Leçon 1 17 novembre 1954








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complique.

M. MARCHANT
Autrement, il ne peut pas bouger.

Ou bien, ils ne sont pas également intelligents,

ou bien ils ne peuvent pas bouger.

Jean LAPLANCHE
Si A ne voit pas B sortir, il est plongé dans

la perplexité, mais ce n’est pas l’erreur.
LACAN
C’est l’erreur, à partir du moment où il a atteint

la vérité.

M. MARCHANT Il ne peut pas l’atteindre.

LACAN
Mais si vous supposez le temps pour comprendre

une fois fixé.

M. MARCHANT Pareil pour tous ?

LACAN
Oui. Au bout de ce temps pour comprendre, tous seront convaincus qu’ils sont tous blancs. Ils sortiront tous les trois, ensemble, et en principe ils diront pourquoi ils sont blancs.
Si vous voulez réintroduire un simple élément sur

un point d’hésitation infinitésimale où chacun se dirait, mais est–ce que les autres ne sortent pas précisément parce qu’ils viennent de s’apercevoir

que je suis noir, qu’est–ce qui se passera ? Un arrêt.
Mais ne croyez pas que la situation après l’arrêt…

c’est–à–dire quand ils feront

la même chose et qu’ils partiront

…soit la même.
Quand ils partiront après un premier arrêt,

il y aura un progrès de fait.
Et il y aura la place, je vous passe les détails de l’analyse, je vous le livre à vous–mêmes, vous verrez comment ça se structure, ils pourront s’arrêter une seconde fois, mais pas une troisième fois.

En d’autres termes, en deux scansions tout sera dit.

Et ce que je suis en train de vous expliquer,

est pour vous montrer quoi ?

Que là : où est la parole, où est le langage ?
Le langage, nous l’avons vu dans les données premières, il y a deux noirs, etc. Ce sont les données fondamentales du langage, tout à fait en dehors de la réalité. Le langage commence à jouer

à partir du moment où le sujet peut faire parler

les deux autres d’une façon qui est cohérente.
La parole s’introduit à partir du moment où le sujet fait quoi ? – où il fait cette action par où

il affirme tout simplement, je suis blanc.
Et bien entendu, il ne l’affirme pas d’une façon

qui soit, comme on dit, logiquement fondée,

mais néanmoins d’une façon valable s’il a procédé

de la façon que je viens de vous dire, c’est–à–dire si je ne dis pas que je suis blanc tout de suite,

dès que je l’ai compris, je ne pourrai plus jamais l’affirmer d’une façon valable. Vous avez compris ?

M. MARCHANT – Là–dessus, oui.

LACAN
Vous avez compris LAPLANCHE où je veux en venir ?
Je ne vous donne pas ça comme un modèle de raisonnement logique, mais comme un sophisme destiné à manifester quelle distinction il y a entre le langage

au moment où il s’applique en fin de compte à l’imaginaire

car les deux autres sujets sont parfaitement imaginaires pour lui, il les imagine, ils sont simplement la structure réciproque en tant que telle

…et le moment symbolique du langage, c’est–à–dire le moment

de l’affirmation.
Et alors vous voyez qu’il y a là tout de même quelque chose qui n’est pas complètement identifiable à la coupure temporelle dont vous parliez tout à l’heure.
Jacques RIGUET Tout à fait d’accord.

LACAN
C’est en somme si vous voulez, là ce qui peut vous montrer en quoi et où s’arrêtent les limites de cette puissance qui nous est révélée par la possibilité que nous avons…

je vous apporterai cela la prochaine fois …l’originalité des machines telles que nous les avons en mains, c’est justement quelque chose qui s’exprime par rapport au temps.
Mais il y a aussi une dernière dimension du temps qui incontestablement ne lui appartient pas, c’est celle que j’essaie de vous imager dans ce quelque chose qui, bien entendu, n’est pas la seule de ces caractéristiques de cette troisième dimension du temps, et que j’ai exprimée là par l’élément…

comme vous l’avez qualifié tout à l’heure,

ce n’était ni retard, ni avance

…de hâte en tant que telle, à proprement parler,

et qui est justement ce par quoi la liaison propre

de l’être humain, par rapport au temps, ce chariot

du temps qui est là, à le talonner par–derrière.
C’est là que se situe la parole, et c’est là que

ne se situe pas le langage qui, lui, a tout le temps.

C’est pour ça, d’ailleurs, qu’il n’arrive à rien

avec le langage.

Serge LECLAIRE
Il y a une chose qui me trouble dans tout cela. Était–ce une erreur, mais vous avez traduit tout à l’heure « Au commencement était le langage ».

Et c’est la première fois que j’entends cela.

C’est ainsi que vous l’entendez.

C’est « Au commencement était la parole », ou le verbe,

et vous avez dit : « Au commencement était le langage » ?

