Bulletin des BioTechnologies Janvier 2003








télécharger 350.46 Kb.
titreBulletin des BioTechnologies Janvier 2003
page2/10
date de publication20.01.2018
taille350.46 Kb.
typeBulletin
b.21-bal.com > documents > Bulletin
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10



Les Productions Végétales


Les gènes et les génomes

20. Des chercheurs de l'Arizona State University ont comparé les séquences génomiques des cinq groupes de procaryotes photosynthétiques pour essayer de déterminer l'origine de cette fonction essentielle. Ils démontrent que les transferts horizontaux ont joué un rôle important dans l'évolution de ces systèmes. Ce sont en fait des mosaïques de gènes d'origines différentes que l'on détecte. J Raymond et al.; Science 298 (22NOV02) 1616-1620.

— –— –— –— –— –

21. Les corrélations génétiques sont dues, soit à des contraintes physiques comme quand deux gènes sont très proches et difficilement séparables par recombinaison (déséquilibre de liaison) ou physiologiques (pléïotropie), les deux étant indispensables simultanément et la disjonction de l'un d'entre eux entraîne des difficultés handicapant l'organisme porteur.

Un article de JK Conner; Nature 420 (28NOV02) 407-410 examine la situation des caractères floraux dans des populations naturelles, c'est-à-dire lorsque la sélection joue. La cartographie des QTLS (Quantitative Trait Locus) ne permet pas d'analyser ces mécanismes, car il faut utiliser des variants (espèces, lignées inbred, etc…) croisés, donc différents génétiquement. Leurs croisements ne permettent qu'une ou deux recombinaisons et de faibles déséquilibres de liaison sont difficiles à déceler dans ces conditions. Des recombinaisons sur neuf générations d'une population naturelle de radis permettent d'établir que les corrélations entre six caractères floraux ne sont pas perturbées par la sélection et que c'est la pléïotropie qui est en cause.

Il y a donc de fortes contraintes en faveur de la présence simultanée de deux gènes fortement corrélés, ce qui veut dire que si la sélection joue en faveur d'un des deux gènes, l'autre doit évoluer, pas nécessairement de façon adaptative par elle-même.

— –— –— –— –— –

L'expression génique

22. Le ciblage des messagers vers des compartiments sub-cellulaires particuliers permet de réguler le sort cellulaire et la croissance polaire de la cellule. Ces transports peuvent également être assurés chez les plantes et à grande distance. Cette localisation avait été découverte au début des années 80s chez les ascidies. Plus de 90 ARNs ont une localisation cellulaire précise (voir le § J Betley et al.; Current Biology 12,n°20 (15OCT02) 1756-1761).

Chez les plantes, les régions corticales de la cellule sont utilisées pour les synthèses protéiques, il n'est donc pas étonnant de voir s'y concentrer les messagers. C'est aussi le point d'entrée de macromolécules via les plasmodesmes. La localisation fait intervenir trois voies avec capture par des "récepteurs" de messagers véhiculés passivement par les courants cytoplasmiques (le principe de l'attrape-mouches), une destruction et une protection différentielle, mais surtout un transport orienté (RNA localization pathway). Ce mécanisme comprend trois étapes: la formation d'un complexe nucléoprotéique granulaire, l'utilisation du cytosquelette dans le guidage de ces complexes et piégeage final au site de destination par des microfilaments. Les séquences de ciblage sont usuellement localisées dans la partie 3' (aval) non codante du messager, mais leur identification est problématique car on ne sait pas s'il s'agît de séquences ou de conformations. TW Okita et al.; Current Opinion in Plant Biology 5 (DEC02) 553-559.

— –— –— –— –— –

23. Des mutations dans le locus ROS1 d'Arabidopsis provoque une répression transcriptionnelle de l'expression (silencing) d'un transgène et du gène autochtone commandés par des promoteurs homologues. Chez ces mutants ros1, le promoteur du gène réprimé est hyperméthylé. On peut lever cette répression par une mutation ddm1 (voir le §12 du Bulletin d'Octobre-Novembre 2002). ROS1 code une endonucléase bifonctionnelle, car elle possède également un domaine d'ADN glycosylase/lyase agissant sur les ADNs méthylés et pas sur les non-méthylés. Il est donc vraisemblable que ROS1 soit une protéine de réparation de l'ADN qui réprime le "silencing" dépendant de l'homologie en déméthylant le promoteur cible. Z Gong et al.; Cell 111 (13DEC02) 803-814.

