Démarches systémiques & géographie humaine








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SYSTèMES & GÉOGRAPHIE HUMAINE

Bibliographie de base

Pour commencer :

Durand, Daniel, La systémique, Paris, PUF, 1979, coll. « Que sais-je ? », n° 1795.

Lapierre, Jean-William, L’analyse de systèmes. L’application aux sciences sociales, Paris, Syros, 1992.

Rosnay, Joël de, Le macroscope, Vers une vision globale, Le Seuil, 1975, rééd. Points essais, n° 80.

Rosnay, Joël de, L’homme symbiotique, Paris, Le Seuil, 1995.

Ouvrages fondamentaux :

Barel, Yves, « L’idée de système dans les sciences sociales », dans Esprit, 1977, n°1 (janvier), p. 69-82.

Barel, Yves, Le paradoxe et le système. Essai sur le fantastique social, P. U. de Grenoble, 2e éd., 1989.

Bertalanffy, Ludwig Von, Théorie générale des systèmes, Paris, Dunod, 1973.

Forrester, Jay W., Principes des systèmes, P. U. de Lyon, 1980.

Le Moigne, Jean-Louis, La théorie du système général. Théorie de la modélisation, Paris, PUF, 2e éd., 1984.

Morin, Edgar, Introduction à la pensée complexe, Paris, ESF, coll. « Communication et complexité », 1990.

Prigogine, Ilya & Stengers, Isabelle, La nouvelle alliance, Paris, Gallimard, 1979.

En Géographie :

Aschan-Leygonie, Christina, « Vers une analyse de la résilience des systèmes spatiaux », L’Espace géographique, 2000, n° 1, p. 64-77.

Auriac, Franck & Durand-Dastès, François, « Réflexions sur quelques développements récents de l'analyse de systèmes dans la géographie française » dans Brouillons Dupont, n° 7, 1981, p. 71-80.

Auriac, Franck, Système économique et espace, économica, 1982.

Auriac, Franck, « Espace et système » dans Bulletin de la Société Languedocienne de géographie, 1983, 1-2, p. 35-51.

Baudelle, Guy & Pinchemel, Philippe, « De l’analyse systémique de l’espace au système spatial en géographie », dans F. Auriac & R. Brunet (dir.), Espaces, jeux et enjeux, Paris, Fayard-Fondation Diderot, 1986, p. 83-94.

Baudelle, Guy, « L’héritage spatial, agent d’inertie : l’exemple des bassins miniers », dans Groupe Dupont, Géopoint 1990, Histoire, Temps et Espace, Avignon, 1990, p. 57-62.

Beaujeu-Garnier, Jacqueline, « La géographie et la notion de “systèmes” », dans La pensée géographique française, Mélanges A. Meynier, Rennes-St-Brieuc, Presses Univ. de Bretagne, 1972, p. 107-114.

Bertrand, Georges, « Pour une histoire écologique de la France rurale », dans Histoire de la France rurale, t. I, Paris, 1975, rééd. Coll. « Points histoire » (en poche), 1992, p. 39-115.

Bertrand, Georges et Claude, Une géographie traversière. L’environnement à travers territoires et temporalités, éds Arguments, 2002

Brunet, Roger, « Pour une théorie de la géographie régionale », dans La pensée géographique française, Mélanges A. Meynier, Rennes-St-Brieuc, Presses Univ. de Bretagne, 1972, p. 649-662.

Brunet, Roger, « Les nouveaux aspects de la recherche géographique : rupture ou raffinement de la tradition ? », L’Espace géographique, 1972, I, n° 2, p. 73-77.

Brunet, Roger, « Systèmes et approche systémique en géographie », BAGF, 1979, n° 465, p. 399-407.

Brunet, Roger, « La dynamique des systèmes », chapitre IX du Livre I, « Le déchiffrement du monde » dans R. Brunet & O. Dolfuss, Mondes nouveaux, Géo. universelle, vol. 1, Belin-Reclus, 1990.

