LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi








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Je savais que le seul plaisir qu’ils s’autorisaient était celui de réussir, de faire, de donner le change. Plaisir narcissique et solitaire puisqu’être, ressentir, s’ouvrir et se laisser toucher, échanger, leur était impossible. Trop sensibles, trop blessés, l’intimité leur faisait peur. Pas l’intimité avec l’autre, l’intimité avec eux-mêmes.
Au fonds, ils étaient restés des enfants-rois, n’avaient pas renoncé à être le centre du monde. Ils conservaient de leur enfance une rancœur pas toujours consciente contre leur mère qui s’exprimait par une hostilité sourde vis-à-vis des femmes, revancharde, suffisamment rejetante pour faire souffrir mais pas assez clairement manifestée pour qu’on puisse la leur reprocher. Une forme de sadisme très subtil qui provoquait immanquablement du rejet ou de l’abandon. Ainsi pouvaient-ils se convaincre une nouvelle fois que les femmes étaient toutes des salopes et qu’ils avaient raison de s’en méfier. Ils créaient ainsi les conditions de l’abandon avant d’être abandonnés. Un masochiste est toujours à l’origine de sa souffrance.
Moi qui avait tant besoin de sincérité, d’authenticité, je souffrais terriblement de cette mise à distance, sans comprendre qu’il s’agissait d’une posture dont le but était de se convaincre que la relation n’était pas importante. Et je perdais confiance. En moi, en eux. Ces hommes me mentaient, se mentaient. Ils n’étaient pas honnêtes, avaient peur de leur désir et de leurs sentiments, et somme toute, n’étaient pas non plus très courageux.
Se reflétait dans mon miroir l’image de personnes investies dans leur rôle de père ou dans celui d’enfant, mais chez qui l’adulte n’était pas construit, l’homme en eux, n’existait pas. J’étais moi-même, soit mère, soit enfant et c’est pourquoi nous pouvions nous entendre. Mais la femme en moi commençait à émerger, à réclamer son dû. J’aurais voulu une relation d’adultes, avec des choix, de l’engagement, de la sexualité.
Je percevais que les années passant, les personnes capables d’aimer, hommes et femmes, s’étaient trouvés, avaient fait des choix, avaient grandi. Trainaient sur « le marché du cœur » des personnes blessées, en difficulté d’aimer. Mon célibat allait encore durer longtemps je le craignais.
AVOIR LES BONS MODELES
Il est de notre responsabilité de choisir le plaisir mais dans ce domaine comme dans les autres, il faut des modèles. La personnalité ne se construit pas uniquement de l’intérieur, elle est le fruit d’interactions permanentes entre soi et les autres. Je compris alors que pour certains, vivre dans le plaisir est difficile, voire impossible faute d’y avoir été préparé.
Pour vivre au paradis, il faut une personnalité forte et construite, être libre de ses choix et assumer de satisfaire ses besoins. Et pour être en paix avec les autres, il faut l’être avec soi. Il faut avoir pu, dans l’enfance, exprimer ses besoins, ses sentiments négatifs et avoir été écouté.
Autrement dit, nous ne sommes pas égaux et certains sont plus libres que d’autres. L’être humain apprend d’abord par imitation. Je n’avais aucun mérite à faire ces choix, c’était dans ma nature et je savais bien que chez moi, le principe de plaisir était fort. J’avais toujours été libre ; je savais maintenant que pour d’autres, il en est autrement et je comprenais enfin pourquoi j’attirais à moi tant de mort-vivants.
J’avais eu la chance d’apprendre dès mon plus jeune âge à faire la fête, à danser, à chanter, à cuisiner, à recevoir, à lire, à aimer le cinéma, la musique, à m’impliquer dans des relations, dans des actions, à prendre des risques, mais nous vivions dans les éclats de voix permanents et ma mère, dans le déni du corps, n’était pas heureuse.
J’éprouvais un fort besoin de plaisir mais je n’avais plus de partenaires de jeu. Mes amies, avec lesquelles j’avais tant ri, étaient dans « le fun » et la consommation, se mentaient à elles-mêmes, et commençaient à déprimer grave. Elles n’embellissaient pas.
Les hommes « libres » qui trainaient sur le marché du cœur étaient en difficulté profonde et je ne pouvais rien pour eux. Ils étaient dépendants de leur peur du plaisir et n’avaient de libre que le nom.
LE RESPECT
Je comprenais aussi pourquoi je répugnais tant à coucher avec un homme que je ne connaissais pas, pourquoi j’étais si discriminante. Tout le monde couchait avec tout le monde, pourquoi pas moi ? J’avais besoin de respect, de me respecter moi, mais de respecter l’autre aussi. Je savais que le plaisir est à ce prix, l’amour aussi.
En fait, instinctivement, je testais tous ces hommes dans leur capacité à s’impliquer dans une relation et dans le plaisir. C’est bien avant de faire l’amour avec lui qu’on sait si un homme est en mesure de donner du plaisir et d’en prendre. Celui qui ne s’implique pas dans la relation est forcément un mauvais coup et je n’avais pas envie d’essayer.
Contrairement à certaines de mes amies qui chassaient sur les réseaux sociaux et n’y récoltaient que du dégoût, je n’avais jamais permis que mon corps satisfasse la pulsion égoïste d’un autre. J’avais besoin d’avoir confiance, « d’être » dans l’amour comme disent les québécois.
J’avais pourtant la sensation d’être dans la bonne voie : Le plaisir était mon moteur, je voulais le vivre et le partager. J’avais éliminé les sources de dé-plaisir et la maltraitance mais la plupart des gens qui m’entouraient vivaient dans le devoir, la subordination et la frustration. Ils vieillissaient et ils vieillissaient mal. Et tandis que je m’ouvrais à la vie, eux se fermaient dans la peur d’aimer. J’allais encore devoir rester seule un moment, j’en avais peur.
J’avançais toujours, mais plus personne ne voulait m’accompagner ni jouer à mes jeux. Une question m’obsédait : Comment trouver des gens vivants ?
Je ne doutais pas d’y parvenir un jour. En attentant, je décidais de réapprendre à faire ce que j’avais toujours su faire : m’occuper et m’amuser seule.

