Pour l’élevage, les objectifs portent sur une production de 400 millions de litres de lait et 435 000 tonnes de viande. Son coût est estimé à 675 millions de $EU. Le programme prévoit, pour booster l’agriculture irriguée dans la Vallée du fleuve, la réhabilitation de près de 50 000 ha de périmètres aménagés abandonnés.

Le bilan céréalier national reste déficitaire. La production en céréales a connu une

décroissance de 1,1% par an entre 1990/1991 et 2002/2003, creusant le déficit céréalier qui a du être couvert par des importations de plus en plus importantes. En 2002, les disponibilités internes ont été évaluées à 0,9 million de tonnes, correspondant à 42% des besoins estimés à 2,1 millions de tonnes, et les importations à 1 million de tonnes.
La facture des importations de produits alimentaires au Sénégal a connu une augmentation en dent de scie entre 1970 et 2000 avant de monter en flèche au cours des 5 dernières années, pour atteindre près de 800 millions de dollars EU en 2005. La production agricole n’est plus capable d’accompagner la croissance de la population, il en résulte une baisse de la couverture des besoins par la production locale (de 64% en 1987/88 à 43% en 2006/2007), et par conséquent, à un recours croissant aux importations commerciales pour combler le déficit.

En 2004, la balance commerciale agricole sénégalaise enregistrait un déficit de près de 630 millions $EU.

Le Sénégal, tout comme l’Afrique sub-saharienne en général, reste caractérisé par son très faible niveau de vie (PIB/hbt inférieur à 1800 dollars US) à trop large écart (distribution), sa population à dominante rurale (près de 70%) et une très faible productivité de l’agriculture (au sens large) extensive et à faible rendement ; Plus de 25% de la population est concentrée dans la région de Dakar qui représente moins de 1% de la superficie totale du pays sans massifs forestiers significatifs (le seul - M’Bao - est asphyxié par le développement de la ville) et peu d’espaces verts à aménagement répondant aux normes.

Après une décennie de croissance forte et régulière, la progression de l’économie sénégalaise a marqué le pas en 2006 dans un contexte international particulièrement difficile du fait d’un niveau historiquement élevé du prix du baril de pétrole. Globalement, les principaux agrégats macroéconomiques se sont éloignés de leur tendance historique. Puis suivirent la crise alimentaire (et les émeutes de la faim dans plusieurs pays), enfin la crise globale tant économique que financière.

D’un point de vue statistique, de 1994 à 2005, l’incidence de pauvreté des ménages est passée de 61% à 42%, soit une baisse de 19 points sur une décennie mais la pauvreté énergétique des ménages ruraux s’est réellement accrue.

L’Energie est une force maîtresse et souvent structurante du développement ; le monde est dans sa globalité confrontée à l’épuisement progressif des gisements des sources d’énergies conventionnelles (pétrole, gaz naturel et charbon). L’augmentation de la consommation annuelle de 4,5 % pourrait être ramenée au mieux à 3,5 %, ce qui augure néanmoins d’un doublement tous les 20 ans.

Les pays africains consomment 150 fois moins d’énergie que les pays industrialisés. Leurs bilans énergétiques restent, pour leur grande majorité, dominé par la biomasse énergie qui peut représenter jusqu’à plus des ¾ de l’énergie primaire consommée avec ses effets néfastes sur l’environnement notamment le couvert forestier qui s’amenuise de plus en plus.

Selon les projections, la part des hydrocarbures fossiles passera à 82 pour cent en 2030, la part du charbon augmentant au détriment de celle du pétrole. La biomasse et les déchets couvrent à l’heure actuelle 10 pour cent de la demande mondiale d’énergie primaire, proportion qui devrait enregistrer une légère diminution et tomber à 9 pour cent d’ici 2030.
Les réserves ultimes exploitables sont estimées selon deux critères principaux :

  • L’état d’avancement de la technologie d’extraction ;

  • Le cours réel de la ressource par rapport au plancher économiquement viable.


Le charbon serait supposé pouvoir remplacer dans une certaine mesure les sources tarissantes si son coût d’extraction et son impact environnemental n’était pas aussi ahurissants voir intolérable.


