Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa








télécharger 81.54 Kb.
titreFiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa
date de publication18.01.2018
taille81.54 Kb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > documents > Documentos

Fiche d’analyse d’une méthode
d’enseignement



Simulation

Simon De Sousa


Autres appellations
En anglais comme en français : simulation

Les jeux de rôle (role playing, role play, role-playing simulation) sont un type particulier de simulation.

Description



La simulation est une « activité pédagogique inscrite dans le cadre d’un modèle qui reproduit une situation réelle aussi fidèlement que possible dans le but de permettre une étude ou une confrontation avec les divers aspects de cette situation sans qu’il soit nécessaire d’entrer directement en contact avec le monde réel » (Legendre 1993).
Plus simplement, Chamberland (1996) définit la simulation comme une « reproduction d’une situation constituant un modèle simplifié mais juste d’une réalité ». La simulation permet donc de mieux comprendre la réalité en la dépouillant de ses éléments complexes et en mettant en valeur les facteurs importants.
Lean et al. (2006) divisent les simulations en deux catégories : celles utilisant l’ordinateur et celles ne l’utilisant pas. Parmi les simulations utilisant l’ordinateur, on retrouve les jeux informatiques, les simulateurs d’entraînement et les simulateurs de modélisation. Parmi les simulations n’utilisant pas l’ordinateur, il y a les jeux de rôle et les jeux éducatifs. Cependant, Chamberland et al. (2006) distinguent la simulation du jeu de rôle par le fait que le but de la simulation est d’amener la compréhension objective de la réalité, tandis que pour le jeu de rôle, la subjectivité est beaucoup plus importante.
Dans Chamberland (1996) on distingue par contre trois types de simulations : la simulation/personne, la simulation/machine et la simulation personne/machine. La simulation/personne ne fait intervenir que des personnes dans des modèles de réalités sociales et est utilisée essentiellement pour l’enseignement. Le micro-enseignement en est un exemple. La simulation/machine fait intervenir l’ordinateur comme élément principal. On utilise surtout ce genre de simulation en recherche, où des modèles mathématiques servent à étudier l’effet de différents facteurs sur des situations simulées (ex. : simulation de l’effet de l’augmentation de la population sur les ressources alimentaires). La simulation personne/machine fait intervenir l’ordinateur, mais il est au service de l’usager afin de faciliter la prise de décisions (calculs, banques d’informations). On retrouve souvent ce genre de simulation dans les sciences de l’administration.
D’après Ingram et Jackson (2004), les simulations font intervenir une grande quantité de variables qui interagissent ensemble et peuvent fournir un modèle réaliste de la vraie vie comportant des problèmes indéfinis (complexes) qui requièrent l’analyse de plusieurs variables et qui peuvent nécessiter plus d’une action. La nature indéfinie des problèmes posés dans les simulations fournit un environnement d’apprentissage authentique. Ces tâches authentiques permettent aux étudiants de reconnaître l’interconnectivité entre les concepts en tenant compte du contexte et ainsi facilitent l’adaptation des connaissances à des situations variées.
D’après Chamberland (1996), pour que la simulation soit bénéfique, il faut qu’elle soit valide, donc qu’elle soit fidèle et qu’elle ne fausse pas la réalité. Il faut donc augmenter le réalisme en complexifiant le modèle. Le réalisme est nécessaire pour augmenter la valeur des apprentissages. Par contre, la complexification rend difficile la création et l’utilisation de la simulation et nuit à l’apprentissage en créant une confusion chez l’élève. D’un autre côté, la simplicité fausse la réalité et peut mener à des apprentissages faussés. Il faut donc trouver un compromis entre exhaustivité et simplicité, ce qui n’est pas nécessairement aisé.
Un « debriefing » doit obligatoirement suivre la simulation. C’est une séance de discussion permettant aux protagonistes de discuter de leurs impressions et émotions face à l’activité et de faire un rappel des événements importants. L’enseignant doit ensuite, avec les étudiants, faire une analyse de la simulation en rappelant les objectifs visés, ce qui permet de faire le lien entre le modèle utilisé (la simulation) et la réalité. L’enseignant doit favoriser l’énonciation des concepts par les étudiants et élaborer sur ces concepts, ce qui permettra une meilleure synthèse des notions abordées.
La simulation est une formule pédagogique que l’on peut considérer non traditionnelle. St-Germain et Leveault (1997) citent huit raisons pour lesquelles les enseignants résistent à utiliser ces nouvelles approches :

