Résumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité»








télécharger 1.04 Mb.
titreRésumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité»
page5/32
date de publication06.01.2017
taille1.04 Mb.
typeRésumé
b.21-bal.com > économie > Résumé
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   32

Première partie - repenser le gouvernement



Résumé

Toute organisation humaine est fondée sur un contrat avec ses membres, qui définit un certain nombre de droits et de devoirs. Malheureusement dans le cas de l’Etat contemporain, il semble que les termes du contrat social sont devenus trop flous. Le citoyen voit ses devoirs augmenter à travers l’empilement des lois et des codes et sa compréhension de sa place dans la communauté diminuer.

L’idée centrale que nous développerons est que si on peut davantage renseigner le citoyen sur le taux de rendement de sa relation avec l’Etat, sur la performance des politiques publiques, alors il aura une idée beaucoup plus claire de l’équité ou non de sa situation, et sera davantage susceptible d’adhérer à une politique de réformes. Comme le disait déjà Machiavel, « les hommes se trompent dans les discours généraux, mais ils ne se trompent pas dans les détails. »

Ce qui vient compliquer cette révolution de l’information, initiée par l’initiative internationale « Open Government Partnership », c’est que s’opère une transformation de la société et une mutation du modèle démocratique qui doivent pousser les responsables politiques à se remettre en question, à prendre en compte l’augmentation des incertitudes tout en acceptant l’expérimentation plutôt que le statu quo.

Le futur pourra venir d’une réconciliation avec notre passé républicain qui concevait la primauté de la société sur l’Etat. Des courants de pensée en apparence incompatibles pourront se mettre d’accord sur un gouvernement modeste, qui se concentre sur le champ d’action que seul lui peut mettre en œuvre, comme la gestion des « biens communs » ou la régulation, et accepte pleinement le principe de subsidiarité. Son rôle économique limité ne doit pas l’empêcher de veiller à la stabilité financière, à une transparence exemplaire de ses actions, à la promotion de l’innovation, au respect de la concurrence.

Si l’action réformatrice devra être déterminée, cohérente, coordonnée, elle devra aussi s’accompagner d’une pédagogie qui explique que les réformes auront d’abord un effet négatif et que les résultats seront à attendre dans la durée, pas au trimestre suivant.

Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique



Toute organisation humaine est fondée sur un contrat avec ses membres, qui définit un certain nombre de droits et de devoirs : le club de tennis garantit un accès minimum sur ses terrains en échange d’une contribution annuelle, l’école procure un niveau d’éducation en contrepartie d’une présence assidue et d’une qualification minimale, l’entreprise fournit un salaire en reconnaissance du travail de l’employé, etc. Malheureusement dans le cas de l’Etat contemporain, il semble que les termes du contrat social sont devenus trop flous. Le citoyen voit ses devoirs augmenter à travers l’empilement des lois et des codes et sa compréhension de sa place dans la communauté diminuer. Sa confiance dans la capacité des gouvernements à lui assurer des droits et des prestations, aujourd’hui mais surtout dans le futur, est fortement ébranlée. Cette défiance est mondiale et n’est pas limitée aux classes défavorisées ou aux professions les plus libérales : nous avons entendu de nombreux hauts fonctionnaires, pourtant quadragénaires et presque au sommet de leur hiérarchie, nous déclarer qu’ils se sentaient membres d’une « génération sacrifiée » et qu’en particulier leur niveau de retraite future serait insuffisant.

Le fondement même de la démocratie, l’égalité de tous devant la loi, semble bafoué : rare est le citoyen qui considère qu’il est aussi bien traité que son voisin, que différentes catégories ou différentes générations ont les mêmes droits. Il existe une incompréhension fondamentale face aux inégalités réelles ou perçues. Et un fort doute grandit aussi sur la trajectoire de l’action publique : l’Etat sait il où il va ?

Comment s’étonner alors de la progression du populisme, en France comme dans tant d’autres pays ? Le mot est d’ailleurs particulièrement trompeur : bien loin de représenter un retour aux sources idéalisées d’un gouvernement pour le peuple par le peuple, il est ce monstre hybride à deux têtes : la démagogie et la calomnie.