Mais à quoi vous rapportez–vous ?

C’est la traduction que vous donnez ?
LACAN
In principio erat verbum, c’est incontestablement le langage,

ce n’est pas la parole.

Serge LECLAIRE
Alors, il n’y a pas de commencement.

LACAN
Mais ce n’est pas moi qui ai écrit l’Évangile selon Saint Jean.

Serge LECLAIRE
C’est la première fois que je vois cela.

On écrit toujours la parole, ou le verbe, et jamais le langage.
LACAN
Je vous ai déjà écrit deux fois au tableau le distique

dont personne ne m’a demandé l’explication :
Indem er alles schaft, was schaftet der hôchste ? – Sich.
Was schaft er aber vor er alles schaftet ? Mich.
Que faisait le ToutPuissant au moment où il a fait la création ? Sich : soimême.
Qu’est–ce qui était avant qu’il fasse quoi que ce soit ? Mich : moimême.
C’est évidemment une affirmation hasardée,

mais qui vise probablement quelque chose.
Serge LECLAIRE
Je ne comprends pas pourquoi vous traduisez

au commencement et non pas avant le commencement.
LACAN
Je ne suis pas du tout en train de vous dire

que Saint JEAN a écrit les choses correctement.

Je vous dis que dans Saint JEAN il y a :

in principio erat verbum, en latin.
vous l’avez vu quand nous avons traduit le De significatione, je n’aurais pas eu à demander au père BEIRNAERT comment il aurait pu signifier la parole.

Il a bien fait quelques trouvailles,

mais pas une seule qui nous satisfaisait.
M. X
Verbum est la traduction du mot hébreu qui veut bien dire parole, et non pas langage, c’est דבר [ davar ]

qui veut dire parole.
LACAN
Il faudra que nous revoyions cette histoire de l’hébreu. L’important n’est pas de savoir…

encore bien entendu que nous ne nous interdisions aucune incursion théologique, je dirai plus,

tant qu’on ne nous aura pas collé une chaire de théologie dans la Faculté des Sciences, on n’en sortira pas, ni pour la théologie, ni pour les sciences

…néanmoins la question n’est pas de savoir,

pour l’instant, si nous devons mettre au commencement

le verbe ou la parole.
Simplement, dans la perspective que nous avons abordée aujourd’hui et qui est celle que je viens d’illustrer intentionnellement par le distique de Daniel VON CHEPKO [ 1605–60 ], vous voyez qu’en quelque sorte, vous voyez qu’il y a une sorte de mirage

par où le langage…

à savoir tous vos petits : 0 et 1

…est là de toute éternité.
Quand je vous dis qu’ils sont là tout à fait indépendamment de nous, vous pourriez me demander où ?

Je serais bien embarrassé de vous le dire.

Mais ce qui est certain, c’est que dans une perspective…

comme disait tout à l’heure MANNONI

…nous ne pouvons les voir que là, depuis toujours.
En d’autres termes, c’est un des modes par où se distinguent essentiellement la théorie platonicienne et la théorie freudienne.
Je veux dire que la théorie de PLATON est une théorie de la réminiscence, tout ce que nous appréhendons, tout ce que nous reconnaissons, est quelque chose qui a dû être de toujours là, dans un étagement de mirage antérieur. Et pourquoi ?
Je vous ai montré à l’occasion la cohérence de cela avec le fait que le mythe fondamental est le mythe

de la dyade, dans PLATON, et c’est pour cela que c’est cohérent avec cela qu’il ne peut pas voir l’incarnation des Idées autrement que dans une suite

de reflets indéfinis.
Tout ce qui se produit et qui est reconnu est dans l’image de l’ Idée, c’est–à–dire l’image existant en soi, laquelle, puisqu’elle est image, n’est à son tour qu’image d’une idée existant en soi,

et n’est qu’une image par rapport à une autre image…
Il n’y a que réminiscence, et nous le savons, puisque nous en avons parlé tout hier soir : le vagin denté ne sera encore qu’une image parmi les autres images.
Il s’agit de savoir que quand nous parlons de l’ordre symbolique, il y a autre chose, il y a des commencements absolus, il y a justement création, et c’est ce qu’il y a d’ambigu dans l’In principio erat verbum.
Ce n’est pas pour rien qu’en grec c’était appelé λόγος[logos].
Aux origines, on peut aussi bien le voir dans la perspective de cette homogénéité indéfinie que nous retrouvons chaque fois dans le domaine de l’imaginaire.
Il suffit que je pense à moi, je suis éternel.