  1. Homéostasie : la tendance à revenir aux méthodes traditionnelles après avoir fait l’essai des simulations

  2. Habitude : la préférence pour ce qui est familier

  3. Primauté : la tendance des enseignant à utiliser les méthodes qu’ils ont subits lorsqu’ils étaient étudiants.

  4. Perception et rétention sélective : le biais résultant de la sélection des informations qui collent bien aux notions préconçues

  5. Dépendance : la dépendance au jugement des collègues et des supérieurs

  6. Superego : le besoin de se conformer aux autres et d’accepter sans critique les visions traditionnelles

  7. Manque de confiance en soi : le manque de confiance en ses capacités à améliorer les méthodes d’enseignement actuelles

  8. Insécurité : la perception que le changement apporte des problèmes


Explication des LienS avec les théories de l’apprentissage
La simulation permet d’augmenter l’authenticité des tâches d’apprentissage (Ingram and Jackson 2004) et donc s’inscrit bien dans l’approche par compétence préconisée dans le milieu collégial au Québec.
La simulation est très pédocentrée car l’étudiant est au centre de l’activité. Il est appelé à explorer la simulation à sa façon et apprend par essais/erreurs. Cet aspect de la simulation est en accord avec la vision constructivistes de l’apprentissage selon laquelle l’étudiant construit son savoir à partir de sa propre activité. L’organisation du groupe peut être très variable; une ou plusieurs personnes peuvent interagir dans la simulation. Les activités d’apprentissage en groupe que peuvent offrir certaines formes de simulation cadrent bien dans le paradigme du socioconstructivisme selon lequel les étudiants ne construisent pas seuls leurs connaissances, mais plutôt en étant en interaction avec les autres dans un contexte social donné.
Enfin, puisque l’ordinateur y tient souvent une place importante, on dira que cette technique pédagogique est très médiatisée. Il y a donc beaucoup de possibilité quant à l’utilisation des TIC dans les simulations.


CONTEXTES APPROPRIÉS


  • Les simulations peuvent s’adapter à tout type de sujet. Il incombe à l’enseignant de choisir une simulation appropriée ou d’en construire une et mettre en évidence les objectifs poursuivis lors de l’activité.



Possibilités d’Utilisation des technologies de l’information
Il existe une grande variété de jeux informatiques de simulation qui peuvent être utilisés pour l’enseignement et l’apprentissage dans le milieu collégial. Les simulateurs sont aussi très répandus.


  • Le logiciel « SIDSI » (Simulation de la démarche de soins infirmiers).

  • Le jeu « SimCity 2000 » (jeu de simulation du développement urbain)

  • Simulateurs de vol pour l’entraînement des pilotes


AVANTAGES POUR LES ÉLÈVES


  • Très motivante

  • Permet l’implication et l’engagement dans son propre apprentissage

  • Permet la liberté d’agir, donc d’exercer son jugement

  • La rétroaction immédiate permet d’établir des liens de cause à effet et facilite le réajustement

  • La simplification de la réalité permet de saisir plus facilement les points importants d’un phénomène ou d’une situation

  • L’élève est actif, ce qui lui permet de construire son savoir et mieux retenir les concepts

  • Permet de faire des essais/erreurs de façon sécuritaire

  • Les habiletés de communication des étudiants sont mises à contribution (possibilité d’amélioration de ces aptitudes)

  • L’application concrète des notions théoriques permet à l’étudiant d’évaluer l’intégration de ses apprentissages



DÉSAVANTAGES POUR LES ÉLÈVES


  • La simplicité de la simulation fausse la réalité et peut créer des apprentissages faussés

  • La complexité de la simulation crée une confusion chez l’élève



AVANTAGES POUR l’enseignant


  • Permet de s’affranchir des contraintes du monde réel (lenteur, rapidité, rareté et dangerosité d’un phénomène)

  • Permet de combiner la simulation avec la résolution de problèmes



DÉSAVANTAGES POUR l’enseignant


  • Temps de préparation et d’exécution de l’activité élevé

  • Faible disponibilité des simulations pré préparées (les simulations en français sont rares)

  • La création de sa propre simulation est lourde pour l’enseignant

  • Difficulté de couvrir tous les objectifs prévus au cours

Conseils pratiques


  • Avant d’effectuer la simulation, les objectifs pédagogiques doivent être clairs et les étudiants doivent en être informés.

