LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi








télécharger 442.83 Kb.
titreLEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi
page4/10
date de publication20.11.2017
taille442.83 Kb.
typeLeçon
b.21-bal.com > documents > Leçon
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10
contrôler nos sentiments négatifs, ce qui nous coupe de nos sensations. Nous cherchons à les faire taire, comme si les dénier suffisait à faire disparaître le problème.
Nous sommes habitués à la sensation de faim qui nous alerte qu’il faut manger mais qu’en est-il du manque d’amour ? De respect ? Si tu ne respectes pas tes besoins, tu ne te respectes pas et avec le temps, tu es de plus en plus mal. Tu entretiens ainsi la pire des maltraitances : celle que tu t’infliges à toi-même. Tu deviens ton pire ennemi.
Une erreur très courante est de croire que si tu satisfais les besoins des autres, à leur tour les tiens seront satisfaits sans que tu aies à les exprimer, dans une logique qui veut que, si tu fais du bien, tu auras du bien. Grave erreur et grande illusion. Tu ne fais qu’aggraver les choses en prenant en charge les problèmes des autres, qui, de plus, souvent, n’ont rien demandé.
J’avais acquis dans l’exercice de mon métier une grande capacité à « entendre » les besoins des autres, j’étais très à l’écoute. Je découvrais avec étonnement qu’il m’était bien plus difficile de demander. Et quand je pris connaissance de mes besoins non satisfaits, j’en fus atterrée : presque tous mes besoins étaient satisfaits, à l’exception de mes besoins les plus fondamentaux d’amour et de sécurité.
Leçon de vie n° 12 du Dalaï Lama : Un foyer aimant est la fondation de votre vie.
Il m’apparut comme une évidence que mes besoins les plus essentiels n’étaient pas satisfaits et ça, c’était l’enfer.
Une difficulté majeure s’annonçait : j’allais devoir apprendre à demander.
LA LISTE DES BESOINS HUMAINS (Extrait de « CESSEZ D’ETRE GENTIL, SOYEZ VRAI » de Thomas d’Assembourg.
SURVIE. Abri. Air. Eau. Mouvements. Exercices. Nourriture. Repos. Permanence. Sécurité. Protection.
NOURRITURE (au sens large). Affection. Chaleur. Confort. Douceur. Relaxation. Détente. Plaisir. Loisirs. Sensibilité. Soins. Attentions. Présence. Tendresse. Toucher.
EXPRESSION DE SOI. Accomplissement. Réalisation. Action. Apprendre. Créativité. Croissance. Evolution. Actualisation. Développement. Guérison. Générer. Etre la cause. Maîtrise.
AUTONOMIE. Affirmation de soi. Appropriation de son pouvoir. Choix, (décider par soi-même). Indépendance. Liberté. Solitude. Calme. Tranquillité, temps/espace pour soi.
INTÉGRITÉ. Authenticité. Honnêteté. But. Direction, Savoir où aller. Connaissance de soi. Déterminer ses valeurs. Rêves. Visions. Équilibre. Estime de soi. Respect de soi. Rythme. Temps d'intégration. Sens de sa propre valeur, de sa place.
D'ORDRE MENTAL. Clarté, compréhension (par la réflexion, l'analyse, le discernement, l'expérience). Cohérence. Adéquation. Concision. Conscience. Exploration. Découverte. Informations. Connaissances. Précision. Simplicité. Stimulation.
D'ORDRE SOCIAL. Acceptation. Amitié. Amour. Affection. Appartenance. Appréciation. Communication. Compagnie Concertation. Confiance. Connexion. Contact. Donner. Servir. Contribuer. Écoute. Compréhension. Empathie. Équité. Justice. Expression. Honnêteté. Transparence. Interdépendance. Intimité. Partage. Echange. Coopération. Présence. Proximité. Recevoir. Reconnaissance (résonance, écho, feed-back). Respect. Considération. Sécurité (fiabilité, compter sur, confidentialité, discrétion, stabilité, fidélité, permanence, continuité, structures, repères, etc.) Soutien, assistance, aide, réconfort. Tolérance, accueil de la différence, ouverture.
D’ORDRE SPIRITUEL. Amour. Beauté, sens esthétique. Confiance. Lâcher-prise. Espoir. Être. Finalité. Harmonie. Inspiration. Joie. Ordre. Paix. Sacré. Sérénité. Silence. Transcendance.
CÉLÉBRATION DE LA VIE (accueil de la vie dans ses étapes et ses différents aspects). Communion. Deuil, perte. Fête. Goût d'expérimenter l'intensité de la vie en soi. Humour. Jeu. Naissance. Rendre grâce.
Tes choix t’appartiennent et c’est à toi de savoir quels besoins satisfaire et avec qui, quelles personnes mettre dans ta vie. C’est ta responsabilité. Personne ne peut le faire à ta place.
LE BESOIN ET LA PULSION
Satisfaire ses besoins est une des clés du paradis, je l’avais compris. Mais comment les reconnaître et savoir lesquels sont importants ?
La communication marketing nous fait confondre le besoin et la pulsion et nous invite à consommer en nous laissant penser que la consommation produit du bonheur et de la satisfaction. Les années à venir vont nous monter que non.
La pulsion est une tension qui peut être satisfaite rapidement par les moyens appropriés : manger, boire, dormir, consommer, etc. Elle peut être aussi refoulée (disparaître) ou sublimée. (Art, religion, don de soi, et mille et une autres activités sublimatives. Les pulsions de mort, par exemple, sont sublimées dans les métiers médicaux : sage-femme, chirurgien, etc.) La satisfaction de la pulsion provoque un retour à l’état de détente et un vide.
Le besoin est différent de la pulsion, plus complexe, plus élaboré. La satisfaction des besoins nourrit, construit la personnalité, narcissise positivement la personne et la société et s’inscrit dans le temps. La non-satisfaction d’un besoin peut entraîner des troubles graves, voire la mort.