Du moment que je pense à moi, il n’y a pas de destruction possible de moi.
Mais quand je dis « je », non seulement il y a destruction possible, mais à tout instant création absolue.
Naturellement, elle n’est pas absolue…

ce n’est pas ce que je suis en train de vous dire

…non seulement elle n’est pas absolue, mais s’il y a pour nous un avenir possible, c’est à cause de cela, parce qu’il y a cette possibilité de création.
Mais si cet avenir n’est pas, lui aussi, purement miraginaire, c’est parce que notre « je » est porté

par tout le discours antérieur.
Si CÉSAR, au moment de passer le Rubicon, ne fait pas un acte ridicule, c’est parce qu’il y a derrière lui tout le passé de CÉSAR :

  • l’adultère,

  • et le type qui a fait la politique de toute la Méditerranée,

  • les campagnes contre POMPÉE,

…à cause de cela, il peut faire quelque chose qui est essentiel et n’a qu’une valeur strictement symbolique

car le Rubicon n’est pas plus large à traverser que ce qu’il y a entre mes jambes, mais il fait une chose symbolique, qui déchaîne une série de conséquences symboliques, qui fait qu’il y a primat de l’avenir de création dans le registre symbolique, en tant qu’assumé par l’homme.
Mais bien entendu, tout est fonction de tout un passé dans lequel il nous faut reconnaître à tout instant cette succession de création, même si nous ne l’y reconnaissons pas, ce passé c’est l’ordre éternel, c’est le passé de tout ce qui est superposé.

Il est là depuis toujours dans les petits 0 et les petits 1.
Je n’étais pas en train de vous dire tout à l’heure quIn principio erat verbum, que je croyais que le langage était à l’origine.

Pour moi, je ne sais rien des origines.

Mais c’est pour vous poser…

à propos de ce terme ambigu

…la question qui est une question tellement évidente que pendant un moment vous l’avez tous suivie,

vous l’avez tous accordée, que les petits 0 et les petits 1 définissent un monde aux lois absolument irréfutables,

à savoir qu’avec les petits 0 et les petits 1 les nombres sont premiers depuis toujours.
Vous êtes d’accord ?
Restons–en là pour aujourd’hui.
C’est un peu rude, aujourd’hui.

22 Juin 1955 Table des séances
Sainte–Anne

Conférence : Psychanalyse et cybernétique ou de la nature du langage.

Monsieur le Professeur, Mesdames, Messieurs,

je voudrais, dans mon adresse, distinguer parmi vous ceux qui habituellement m’entendent le mercredi

à une heure un peu plus tardive. Ce serait pour les associer avec moi dans l’hommage et la reconnaissance que nous témoignons à celui que j’ai nommé d’abord,

à Jean DELAY, qui a bien voulu inaugurer cette série de conférences et qui aujourd’hui nous fait l’honneur d’assister à cette séance.
C’est très personnellement que je voudrais aussi

le remercier d’avoir donné à cette sorte d’échange, d’enseignement sous la forme de séminaires…

que je poursuis ici depuis deux ans

…un lieu, un toit qui par lui–même l’illustre,

qui non seulement l’illustre par sa place et par tous les souvenirs qui y sont accumulés, mais fait participer cet enseignement de la résonance de sa propre parole.
Je veux aujourd’hui vous parler de la psychanalyse et de la cybernétique. C’est tout au moins un sujet qui, dans cet ordre de rapprochement entre la psychanalyse et les diverses sciences humaines, m’a paru digne d’attention, et vous allez voir pourquoi.
Je vous le dis tout de suite, nous n’allons pas chercher ici les rapports entre notre technique

et les diverses formes plus ou moins sensationnelles de la cybernétique.
Je ne vous parlerai ni des grosses ni des petites machines, je ne vous les nommerai pas par leur nom, je ne vous dirai pas les merveilles de ce qu’elles réalisent.
En quoi tout ceci nous intéresserait–il ?

Il y a quelque chose pourtant qui m’a paru pouvoir être dégagé :


  • de ce que nous appellerons la contemporanéité relative : apparition en un même temps de deux techniques,

de deux ordres de pensée et de science,

qui sont la psychanalyse et la cybernétique,


  • et d’autre part certaines des significations intéressées par chacune.


Au milieu de tout cela, il va falloir que je gouverne le biais par où je voudrais vous faire entrevoir

les significations de la cybernétique.
N’attendez donc pas quelque chose qui, ni d’une part, ni de l’autre, ait la prétention d’être exhaustive.

Il s’agit de trouver un axe de rapport par quoi quelque chose soit éclairé de la signification

de l’une et de l’autre.
Et cet axe n’est rien d’autre que le langage.

Et c’est pour cela que c’est de la nature du langage dont j’ai à vous faire apercevoir certains aspects, disons en éclair, dans ce que j’essaierai

de vous expliquer aujourd’hui.
La question dont nous partirons est celle–ci.