  • L’enseignant doit établir un horaire précis et réaliste (en réservant le quart du temps pour un debriefing)

  • La planification doit se faire à l’avance; une liste des ressources nécessaire s’avère utile (réservation de locaux, d’équipement, d’animateurs...)



Exemple d’utilisation dans un cours de votre discipline (avec les TIC)


  • Dans un cours de physiologie humaine à l’université, le professeur sous avait présenté un jeu/simulation sur son ordinateur (jeu qu’on pouvait se procurer sur Internet d’ailleurs). La simulation, assez simple, consistait à faire varier plusieurs facteurs chez un individu (pression sanguine, rythme cardiaque, concentration en calcium ou en sucre dans le sang…) et d’observer les effets physiologiques encourus. Une touche d’humour accompagnait le modèle et rendait l’activité assez distrayante. Mine de rien, cette petite activité attire l’attention, suscite l’intérêt et permet à l’enseignant de faire découvrir aux étudiants de façon interactive les effets physiologiques immédiats d’un dé balancement de l’homéostasie.



Question 1


  • Le jeu de rôle est un type de simulation. V ou F?


Question 2


  • Qu’est-ce que l’enseignant doit absolument faire après la simulation afin de faciliter la synthèse des apprentissages?

  1. Évaluation formative

  2. Debriefing

  3. Période de relaxation

  4. Exposition magistrale sur le contenu couvert par la simulation



Question 3


  • Lors de la création d’une simulation, l’enseignant doit faire un compromis entre :

  1. Le plaisir et l’apprentissage

  2. La complexité et la simplicité

  3. Le jeu et l’entraînement

Question 4


  • Un des effets de la simplification de la simulation est :

  1. De la rendre plus authentique

  2. De créer une confusion chez l’élève

  3. De fausser la réalité

  4. De rendre la tâche plus efficace



Question à discuter
Pensez-vous que la simulation comme technique pédagogique soit aussi efficace dans tous les domaines d’étude ? Ou est-elle plus appropriée pour certains domaines comparé à d’autres ?

RÉFÉRENCES



Brozik, Doris. 1999. «An Investigation in Adult Educational Learning to Determine if Simulations Enhance Communication Skills». Mémoire de maîtrise; Huntington: Marshall University, 84 p. http://www.eric.ed.gov/EricDocs/data/ericdocs2/content_storage_01/0000000b/80/10a5/76.pdf
Chamberland, Gilles. 1996. Jeu, simulation et jeu de rôle. Coll. «Formules Pédagogiques». Sainte-Foy : Presses de l'Université du Québec, 178p.
Chamberland, Gilles, Louisette Lavoie et Danielle Marquis. 2006. 20 formules pédagogiques. Coll. «Formules pédagogiques». Québec : Presses de l’Université du Québec, 176p.
Ingram, Kathleen W., et M. Katherine Jackson. 2004. «Simulations as Authentic Learning Strategies : Bridging the Gap Between Theory and Practice in Performance Technology». In 27th congress of the Association for Educational Communications and Technology, october 19-23, 2004. Chicago, Il, p. 297-307. http://www.eric.ed.gov/ERICDocs/data/ericdocs2/content_storage_01/0000000b/80/2b/c9/3b.pdf
Jobin, Réjean. 2000. «Du nouveau pour les soins infirmiers». Clic, Bulletin collégial des technologies de l’information et des communications, nos. 37. http://www.clic.ntic.org/cgi-bin/aff.pl?page=article&id=63
Lean, Jonathan, Jonathan Moizer, Michael Towler, et Caroline Abbey. 2006. «Simulations and Games: Use and Barriers in Higher Education». Active Learning in Higher Education, vol. 7, nos. 3, p. 227-242. http://alh.sagepub.com/cgi/reprint/7/3/227
Legendre, Renald. 1993. Dictionnaire actuel de l’éducation, 2e édition. Coll. «Éducation 2000». Montréal : Guérin, 1500p.
St-Germain, Michel et Dany Leveault. 1997. «Factors of Success of Simulations and Games: A Systematic Approach to the Evaluation of an Organization’s Impact on the User». Simulation and Gaming, vol. 28, nos. 3, p. 317-336. http://sag.sagepub.com/cgi/reprint/28/3/317

Scénario d’utilisation :


Simulation

Simon De Sousa




COMPÉTENCE :

Développer une vision intégrée des systèmes urinaire, nerveux, endocrinien, musculo-squelettique, reproducteur et de leur fonctionnement.