Comme nous l’analyserons plus loin, le populisme se nourrit notamment de la stagnation, voire de la régression, des classes moyennes, et de l’insécurité. Même aux Etats-Unis, réputés être en situation de plein emploi, pour un ouvrier âgé, peu qualifié, sans mobilité dans un Etat reculé, perdre son emploi signifie une détresse matérielle et morale importante : il n’y a encore pas si longtemps, il pouvait retrouver une position équivalente dans une usine proche, ce n’est plus le cas aujourd’hui. En s’en remettant aux candidats qui rejettent le système politique et économique dans son ensemble et invariablement mettent en avant le protectionnisme, il est rationnel de son point de vue : ces solutions extrêmes ne sont peut-être pas dans l’intérêt optimal du pays, mais peuvent le protéger, lui.

On pourrait se résigner face à la montée des égoïsmes et à l’oubli de l’intérêt général, penser que les réformes forcément difficiles et longues dont a besoin un pays ne peuvent être acceptées par le peuple et que la raison l’a déserté durablement.

Or la raison n’a jamais été au centre du fonctionnement politique de la France moderne. Déjà pour Montesquieu la République-vertu n’est qu’un régime idéal et comme le disait Louis Althusser « un régime d’exception, et comme la synthèse de toutes les exigences de la politique »3.

Gouverner n’est pas compter sur des citoyens exemplaires, mais c’est comprendre en profondeur les moteurs de la société dans une approche fondamentalement anthropologique, qui voit l’homme dans sa totalité et non seulement dans sa dimension économique. La question fondamentale est donc : quelles sont les incitations capables de faire bouger les mentalités et les énergies ? Montesquieu, assoiffé de comprendre le monde, se donnait comme objet « l’histoire entière de tous les hommes qui ont vécu ». Comme le souligne encore Althusser, « ce qui jadis n’était que thèmes à compiler, bizarreries à combler les passions d’érudits devient comme le miroir des inquiétudes présentes, et l’écho fantastique de ce monde en crise. »

Et bien l’outil moderne des thèmes à compiler, c’est l’information qui redonnera confiance au citoyen dans la démocratie, c’est le le Big Data, c’est à dire l’explosion quantitative et qualitative de données couvrant une très grande variété de domaines de l’action publique et permettant d’en mesurer la performance. Cette transparence nouvelle, cette abondance de données explicatives, comme nous le verrons dans ce livre, doit nous permettre de mettre au point une nouvelle génération d’instruments de gouvernance. Le Big Data appliqué à la politique forcera les responsables politiques à faire preuve de plus de rigueur, plutôt que de nous asséner des discours insipides qui n’ont rien à envier aux Comices agricoles du temps de Flaubert. Il pourra aussi changer progressivement les incitations et améliorer la compréhension des enjeux, relevant ainsi le niveau du débat public. L’homme politique ne pourra plus dire n’importe quoi pour se faire élire. Le citoyen pourra envisager de façon concrète l’impact d’une politique sur sa situation personnelle : « ah, tiens oui, c’est intéressant, l’innovation peut créer de la croissance sans augmenter les inégalités – mais je dois retourner à l’école, passer par de la formation continue : c’est bon, je prends ! ». Il sera aussi davantage éclairé sur la réalité des coûts des politiques publiques. Prenons l’exemple de la piscine municipale : ne serait-il pas utile de comprendre que lorsque l’on paye 2 ou 3 euros de ticket d’entrée, on est en fait très largement subventionné par la municipalité. Pourquoi ne pas afficher à côté du prix utilisateur des services publics, leur coût réel supporté par l’ensemble de la population ?

Au fond, la crise du monde contemporain est en partie une crise de la complexité et l’enjeu n’est ni plus ni moins que le renversement de l’asymétrie d’information qui est au centre de la relation politique actuelle (par exemple, le citoyen n’a pas d’emblée admis qu’il était rationnel d’attacher sa ceinture de sécurité) par le partage, l’analyse et l’explication des données publiques à très grande échelle. Plus qu’aucun autre l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, a exemplifié cette approche qu’il résume avec force : « In God we trust. Everyone else, bring data. »

La force des mega-données doit être de permettre de mesurer pour chaque catégorie de citoyen l’impact de chaque politique publique, qui plus est sur un horizon de temps le plus long possible, alors qu’aujourd’hui on doit se contenter de statistiques, de données moyennes qui ne reflètent personne en particulier et ne donnent que très peu d’idée des gagnants et des perdants.