C’est une question qui s’est posée…

puisque j’ai fait allusion aux séminaires

je peux légitimement en parler

…dans notre séminaire quand, de fil en aiguille,

nous sommes arrivés à poser la question de ce que signifierait un jeu de hasard poursuivi avec une machine.
Ce jeu de hasard nous l’avions choisi,

c’était le jeu de pair ou impair. Évidemment, ça peut passer

pour étonnant que dans un séminaire où on parle

de psychanalyse, on s’intéresse au jeu de pair ou impair.
On y parle aussi d’autres choses.

Nous avons quelquefois parlé, cette année, de NEWTON. Je crois quand même que ces choses ne viennent pas

là par hasard, c’est le cas de le dire.
C’est justement parce que dans ce séminaire on parle du jeu de pair ou impair

et aussi de NEWTON, peut–être

…que la technique de la psychanalyse risque de ne pas prendre des voies dégradées, sinon dégradantes,

ce qui est notre souci essentiel.
Eh bien, au cours de ce jeu de pair ou impair il s’agissait

de montrer, de rappeler qu’il évoquait quelque chose à nous analystes, c’était que rien ne se passait au hasard

et qu’aussi bien quelque chose pouvait être révélé jusque dans le jeu du hasard, qui paraît confiner

au hasard le plus pur.
Le résultat a été fort étonnant.
C’est que chez ce public d’analystes nous avons rencontré une sorte de véritable indignation, à la pensée…

comme quelqu’un me l’a dit

…que je voulais supprimer le hasard.
À la vérité, la personne qui me tenait ce propos était une personne aux convictions fermement déterministes et c’est bien cela qui l’effrayait.
Elle avait raison, cette personne :

il y a un rapport étroit entre l’existence du hasard et le fondement du déterminisme.
Mais réfléchissons un peu sur le hasard.
Qu’est–ce que nous voulons dire quand nous disons

que quelque chose se passe par hasard ?
Nous voulons dire deux choses qui peuvent être fort différentes :


  • nous voulons dire qu’il n’y a pas là d’intention,




  • et nous voulons dire – c’est un autre sens – qu’il y a là une loi.



Or justement la notion même du déterminisme

c’est que la loi soit sans intention.
C’est bien pour cela que tout développement

de la théorie déterministe cherchera toujours à voir s’engendrer ce qui s’est constitué dans le réel…

ce qui fonctionne selon une loi à partir de quelque chose d’originellement indifférencié,

qui est précisément le hasard

…en tant qu’absence d’intention.
Rien n’arrive sans cause assurément, nous dit le déterminisme, mais c’est une cause sans intention.
Eh bien, on comprend dès lors que pour autant

que cette sorte d’expérimentation exemplaire pouvait suggérer à mon interlocuteur que quelque chose

en fin de compte aurait été saisi…

Dieu sait que l’esprit glisse facilement en ces matières

…qui réintroduirait le déterminisme, non pas

tout à fait dans le jeu de pair ou impair

car c’est bien là ce qui inquiète et qui inquiétait l’esprit de mon interlocuteur

…mais jusqu’au jeu de pile ou face, auquel plus ou moins intuitivement il identifiait le jeu de pair ou impair :

s’il y a du déterminisme dans le jeu de pile ou face, où allonsnous ?

Plus aucun déterminisme véritable n’est possible.
Cette question ouvre pour nous celle de savoir ce qu’est alors ce déterminisme que nous, analystes, supposons fondamentalement à la racine même de notre technique :



  • quand nous pensons que quelque chose peut être mise en valeur de déterminé et de déterminable,




  • quand nous nous efforçons d’obtenir du sujet qu’il nous livre son discours, ses pensées, comme nous disons, ses propos, sans intention, autrement dit qu’il se rapproche autant que possible intentionnellement du hasard ?


Qu’est–ce que ce déterminisme qui va être cherché dans une intention de hasard ?

C’est sur ce sujet, je crois, que la cybernétique peut nous apporter quelque lumière.
La cybernétique est…

comme je pense qu’un certain nombre

d’entre vous l’entrevoient, le savent déjà

…un domaine aux frontières extrêmement indéterminées.
Trouver son unité est quelque chose qui nous force, pour un instant, à parcourir du regard des sphères de rationalisation qui couvrent des parties importantes, dispersées, regroupées par une certaine unité qu’il s’agit justement de trouver, comme toutes les sciences humaines.
Et ceci va de la politique, de la théorie des jeux, aux théories de la communication, voire à certaines définitions de quelque chose qui est la grande originalité de ce qu’a apporté la cybernétique,

à savoir la notion de l’information.
La cybernétique, nous dit–on, est née précisément

de travaux d’ingénieurs concernant l’efficacité de l’information, l’économie de l’information à travers certains conducteurs, la façon de réduire

à ses éléments essentiels le mode sous lequel passe et est transmis un message.
À ce titre, elle daterait à peu près d’une dizaine d’années, puisqu’elle sort de ces expériences

et le titre a été trouvé par M. Norbert WIENER,

un des ingénieurs les plus éminents de ces sortes

de recherches.
C’est là que nous verrions surgir cette science.