Ces méthylations pourraient être causées par les smARNs (encore une dénomination pour des petits ARNs provenant d'ARNs doubles-brins qui déclenche la RdDM, (pour RNA-directed DNA Methylation), et qui interviennent, dans ce cas dans le silencing transcriptionnel et pas le silencing post-transcriptionnel ou PTGS. Les smARNs sont probablement issus des répétitions des transgènes.

— –— –— –— –— –



Le développement

24. On découvre de plus en plus le rôle des protéines liant les ARNs dans les régulations cellulaires du fait de leurs intervention dans synthèses, maturation, transport, traduction, stockage et dégradation. On les a surtout étudiés à propos de la stabilité et la traduction des messagers dans le chloroplaste de Chlamydomonas reinhardtii sous l'effet du potentiel redox. On a, récemment, décrit des mutations dans des gènes codant des protéines de ce type avec des effets sur le développement (mutations caf et hua1 du développement floral chez Arabidopsis) et l'effet d'hormones comme l'acide abscissique (avec les protéines codées par ABH1 et SAD1 d'Arabidopsis qui sont des homologues de protéines très conservées liant les ARNs), ainsi que dans les systèmes circadiens.

La revue de NV Fedoroff; Current Opinion in Plant Biology 5 (OCT02) 452-459, traite de ces protéines et de leurs rôles chez les plantes.

Ces protéines portent des motifs très conservés, dont une moitié doit dériver de protéines impliquées lors de la transition entre une vie commandée par les ARNs à celle où les protéines ont pris le dessus.

Ces motifs correspondent à la fois à des domaines catalytiques et non catalytiques, intervenant dans des modifications des ARNs (thiolation, isomérisation et désamination), hydrolyse d'ATP ou GDP (facteurs de traduction, hélicases et aminoacyl-tRNA synthétases), ou dégradation (ribonucléases). Ceci fait que la présence de ces motifs n'est pas un bon prédicteur de fonction.

Un schéma un peu complexe place ces différentes protéines dans les modifications des ARNs cellulaires.

— –— –— –— –— –

25. Les adhérences intercellulaires jouent un rôle évident dans la morphogenèse des organismes pluricellulaires. Il existe d'ailleurs une discussion, sur laquelle je reviendrais éventuellement, sur la persistance de l'adhérence versus l'agrégation des cellules pour donner les organismes pluricellulaires.

On dispose, chez des cultures de cellules foliaires haploïdes de Nicotiana plumbaginifolia, de mutants par insertion de T-DNA appelé nolac-H18 (nonorganogenic callus with loosely attached cells) qui ont perdu la capacité d'adhérence intercellulaire (et de formation de racines adventices). Ils sont affectés dans le gène d'une glucuronyltransférase, GUT1, exprimé surtout dans les méristèmes apicaux caulinaires et racinaires. La mutation cause des ennuis dans la composition du rhamnogalacturonane II des pectines, empêchant le pontage par le borate du rhamnogalacturonane II. Peu de gènes de ces enzymes de formation des pectines ont, jusqu'à présent, été identifiés. H Iwai et al.; Proceedings of the National Academy of Sciences USA 99 (10DEC02) 16319–16324.

— –— –— –— –— –

26. La est régulée par plusieurs cascades de signaux initiés, par l'état de développement de la plante d'une part (voie autonome), et par des signaux du milieu comme la durée de l'illumination (photopériode) et la température d'autre part (vernalisation).

Les gènes déterminant la période de floraison FLOWERING LOCUS T (FT) et SUPPRESSOR OF OVEREXPRESSION OF CO1 (SOC1), agissant en aval de CONSTANS (qui gouverne la floraison en jours longs) et l'identité du méristème floral LEAFY (LFY), intègrent ces différentes cascades.

Le facteur de transcription (potentiel) AGAMOUS-LIKE 24 (AGL24), d'Arabidopsis est graduellement activé dans les méristèmes apicaux caulinaires pendant la transition puis s'exprime dans les méristèmes des inflorescences et des fleurs. C'est un médiateur dosage-dépendant du déclenchement de la floraison comme le montrent des chercheurs de Singapore. Il agit en aval de SOC1, et en amont de LFY. H Yu et al.; Proceedings of the National Academy of Sciences USA 99 (10DEC02) 16336–16341. Ces données ont été obtenues par utilisation du "silencing" par des ARNs doubles-brins pour inhiber le gène, et sa surexpression.