Tableau Hubbert : Analyse des limites de l’offre en énergie fossile conventionnelle




Année de plus forte production

Année d’épuisement des 90% des réserves

Pétrole liquide US

1970

2000

Gaz naturel US

1980

2015

Charbon US

2220

2450

Réserves mondiales de Pétrole

2000

2030

Réseves mondiales de Charbon

2150

2400

I.1. L’AFRIQUE CHERCHE TOUJOURS CES MARQUES



DANS LENERGIE NUCLEAIRE aussi : 

Le raffinage est un processus très coûteux appelé «enrichissement» qui augmente la proportion d'U-235 de 0,7% à environ 4,0%. Le problème avec le nucléaire n'est pas la fourniture de matière première mais les conséquences environnementales des opérations (cf. impacts à Three Mile Island ou Tchernobil /Ukraine / URSS ...).
Le Sénégal n’exclut pas de se doter de capacités nucléaires ‘civiles’et travaille dans le réseau international LAM-Laser Atomic and Molecular( http://www.lamnetwork.org)- présidé par le professeur A. Wagué, directeur de l’ITNA (Institut des Technologies Nucléaires Appliquées) de l’Université Cheikh Anta Diop deDakar (UCAD Cf. Cheikh M’Backé Diop, Symposium juillet UCAD/U A Dakar).

CONCERTATIONS en AFRIQUE
Dans le contexte de la triple crise environnementale, énergétique et alimentaire, se sont tenus à Dakar la Conférence Internationale sur les énergies renouvelables en Afrique (CIERA), du 16 au 18 Avril 2008, autour des possibilités de développement à grande échelle des énergies renouvelables (ER) en Afrique pour accroître l’accès aux énergies modernes et renforcer la sécurité énergétique y compris en BIOCARBURANTS (composante prometteuse des ER), puis en Avril 2009 le Salon International des Energies Renouvelables & de l’Environnement (SIERE).

La CIERA, organisée par le Sénégal, l'Allemagne, l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et l'Union africaine (UA), vise à promouvoir le développement des énergies renouvelables (solaire, éolien etc.) en Afrique, comme alternative au diktat du pétrole, et pour un environnement sain.

Une quarantaine de pays africains ont participé, au niveau des ministres et des experts, à cette rencontre ouverte en présence du directeur général de l'ONUDI, Kandeh Yumkella, et du commissaire aux Infrastructures de la commission de l'Union africaine (UA) Bernard Zoba.

La Conférence s’est penchée sur les orientations majeures actuelles et des engagements ont été pris contenus dans un Plan d’Actions, base d`un développement à grande échelle du marché des énergies renouvelables, tenant compte des enseignements du passé et de la situation énergétique en Afrique.
La conférence visait les objectifs spécifiques suivants :


  • Evaluation du rôle des énergies renouvelables face aux défis énergétiques de l’Afrique ;

  • Identification des politiques et des réglementations les plus prometteuses nécessaires à la stimulation et au développement des marchés des énergies renouvelables en Afrique ;

  • Identification des problèmes liés aux technologies de production des énergies renouvelables et au développement des stratégies destinées à résoudre ces problèmes.

  • Recensement des besoins de formation des acteurs des marchés des énergies renouvelables.


L’Afrique est le continent où la consommation est la plus élevée en bois de chauffe et charbon de bois ((90 à 98 % des besoins d’énergie domestique), ce qui a des conséquences sur l’aggravation de la désertification et des implications socio-économiques et sanitaires néfastes.
Tableau : Indicateurs de consommation énergétique


Indicateurs

1996

1997

1998

1999

Afrique de l’Ouest et Sahel













Population (millions)

73

75

77

79

Consommation totale d’énergie / hbt (tep)

0,26

0,25

0,27

0,27

Consommation primaire (incluant énergie non commerciale) (Mtep)

18,9

18,6

20,6

21,3

Consommation primaire d’énergie commerciale (Mtep)

5,1

5,4

6,1

6,7

Consommation d’énergie commerciale / hbt (tep)

0,07

0,07

0,08

0,08

Consommation d’électricité

80

85

89

91

Afrique centrale













Population (millions)