SOIS RESPONSABLE ET NON COUPABLE

Leçon n° 8 : Sois responsable et non coupable.

Tous nos choix sont dictés par 2 principes : le principe de plaisir ou le principe de réalité. Mais ils le sont aussi par notre morale et notre culpabilité, confondue avec la responsabilité.
La responsabilité est le sentiment, la perception de la nécessité de réparer. On répare un dommage matériel ou non, causé à autrui ou à soi. Un proverbe dit : « Charité bien ordonnée commence par soi-même » et un autre « Aide-toi et le ciel t’aidera ». Le CORAN dit : « On n’est responsable que de soi. »
Etre responsable, c’est savoir que tes choix auront des conséquences pour les autres, mais d’abord pour toi. Tu es responsable de toi, c’est ta grandeur et ta liberté d’être humain. Mais c’est ton devoir aussi, car, passé l’enfance, personne ne sera plus jamais responsable de toi, tu dois l’être toi-même.
RESPONSABLE ET NON COUPABLE
La culpabilité est le sentiment d’être en faute, mauvais, de devoir être puni, de se sentir « responsable » des autres. Comment peut-on être assez naïf pour croire que l’on va pouvoir réparer le mal dont souffrent les autres ? Personne ne sauve personne.
La culpabilité se développe dès la prime enfance, avant 3 ans, c’est déjà en place. A cet âge, l’enfant ne comprend pas le sens des mots. Il ne peut analyser, ni réfléchir, ni comprendre. C’est pourtant à cette époque que se constitue le « surmoi » et l’ensemble des interdits moraux et sociaux qui deviendront des injonctions intériorisées à l’âge adulte.
L’OMNIPOTENCE DU DESIR
A la naissance, le nouveau-né est dans l’omnipotence de son désir. Il croit qu’il a tous les pouvoirs et le droit d’obtenir de la vie ce qu’il veut. Lorsqu’il n’y parvient pas, cela déclenche une rage terrible. Si le surmoi prend les commandes, l’enfant peut se sentir terriblement coupable, d’autant qu’il croit qu’il aurait pu faire autrement.
Durant l’enfance, tu crois que quand tu seras grand, tu auras tous les pouvoirs. C’est l’époque des chevaliers et des héros. Cette illusion de surpuissance, une fois intériorisée, peut demeurer longtemps, y compris à l’âge adulte. Elle est à l’origine de bien des angoisses et de la difficulté de certains hommes à se sentir à la hauteur.
LA CULPABILITE SEXUELLE DES HOMMES
Mélanie KLEIN et les freudiens ont montré que la culpabilité sexuelle peut exister dès la première année de la vie. Elle peut être renforcée par une éducation inappropriée. J’ai rencontré un grand nombre d’hommes pour lesquels cette question était compliquée. Je les ai aidés du mieux que j’ai pu, mais j’ai conscience de mes limites.
Il existe de nombreuses causes à la culpabilité sexuelle. Mon propos n’est pas de les analyser ici, je n’en n’ai ni la compétence ni la légitimité, mais j’ai souvent constaté un grand malentendu en ce qui concerne les différences sexuelles : chacun des sexes, (surtout les femmes) est dans la méconnaissance et le déni des systèmes hormonaux de l’autre sexe et des incidences de ces hormones dans le fonctionnement du corps, les besoins, les comportements, et la construction d’une personnalité heureuse. On confond l’égalité des droits avec la similitude des fonctionnements et des besoins. Lisez sur le sujet « Biologie des passions » du neurobiologiste Jean-Didier VINCENT et vous perdrez le peu de romantisme qui vous reste. Nous sommes mus par nos hormones. Je me suis toujours sentie l’égale des hommes et profondément différente d’eux.