— –— –— –— –— –

27. Le complexe SCF (voir le Bulletin de décembre 2002 §49) est une ubiquitine ligase particulière qui, chez les plantes, comme chez la levure et les animaux, participe à plusieurs processus développementaux, dont certains impliquent des hormones en détruisant, au bon moment, des protéines régulatrices.

Une association d'équipes de Strasbourg, Cambridge, Singapore et de l'INRA à Versailles montre que la protéine Rbx1 d'Arabidopsis peut parfaitement complémenter des mutants de levure dépourvus de la protéine homologue. Chez la plante, Rbx1 interagit physiquement avec deux autres protéines de type culline (alias Cdc53, la sous-unité C de SCF), Cul1 et Cul4. Normalement (chez les animaux), Rbx1 interagit avec la culline et l'enzyme de conjugaison à l'ubiquitine. Rbx1 joue le rôle d'un activateur allostérique associé au complexe SCF. On sait que le complexe SCF joue un rôle dans le signal auxine (voir le Bulletin d'Octobre-Novembre 2002 §16) et dans d'autres processus du développement. La manipulation de l'expression d'AtRbx1 montre que son défaut entraîne une réduction de la croissance et le développement de la plantule. Il entraîne également un niveau réduit de la protéine Cul1 et une élévation de celui de la cycline D3. E Lechner et al.; Journal of Biological Chemistry 277 (20DEC02) 50069–50080.

— –— –— –— –— –

28. La paroi du grain de pollen contient des substances interagissant avec le stigmate. La protéine principale est une endoxylanase de 35 kDa, dont le messager est présent dans les cellules du tapetum qui emballent les grains. On vient de montrer qu'elle est synthétisée, chez le maïs, sous la forme d'un précurseur activé par un clivage, aux deux extrémités N- et C-terminales, dû à une protéase acide à sérine avant d'être déposé sur le pollen. SSH Wu et al.; Journal of Biological Chemistry 277 (13DEC02) 49055–49064.

Chez l'orge le gène de la xylanase a été cloné ainsi que celui de la xylanase de l'aleurone. L'expression est tissu-spécifique. Les protéines sont également activées après protéolyse.

— –— –— –— –— –

La Physiologie des Plantes

29. La productivité du riz est, pour la plupart des cultivars, affectée par la présence de chlorure de sodium. L'expression d'un antiport (entrée protons/sortie Na+), NHX1, de l'halophyte Atriplex gmelini (une chénopodiacée) chez un riz intolérant (le cultivar Kinuhikari) permet d'introduire une résistance aux eaux saumâtres. M Ohta et al.; FEBS Letters 532 (18DEC02) 279-282. On avait déjà montré que la tolérance au sel pouvait être réalisée de cette façon chez Arabidopsis, la tomate et des Brassica surexprimant le gène AtNHX1 de l'enzyme vacuolaire.

— –— –— –— –— –

La lysine-cétoglutarate réductase d'Arabidopsis est une enzyme bifonctionnelle possédant également un domaine saccharopine déshydrogénase (LKR/SDH) lié au premier par un linker qui n'est présent que chez les plantes, permettant le déroulement de deux étapes successives du catabolisme de la lysine par la voie de l'-amino-adipate. Généralement ce genre de fusion est un produit de l'évolution. Une équipe israélienne vient de montrer que la régulation de l'activité de l'enzyme est régulée par une interaction entre les deux domaines de la protéine. X Zhu et al.; Journal of Biological Chemistry 277 (20DEC02) 49655-49661.