La SEXUALITE est une pulsion, l’AMOUR est un besoin. C’est pourquoi la pornographie appauvrit tandis que la sexualité vécue dans l’amour réconforte et nourrit.
La publicité nous fait confondre l’un et l’autre et propose des produits pour satisfaire des pulsions. Nous achetons, consommons, et restons vides, sans joie. Seule la satisfaction d’un besoin procure de la joie. Et seul le plaisir narcissise positivement. Mais produire et vendre ce qui nous permettrait de satisfaire nos vrais besoins est complexe, nécessite de l’implication et ne rapporte pas assez. Cela existait pourtant autrefois, cela s’appelait l’éducation, procédait de l’apprentissage, de la transmission générationnelle, de la générosité et du don.
LES BESOINS SONT HIERARCHISES
Dès les années 1950, dans leur théorie de la motivation, Abraham MASLOW et Karl HERTZBERG montraient que l’activité humaine est fondamentalement libidinale (vise à procurer du plaisir) et a pour but de satisfaire des besoins. Ces besoins sont hiérarchisés : Il faut qu’un niveau de besoin soit satisfait pour que le niveau de besoin suivant apparaisse. La hiérarchie est la suivante :
Premier niveau - Les besoins vitaux, de survie : nourriture. Logement. Santé. En France, au moment où j’écris, certains « travailleurs pauvres » et les SDF, certains jeunes ou retraités, ou des personnes socialement défavorisées ne satisfont pas leurs besoins primaires.
Deuxième niveau - Les besoins de sécurité : Il existe différents niveaux de sécurité, matérielle d’abord, mais aussi physique, émotionnelle, psychologique, sociale. L’indicateur, c’est la paix intérieure ressentie : elle existe ou pas.
Troisième niveau - Les besoins d’appartenance ou besoins sociaux. Ce sont les besoins relationnels avec les autres. La satisfaction de ces besoins donne le sentiment d’appartenir à un groupe, une famille, d’avoir des amis et d’être intégré dans son milieu. C’est ce qui conduit à s’impliquer dans une association, un mouvement politique, un collectif vocal.
Quatrième niveau - Les besoins de reconnaissance : Il peut s’agir de la recherche de statut, de position hiérarchique, de notoriété. La notion de reconnaissance va bien au-delà de la simple gratification, car c’est bien de gratitude dont il s’agit, de retour. C’est la re-connaissance par un public ou par les pairs de ce qu’on réalise et des bénéfices associés.
Cinquième niveau : Les besoins de réalisation, de pouvoir. Exister, c’est agir, prendre des responsabilités, des risques, dépasser ses limites, se dépasser. C’est le meilleur niveau de narcissisation. Celui qui rend fier de soi et de ses réalisations. Celui qui porte au dépassement de soi aussi.
Sixième niveau - Les besoins spirituels, de sens, religieux ou non. C’est le besoin d’être en accord avec ses valeurs, de donner un sens à son action ou à sa vie. Ceux qui consacrent leur métier et leur vie à un idéal placent ces besoins au premier plan. Ce fut longtemps mon cas.
Cette notion de hiérarchisation est importante car elle induit celle de progression, de développement. Sauter une étape, c’est transgresser les lois de la vie.
Si tu « sautes » un étage de la pyramide, tu dénies le niveau de besoins concerné. Il existe tant de dirigeants, de cadres, qui, dans le déni de leurs besoins d’appartenance, sont incapables de relations humaines cordiales avec leurs équipes. Et tant d’artistes qui négligent leur corps ou leurs besoins de sécurité, ou qui vivent sans amour, mais adulés.
LES BESOINS DE SECURITE SONT LE FONDEMENT DES AUTRES
Certaines démarches pseudo spirituelles ne prennent pas en compte les besoins de sécurité, ceux du corps notamment, conseillant même de les « dépasser ». Au motif que tout vient de l’âme, elles font prévaloir la supériorité de l’esprit sur le corps et dénient ce qui constitue les fondements mêmes de cette sécurité. Ceux qui travaillent dans les métiers d’aide aux déshérités le savent bien : ils commencent par proposer à ceux qu’ils accompagnent de se laver, de s’habiller chaudement, de manger, de se reposer, etc.
Quand on n’a pas de quoi finir le mois, cela génère des angoisses et des prises de tête qui n’ont rien de spirituel. Et se tromper de diagnostic c’est se tromper de remède.
Etant d’une famille d’idéalistes, j’avais ainsi longtemps marché sur la tête et ne m’étais intéressée ni au corps ni au monde matériel : je vivais pour l’idéal, dans un monde immatériel qui n’existait pas, en totale insécurité. Les choses ont commencé à aller mieux quand j’ai compris le sens du mot « incarnation ».
N’étant pas en mesure de satisfaire mes besoins d’amour et de sécurité, je m’étais réfugiée dans l’idéal, j’y jouais un rôle dans un scénario qui me convenait bien puisque j’en étais le scénariste et la principale actrice. Tout était possible… demain.
J’avais confondu les causes et les conséquences et réalisais que mes difficultés étaient d’ordre financier, matériel et physique et non pas spirituel, psychologique ou émotionnel comme je l’avais cru. J’étais en insécurité financière, ne prenais pas soin de moi et négligeais les besoins de mon corps. Et c’était ici et maintenant.
Je disposais de nouveaux repères. Je ressentais maintenant que je vivais dans un corps et dans un monde matériel et, que cela me plaise ou non, c’était de matière dont il s’agissait. Je devais l’accepter. J’ai remis la pyramide de Maslow à l’endroit et me suis occupée de mes besoins de sécurité.
J’avais compris quelque chose d’essentiel et commençais à entrevoir la possibilité d’un paradis.
CHOISIR LE PLAISIR