86

90

92

95

Consommation totale d’énergie / hbt (tep)

0,30

0,30

0,29

0,29

Consommation primaire (incluant énergie non commerciale) (Mtep)

25,8

26,5

27,2

27,5

Consommation primaire d’énergie commerciale (Mtep)

3,8

3,9

4,0

3,8

Consommation d’énergie commerciale / hbt (tep)

0,04

0,04

0,04

0,04

Consommation d’électricité

71

70

68

65

Source :ENERDATA, d’après AIE, Banque Mondiale, Statistiques nationales
Ces chiffres se vérifient en gros pour le Sénégal individuellement pris dont la Consommation totale d’énergie / hbt (tep) est passé à 0,3 tep en 2008.
L’utilisation accrue du bois de chauffage hypothèque grandement la pérennité des forêts tandis que la gouvernance des ressources naturelles en général est trop souvent entachée de problèmes de corruption ainsi qu’une descente inexorable dans les trappes de la pauvreté (cercles vicieux d’appauvrissement liés à l’épuisement des ressources naturelles) .
D’autres impacts négatifs se signalent également par cet usage :


  • infections pulmonaires fréquentes en santé des populations ;

  • corvée de ramassage de bois mort absorbant l’essentiel de la journée des femmes et / ou enfants dans nombre de villages au dépend d’activités génératrices de revenus ou de scolarité bénéfique ;

  • conséquences environnementales à tentacules de pieuvre (désertification, perte de diversité biologique et accroissement des gaz à effet de serre - GES).

L’Afrique est potentiellement très riche en énergie fossile et sources d’énergie renouvelable (9,5 % des réserves mondiales de pétrole et 8% des réserves de gaz naturel avec une « réserve de hausse probable » grâce aux nouvelles découvertes.).

Mais sa consommation per habitant demeure trop faible pour décoller du sous-développement vicié!

Les besoins du continent dans ce domaine structurant de l’ensemble des autres secteurs sont énormes, urgents et demandent des investissements considérables.

Le continent dispose également de charbon, d’uranium, de tourbes (projets à ressusciter dans les régions de Dakar et Thiès)...
Les Energies Renouvelables (ER) ne sont pas en reste grâce en partie à l’emplacement géographique favorable. Citons les ressources d’énergies solaire, éolienne, géothermale (rift valley de l’Afrique de l’Est) et la biomasse colossale à utiliser rationnellement au Sénégal comme partout ailleurs.
Malgré ce potentiel, la production africaine d’électricité ne représente que 3,1% de la production mondiale alors que la population du continent représente 15,5% de la population mondiale. L’électricité est produite principalement au Sénégal comme ailleurs en Afrique dans :

  • des centrales thermiques pour l’essentiel (78,1%) ;

  • des centrales hydroélectriques (18,8%) ;

  • des centrales nucléaires en République Sud Africaine (RSA-3%).

D’une manière générale, les tendances de la consommation énergétique de l’Afrique peuvent être réparties en 3 groupes : l’Afrique du nord à dominance de combustibles pétroliers, tandis que le charbon se taille la part du lion en Afrique australe ; l’Afrique subsaharienne, à l’exclusion de la RSA dépend de l’utilisation inefficace de la biomasse traditionnelle, du bois de chauffe et du charbon de bois pour la cuisine dans les ménages et d’autres usages.
L’intérêt pour les sources d’E. R. se fait grandissant ces dernières années à cause d’une conjonction de facteurs endogènes et exogènes interagissant avec les trois crises Energétique, Alimentaire et financière (devenue récession globale):


  • La hausse du prix du pétrole et les chocs pétroliers quasi-imprévisibles ;

  • L’actualité environnementale et les changements climatiques, notamment les émissions de gaz à effets de serre (GES);

  • La poussée et le rôle participatif croissant des organisations communautaires de base (OCB) et de la société civile (Associations, ONG, diverses organisations) dans la promotion du développement durable et des modes de vie alternatifs participatifs.