Je crois qu’assurément c’est là bien en limiter

la portée et c’est dans une réflexion qui remonte à une certaine date que nous allons peut–être essayer ici de déterminer la naissance de la cybernétique.
Je crois que pour comprendre ce dont il s’agit dans la cybernétique, c’est autour de ce thème, tellement brûlant pour nous, du sens, de la signification

du hasard, qu’il faut en chercher l’origine.

Le passé de la cybernétique, je crois, ne consiste

en rien d’autre que dans la formation rationalisée

de ce que nous appellerons, pour les opposer

aux sciences exactes, les sciences conjecturales.
Si nous prenons ceci comme fondement, si nous appelons conjecture quelque chose de très précis,

que nous allons essayer de définir, et qui je crois est le véritable nom qu’il faudrait désormais donner pour désigner l’axe d’un certain groupe de sciences que le terme de sciences humaines non pas désigne improprement

car à la vérité dans la conjecture

c’est de l’action humaine qu’il s’agit

…mais je crois le terme de sciences humaines trop vague

et je dirai : trop noyauté par toutes sortes d’échos confus de sciences pseudo–initiatiques, qui ne peuvent assurément qu’en abaisser la tension et le niveau,

et quelque chose gagnerait à cette définition

plus rigoureuse, plus orientée de sciences de la conjecture.
Si nous la prenons ainsi, la cybernétique,

nous en trouverons volontiers les ancêtres aussi bien dans [ BOOLE ? ] que chez CONDORCET lui–même avec sa théorie des votes – des parties, comme il dit – et plus haut dans celui qui en serait le père et véritablement

le point de surgissement et d’origine, dans PASCAL.
Nous allons voir ce que ceci signifie.
Pour vous le faire sentir, je vais précisément partir des notions fondamentales de l’autre sphère des sciences

très exactement, à savoir des sciences exactes,

dont le développement ne remonte pas…

dans son épanouissement moderne

…tellement beaucoup plus haut, et qu’on peut faire absolument corrélatif du développement des sciences conjecturales, l’occultant peut–être, l’éclipsant en quelque sorte, mais étant strictement inséparables l’un de l’autre.
Comment pourrions–nous définir les sciences exactes ?
Les sciences exactes sont quelque chose, dirons–nous…

à la différence des sciences conjecturales

…qui concernent le réel.
Mais qu’est–ce que le réel ?
Je ne crois pas qu’à cet égard l’opinion des hommes ait jamais beaucoup varié, contrairement à ce qu’essaie de nous faire croire une généalogie psychologisante de la pensée humaine qui tendrait à nous faire penser que l’homme vécut – dans les premiers âges – dans les rêves et même que les enfants sont en quelque sorte habituellement hallucinés par leurs désirs.
Singulières conceptions qui vicient…

on peut dire profondément

…toutes les notions de genèse en matière psychologique, et qui sont tellement contraires à l’observation

que je peux m’exprimer ainsi.
On ne peut pas manquer de chercher la cause de l’origine de pareils mythes, mais ce n’est pas

assurément aujourd’hui que nous nous y efforcerons.
Le réel si nous cherchions à lui donner un sens,

à voir le sens que lui a toujours donné l’homme,

c’est quelque chose qu’on retrouve à la même place,

qu’on n’ait pas été là ou qu’on y ait été.
Lui a peut–être bougé, mais s’il a bougé on le cherche ailleurs, on cherche pourquoi on l’a dérangé, on se dit aussi qu’il a quelquefois bougé de son propre mouvement mais il est toujours bien à sa place, que nous y soyons

ou que nous n’y soyons pas.
Et nos propres déplacements n’ont pas en principe…

sauf exception

…d’influence efficace sur ce changement de place.
En d’autres termes, le réel aussi,

nous ne le promenons pas toujours avec nous.
Les sciences exactes ont assurément le plus grand rapport avec cette fonction du réel.
Si néanmoins elles n’ont pas toujours existé,

je crois que la […] distinction n’est pas dans cette prétendue omnipotence de la pensée qu’on identifie

au stade également prétendu archaïque de l’animisme, ce n’est pas du tout que l’homme auparavant ait vécu au milieu d’un monde anthropomorphe dont il a attendu des réponses humaines.
Je crois que cette conception est tout à fait puérile et implique la notion d’« enfance de l’humanité »

qui ne correspond absolument à rien d’historique.
C’est que l’homme croyait que son action avait quelque chose à faire avec la conservation de l’ordre de ces places.
En d’autres termes, il pensait bien – comme nous – que le réel c’est ce qu’on retrouve à point nommé :



  • toujours à la même heure de la nuit on retrouvera telle étoile sur tel méridien,



  • elle reviendra là, elle est bien toujours là, c’est toujours la même.