— –— –— –— –— –

30. On trouvera dans le numéro de décembre de Current Opinion in Plant Biology, plusieurs revues sur les systèmes membranaires des végétaux. En gros, on retrouve ce que l'on sait déjà chez les animaux ou a levure. Les régulations peuvent, cependant, être différentes. Une différence notable est l'absence, chez les plantes, du système de recyclage entre le réticulum et le Golgi. On retrouve, cependant, les systèmes vésiculaires de transfert d'un compartiment à un autre, avec des composants analogues comme les COPs (Coat Protein Complex) distinguant les membranes des vésicules, les GTPase de type Ras, activées par les GEFs (Guanine Exchange Factors) et les v-SNAREs à la surface des vésicules reconnaissant les t-SNAREs des membranes avec lesquelles elles vont fusionner. Les régulations de l'ensemble sont assurées par les petites GTPases, Sar1/Arf (avec Sar1 sur le reticulum et Arf sur le Golgi) pour la phase précoce et Rab/Ypt pour les stades plus tardifs des transferts. A Nebenführ; Current Opinion in Plant Biology 5 (DEC02) 507–512. La revue est surtout centrée sur les phases pré- et post-golgiennes. La revue de T Ueda et al.; p. 513-517 souligne les adaptations plus spécifiques des systèmes consensus chez les plantes, plus particulièrement sur les transports post-golgien et sur l'endocytose. .

La régulation dynamique des fonctions des plasmodesmes est analysée dans la revue de M Heinlein; p.543-552. La composition des plasmodesmes est encore une énigme pour l'essentiel, faute de pouvoir les isoler sous une forme purifiée. Le cytosquelette est manifestement impliqué dans leur fonction.

— –— –— –— –— –

31. Trois chaperones Hsc70 (Hsp70 cognate proteins) de Cucurbita maxima ont été clonées et l'analyse fonctionnelle de ces protéines a permis de détecter un motif intervenant dans le fonctionnement du plasmodesme. La Hsp70 humaine modifiée avec ce motif devient fonctionnelle dans les plasmodesmes. K Aoki et al.; Proceedings of the National Academy of Sciences USA 99 (10DEC02) 16342–16347.

Ce n'est pas absolument étonnant, car la Hsp70 intervient dans les transferts de protéines à travers le pore nucléaire et, inversement, le complexe Hsp90-Hsp70 de plante est capable d'assembler les récepteurs nucléaires animaux de stéroïdes et de protéines kinases.

D'ailleurs l'inhibiteur de Hsp, chez les animaux, qu'est la geldanamycine, inhibe également les fonctions des Hsp90 de plantes. Les Closteroviridés de plantes ont, par ailleurs, acquis un gène homologue de Hsp. C'est, notamment le cas de Hsp70 acquise par le virus de la jaunisse de la betterave, qui permet le déplacement de complexe protéine-ARN du virus à travers les plasmodesmes.

— –— –— –— –— –

32. Le bore est un élément important et souvent ignoré de la physiologie des plantes. Il joue, notamment un rôle dans l'intégrité des parois, mais pas seulement. Le problème biologique qu'il pose est que les membranes sont facilement perméables sous forme de borate, et il est donc difficile de réguler son transfert, or un excès (ce peut être un désinfectant ou un insecticide), comme une carence (les carences en bore empêche la floraison et la formation des graines), sont nuisibles. Il faut donc pouvoir disposer d'un transport actif permettant de contrebattre la diffusion.

Le transporteur de bore BOR1 permettant la charge du xylème des racines à partir du péricycle vient d'être caractérisé chez Arabidopsis. Son altération entraîne une teneur normale en bore dans les racines, mais des carences dans la tige. Ce transporteur présente une homologie avec le transporteur de bicarbonates et les transporteurs d'anions en général. J Takano et al.; Nature 420 (21NOV02) 337-340. Voir également le commentaire de WB Frommer et al.; p.282-283.

— –— –— –— –— –

33. L'accumulation de tréhalose chez le riz Pusa Basmati-1 lui confère une bonne résistance à plusieurs stress abiotiques (provoqués par le milieu). AK Karg et al.; Proceedings of the National Academy of Sciences USA 99 (10DEC02) 15898–15903. L'amélioration de la résistance constatée chez plusieurs lignées transformées de riz qui stockent 3 à 10 fois plus de tréhalose, porte à la fois sur les stress oxydatifs le sel, et les basses températures. Ce n'est pas un effet de soluté compatible qui est en cause mais une meilleure modulation du métabolisme des sucres.