La consommation actuelle des ER se répartit en deux catégories :

  • La consommation à grande échelle avec l’hydroélectricité, la biomasse de haute qualité, les sources géothermales, l’énergie éolienne et l’énergie solaire ;

  • La consommation à petite échelle recourt souvent à la production d’électricité par la technologie des cellules photovoltaïques (PV), et l’utilisation directe de la chaleur pour le chauffage, le séchage et la cuisine.


La CIERA de Dakar préconise un cadre opérationnel (qui a été adopté) pour renforcer considérablement le marché des technologies renouvelables avec les composantes suivantes :

  • La sélection et l’intégration des technologies d’énergie renouvelable ;

  • Le développement institutionnel et des ressources humaines en vue de l’exploitation de l’énergie renouvelable ;

  • Les options novatrices de financement ;

  • L’amélioration des principes directeurs.


Et bien sûr la bonne gouvernance et des taux de croissance appréciables (rendement des investissements) pour attirer les investissements en ER dont 70% sont captés par les USA, l’UE et le Japon.
Les Etats africains doivent changer la situation en adoptant de nouvelles approches dans le commerce et les négociations internationales puisqu’actuellement, les négociations commerciales et autres négociations sur les questions relatives à l’environnement sont axées sur le renforcement de l’accès aux sources d’E R et si la tendance continue, les pays d’Afrique ne seront que des acheteurs des technologies d’E R et non des producteurs actifs.
SITUATION PARTICULIERE du SECTEUR de l’ELECTRICITE au SENEGAL
Les enjeux du secteur - Promouvoir le développement durable du service d’électricité :


  • Fournir un service d’électricité à chaque sénégalais ;

  • Réduire la dépendance au pétrole et produire propre ;

  • Mieux consommer l’énergie électrique ;

  • Préserver l’équilibre financier du secteur




      1. secteur de l’énergie en forte crise :




  • Une demande forte non satisfaite :

    • Croissance de 8% à 10% par an ;

    • 90 GW d’énergie demandée non distribuée soit environ 2% du PIB.

  • Un parc de production d’origine thermique :

    • Une puissance exploitable de 456 MW en 2007 à plus de 80% thermique

  • Une détérioration de situation financière de SENELEC (Société exploitant national de l’électricité au Sénégal)

    • Pertes cumulées de plus de 37,5 Milliards FCFA sur les trois dernières années imputable essentiellement aux charges de combustibles ;

    • En 2007, des fonds propres en dessous de la moitié du capital social

  • Un programme de maîtrise d’énergie encore à construire

  • Un taux de déserte élevé dans les villes, faible dans les campagnes

    • Taux d’électrification en zone urbaine : 77% en 2006

    • Taux d’électrification en zone rurale : 16% en 2006




      1. le plan de redressement du secteur de l’énergie (PRSE) adopté :




  • Gestion et développement du secteur :

    1. Actualisation du mécanisme et de la politique tarifaire

    2. Actualisation de la lettre de politique sectorielle

    3. Actualisation de la réglementation du secteur

    4. Gestion de la demande et économie d’énergie

    5. Schéma directeur d’investissements

    6. Plan de restructuration financière de SENELEC




  • Gouvernance du secteur

    1. Audit des dysfonctionnements dans le sous secteur de l’électricité et gouvernance de la SENELEC

    2. Évolution institutionnelle de SENELEC


 Ainsi, le secteur énergétique était particulièrement fragile avec des capacités de productions d’électricité insuffisantes devant une demande de plus en plus vigoureuse, un système de tarification rigide et inadéquate et une situation financière fragile de la Société nationale d'électricité (SENELEC) et de la Société africaine de raffinage (SAR).
La rigidité des tarifs, couplée à la volonté de l’État de protéger les consommateurs face à la hausse des prix énergétiques a davantage fragilisé la situation financière des entreprises. En conséquence, le pays a connu de nombreuses coupures d’électricité et des difficultés d’approvisionnement en hydrocarbure et en gaz durant presque toute l’année 2006 et la première moitié de 2007. Jusqu’en 2009, les délestages, quoique plus rares, ne sont pas encore totalement éloignés paralysant les secteurs trop faibles économiquement pour se prémunir en groupe électrogène de secours (les secteurs productifs et domestiques ruraux et rurbains, ainsi que le tissus sensible des PME-PMI.).
Devant ce constat global de faiblesse et d’instabilité de l’offre d’électricité, un pays qui ambitionne l’émergence économique devait réagir d’urgence.