Chamussy, Henri, et alii, « Un système dans le système : le modèle A.M.O.R.A.L. » dans Théo Quant, Géoscopie de la France, Paris, Minard, 1984, p. 309-325.

Dauphiné, André, Espace, régions et systèmes, Paris, éds Économica, coll. « Géographia », 1979.

Dauphiné, André, Les théories de la complexité chez les géographes, Anthropos, « Villes et géographies », 2003.

Durand-Dastès, François, « Systèmes et localisations : problèmes théoriques et formels », dans Groupe Dupont, Géopoint 84, systèmes et localisations, Université d’Avignon, 1984.

Groupe Dupont, dir., Géopoint 84, systèmes et localisations, Université d’Avignon, 1984.

Guermond, Yves, dir., Analyse de système en géographie, Presses universitaires de Lyon, 1984.

Loi, Daniel, « Sur quelques rapports entre causalité et analyse de système » dans Guermond, Yves, dir., Analyse de système en géographie, P.U. de Lyon, 1984.

Marchand, Jean-Pierre, « Catastrophes et accidents climatiques », chap. iv de Contraintes climatiques et espace géographique : le cas irlandais, Caen, Paradigme, 1985, p. 241-252 notamment.

Pinchemel, Philippe et Geneviève, « Les systèmes spatiaux », chapitre IX de La Face de la terre. éléments de géographie, Paris, Armand Colin, 1988, p. 185-217.

Pumain, Denise, Saint-Julien, Thérèse, Sanders, Léna, Villes et auto-organisation, Économica, 1989.

Pumain, Denise, « Les systèmes de villes » dans A. Bailly, R. Ferras, D. Pumain (dir.), Encyclopédie de géographie, économica, 1995, p. 623-641.

Pumain, Denise, « Vers une théorie évolutive des villes », L’espace géographique, 1997, n° 2, p. 119-134.

Pumain, Denise, « Approche systémique et causalité : à propos des systèmes de villes », dans M.-C. Robic, dir., Géographie. Déterminisme, possibilisme, approche systémique, Cours CNED, 2001, fascicule III, p. 65-103.

Pumain, Denise, « Une approche de la complexité en géographie », Géocarrefour, n° 78, 2003, p. 25-31.

Pumain, Denise, « Villes et échelles spatio-temporelles », dans M.-C. Robic, dir., Échelles et temporalités en géographie, Cours CNED, 2004, fascicule II, p. 96-129.

Racine, Jean-Bernard & Reymond, Henri, L’analyse quantitative en géographie, Paris, P.U.F., coll. « Sup », 1973.

Reymond, Henri, « Une problématique théorique : plaidoyer pour une chorotaxie expérimentale », dans H. Isnard, J.-B. Racine et H. Reymond, Problématiques de la géographie, Paris, P.U.F., 1981, p. 163-249.

Reymond, Henri, « Défense et illustration d’une géographie didactique universitaire. À propos du livre de Jacques Scheibling, Qu’est-ce que la géographie ? », dans L’Espace géographique, 1996, n°1, p. 3-21.

Sanders, Léna, Système de villes et synergétique, Paris, Économica, 1992.

Uvietta, Patrice, « Pour une approche systémique et la simulation des phénomènes sociaux », Brouillons Dupont, n° 1, 1977, p. 31-42.

I Introduction à la démarche systémique

Selon les définitions les plus usitées, un système serait...

[...] une totalité organisée, faite d'éléments solidaires ne pouvant être définis que les uns par rapport aux autres en fonction de leur place dans cette totalité.

Ferdinand de Saussure (linguiste)

[... un] ensemble d'unités en interrelations mutuelles.

Ludwig van Bertalanffy (biologiste)

[un] ensemble d'éléments en interaction dynamique, organisés en fonction d'un but

Joël de Rosnay (vulgarisateur scientifique)

[une] unité globale organisée d'interrelations entre éléments, actions ou individus.

