Leçon 1 17 novembre 1954








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Au–delà du principe de plaisir a été écrit avant Psychanalyse collective et analyse du moi et avant Das Ich und das Es

(le Moi et le Ça), cela devrait poser quelques questions.
On ne se les est jamais posées !

Ce qui se passait en 1920 est ceci.
Loin que ce que FREUD réintroduit alors ait été compris…

comme nous verrons que cela le doit être

…comme les notions supplémentaires, nécessaires alors pour maintenir le principe de ce décentrement du sujet,

dont je vous parle depuis le début de ce propos d’aujourd’hui comme étant l’essentiel de la découverte freudienne.
On peut dire qu’il y a eu une espèce de ruée,

de rush, de ruée générale, de véritable libération

des écoliers :
« Ah ! le voilà revenu ce brave moi, ce cher moi, ce brave petit moi ! »
On s’y retrouve.

Nous rentrons dans les voies de la psychologie générale

et comment n’y rentreraiton pas avec joie

quand cette psychologie générale n’est pas seulement

une affaire d’école ou de commodité mentale,

mais quand cette psychologie générale est justement

la psychologie de « tout le monde ».
À savoir qu’on est bien content de pouvoir de nouveau croire que le moi est quelque chose de central

et nous en voyons les dernières manifestations

avec les géniales élucubrations…

qui pour l’instant nous viennent d’audelà de l’eau

…d’un monsieur HARTMAN, qui est le chérubin de la psychanalyse, qui nous annonce la grande nouvelle, celle grâce à laquelle nous allons pouvoir dormir tranquille : l’existence de l’ego autonome.
C’est à savoir que quelque chose qui, depuis le début des découvertes freudiennes et sa mise en œuvre

a été considérée toujours dans une référence conflictuelle, qui même quand l’ego a été considéré comme une fonction dans un certain rapport avec

la réalité, ne peut être conçu à aucun moment dans l’élaboration freudienne, comme autre chose que comme quelque chose qui, comme la réalité, se conquiert dans un drame, nous est tout à coup restitué

comme une donnée qu’on recueille au centre de cela.
On se demande pourquoi ce qui devait devenir essentiel, à partir de ce momentlà, devient complètement incompréhensible.

À quelle nécessité intérieure répond le besoin de dire : il doit y avoir quelque part cet autonomus ego ?

Qu’est–ce que ça veut dire ?
Nous essaierons de le voir aussi.

Bien entendu, ça doit être lié à quelque chose qui dépasse cette sorte de naïveté individuelle du sujet qui croit en lui, qui croit qu’il est lui, pour tout dire, qui est une folie assez commune, mais qui quand même n’est pas une complète folie, car si vous y regardez de près, ça fait partie de l’ordre des croyances. Évidemment, nous avons tous tendance à croire que nous sommes nous. Mais nous n’en sommes pas si sûrs que ça.

Regardez–y de bien près : en beaucoup de circonstances nous en doutons

et sans avoir pour autant

aucune espèce de dépersonnalisation

…nous en doutons dans des champs qui sont très précis, très particuliers.
Ce n’est donc pas seulement à cette croyance naïve qu’il s’agit de retourner.
Il s’agit là d’un phénomène, à proprement parler sociologique, c’estàdire qu’il s’agit de quelque chose qui est lié à une certaine fonction de l’analyse, existant :

  • comme technique plus ou moins isolée,

  • ou si vous voulez comme cérémonial,

  • ou si vous voulez comme prêtrise déterminée dans un certain contexte social.


Il s’agit de savoir pourquoi nous réintroduisons cette « réalité transcendante » de l’autonomus ego,

qui bien entendu quand vous y regardez de près

n’est pas affaire de réintroduire des autonomus ego

de même que dans certaines usines d’au–delà du rideau de fer il était écrit en haut de l’entrée « ici on est plus égaux qu’ailleurs »

de même, croyez–moi, l autonomus ego consiste à dire que selon les individus, cet ego est plus ou moins ego lui aussi…

avec une autre orthographe

…selon les individus dont il s’agit.
Nous retournons là à cette entification, à ce mythe d’une sorte de propriété qui fait qu’en effet non seulement ces individus, il s’agit de croire qu’ils existent

en tant que tels, mais en plus qu’en tant que tels

il y en a qui existent plus que d’autres individus.
C’est ce qui contamine plus ou moins implicitement les notions dites du « Moi fort » et du « Moi faible » qui sont autant de modes d’éluder les problèmes,

non seulement en ce qu’il s’agit de la compréhension des névroses, mais aussi du maniement de la technique.

Tout ceci, nous le verrons en son temps et lieu. C’est ce qui vous explique que c’est parallèlement, corrélativement, que nous devrons poursuivre l’examen,

la critique de cette notion du moi dans la théorie de FREUD.