L’évolution institutionnelle de la SENELEC devrait aboutir à un holding en trois branches dont l’actionnariat sera ouvert aux consommateurs, aux privés nationaux et internationaux, aux employés, etc. Dès mars 2009, les activités de production, de transport, et de distribution d’énergie seraient ainsi dégroupées et éclatées en 3 filiales au sein d’une holding.

Le gouvernement sénégalais, à travers le ministère chargé de l’Énergie, a dévoilé l’option qu’il compte donner à l’entreprise dès 2009. L’adoption en février 2008 de la Lettre de politique de développement du secteur de l’énergie (LPD-SE), serait ainsi suivie du dégroupage des activités de SENELEC.

Ce schéma devrait prendre forme dans le cadre d’une Holding, avec une participation du privé national et étranger, des consommateurs et des travailleurs, à côté d’un partenaire technique.

Dans ce schéma industriel de l’entreprise le gouvernement doit veiller, au niveau de la filiale transport, à la participation publique majoritaire et au contrôle stratégique de cette structure par l’État, à côté du secteur privé national et étranger, des consommateurs et des travailleurs.

Pour le démarrage effectif en fin juin 2009 du fonctionnement séparé des trois filiales dans le cadre d’une holding, il est prévu de finaliser la mise en œuvre des études stratégiques juridiques et organisationnelles, les mesures d’accompagnements institutionnelles, politiques et sociales, le business plan de chaque filiale, les mécanismes tarifaires appropriés, le renforcement de la Commission de Régulation du Secteur de l’Electricité. Ce qui devrait être suivi par le choix de partenaires privés et de leur participation, entre juillet et décembre 2009, au niveau des trois filiales et de la Holding

le plan de redressement du secteur de l’énergie (PRSE) en quelques chiffres

Le programme d’extension du parc de production :
Des centrales diesel :

Kounoune (BOT) : 67.5 MW (2007)

Kahone (Sénélec) : 60 MW (2008)

Tobène (BOO) : 70 MW (2009)
Des centrales à charbon :

Sendhou (BOT) : 125 MW (2010)

Nouvelle unité (BOT) : 125 MW (2011)
Des centrales hydroélectriques :

Sur le Fleuve Sénégal : Felou (27% de 60 MW, 2011) ; Gouina (30% de 140 MW, 2012)

Sur le Fleuve Gambie : Kaléta (X% de 200 MW , 2012), Sambagalou (X% de 120 MW ; 2013) .
Des centrales à E.R. éolienne, solaire ou à biomasse

Complètent ce tableau du plan de redressement du secteur de l’électricité en forte turbulence au Sénégal.

L’objectif au final, faire passer le taux de déserte rurale de 16% en 2006 à 50% en 2012; soit près de 3,8 millions de sénégalais branchés.
Pour se faire, le Sénégal rural a été divisé par l’Agence Sénégalaise d’Electrification Rurale (ASER) en concessions autonomes dont certains sont au stade d’étude de faisabilité (Casamance par exp) et d’autres déjà financées (exp la concession de Kaffrine - Tambacounda – kédougou pour 8 millions d’euros (AFD) .
Notons que l’ASER est particulièrement ouvert aux biocarburants et autres formes d’E.R. en milieu rural y compris pour les centrales de production viable.



I.2. NOUVELLE PLANIFICATION ENERGETIQUE 



 

 

Le Sénégal : 
Présentation générale


Le Sénégal se situe à l'avancée la plus occidentale du continent africain dans l'Océan Atlantique, au confluent de l'Europe, de l'Afrique et des Amériques, et à un carrefour de grandes routes maritimes et aériennes.

D'une superficie de 196 722 km2, il est limité au nord par la Mauritanie, à l'est par le Mali, au sud par la Guinée et la Guinée Bissau, à l'ouest par la Gambie, et par l'Océan Atlantique sur une façade de 500 km.

