N 513-musée-2 uit au musée








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date de publication17.11.2016
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N
513-musée-2
uit au musée

Je marchais tranquillement dans les rues d’Hallennes-lez-Haubourdin, en discutant avec ma cousine Sidonie. Au moment où nous arrivâmes devant le cimetière communal, elle interrompit soudainement la conversation par un petit cri.
« -Qu’est ce que t’as, encore ?

Je commençais à être exaspérée par ses mimiques et phobies diverses, je l’aime bien cette cousine mais parfois elle m’insupporte alors, oui, je l’ai interrogée sèchement cette fois et je m’en voulais déjà.

- Là, derrière la tombe !

- Quoi derrière la tombe ? Répondis-je avec sarcasme

- Il y a,… il ya une forme humaine blanche !

- Un fantôme peut-être ?

- Oui, c’est ca, c’était un fantôme !!!!!

- Sidonie arrête tes âneries ! Les fantômes, ça n’existe même pas !

- Si ! J’te dis que j’en ai vu un !

- Ok, si tu veux on y va ! De toute façon il n’y aura rien ! »

Une fois arrivées là-bas, au niveau du caveau suspect, aucun revenant, ni esprit baladeur ni vampire ou aucun spectre sous quelque autre forme ne vint nous accueillir. Je fanfaronnais un peu auprès de ma cousine qui, après quelques instants, me tanna d’arrêter et de quitter ce lieu lugubre. Nous arrivâmes assez rapidement au portail. 

Mais, là, ce n’était pas un être imaginaire mais un vieillard qui était venu à notre rencontre. Il était là, nous tournant le dos, appuyé contre le portail en fumant sa pipe. Il portait une casquette en tweed, une veste kaki à carreaux bleus, et un pantalon trop grand pour lui. La seule chose inquiétante chez lui, était sa peau ivoire, qui brillait comme mille diamants et reflétait le clair de lune.

Quelque chose chez cet étrange campagnard nocturne me paraissait familier, mais j’étais incapable de mettre le doigt dessus. A voir les regards désespérés que me lançait Sidonie, je devinais qu’elle aussi était en proie au doute.

« Aglaé, Sidonie, c’est bien vous ? » dit une voix traînarde et fatiguée que nous reconnûmes tout de suite. Sans répondre, nous nous jetâmes dans les bras de Papé Gaston. Seulement nous nous rendîmes compte qu’il avait succombé en hiver dernier à la morsure glacée du vent s’engouffrant dans les fentes de sa maison délabrée. Je lui demandais alors des explications car quelques mois auparavant, notre grand-mère portait encore le deuil de son mari. Mais plutôt que de nous répondre clairement, il préféra nous conter quelques fariboles telles que « Le Grand Seigneur est venu à moi pour me proposer de voir mes proches chaque soir parce que je suis très croyant. » et autres bondieuseries sans queue ni tête.

Après cinq bonnes minutes de niaiseries, il nous proposa : « Comme vous avez pénétré dans la confidence, autant que vous y entriez entièrement ! Venez visiter mon humble domicile. » Je regardai Sidonie interloquée. Après tout, notre cher aïeul ne nous avait jamais ni voulu du mal, ni entraîné dans quelque aventure périlleuse. Nous le suivîmes donc à travers les tombes et croix jusqu’à la sépulture où déambulait le prétendu fantôme vu par ma cousine qui exultait et me clamait son triomphe.

Pendant ce temps j’examinais de plus près le monument aux morts. C’était un obélisque, noir aux détails dorés à la feuille d’or. Sur sa base, je pouvais lire « aux morts de la grande guerre ». Notre guide prononça quelque formule étrange et le mémorial pivota en s’enfonçant dans le sol. Je pouvais maintenant distinguer un escalier qui, semblait-il, descendait jusqu’aux entrailles de la terre. Nous y suivîmes notre grand-père sans savoir où il nous mènerait.

Nous débouchâmes finalement dans une gigantesque salle bondée de zombies au teint blafard et couverts de cicatrices. Notre Papé saluait certains de ses amis au passage ; quant à nous, certains visages ne nous étaient pas inconnus, même si les balafres dérangeaient notre identification. Contre le mur du fond, un buffet était dressé. Notre ancêtre nous dit de nous servir mais, à regarder plus près,  les appétissantes petites boules de pain et les délicieux cookies se trouvèrent être des yeux de tarentule et de la terre fourrée aux pépites de mort aux rats. Un homme nous proposa alors un milkshake, visiblement fait d’acide nitrique, de nitroglycérine et de liquide vaisselle assaisonné de quelques copeaux de savon de Marseille. Nous déclinâmes poliment l’offre et rejoignîmes notre aïeul qui savourait une pastille de lessive trempée dans de l’eau de javel.