Nous verrons à l’expérience qu’elle doit avoir

un sens en fonction de la découverte de FREUD et

dans la technique de la psychanalyse d’autre part,

où elle a aussi certaines incidences qui sont liées

à un certain mode de concevoir dans l’analyse

le rapport d’individu à individu. Voilà.
Je pense avoir aujourd’hui ouvert la question.

Je désirerais que quelqu’un de bonne volonté, Monsieur LEFÈBVRE–PONTALIS, fasse une première lecture d’Audelà du principe de plaisir, premier écrit

de cette période (1920).
J’essaierai de faire un tableau des repères de ce qui est à proprement parler métapsychologique dans l’œuvre de FREUD.
Cela ne commence pas en 1920, mais tout à fait au début…

  • recueil sur les commencements de la pensée de FREUD,

  • lettres à FLIESS,

  • et écrits métapsychologiques du début

…et se continue dans la fin de la Traumdeutung.
Elle est entre 1910 et 1920 assez présente pour que vous vous en soyez aperçus l’année dernière,

et elle arrive à ce qu’on peut appeler la dernière période métapsychologique, à partir de 1920.
Audelà du principe de plaisir est l’ouvragepivot, c’est le plus difficile. Nous ne résoudrons pas toutes les énigmes d’emblée mais c’est comme ça que ça se passe.
FREUD l’apporte d’abord, avant toute espèce d’élaboration de sa topique, et si on attend pour aborder

ce travail d’avoir plus ou moins approfondi ou cru approfondir les ouvrages de la période d’élaboration,

on ne peut que faire les plus grandes erreurs.
Car il est frappant que FREUD ait sorti cela d’abord. Quand on le met entre parenthèses pour le lire à la fin, le résultat est que, comme on n’a rien compris,

on le lit moins.
C’est ainsi que la plupart des analystes quand ils parlent du fameux instinct de mort donnent leur langue au chat. Il s’agit de renverser cette tendance et de commencer au moins à poser les questions sur Audelà du principe de plaisir, et au moins les amorcer, les poser, et progresser dans différentes directions de l’œuvre métapsychologique de FREUD.
Nous reviendrons quand nous terminerons notre cycle, cette année, sur Audelà du principe de plaisir.
24 Novembre 1954 Table des séances


STÉNOTYPIE MANQUANTE

( Cf. la transcription de Jacques–Alain MILLER : Le moi… Seuil, 1978, ou Points Seuil n° 243, 2001 )

1er Décembre 1954 Table des séances

Je demanderai à l’assistance de m’aider aujourd’hui parce que je suis un peu grippé.
Je vais faire quelques remarques sur la séance d’hier soir.
Il y a eu un progrès manifeste sur la première,

au sens que – comme vous l’avez vu – nous avons soutenu un peu et un peu plus longtemps le dialogue.
J’ai des témoignages…

que je ne révélerai pas ici

…des allées et venues que ça provoque dans la subjectivité de chacun :

  • « Interviendrai–je, n’interviendrais–je pas »

  • « Je ne suis pas intervenu » etc.

Cela semble provoquer beaucoup de problèmes.
Je voudrais tout de même poser quelque chose de précis. Vous avez dû vous apercevoir…

ne serait–ce qu’à la façon dont je les conduis

…que ces séances ne doivent pas être considérées comme quelque chose d’analogue aux séances

de communication dites « scientifiques ».
C’est en ce sens que je vous prie de prendre garde

à ceci, que dans ces séances ouvertes vous n’êtes nullement en représentation, malgré que nous ayons des invités étrangers, sympathisants et autres,

ça ne doit nullement vous impressionner, c’est–à–dire que vous ne devez pas chercher à dire des choses

bien élégantes, destinées à vous mettre en valeur, ni à augmenter l’estime qu’on peut déjà avoir pour vous.
Cela n’a véritablement aucune espèce d’importance. Rien ne vous force à faire des interventions bien balancées.
Vous êtes là essentiellement pour vous mettre

en communication avec des choses dont il est

bien entendu sans espoir que ce soit

dans une de ces réunions qu’elles vous parviennent.
On ne va pas vous apprendre les rapports de

l’ethnographie avec la psychanalyse en une séance. Vous êtes précisément là pour vous ouvrir

à des choses qui n’ont pas été encore vues par vous,

à des choses inattendues, en principe.
Alors pourquoi cette ouverture ne lui donneriez–vous pas, si je puis dire, son retentissement maximum en posant les questions au point le plus profond où elles peuvent vous parvenir, même si cela se traduit par une question un peu hésitante et floue, voire baroque ?
En d’autres termes, le seul reproche que j’aurais

à vous faire si je puis me permettre c’est que vous voulez tous, paraître trop intelligents.