Et donc l’idée centrale que nous développerons est que si on peut davantage renseigner le citoyen sur le taux de rendement, si l’on peut dire, de l’ensemble de sa relation avec les pouvoirs publics, en comparaison avec d’autres catégories, alors il aura une idée beaucoup plus claire de l’équité ou non de sa situation, et sera davantage susceptible d’adhérer à une politique de réformes. Il comprendra notamment comment les efforts devront être partagés lors de la période clé de la transition vers une nouvelle société. Lorsque l’on ne répond pas aux généralités gratuites des courants populistes par d’autres généralités, quand on ne réplique pas à l’arrogance par l’arrogance, mais que l’on fait l’effort d’exposer l’ensemble des données disponibles, nous faisons le pari que le citoyen sera beaucoup moins attiré par des sirènes irresponsables. Comme le disait déjà Machiavel, « les hommes se trompent dans les discours généraux, mais ils ne se trompent pas dans les détails. »4

On peut bien-sûr être tenté par la facilité, revenir « au pain et aux jeux » de l’Empire romain, accorder plus d’aides aux uns ou aux autres, fausser le jeu de la concurrence internationale, pourtant si propice aux progrès de tous, s’abandonner aux idéologies creuses. Analyser sans a priori, débattre des résultats sans vouloir imposer des vues idéologiques, ce qui suppose aussi que l’Etat cesse d’intervenir sur tous les sujets avec une absolue certitude, et qu’il rende au citoyen toute son autonomie, un contrôle beaucoup plus direct sur les questions qui le concernent directement : voici une voie qui nous paraît avoir une bien meilleure chance de réussir.

Bien entendu, ce cercle vertueux du savoir et de la confiance ne concerne pas seulement les politiques et les citoyens. Il est même indispensable que l’ensemble des élites et des corps intermédiaires, que Pierre Rosanvallon qualifie justement d’« institutions de l’interaction » participe activement à ce grand effort de prospective publique pour en démultiplier l’impact. Si plus personne ne sait aujourd’hui comment faire de la politique (les candidats à l’élection présidentielle ne l’admettront pas en public, mais leur désarroi lorsqu’on les rencontre en privé est manifeste), c’est bien que nous faisons face à une transformation profonde de la société moderne qui force le politique à se remettre en question.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   32

similaire:

Résumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité» iconRésumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme,...
Vous qui cherchez des festins gratuits / Et qui, les jours travaillés comme les dimanches

Résumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité» iconRésumé Nous nous proposons de construire un modèle théorique original...

Résumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité» iconPolitique et vérité
«Écartons tous les faits» (le géré, l’idéologique) permet ainsi de poser la question de la politique : celle d’une distinction dont...

Résumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité» iconChapitre II la participation politique
«offre politique» du moment et moins sujets au vote de classe. Plus pragmatiques, plus sensibles au contexte, ils voteraient en fonction...

Résumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité» iconSous le pseudonyme de Harun Yahya, l'auteur a publié un bon nombre...

Résumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité» iconUn demi-siècle de sommets internationaux pour des émissions de ges en hausse !
«Halte à la croissance», qui voit naître les mouvements d’écologie politique et de féminisme, mouvements qui revendiquent un autre...

Résumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité» iconPublications réalisées par les chercheurs maliens dans le cadre de...

Résumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité» iconRésumé 2ème partie
«portes d’entrées» des agents pathogènes, formant une première barrière de défense

Résumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité» iconL'ambition politique sans le progrès technique : c'est être condamné à partager la pénurie
«révolution verte», avec certes des contradictions, a permis d'arrêter ce cycle infernal en introduisant des techniques modernes...

Résumé 17 Première partie repenser le gouvernement 22 Face au populisme, la recherche d’un nouveau modèle politique 23 Le repositionnement du politique 28 L’Etat moderne, «gérant d’affaire de la collectivité» icon* Culture & loisirs Musique
«Je fais le travail de Dieu», Bruno Meyssat répond que la finance n’est pas affaire divine, mais affaire d’hommes, donc affaire de...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com