Edgar Morin (sociologue)

Rien de plus commun que le terme de « système ». Rien de plus équivoque non plus : la polysémie17 qu’il recouvre est redoutable. L’acception la plus classique est celle que l’on retrouve dans l’idée de « système philosophique » ou de « système de pensée » : elle renvoie à une idée de grande cohérence théorique dans la pensée d’un individu ou dans une construction idéologique. En ce sens, le mot renvoie à l’univers de la pensée. En revanche, dans l’acception contemporaine, il y a comme un déplacement vers l’univers des choses (mais de façon relative) : on postule qu’un objet (une machine, un organisme vivant, un langage, une société, etc.) est cohérent, (auto-)organisé et dispose d’une dynamique propre. En somme, ce qui servait à désigner une construction intellectuelle élaborée et cohérente a été étendu métaphoriquement aux objets de cette construction. Une telle extension espère en retour des bénéfices de connaissance18 : que l’on puisse à partir de là dire des choses pertinentes sur les objets ainsi conçus, voire prédire leur comportement...

Cette extension de l’usage du mot « système » trouve son origine, ainsi que nous l’avons déjà souligné, dans la General System Theory qui a été conçue et formalisée aux États-Unis et en Europe dans les années 1950. Il s’agit d’une théorie logico-mathématique d’abord et avant tout, susceptible d’être exploitée et adaptée dans de nombreux domaines de recherche empirique (biologie, cybernétique, etc.). Toutefois, une ambiguïté originelle pèse sur cette théorie logico-mathématique : formalisée pour répondre aux besoins de multiples champs disciplinaires, elle a d’emblée été au centre d’un conflit entre spécialistes disciplinaires (biologistes, physiciens, etc.) et systémistes théoriciens, les premiers mettant en avant la « réalité » empirique des systèmes particuliers qu’ils étudiaient, alors que les seconds mettaient en avant le caractère spéculatif, universel et formel de la General System Theory. Cette tension se retrouve lorsqu’il s’agit de traduire l’expression en français : faut-il parler de Théorie générale des systèmes venant synthétiser des élaborations avant tout disciplinaires ? Ou faut-il, à la manière de Jean-Louis Le Moigne, systémiste théoricien français, parler de Théorie du Système Général, afin de restaurer son caractère global et formel à ladite théorie ?

Ce débat est loin d’être anodin, car il a engendré une ligne de clivage assez irréductible entre une partie des scientifiques, « systémistes » occasionnels, et la partie de l’intelligentsia qui a accueilli avec enthousiasme la « révolution systémique » à la fin des années 1970. Il est capital de comprendre que l’acception du terme « système » est métaphorique à l’origine, dans les formulations de la TSG. Il n’est pas question pour les systémistes de dire que la chose réelle « est » un système mais de voir en quoi la métaphore a du sens et peut permettre d’interpréter et de prédire le comportement d’objets fort variés. Cette attitude (ou posture) peut être qualifiée de constructiviste19 ; elle exclut par principe une connaissance directe ou brute de la « réalité », forcément toujours construite au préalable par un médium (langage, représentation, concept). Elle déroute la plupart des scientifiques, l’opinion publique, les géographes d’obédience classique et les étudiants, parce qu’elle va à l’encontre d’une conviction implicite largement dominante dans nos sociétés, qui veut que la réalité est quelque chose de stable à quoi l’on peut avoir un accès direct. Et ceci est passablement fort dans la discipline « géographie », qui s’est souvent affirmée comme science du « concret », de la « réalité », des « faits »20. À défaut d’ouvrir de nouveaux abîmes en polémiquant à ce sujet, il s’agit au moins d’être clair sur l’idée du principe métaphorique de la pensée systémique, et sur les malentendus que cela peut susciter vis à vis de conceptions réalistes des sciences.