Cette accumulation est très rare chez les plantes, mis à part certaines plantes dites "de la résurrection". On a cependant caractérisé des gènes de synthèse chez Selaginella lepidophylla, Arabidopsis et plusieurs plantes cultivées. Des chercheurs coréens et américains ont exprimé une fusion des deux gènes de synthèse du tréhalose d'Escherichia coli (otsA et otsB) sous la commande de promoteurs, soit tissu-spécifiques, soit par un stress. Le tréhalose est synthétisé en deux étapes: formation du tréhalose-6-phosphate à partir d'UDP-glucose et de glucose-6-phosphate par la tréhalose phosphate synthase (TPs codée par otsA) puis le tréhalose-6-phosphate est déphosphorylé par la tréhalose- 6-phosphate phosphatase (TPP codée par otsB). Les deux gènes ont été fusionnés pour opérer la transformation en une seule étape. Cela améliore également l'efficacité des deux gènes. L'opération avait déjà été réalisée chez des dicotylédones, par une expression permanente, mais avec des effets indésirables comme un nanisme et des distorsions métaboliques.

— –— –— –— –— –

34. On a récemment montré, chez le pois et la fève, que l'oxyde nitrique NO est un signal qui permet la fermeture des stomates sous l'action de l'acide abscissique (ABA). L'origine de ce NO dans les cellules de garde était inconnue. On vient de montrer que c'est la nitrate réductase qui en est responsable. Elle produit du NO sous l'action de l'ABA et en présence de nitrites. R Desikan et al.; Proceedings of the National Academy of Sciences USA 99 (10DEC02) 16314–16318. La production de NO dérive soit de l'activité d'une NO synthase, soit d'une nitrate réductase. On n'a pas trouvé de gène de NO synthase chez Arabidopsis. Si on diminue l'activité nitrate réductase, les cellules ne produisent plus de NO et ne répondent plus à l'ABA. De plus, les deux protéines phosphatases ABI1 et ABI2 (ABA Insensitive) sont placées en aval de NO dans la cascade ABA.

— –— –— –— –— –

35. Le transfert des protéines codées dans le noyau et utilisées dans le chloroplaste doivent donc franchir plusieurs membranes. Celles qui sont destinées à la matrice, à la membrane interne et aux thylakoïdes dépendent d'un peptide signal N-terminal pour leur transfert. Des chercheurs de Grenoble montrent qu'il doit exister une alternative pour une protéine de la membrane interne qui ne nécessite pas ce peptide. S Miras et al.; Journal of Biological Chemistry 277 (06DEC02) 47770-47778.

— –— –— –— –— –

Les Symbioses

36. La détermination du nombre de nodules lors d'une symbiose fixatrice d'azote, est régulé. Il existe manifestement un mécanisme limitant le nombre des nodules jouant par échanges intercellulaires, un nodule empêchant l'apparition d'un autre nodule au voisinage (l'autorégulation). Deux articles ont identifié le gène responsable : L Krusell et al.; Nature 420 (28NOV02) 422-426 et R Nishimura et al.; p.426-429. Il ressemble à un gène régulateur bien connu chez Arabidopsis, CLAVATA1 (CLV1), ce qui permet d'imaginer ses fonctions.

Des mutants à nombre accru de nodules étaient connus depuis une vingtaine d'années chez le pois et le soja, mais la complexité du génome de ces Légumineuses a empêché le clonage du ou des gènes correspondants. Lotus japonicus, possède un génome plus réduit et des mutants, har (Hypernodulation and Aberrant Roots), hypernodulants en sont connus. C'est chez cette plante que le clonage de HAR1 (alias sym78) a été possible. Il code une protéine de 108 kDa qui ressemble à CLAVATA1 (CLV1) qui est un récepteur à kinase. Cette protéine possède, par ailleurs 21 répétitions riches en leucines. Or CLV1 joue un rôle dans la différenciation de méristèmes floraux et caulinaires en utilisant le signal intercellulaire CLV3. Le gène orthologue du pois, SYM29, a été également cloné et son expression étudiée. Ce dernier intervient également dans la régulation de la croissance racinaire à partir de la tige, et la sensibilité aux nitrates de la symbiose. Un gène homologue du soja a été déduit. Voir également le commentaire de JA Downie et al.; p. 369-370. — –— –— –— –— –

Les Pathogènes des Plantes et les Mécanismes de Défense

37. On a impliqué la répression post-transcriptionnelle de l'expression génique (PTGS) dans bien des mécanismes de défense cellulaire, basés sur la détection d'ARNs double-brins considérés comme "anormaux" par cette dernière. On l'avait déjà observée dans le cas du viroïde nucléaire du fuseau de la pomme de terre. On vient de montrer, dans le cas de viroïdes à développement chloroplastique comme les ASBVd (Avocado Sunblotch Viroid) et PLMVd (Peach Latent Mosaic Viroid), que des siRNAs entrent également en jeu dans la défense contre cette infection. AE Martinez de Alba et al.; Journal of Virology 76,n°24 (DEC02) 13094-13096.