Il nous conduisit alors dans une pièce où des garçons de tous âges étaient regroupés. Elle était au moins aussi vaste que la salle que nous venions de quitter. Elle était meublée de quelques billards et babyfoots. Dans un coin, des télévisions reliées à des consoles de jeu et des lecteurs dvd s’étalaient devant nous comme dans un rayon de supermarché. Il nous expliqua que c’était là le « saimeau » pièce réservée aux hommes et nous montra le« semaf », séjour réservé aux femmes. Il était meublé de quelques tables couvertes de jeux de plateau et de cartes. On pouvait aussi y trouver des machines à coudre, des matériels de dessin et bon nombre de livres.

Il nous emmena ensuite dans sa chambre. Enfin plutôt sa pièce privée car tout le monde sait qu’un zombie ça ne dort pas ! Elle était aménagée assez agréablement avec un bureau, une commode, un dressing et un coffre débordant de peintures et de fleurs séchées. Il nous offrit à chacune une rose bleue pour orner nos cheveux.

La visite se poursuivit dans une sorte de  « musée vivant », où étaient exposées des peintures et des photos. Nous pouvions rentrer dans ces œuvres. Cette expérience nous impressionna, jamais auparavant nous n’avions imaginé pouvoir visiter un Picasso ou un Manet. Deux portes indiquaient différentes zones du musée : «  salle des zombies manipulés » et « salle des zombies revenants ». Nous nous dirigeâmes vers le premier couloir. Papé nous montra un tableau représentant une fourmi d’où sortait une tige jaunâtre. Il expliqua que cette pauvre bête était infestée par un champignon nommé Cordyceps et nous entraîna dans la photographie. Nous vîmes ainsi en accéléré les spores contaminer la fourmi qui, ainsi possédée, mordait une feuille et mourait instantanément. Le champignon sortait de son cadavre. Cette vision était affreuse. J’avais l’impression de vivre mes cours de dissection de biologie, ces horribles heures où le professeur coupait, devant nous, dans la peau sanguinolente de pauvres petites souris blanches. J’appréhendais le moment où Papé m’inviterait à toucher à cette horreur. Heureusement notre guide et nous-mêmes fûmes éjectés du tableau avant que cet instant n’arrive.

Dans son logement, nous découvrîmes ensemble d’autres animaux utilisés par des parasites ou une certaine race de coccinelles, employées par des guêpes comme gardes du corps de leurs larves, ou encore des gorilles qui se jettent, non pas dans la gueule du loup, mais dans celle du léopard.

Nous nous dirigeâmes alors vers la salle des zombies revenants, dans la deuxième galerie. Nous vîmes alors un tableau qui nous toisait de toute sa hauteur. C’était le portrait d’un homme, à la peau jaune et à la chevelure noire. Nous le reconnûmes tout de suite : c’était la créature de Frankenstein ! Papé nous expliqua que, malgré les apparences, ce dernier n’était pas un zombie car il était confectionné de plusieurs cadavres. Nous en apprîmes beaucoup sur les critères qui faisaient de ces êtres des zombies ou des presque zombies.

Nous rencontrâmes finalement un homme d’environ 30 ans habitant un cadre. Il n’était pas exactement zombie, mais son comportement s’en rapprochait. Selon les mortels, il était revenant enragé. Nu, il s’était posté sur la route, avait forcé quelque automobiliste à s’arrêter et l’avait mordu jusqu’au sang. Il se révéla qu’il avait été victime d’une crise de démence. Il eut des rechutes et fut interné dans un hôpital psychiatrique. La communauté de notre grand-père avait bien ri devant cet aliéné et ils avaient décidé de l’inclure dans leur musée.

« -Eh, Sidonie ! Il est quelle heure ? J’ai oublié ma montre !

- Cinq heures moins vingt !

- Déjà ? On doit vite rentrer , le jour va se lever! Papé, on y va s’il te plait !

-Oh non les filles ! Vous venez juste d’arriver ! »

Après un quart d’heure de négociations, il n’était toujours pas décidé à nous laisser partir. Nous aperçûmes une porte ouverte, courûmes dans sa direction, traversâmes la salle de banquets et sortîmes. Nous nous regardâmes, heureuses d’être enfin dehors, saines et sauves.

« -Aglaé !

- Quoi ?

-Ta jambe ! »

En effet, un grand couteau était enfoncé jusqu’à la garde dans mon mollet. Je n’éprouvais aucune douleur. Je le retirai mais aucune goutte de sang ne suinta de ma blessure. Je relevai alors les yeux vers ma cousine, me rendit compte de son extrême pâleur et compris que nous ne reverrions jamais nos parents. Nous appartenions maintenant au monde des zombies. Nous nous dirigeâmes alors vers notre nouvelle existence auprès de Papé.

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