Ce n’est pas pour rien que je prends le repère céleste

avant le repère terrestre car à la vérité on a fait

la carte du ciel avant de faire la carte du globe.
Eh bien, l’homme a eu pendant longtemps l’idée que quelque chose était effectué par ces rites, ces cérémonies…

  • l’empereur ouvrant le sillon du printemps,

  • les danses du printemps garantissant la fécondité de toute la nature,

…que quelque chose en son action…

  • qui était une action ordonnée,

  • qui était une action significative,

  • qui était une action au véritable sens :

celui d’une parole

…était indispensable au maintien des choses en leur place.
Ils ne pensaient pas que le réel s’évanouirait

s’ils ne participaient pas à cette façon ordonnée, mais ils pensaient que le réel se dérangerait.
Ils ne prétendaient pas faire la loi, ils prétendaient

qu’il était indispensable par sa présence à la permanence de la loi.

Définition tout à fait importante, car à la vérité elle sauvegarde tout à fait la rigueur de l’existence du réel.
La limite fut franchie à un certain moment.
C’est que l’homme s’est aperçu que ces rites,

ces danses et ces invocations n’étaient vraiment

pour rien dans l’ordre selon lequel […]
A–t–il raison ou a–t–il tort ?
Nous n’en savons rien.
Il est bien certain que nous n’avons plus

la conviction qui nous semble nécessaire

au retour inéluctable des saisons.
À partir de ce moment–là a pu naître la perspective de la science exacte.
Mais alors où allons nous en venir ?
L’homme pense que la grande horloge de la nature tourne toute seule et continue de marquer l’heure même quand il n’est pas là.
À partir de ce moment naît l’ordre de la science.
L’ordre de la science est précisément ceci :

que d’officiant à la nature, l’homme est devenu son officieux.
Il ne la gouvernera pas sinon en lui obéissant.

Et – tel l’esclave – il tente de faire tomber

son maître sous sa dépendance, en le servant bien.
À partir de là, il sait que la nature pourra être exacte au rendezvous qu’il lui donnera.
Mais qu’est–ce que cette exactitude, en fin de compte ?
Cette exactitude, c’est précisément la rencontre

de deux temps dans la nature.


  • Il y a cet ordre dans la nature, il y a les choses qui fonctionnent comme des horloges.

Il y a une très grande horloge, qui n’est autre que le système solaire, dont le diamètre est parcouru dans un nombre x de temps lumière,

du soleil à la plus lointaine planète,

et cela est une horloge, par exemple, qui est l’horloge naturelle qu’il a fallu déchiffrer.

Assurément ça a été un des pas les plus décisifs et les plus essentiels, les plus assurés,

de la constitution de cette science exacte.


  • Mais l’homme aussi doit l’avoir son horloge et sa montre. Il va la fabriquer, avec qui ? Avec quelque chose que nous essaierons d’indiquer très rapidement

et qu’il a emprunté à l’horloge de la nature. Mais en fin de compte, il faut bien que cette horloge–là il la règle sur quelque chose.
Qu’est–ce qui est exact ? Est–ce la nature ?

Il n’est pas sûr qu’elle réponde à tous les rendezvous. Bien sûr, naturellement on peut définir que n’est naturel que ce qui vient répondre au temps du rendezvous.
Quand M. de VOLTAIRE disait de l’Histoire naturelle de BUFFON qu’elle n’était pas si naturelle que ça, c’était bien quelque chose comme ça qu’il voulait dire.
Ceci implique qu’il y a là une question de définition peut–être un peu simple :

ma promise vient toujours au rendez–vous, car quand elle n’y vient pas, je ne l’appelle plus ma promise.
D’autre part, est–ce l’homme lui aussi qui est exact ?
Où est le ressort de l’exactitude, si ce n’est précisément dans cette mise en accord des montres ?
Je ne suis pas là en train de dire des choses

qui soient simplement subtiles.
Observez bien qu’en fin de compte la montre…

une montre qui marche, rigoureuse, qui divise d’une façon isochrone le temps, une montre

dont la pulsation soit précise, régulière

…n’existe strictement que depuis cette époque

à laquelle déjà tout à l’heure je faisais remonter, celle de PASCAL.
À savoir au temps où M. HUYGHENS…

nous prononçons ce nom à la française,

je m’excuse pour les flamantophones

…fabriquait, arrivait à fabriquer la première pendule parfaitement isochrone : 1659, inaugurant « un univers de la précision »…

pour employer une expression

qui est celle de M. Alexandre KOYRÉ

…sans lequel il n’y aurait absolument,

et il n’y avait absolument, aucune possibilité

de science véritablement exacte.
L’exactitude où est–elle ?
L’exactitude est faite de quelque chose que nous avons fait descendre dans cette pendule et dans cette montre, à savoir un certain facteur, un certain facteur emprunté à un certain temps naturel.
Ce facteur est le facteur « g ».
« g », vous le savez, est l’accélération provoquée

par la gravitation, en somme un rapport d’espace

et de temps, c’est quelque chose qui a été dégagé

par une certaine « expérience mentale », pour employer

le terme de GALILÉE lui–même, ne l’oubliez pas,

c’est quelque chose qui est une hypothèse,

une hypothèse qui est incarnée dans un instrument.
Et si l’instrument était fait pour confirmer l’hypothèse, il n’y a aucune espèce de besoin

de faire l’expérience qu’il confirme, puisque déjà, du seul fait que l’instrument marchait, vous pouvez vous pencher d’une façon un peu attentive sur

la question pour vous en apercevoir :

l’hypothèse était confirmée.