Leçon n° 7 : Le plaisir, c’est la vie.

Résumons : Tu es responsable de tes choix et tu peux choisir de te faire un enfer ou un paradis. Et tu peux choisir le plaisir. Mais, qu’est-ce que le plaisir ?
Le plaisir est une énergie. Lisez sur ce sujet l’excellent livre d’Alexander LOWEN (Psychothérapeute XXe siècle. Inventeur de la bioénergie). « LE PLAISIR ». LOWEN montre comment le plaisir est une énergie qui s’engramme dans le corps et le cerveau tout comme le dé-plaisir procure de la souffrance et occasionne des maladies.
« Le plaisir n’est pas de ces choses qui relèvent du commandement ni du contrôle de l’homme. Selon Goethe, c’est un don que Dieu fait à ceux qui s’identifient à la vie en jouissant de sa splendeur et de sa beauté. En retour, la vie leur donne en partage l’amour et la grâce. »
… « La civilisation moderne est plus orientée vers le MOI que vers le corps. Il s’ensuit que le pouvoir est devenu la valeur primordiale tandis que le plaisir est relégué au rang d’une valeur secondaire.  L’ambition de l’homme moderne est de maîtriser le monde et de commander au SOI.
En même temps, il craint toujours qu’une telle chose ne soit impossible… mais comme le plaisir est, dans sa personnalité, la force réparatrice et créatrice, son espoir est que la réalisation de ces projets lui donnera accès à une vie de plaisir.
C’est ainsi qu’il est poussé par son MOI à poursuivre des buts qui promettent le plaisir mais exigent le renoncement au plaisir. »
Et chacun sait que les injonctions contradictoires rendent fou.
LE REVE DU BONHEUR
Retrouvons A. LOWEN.
…La morale du « fun » représente une tentative pour ressaisir les plaisirs de l’enfance au moyen du « comme si ». Une grande part du jeu des enfants comporte l’attitude du « comme si ». « On dirait qu’on va chercher un trésor… On dirait qu’on est sur la Lune… » Cette fiction est nécessaire pour permettre à l’enfant de s’impliquer à fond dans l’activité du jeu.