Depuis des siècles, de jeunes mamans éduquent des petits garçons turbulents et joyeux qui n’ont, vers trois ou quatre ans, qu’un désir : explorer le monde et sauter partout ! C’est un besoin essentiel à leur croissance et au développement de leur autonomie. Les mamans quant à elles, ont un besoin tout différent : être tranquilles. Elles cherchent à « calmer » leur garçon en le culpabilisant, en lui interdisant d’utiliser et d’être fier de ce qui le constitue essentiellement : son énergie.
Françoise DOLTO disait : « On n’a de cesse que d’apprendre à marcher et à parler à un enfant. Et quand il le fait, on lui dit de s’assoir et de se taire. »
Le petit garçon auquel on reproche son énergie va peu à peu avoir honte de ce dont il devrait être le plus fier. Cette honte, ce sentiment de malaise s’étendra progressivement aux autres caractères secondaires masculins : son envie de se battre, son goût de la compétition, sa sexualité, elle-même caractérisée à l’adolescence par des pulsions sexuelles très fortes. Par réaction, il déniera, critiquera et méprisera ce qui caractérise l’énergie féminine : la réceptivité, la passivité, le calme.

Heureusement, la plupart des garçons ont un papa qui va pouvoir leur faire voir les choses différemment et leur proposer des jeux turbulents. Mais papa n’est pas toujours là. A l’âge adulte, ces hommes peuvent se sentir coupables de n’être pas assez… ou trop… ou d’être l’objet de pulsions qu’ils jugent inappropriées ou dont ils ont honte. Je ressens qu’ils ne sont pas fiers d’être homme, d’être par nature pénétrant, comme si cette fierté leur avait été retirée dans leur passé.
Moi qui les ai beaucoup côtoyés, ce que j’aime en eux, justement, c’est leur masculinité et cette façon si particulière, directe, physique, de s’impliquer dans l’action.
RENONCER A LA SURPUISSANCE
La culpabilité est multiforme mais disons, de façon un peu simpliste, qu’il s’agit souvent du conflit entre un désir et un interdit. « Derrière toute peur se cache un grand désir, quel est ce grand désir » ?
Le désir de surpuissance, que connaissent tous les enfants, génère le perfectionnisme, le besoin de contrôle, et, à l’âge adulte, de la culpabilité.
Si tu penses que tu es plus fort que les autres, que tu dois les protéger, alors tu te sens coupable de ne pas en avoir envie ou de ne pas y parvenir. En fait, autant il est possible de chercher à contrôler sa vie quand on a 8 ans, autant, par la suite, c’est une illusion. La croyance que tu peux tout contrôler repose sur celle que tu peux et que tu veux le faire. Mais qui te dis que tu le dois, et surtout, que c’est possible ?
Un enfant trop tôt « parentisé », à la responsabilité duquel on a trop tôt fait appel, duquel on attend trop, développe une angoisse de performance qui va marquer fortement sa personnalité et développer sa culpabilité. Il cherchera à être parfait, à tout contrôler, comme si tout reposait sur lui. Il mettra en place un système de contrôle exigent, prendra l’habitude de rechercher « ce qui ne va pas » en toutes circonstances et deviendra peu à peu négatif, ne percevant en toute situation que ce qui est mal, moche, raté.
Il va vouloir être le meilleur en toute circonstance et, s’il n’y parvient pas, il choisira peut-être de devenir le pire et de s’auto-détruire. Il se peut aussi qu’il s’occupe des autres, les prenne en charge, comme il s’est occupé de ses parents ou de ses frères et sœur. Il se croit responsable de leur bonheur, de leur sécurité. Il se sent responsable et coupable de tout.