Mais encore faut–il régler cet instrument sur quelque chose qui soit une unité de temps. Et une unité

de temps est précisément quelque chose d’emprunté toujours à cette référence au réel, c’est–à–dire

au fait qu’il revient à la même place quelque part, et cette unité de temps est notre jour sidéral.
Je dois vous dire que si vous consultez un physicien, prenons par exemple M. BOREL, il vous affirmera

que dans l’état actuel des choses, si un certain ralentissement…

suffisamment insensible, mais certainement

pas inappréciable au bout d’un certain temps

…se produisant dans la rotation de la terre,

c’est–à–dire notre jour sidéral, nous serions tout à fait incapables actuellement de le mettre en évidence, étant donné que la dite horloge qui nous incarne

le temps est isochrone, que nous en réglons quand même

la division à la mesure de ce jour sidéral, c’est–à–dire

de quelque chose que nous ne pouvons pas contrôler.
Autrement dit, cette remarque n’est rien d’autre que pour vous faire sentir que si l’on mesure l’espace avec du solide, on mesure du temps avec du temps.

Ce qui n’est pas pareil.
Nul étonnement, dans ces conditions, si une certaine partie de notre science exacte vient à se résumer dans un très petit nombre de symboles visant des choses telles que l’énergie, la matière [ E = m.C2 ].
C’est là où va arriver, pendant un certain temps, notre exigence que tout soit exprimé en termes de matière et de mouvement. Cela voulait dire de matière et de temps,

car justement le mouvement en tant qu’il était quelque chose qui était dans le réel, c’est cela.
Nous sommes arrivés à l’éliminer, à le réduire.
Eh bien, c’est quelque chose qui en fin de compte,

ce petit jeu symbolique, ces quelques petites lettres que je pourrais écrire au tableau, le système de NEWTON et celui EINSTEIN, c’est quelque chose qui a finalement fort peu de chose à voir avec le réel.
Cette science qui réduit le réel en ce petit paquet de formules apparaîtra avec le recul des âges sans doute comme une étonnante épopée

et cela peut–être aussi s’amincira

dans la perspective des âges

…comme une épopée peut–être dont le circuit est un peu court.
Mais il y a autre chose.

À partir du moment où nous avons vu ce fondement de l’exactitude des sciences exactes, à savoir l’instrument, peut–être pouvons–nous demander quelque chose d’autre.
À savoir ceci : « Qu’estce que ces places ? ».
Autrement dit, commencer à nous intéresser

aux places en tant que vides.
C’est bien pour cela…

les deux termes sont tellement

associés, cohérents, inséparables

…que c’est exactement corrélativement à la naissance des sciences exactes que quelque chose a commencé de naître, qu’on a plus ou moins bien compris, plutôt mal que bien compris : le calcul des probabilités.
Mais qui originellement…

si nous prenons la date où elle surgit, où elle apparaît sous la première façon véritablement moderne, scientifique, rigoureuse : 1654, le traité de M. PASCAL sur le triangle arithmétique

…se présente comme le calcul, non pas du hasard…

comme on l’implique au fond du terme de probabilité

…mais le calcul des chances en elles–mêmes,

c’est–à–dire de la rencontre, en soi–même.
Ce que PASCAL élabore dans une sorte de première machine

qui est précisément ce triangle arithmétique

…se recommande à l’attention du monde savant pour ceci qu’il permet de régler immédiatement, de trouver immédiatement, ce qu’un joueur a le droit d’espérer

à un certain moment où on suspend, où on interrompt la succession des coups qui constitue une partie.

Qu’est–ce que ça veut dire ?
Cela veut dire que dans une succession de coups,

qui sont la forme la plus simple, la plus réduite qu’on puisse donner de l’idée de la rencontre, quelque chose est déjà acquis, est déjà passé.
Mais que tant que :

  • la convention n’a pas terminé la suite de ces coups,

  • qu’on n’est pas arrivé à son terme,

…quelque chose est encore évaluable, qui est très précisément ceci :

les possibilités prises comme telles de la rencontre…

prise comme telle, c’est–à–dire de la place

…avec :



  • quelque chose qui y vient ou qui n’y vient pas,




  • quelque chose qui surgit à cette place ou qui n’y vient pas, en tant que tel,



  • quelque chose qui est strictement équivalent à sa propre inexistence.