L’adulte qui participe à ce « faire semblant de s’amuser » renverse le processus. Il s’engage dans des activités sérieuses de la vie, telle que la boisson ou le sexe, avec l’idée qu’il fait cela pour le « fun ». Bien sûr, il n’y parvient pas car l’engagement sérieux, si caractéristique du jeu enfantin est évité. La morale du « fun » semble spécialement destinée à empêcher cet engagement. Si c’est pour rire, on n’a pas à être engagé.
Une des prémisses essentielles de cette étude est qu’un engagement total dans ce qu’on fait est la condition fondamentale du plaisir. Un engagement partiel nous laisse divisés et en conflit avec nous-mêmes. »
J’avais tout compris. La recherche de plaisir est le fondement même de la vie humaine. L’énergie de vie, c’est le plaisir.
Pour obtenir du plaisir, il faut des conditions favorables et un ensemble de facteurs qui, combinés, vont produire du plaisir : La patience, la discipline, la connaissance, la durée, la maîtrise, la relation, la reconnaissance, la conformité à nos valeurs, le sens. Et surtout l’implication. Pendre plaisir à peindre ou à jouer d’un instrument demande des heures, mais plus on apprend, plus on progresse, plus le plaisir est grand. Jusqu’à ce qu’un jour, on soit capable de produire une œuvre à laquelle on s’identifie totalement.
Alors, on est fier de soi et heureux. Et c’est notre engagement qui est à la source de ce bonheur.
Et soudain me revenait en mémoire le souvenir de formations avec des ouvriers très spécialisés travaillant sur des machines-outils compliquées. Ils racontaient leur métier, auquel je ne comprenais rien, mais j’étais fascinée par leur implication et le plaisir qu’ils y prenaient. Passionnés et passionnants, ils auraient pu, si on les avait laissé faire, parler de leur travail longtemps.
Je vis aussi clairement du même coup, comment ceux qui ne s’engagent pas ne trouvent pas dans la vie le plaisir qu’ils en attendent et pourquoi ils sont tristes.
Pendant des années, c’est ce plaisir, cette implication qui m’avaient guidée. J’avais trouvé du plaisir dans tout ce que je faisais, qu’il s’agisse de mes activités professionnelles, sociales, de mes relations amicales. J’ai souvenir d’avoir ri, mais ri ! Et d’avoir été heureuse, de l’intérieur. J’étais « à fonds ». J’observais les petites rides autour de mes yeux qui commençaient à apparaitre en me disant que quand je serai vieille, elles me feraient des souvenirs. Je regrette aujourd’hui de ne pas en avoir davantage.

Je compris alors en quoi consistait mon principal atout séduction, tant professionnel que personnel : mon implication, mon désir de vie.
C’est avec ça que je faisais mon numéro, mais une fois le spectacle terminé, chacun rentrait chez soi et je restais seule avec mon nez rouge et un énorme sentiment de frustration.
J’étais impliquée dans ma vie professionnelle, oui, mais pour le reste ?
LE PLAISIR ET LA PULSION
J’allais bientôt comprendre, grâce aux travaux de B. STIEGLER, que notre époque était en train de tuer le plaisir. (Philosophe du XXIe siècle. Dans la disruption).
Le plaisir nourrit le cœur, le corps et l’esprit et narcissise positivement la personnalité. La pulsion fait cesser la tension et crée du vide. Le plaisir nécessite de l’implication, la pulsion est le ressort de la consommation. Or, le marketing, via les écrans, nous propose des objets (ou des services), qui ont pour but, au motif de nous faciliter la vie, de nous rendre passifs. Nous n’avons pas à choisir, d’autres le font pour nous.
La passivité crée de l’impuissance, du vide, et soit de la violence soit du désespoir.
Extrait de l’œuvre de Bernard STIEGLER.
Lorsqu’elle (la pulsion) se substitue au plaisir, elle empêche l’être humain de se narcissiser puisqu’elle le contraint à la passivité et empêche tout apprentissage et toute socialisation. A terme, elle crée du vide et du désespoir. Le désespoir conduit à la violence.
Le discours du marketing véhiculé par les écrans a pour but de satisfaire des pulsions qu’on nous fait confondre avec le plaisir. Le but est d’enrichir ceux qui vendent les produits en question. … Les conséquences en sont la surproduction, l’appauvrissement, la passivité qui engendre la bêtise et la violence.
A terme, ce système engendrera le manque de désir généralisé, (faute de plaisir) et la fin du capitalisme par abandon de la consommation. (Du désir de consommer et du désir d’innover).