Le territoire sénégalais est compris entre 12°8 et 16°41 de latitude nord et 11°21 et 17°32 de longitude Ouest. Sa pointe Ouest est la plus occidentale de toute l’Afrique continentale.

Régions

Superficie

Nombre d'habitants



Dakar

550 km²

2 167 793

Diourbel

4 769 km²

1076874

Fatick

7 535 Km²

609 853

Kaolack

16 010 km2

1 066 375

Kolda

21 011 km²

899 180

Louga

2 4847 Km²

677 750

Matam

29 616 Km²

496.207

Saint-Louis

19 034 Km2

695 720

Tambacounda

59 602 km2

612288

Thies

6 601 Km²

1 413 448

Ziguinchor

7 339 Km²

465 748

ssation marchés 200


L’énergie est au même titre que l’eau, l’éducation et les soins de santé un besoin de base d’un individu et d’une communauté. Il est temps que l’Afrique toute entière et les PVD la considèrent comme une infrastructure sociale de base.

L’objectif spécifique premier du PNDL stipule « augmenter l’accès aux infrastructures et services sociaux de base à travers des interventions à effets directs et indirects : Il est prévu d’accroître d’au moins de 50% l’accès aux services sociaux de base sur un horizon de 5 ans »
L’énergie est la base du développement d’activités génératrices de revenus (artisanat, transformation des produits agricoles…) dans une localité et au plan national du développement des industries.
Le NEPAD préconise une politique énergétique basée sur la conjonction des efforts des différents pays, en adéquation avec la diversité des dotations et potentialités naturelles, en vue de la conception et de la mise en œuvre d’un programme énergétique à l’échelle de tout le continent. Chaque pays devant s’appuyer sur des Energies Renouvelables

Même si quelques programmes d’électrification des régions rurales sont initiés ça et là, les populations ont rarement les moyens de payer l’énergie électrique au prix du marché et continuent, à défaut d’alternatives accessibles à tout point de vue, pratiquement mis au point, à se tourner bers la biomasse traditionnelle et à aggraver de se fait la désertification et la perte de biodiversité tout en faisant le lit du réchauffement climatique.
Approvisionnement du Sénégal en énergie en 2006 (Source Direction de l’Energie):

biomasse -57%

produits pétroliers-38%

charbon minéral- 3%

gaz minéral- 0,3%

Hydroélectricité- 1%

Solaire-0,01%
Consommation finale en 2006 :

Biomasse-45%

Produits pétroliers-44%

Electricité-7%

Charbon minéral (Houille)- 4%
Pour réduire la pauvreté de moitié à l’horizon 2015, l’État du Sénégal a mis en place de manière soutenue une politique économique et sociale permettant de relever significativement ses performances socio-économiques et de placer le pays sur un sentier de développement humain durable.
A cette fin, le Sénégal a élaboré son DSRP en vue de réduire la pauvreté de moitié à l’horizon 2015, et d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). À cet effet, l’État devra mettre en place de manière soutenue, une politique économique et sociale permettant de relever significativement ses performances socio-économiques et de placer le pays sur l'orbite de l'émergence. La recherche du consensus autour de cette stratégie doit mobiliser les décideurs politiques, les acteurs nationaux et les partenaires au développement pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion à travers l’établissement d’un lien étroit entre la réduction de la pauvreté, le progrès économique, la production et la consommation durables, l’équité du genre, le renforcement des capacités et la bonne gouvernance.
Partant d'un diagnostic participatif, une stratégie a été élaborée. Pour la mise en œuvre de cette stratégie des axes ont été retenus et parmi lesquels on peut citer la création de richesses, la gestion de l’environnement, la croissance pro pauvre, la Bonne gouvernance et le développement décentralisé et participatif :