— –— –— –— –— –

38. On observe au sein des deux gènes des protéines de mobilisation p22 et p19 du Tomato bushy stunt virus, trois séquences régulatrices qui modulant l'accumulation de l'ARN génomique. JW Park et al.; Journal of Virology 76,n°24 (DEC02) 12747-12757. Le premier d'entre eux comporte 16 nucléotides situés à l'extrémité aval de p22. On trouve, environ 300 nucléotides en amont, un élément inhibiteur de 80 nucléotides qui bloque la réplication, mais seulement en l'absence d'un élément de 30 nucléotides immédiatement en amont de celui, activateur, de 16 nucléotides. Ceci est lié à la formation d'épingles à cheveux mutuellement exclusives.

— –— –— –— –— –

39. Ces structures secondaires sont souvent impliquées dans des mécanismes divers chez les virus à ARN. Elles peuvent interférer avec la réplication. Des séquences potentiellement génératrices d'épingles ont été insérées dans la région on codante en 3' des séquences subgénomiques RNA-3 et RNA-2 du virus de la mosaïque du brome (BMV) pour analyser la recombinaison entre ARN-2 et ARN-3 du génome). Celle-ci fait intervenir un mécanisme de changement de modèle dans la réplication (copy choice). Les séquences aval (3', appelées séquences R dans le cas des ARN-2 et -3) des trois fragments génomiques sont fortement homologues et permettent des recombinaisons.

On a ainsi pu montrer que cette recombinaison a préférentiellement lieu durant la synthèse des brins (+). RCL Olsthoorn et al.; Journal of Virology 76,n°24 (DEC02) 12654-12662.

— –— — –— –— –

Les Plantes recombinantes

40. La production de protéines hétérologues par des cellules végétales en culture est considérée comme intéressante pour la seule raison que des pathogènes communs aux plantes et aux mammifères ne sont pas connues (bien que des substances toxiques comme les alcaloïdes puissent l'être). Cette production est souvent handicapée par des protéolyses dans le milieu. Il possible de régler (en partie) le problème en utilisant un bioréacteur comportant une chromatographie d'affinité qui permet de produire et purifier simultanément la protéine intéressante, tout en levant certaines rétroinhibitions. E James et al.; Biochemical Engineering Journal 13 (JAN03) 205-213.

— –— –— –— –— –
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10

similaire:

Bulletin des BioTechnologies Janvier 2003 iconBulletin des BioTechnologies Septembre 2002

Bulletin des BioTechnologies Janvier 2003 iconBulletin des BioTechnologies Juillet 2002

Bulletin des BioTechnologies Janvier 2003 iconCours/Enseignement
«Institute of Marine and Coastal Sciences», Rutgers University, nj usa depuis janvier 2003

Bulletin des BioTechnologies Janvier 2003 iconRésumé : L’article 113 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant...

Bulletin des BioTechnologies Janvier 2003 iconSemaine du mardi 3 Janvier au vendredi 8 janvier 2016

Bulletin des BioTechnologies Janvier 2003 iconAmélioration des Plantes par les Biotechnologies

Bulletin des BioTechnologies Janvier 2003 iconAssociation des Enseignants Chercheurs en Biologie Cellulaire et...

Bulletin des BioTechnologies Janvier 2003 iconNous présentons ici une première analyse de la Loi Touraine n°2016-41...
«fourre tout», la loi qui vient d’être publiée fin janvier aggrave considérablement la loi Bachelot (hpst), notamment avec la «territorialisation...

Bulletin des BioTechnologies Janvier 2003 iconRechercher, extraire, organiser des informations à partir de la sitographie,...
«Biotechnologies» : diversité des structures cellulaires [Discriminer les différentes populations cellulaires du sang ]

Bulletin des BioTechnologies Janvier 2003 iconTHÈse pour le diplôme d’État
«loi Veil»(2); cette loi a été reconduite en 1979 et définitivement légalisée le 1er janvier 1980 : elle permettait d’avoir recours...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com