Un grand nombre de personnes ne vivent pas dans le plaisir ; elles ne sont ni positives, ni créatives : Elles ne s’engagent pas vraiment, font semblant, vivent dans la peur, la honte, la dépendance, la pulsion. Et dans la culpabilité. Ou se désimpliquent complètement de la vie sociale et des préoccupations politiques.
LA PRAF ATTITUDE
Dans un tout récent ouvrage, Brice TEINTURIER, Président de l’institut de sondages IPSOS, révèle les raisons de la crise de confiance que nous vivons et l’émergence d’une nouvelle catégorie de citoyens, ceux qui n’en n’ont « plus rien à faire, plus rien à foutre ». Ils seraient bientôt 50 % à cultiver la PRAF ATTITUDE, mettant ainsi gravement en danger la démocratie.
J’entrevoyais, à l’extérieur, un début d’explication mais pas encore de solution. Je devais continuer à chercher.
LE MASOCHISME
Retrouvons A. LOWEN.

« Pour comprendre la nature du plaisir, il faut la mettre en contraste avec la douleur. Tous deux définissent la qualité du comportement de l’individu dans toute situation. Quand ce comportement est positif et que les sensations s’écoulent librement, il faut parler de plaisir.
Quand ce comportement est négatif et qu’il n’y a pas de flux rythmique de sensations, il convient de qualifier la situation de désagréable ou de pénible.
Mais comme l’expérience du plaisir ou de la douleur est déterminée par ce qui se passe dans le corps, toute perturbation intérieure qui bloque l’écoulement des sensations donne lieu à une impression douloureuse, sans égard aux sollicitations de la situation extérieure.
Le plaisir et la douleur sont dans une relation polaire, mise en évidence par le fait que le soulagement de la douleur est invariablement éprouvé comme du plaisir. Pour la même raison, une perte de plaisir nous laisse dans un état pénible. Mais comme nous identifions le plaisir à des situations spécifiques et la souffrance à des atteintes spécifiques, nous ne voyons pas que notre auto-aperception consciente est toujours soumise à ces sentiments ».
« Ce qui distingue le masochiste de l’homme normal, c’est son besoin continuel de douleur pour éprouver du plaisir. Vingt fois, cent fois, il provoque les mêmes situations douloureuses dans sa tentative désespérée d’accéder au plaisir. Il semble ne tirer aucun enseignement de ses expériences. Reich a montré que le masochiste ne s’intéresse pas à la douleur pour la douleur, mais recherche le plaisir accessible à travers celle-ci.  Dans le masochisme sexuel par exemple, le corps est tellement contracté, les muscles des fesses et du bassin tellement tendus que l’excitation sexuelle ne peut parvenir aux organes génitaux. La douleur est nécessaire pour relâcher les tensions. »
Je comprenais enfin pourquoi tant de mes amis, et moi-même continuions à aimer des personnes qui nous faisaient mal, pourquoi mon amie Nathalie, que j’avais connue drôle, créative et libre était devenue obèse et laide. Tout son système de vie consistait à faire plaisir aux autres. Elle faisait les choses par devoir et s’oubliait.
Rétrospectivement, je comprenais aussi pourquoi mon ami Stéphane collectionnait les aventures amoureuses dans lesquelles il ne s’impliquait pas. Il se vantait de ses conquêtes qu’il exhibait comme des trophées, il en faisait des caisses et se donnait du mal pour nous convaincre du plaisir qu’il prenait mais son corps maigre et tendu, son aspect négligé, son visage anxieux, affirmaient le contraire. Il parlait sans cesse, fumait et buvait trop. C’était un « baiseur triste ». Son instinct de chasseur perdurait avec le temps mais il ne construisait rien. Année après année, et comme ses histoires finissaient mal évidemment, il ancrait de plus en plus profondément en lui la croyance qu’il ne valait pas grand-chose et qu’il serait toujours seul. Confondant le plaisir et la jouissance, il avait dû croire un jour qu’il allait pourvoir vivre en tenant l’amour à distance et sans s’impliquer, mais il en crevait.
J’espérais qu’il rencontrerait bientôt une femme plus maline que les autres qui lui ferait la seule chose à faire : lui masser les pieds et le corps pour qu’il se détende et lui dire de se taire.