À la science de « ce qui se retrouve à la même place », se substitue la science de « la combinaison des places » en tant que telles, ceci dans un registre ordonné qui suppose assurément la notion de coups, c’est–à–dire la notion de scansion.
À partir de là naît quelque chose…

qui bien entendu trouve tout de suite

à rassembler en quelque sorte sa matière

…où :



  • tout ce qui, jusque–là, avait été science des nombres devient science combinatoire,



  • tout ce qui était une sorte de cheminement plus ou moins confus, hasardeux… au sens d’accident et non pas de hasard …dans le monde des symboles, s’ordonne autour de quelque chose de précis :

la corrélation de l’absence [ 0 ] et de la présence [ 1 ].
C’est à partir de là que vous pouvez comprendre toute cette évolution qui fait que la recherche de cette loi des « présence et absence »…

et de la suite et de l’ordination

et de la combinaison des présences

…va tendre…

par un processus qu’on peut bien dire,

à juste titre, qualifier de mathématique

…à cette instauration de l’ordre binaire…

qui est précisément l’originalité la

plus remarquable au moins dans la genèse

…l’apparition symbolique de ce qui se dégage, de ce

qui aboutit à être ce que nous appelons cybernétique.
Entendez bien qu’en maintenant sur cette limite,

sur cette frontière, l’originalité de ce qui apparaît dans notre monde sous la forme de cybernétique,

c’est intentionnellement que je le lie à ce quelque chose qui est l’attente de l’homme en tant que tel.
Si la science des combinaisons…

de la rencontre scandée en tant que telle

…est venue dans le champ de l’attention de l’homme, c’est qu’il y est profondément intéressé.
Et ce n’est pas pour rien que ceci sort de l’expérience

des jeux de hasard.
Car ce n’est pas non plus pour rien que le terme de théorie des jeux, par exemple, au sens où nous l’entendons, d’une façon extraordinairement complète, ait intéressé par exemple :


  • toutes les fonctions de notre vie économique, la théorie des coalitions, des monopoles,



  • la théorie de la guerre, après tout, car la notion de [ jeu de stratégie ? ] sur la guerre n’est pas autre chose que de prendre et considérer la guerre dans ses ressorts de jeu essentiellement, et détaché de quoi que ce soit qui s’y incarne de réel.


Ce n’est pas pour rien que c’est le même mot qui désigne cela et le jeu de hasard.

Et pourquoi…

puisque, dans les premiers jeux dont

je vous parle, il s’agit d’un rapport

de coordination intersubjective

…l’homme appelle–t–il et cherche–t–il quelque chose…

d’ailleurs aussi bien dans

les calculs qu’il leur consacre

…dans le jeu de hasard, dont il manifeste par cette homophonie sémantique qu’il doit avoir quelque rapport avec l’intersubjectivité, alors que

précisément dans le jeu de hasard il paraît éliminé ?
Ceci nous approche tout près de la question centrale dont je suis parti à savoir, qu’est–ce que ce hasard de l’inconscient que nous cherchons et que l’homme

a en quelque sorte derrière lui ?
Effectivement dans le jeu de hasard, c’est bien quelque chose où il va éprouver sa chance, sans aucun doute, mais aussi où il va lire son sort qui l’intéresse, c’est l’idée que quelque chose s’y révèle,

qui est de lui et je dirai d’autant mieux de lui qu’il n’a en face de lui personne d’autre.
Ceci est une remarque latérale, sur laquelle je reviendrai seulement à la fin, que je vous fais

en passant en un point précis, en une ponctuation précise de ce que je vous expose en l’instant.
Une fois engagés dans cette théorie de la conjecture, qu’estce qu’il faut pour que nous ayons à proprement parler

la cybernétique ?
Je vous ai dit tout à l’heure la convergence de tout le procès de la théorie vers les thèses de BOOLE, vers un symbolisme binaire, vers le fait que n’importe quoi peut s’écrire en termes de 0 et de 1.
Qu’estce qu’il faut encore pour que quelque chose naisse,

apparaisse dans le monde, que nous appelons cybernétique, et qui est une nouveauté ?
Il faut que ceci fonctionne dans le réel

et indépendamment de toute subjectivité.

Il faut que cette science

  • des rencontres en tant que telles,

  • des places vides en tant que telles,

…se combine, s’additionne, se totalise.
Il faut qu’elle se mette à fonctionner,

si je puis dire, toute seule.
Qu’estce qu’il faut pour ça ?
Il faut prendre quelque chose dans le réel quand même

qui puisse supporter ça.
Depuis toujours, l’homme a cherché à conjoindre

ce réel et ce jeu de symboles :


  • Il a écrit des choses sur les murs.
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