Selon le DSRP, au Sénégal 55,5% et 11% des ménages utilisent respectivement le bois de chauffe et le charbon pour la cuisine. Il convient de souligner également que la gestion des ressources naturelles fait face à d’autres difficultés, telles que: (i) les pressions humaines sur le milieu, en particulier la pression foncière et les implantations massives souvent anarchiques des réceptifs hôteliers et touristiques, (ii) la péjoration du climat, (iii) le phénomène de salinisation des terres, des eaux souterraines et des eaux de surface, (iv) l’écrémage des espèces pour le bois d’oeuvre, (v) certaines actions de cueillette, (vi) les feux de brousse qui compromettent la régénération de certaines espèces. Cette dégradation des forêts qui servent d’habitat et de source d’alimentation aux espèces a eu des impacts directs sur la faune, en rendant précaire son développement et sa survie. Elle a aussi des impacts négatifs sur la lutte contre les changements climatiques, en ce sens que les forêts constituent des puits de carbone pouvant contribuer à la réduction du CO2 dans l’atmosphère.
Pays importateur d’hydrocarbures, les politiques économiques sont fortement dépendantes des variations des prix des ces hydrocarbures. Le fardeau des dépenses en pétrole est très difficile à porter. Le ministre de l’énergie et des mines chiffre la facture pétrolière à 320 milliards de francs. En somme, l’Etat consacre plus de 40% du revenu des exportations à l’approvisionnement du pays en produits pétroliers
Tableau : BESOINS ENERGETIQUES GLOBAUX du SENEGAL




PRODUIT

QUANTITE (tonnes)

CONVERSION

1

Gasoil

462 000

550 000 m3= 550 000 000 litres

2

Essence super

66 600

88 800 m3=88 800 000litres

3

Essence ordinaire

33 000

45 600m3=45 600 000litres

4

Gaz butane

150 000

300 000m3=300 000 000litres

5

Carburéacteur

203 000

275 000 m3 = 275 000 000litres

6

Pétrole lampant

8300

10 500 m3 =10 500 000litres

7

Diesel oil

200 000

235 000m3 = 235 000 000litres

8

Fuel 180

41 000

45 000m3= 45 000 000 litres

9

Fuel lourd

390 000

433 000m3=433 000 000litres




TOTAL




4 682 900 000 litres

Source : Ministère de l’Energie,des Mines et de l’industrie du Sénégal
En hausse continue, les cours du pétrole ont franchi, en 2008 la barre des 140 $ US et même avec la crise de l’économie réelle en cours due en partie à la crise financière, l’on ne saurait prédire leur baisse durable avec certitude.

L’enveloppe globale consentie en faveur du secteur énergétique au Sénégal s’élèverait rien que pour ces dernières années à quelques 500 milliards de F CFA (équivalant à 1 milliard de dollars US) entre la SENELEC (société de fourniture d’électricité) et la SAR (Société d’approvisionnement et de raffinage des produits pétroliers).
Dans la perspective de ressource rare et tarissante (échelle géologique), tous les pays doivent amorcer des stratégies de « pétrole cher » et/ou « d’après pétrole » pour ne pas hypothéquer leur développement durable.
Cela vaut particulièrement pour les pays à faible indice de développement humain et non producteur de pétrole comme le Sénégal d’où la recherche d’alternatives qui a généré l’idée valable de se regrouper en Organisation des pays non producteurs de pétrole- cadre politique de mise en commun des ressources humaines avant tout pour définir des stratégies de développement et d’échanges d’expérience dans la thématique incontournable du « développement durable » lié à l’énergie accessible en permanence au plus grand nombre y compris en milieu rural, à conditionnalités supportables.

Les performances économiques et l’amélioration des conditions de vie des populations dépendent des capacités de fourniture et d’utilisation efficace des services énergétiques modernes.

1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   40

similaire:

Sommaire iconLe catalan, l’occitan et l’espéranto. Cliquez sur "International"...
«Montpellier notre ville». En page 2 de ce document un sommaire a été créé pour faciliter l’accès aux différents articles du journal....

Sommaire iconLa Ville est partenaire de Suivez le Phil, une émission radio qui...
«Montpellier notre ville». En page 2 de ce document un sommaire a été créé pour faciliter l’accès aux différents articles du journal....

Sommaire iconSommaire

Sommaire iconSommaire

Sommaire iconSommaire

Sommaire iconSommaire

Sommaire iconSommaire

Sommaire iconSommaire

Sommaire iconSommaire

Sommaire iconSommaire








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com