ÉLÉMENT DE LA COMPÉTENCE :

Se représenter le corps humain du point de vue de l’anatomie
CRITÈRE DE LA PERFORMANCE :

Décrire les étapes de la contraction musculaire
CARACTÉRISTIQUES DES CONNAISSANCES PRÉSENTÉES DANS CE SCÉNARIO :

Les connaissances présentées lors de la simulation sont déclaratives. Nous sommes au premier niveau de la taxonomique de Bloom (décrire).
DÉROULEMENT DE L’ACTIVITÉ D’APPRENTISSAGE

L’activité se déroulera à la salle informatique car elle nécessite l’utilisation de l’ordinateur. L’activité durera environ 30 minutes. Les étudiants seront appelés à former des équipes de deux. Chaque équipe aura accès à un CD-ROM nommé « Cell Biology Interactive » qui contient un grand nombre de simulations animées concernant plusieurs aspects de la biologie cellulaire. Les étudiants devront visionner une animation concernant l’action de l’actine et de la myosine qui sont responsable de la contraction musculaire. Les étudiants pourront visionner en entier la simulation, appuyer sur pause ou revenir en arrière. Lors de l’animation, une narration explique le comportement des molécules impliquées. Durant l’activité, les étudiants auront à prendre en note les étapes importantes menant à la contraction musculaire.
Après l’activité, l’enseignant fera un « debriefing » de quelques minutes pour rappeler les objectifs. Il posera des questions aux étudiants afin de leur faire ressortir les informations importantes (étapes menant à la contraction musculaire). Il est très important de faire ressortir les notions faisant partie des objectifs du cours afin d’amener les étudiants à reconnaître les informations importantes des détails superflus contenus dans la simulation.
BIENFAITS DE L’ACTIVITÉ D’APPRENTISSAGE

Cette simulation permettra aux étudiants de visualiser l’action de l’actine et de la myosine. Ces notions sont normalement illustrées à l’aide d’images et il est parfois difficile de s’imagines les molécules en action. Le fait de voir les molécules en action à l’aide d’un support vidéo est très intéressant et distrayant, ce qui permettra d’augmenter l’intérêt des étudiants pour ces notions. L’aspect interactif de l’activité peut également être une source de motivation pour les étudiants. La simulation présente un modèle simplifié de la réalité et permet aux étudiants de comprendre le phénomène dans con contexte.





similaire:

Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa iconCours ppa-6015 : Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Enseignement...
«doués» du groupe pour les nommés tuteurs qui enseigneront aux moins «doués»

Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa iconCours ppa-6015 Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Étude...
«poser un diagnostique, [ ] proposer des solutions et [ ] déduire des règles ou des principes applicables à des cas similaires»....

Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa iconCours ppa-6015 Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Étude...
«poser un diagnostique, [ ] proposer des solutions et [ ] déduire des règles ou des principes applicables à des cas similaires»....

Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa icon1. Analyse d'un cas de la méthode utilisé dans les sciences empiriques...

Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa iconLe bilan sanguin Doc : fiche des résultats d'une analyse sanguine

Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa iconTd psychologie du Développement
«méthodes» utilisées en psychologie sont la méthode expérimentale, la méthode développementale, la méthode comparée, la méthode différentielle...

Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa iconFiche méthode 12 : épreuves du bac epreuve écrite : 3h30 coef 6 (8 si spécialité)

Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa iconLaboratoire d’analyse du développement et de l’insertion professionnels en enseignement

Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa iconII. Die Methode der Traumdeutung. Die Analyse eines Traummusters

Fiche d’analyse d’une méthode d’enseignement Simulation Simon De Sousa iconFiche d’information de la patiente interruption volontaire de grossesse...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com