Nous nous étions perdus de vue depuis une dizaine d’années ; je l’ai revu il y a peu. Il est encore assez beau, n’a pas beaucoup changé mais il est devenu alcoolique et sa seule amie, maintenant, c’est la bière.
Du coup, je comprenais aussi à quoi me servaient mes kilos : ils me protégeaient. Plus le temps passait, plus je voulais garder mes distances et ne laisser à aucun prix quelqu’un s’approcher.
LES PETER PAN
Dans son récit « PETER PAN OU L’ENFANT TRISTE, Kathleen KELLEY-LAINE revisite le mythe de Peter Pan : « Comme Peter Pan, l'enfant triste est en apparence un enfant léger, gai, innocent et sans cœur qui, à la suite d'une tragédie ou parce qu'il a été sommé de devenir trop brutalement adulte, s'accroche désespérément au pays de son enfance.
Peter Pan voulait tant échapper au destin d'être humain qu'il était décidé à rester un oiseau, comme avant sa naissance. Il lui est impossible de pleurer, alors il choisit de ne rien ressentir. Il s'envole et enterre sa tristesse dans ce lieu secret, inaccessible, le Jamais-Jamais de son enfance. Faut-il parler de dépression ? L'auteur ne prononce pas le mot, mais elle plaide pour une écoute attentive de l'enfant, celui qui ne peut pas grandir et celui qui pleure dans l'adulte ».
Je comptais bien consacrer ma vie à des occupations positives et créatives quand commença à se produire un scénario répétitif qu’il allait me falloir comprendre. Des hommes venaient à moi, attirés par mon dynamisme et mon désir de vie, semblait-il. Nous partagions d’abord un réel plaisir, platonique, qui durait tant que j’étais moteur dans la relation. Au bout de quelques mois, quand je commençais à attendre du plaisir et de l’implication, je découvrais en eux la peur d’aimer. Ces hommes qui étaient si forts professionnellement, étaient murés de l’intérieur.
Je compris alors que j’attirais à moi des Peter Pan, des hommes mal construits, en panne de désir et qui comptaient sur moi pour le leur réveiller. C’est quand Wendy remplaçait la fée Clochette que tout se gâtait.
Les pauvres. Jamais je n’aurai suivi un homme qui a du mal à s’impliquer. Et tandis que j’adoptais des comportements d’adulte, ils attendaient de moi que je prenne les commandes et fasse les choses à leur place.
Incapables d’être en relation, ils rêvaient d’une femme-mère idéale qui satisferait tous leurs désirs sans rien avoir à donner en échange. Ils me faisaient pitié, je les plaignais beaucoup et ne savais comment les aider.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10

similaire:

LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi iconLeçon 21 05 Juin 1963 Leçon 22 12 Juin 1963 Leçon 23 19 Juin 1963...

LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi iconLeçon 21 17 Mai 1961 Paul Claudel : Trilogie Leçon 22 24 Mai 1961...
«De l’amour». Trad. Léon robin ( texte grec et trad. Fr.) Notice pp 13–129, texte pp 130–313

LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi iconAnnale terminale l/ES/s philosophie
«je pense, donc je suis». Quand bien même tout ce en quoi je crois n'aurait pas plus de vérité que le contenu de mes songes, une...

LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi iconPlus question d'appeler cela le purgatoire, à présent c'était carrément...
«i». Plus personne ne pouvait s'aventurer à dire que je manquais à mon devoir désormais

LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi icon1. 1 La linguistique cognitive existe-t-elle ?

LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi iconDe l’amour et de l’ambiguïtÉ
«verbalisées», «admises», «réelles» en raison de la position sociale des femmes3; mais aussi les autres, «refoulées ou non dites»,...

LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi iconLeçon 1A Ça va?

LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi iconLeçon 1A Ça va?

LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi iconLeçon 10

LEÇon n° 1 L’enfer existe, le paradis aussi iconLeçon 1A Ça va?








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com