Comme il n’a pas d’objectifs et pas de limites, il est perpétuellement en quête de ce qui manque, de ce qu’il pourrait faire. Il ne peut accepter les remarques ou les avis contraires, qu’il prend comme un jugement. Quand j’ai commencé ma quête, je me sentais coupable d’exister. La moindre critique me terrorisait, faisant naître en moi un sentiment de honte invalidant.
Etre heureux nécessite de renoncer à la surpuissance et à la perfection. Il n’y a pas de surhomme au paradis.
C’est la conscience de tes limites, de tes besoins et celle de tes illusions qui te permet d’atteindre des objectifs réalistes, de passer de l’idéal à la réalité, de la surpuissance à la puissance, de la culpabilité à la responsabilité et à l’humilité. Et à la paix. C’est le principe de l’amélioration continue qui a permis à tant d’organisations de se moderniser et d’accéder à l’excellence.
Etre humble, ce n’est pas te sous-estimer, c’est avoir conscience de tes limites comme de celles de tous les humains, c’est t’accepter tel que tu es et accepter d’être aidé. Si tu penses que tu peux (tu dois) y arriver seul, tu es irréaliste.
Les super héros ne courent pas les rues, c’est pour cela qu’on les adore. « Savez-vous ce qu’est un héros moderne ? » « C’est un homme qui fait de son mieux ».





Je découvrais le monde réel, je le trouvais sécurisant, simple et limité. Renoncer à atteindre « l’inaccessible étoile » me permit de poser mes valises, de travailler sur ce qui est possible, d’obtenir des résultats tangibles et de me reposer.
J’avais compris que mon malaise provenait du fait que je faisais les choses par devoir, par volonté et non pour le plaisir. Je dépensais une énergie folle pour cela et n’en récupérais aucune. Les années à venir allaient me conduire au bout du processus, jusqu’à l’épuisement.
LA LOI DE CAUSE A EFFET

Leçon n° 9 : Tout effet a une cause et réciproquement.

La loi de cause à effet peut aussi s’appeler « apprends à voir plus loin que le bout de ton nez ».
Consécutive à la loi de la responsabilité existe la loi de cause à effet.
Les choses n’arrivent pas par hasard. Tout effet a une cause et réciproquement et tout a un prix. Et sur ce plan, la vie est sans pitié : tu récolteras ce que tu as semé, inexorablement. L’effet peut se produire rapidement ou des années après la cause et lorsque l’on refait le chemin à l’envers on se demande « mais comment ai-je bien pu en arriver là ? » Evidemment, il est trop tard et l’on ne peut réécrire l’histoire.
Si tu te nourris mal, tu récolteras du mal être et des maladies. Si tu fumes trop, tu abimeras tes poumons et ton cœur et feras fuir les personnes saines. Si tu bois trop… Si tu ne travailles pas… Si tu choisis mal tes partenaires... Etc.
Tout choix a des effets, positifs ou négatifs. Il est normal de vivre dans l’insouciance et l’innocence lorsqu’on est jeune. Mais nos choix ont des conséquences. Croire qu’on va pouvoir y échapper, c’est soit de la surpuissance soit de l’imbécilité.
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