Tout le monde sait que vous l’êtes.

Alors pourquoi vouloir le paraître ?

Et de toute façon quelle importance,

soit pour l’être, soit pour le paraître ?
Ceci étant dit, ceux qui n’ont pas pu épancher

hier soir leur bile, ou le contraire, sont priés

de le faire maintenant, parce que c’est précisément l’intérêt de ces choses, de ces rencontres,

que d’avoir des suites.
Déjà, il y a Monsieur ANZIEU auquel je suis reconnaissant de bien vouloir dire ce qu’il a à dire.

Didier ANZIEU
D’abord une justification : si je n’ai pas pris la parole hier, c’est que vous avez dirigé la discussion dans un certain sens, et que ma question allait dans un sens divergent.
LACAN – C’était une raison de plus pour la poser.
Didier ANZIEU
La direction donnée à la discussion portait sur

le rapport qu’on peut trouver entre la psychanalyse et

les perspectives offertes par Monsieur LÉVI–STRAUSS du point de vue du contenu des résultats,

des structures profondes de la société, etc.
La remarque que j’aurais voulu adresser à M. LÉVI–STRAUSS était une remarque qui portait au contraire sur

le langage, sur les catégories formelles qu’il employait et dont je voulais lui demander si elles étaient délibérément choisies, ou si au contraire c’était

une espèce de langue vulgaire qu’il employait,

et lui en demander justification.
Et alors, j’aurais voulu montrer que cette langue semblait être la langue à laquelle nous, psychanalystes, nous sommes habitués.
M. LÉVI–STRAUSS en effet, a voulu nous rendre cet hommage de commencer et de terminer par la psychanalyse,

en montrant que FREUD avait déjà découvert ce que lui a redécouvert une vingtaine ou une trentaine d’années après avoir été déterminé par ses motivations personnelles profondes.
Pour FREUD, il y a je crois, une assez grosse erreur :

la note à l’Essai sur la théorie de la sexualité renvoie à Totem et Tabou parce qu’elle est postérieure au texte de

l’Essai sur la théorie de la sexualité. Totem et Tabou est de 1913 à 1914.
Et encore, tout ce qu’il a découvert sur les répercussions personnelles de la structure familiale on s’aperçoit que c’est sociologisant.
Mais il me semblait que là où M. LÉVI–STRAUSS avait voulu mettre l’accent sur un rapprochement de la psychanalyse et de l’ethnologie ce n’était pas le plus intéressant,

mais dans les formulations qu’il employait,

il disait que dans les pays où règne l’infanticide des filles, on explique cette coutume par la polyandrie.

Il fait appel là à un mécanisme de psychologie individuelle que nous connaissons bien, le mécanisme de compensation qui peut aller de la surcompensation à la formation réactionnelle.
Plus loin il montrait que la dite institution de

la polyandrie continuait à subsister alors que la coutume de l’infanticide avait cessée sous l’influence colonisatrice des anglais, il y avait là un phénomène de persistance dont nous connaissons nous aussi

des choses voisines, sous la forme de l’automatisme de répétition et sous la forme de cette fameuse persistance du comportement inadapté, qui est justement le propre du comportement névrotique.
Quand enfin, dévoilant l’essentiel de sa découverte, il nous a montré que toutes les structures familiales, à travers leurs contingences, nous révélaient une nécessité symbolique fondamentale, qui était que pour que

la société vive il fallait qu’elle se défende contre la famille, il semblait mettre ainsi en jeu une finalité, qui est typiquement, d’une façon caractéristique, inconsciente chez les individus qui la promeuvent mais qui n’en a pas moins des résultats.
Et quand vous avez vous–même fait le rapprochement ultérieurement avec la notion d’inconscient,

il est évident que c’est exactement le même mécanisme que nous trouvons lorsque l’inconscient s’exprime, donne des sens à la conduite, des sens dont le sujet est que le sujet se reconnaisse.
Enfin vous–même, quand allant, ou pensant aller,

dans le sens de M. LÉVI–STRAUSS, vous avez montré

que plus le mariage est possible entre parents,

entre cousins rapprochés, et plus par conséquent

le domaine de l’inceste se trouve restreint,

plus la prohibition de l’inceste se trouve renforcée.
LACAN
Je me suis mal expliqué là–dessus, parce qu’on ne pouvait pas le faire en raison du fait que la discussion ne s’est pas pleinement nouée.

C’est l’élément proprement fantasmatique, la création imaginaire, qui est en action plus ou moins patente, plus ou moins latente, dans l’individu que nous connaissons par l’analyse. Rien à dire de plus.
Il est bien clair que nous ne le connaissons

que dans une certaine aire culturelle.
C’est la présence concrète bien sûr de ce à quoi faisait précisément allusion DURANDIN quand il a posé la question :
«
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