Développée dans de nombreux livres, formalisée sous forme de schémas, mise en équation, la métaphore systémique a été tellement « filée », développée, étendue, qu’elle a fini par prendre l’aspect d’un corpus théorique autonome, que certains n’ont pas hésité à qualifier de nouveau paradigme21. Ce corpus est désigné depuis au moins deux décennies soit comme « théorie du système général », soit comme « théorie générale des systèmes », deux formules assez différentes pour traduire le titre anglais (fort ambigu) de Bertalanffy : general system theory. En France, adopter l’une ou l’autre formulation est lourd de sens. Les constructivistes, derrière Jean-Louis Le Moigne, affirment que seule la première version est recevable, parce qu’elle est fidèle à l’esprit de Bertalanffy22 et parce qu’elle met l’accent sur le caractère de construction à vocation universelle de la théorie. Par contraste, des chercheurs attachés à une discipline en particulier, parfois susceptibles de considérer que les systèmes « existent » de façon autonome, peuvent refuser l’idée de « système général » et considérer la system theory comme une mise en parallèle de démarches propres à des sciences différentes.



Source : Daniel DURAND, La systémique, Paris, PUF, 1979, coll. « Que sais-je ? », n° 1795, p. 69.

A Principes de base

Les définitions liminaires proposées au début de cette première partie permettent de se faire une idée approximative d’un certain nombre d’idées majeures de la pensée systémique :

* Celle-ci s’intéresse à des totalités, à des entités regroupant un ensemble d’éléments. Mais cette définition est très insuffisante...

* Elle présuppose que les éléments constitutifs d’un système sont solidaires. C’est la solidarité qui fonde la différence majeure entre un système et un simple ensemble. En outre, ce principe d’interaction entre éléments débouche sur une perspective dynamique : si une modification interne ou externe affecte le système, elle va se répercuter sur une bonne partie, voire sur la totalité, des éléments.

* L’idée d’interaction entre éléments a une conséquence épistémologique majeure : alors que dans la pensée scientifique classique l’explication recourt principalement au principe de relation cause/effet, ce n’est plus le cas dans une approche systémique. Afin de clarifier cette opposition, prenons quelques exemples simples. Lorsque l’on met en relation deux phénomènes, le chômage et l’inflation, par exemple, ou le chemin de fer et l’exode rural, dont on a pu observer qu’ils se développaient conjointement, la pensée classique (qualifiée souvent de « cartésienne ») cherche à isoler ce qui est cause et ce qui est conséquence. Elle édictera par exemple

Cause (phénomène A) Conséquence (phénomène B)

inflation chômage

développement du chemin de fer exode rural

riziculture fortes densités de population

Dans ces différents cas, la croissance du phénomène « premier » est supposée entraîner la croissance du phénomène « second ». On peut aussi imaginer des cas de figure où la croissance de A entraîne la décroissance de B. Ainsi, l’essor du niveau de vie d’une population est souvent analysé comme à l’origine d’une baisse de son taux de natalité. Appréhendé ainsi, il s’agit encore d’une relation de cause à effet de type linéaire. D’une manière générale, la pensée cartésienne recherche des « causes premières », susceptibles d’expliquer des processus, voire parfois, des processus en « cascade ». Mais elle considère qu’il y a toujours initialement un facteur déclenchant, une cause première, ou « en première instance ».

L’idée de base de la pensée systémique est justement de réfuter la nécessité d’une cause première et de postuler une interaction entre les phénomènes. Si le développement du chemin de fer a largement facilité la circulation entre les espaces ruraux et les villes, rendant possible des mouvements massifs de population, ceux-ci ont en retour contribué à la rentabilité économique de ce nouveau mode de transport. A n’est plus la cause de B : les deux phénomènes s’entretiennent l’un l’autre, et il n’est pas nécessaire de considérer une cause première. De la même façon, si la riziculture asiatique permet de nourrir des populations nombreuses, cette activité très demandeuse de main d’œuvre n’est possible que si les densités de population sont élevées. Enfin, si la croissance de l’inflation pousse certaines entreprises à augmenter leur productivité, notamment en réduisant les effectifs, ce qui génère du chômage, celui-ci contraint ceux qu’il affecte à réduire leur consommation. Dès lors, la croissance de B peut fort bien déboucher sur un ralentissement de l’inflation (on dit que le phénomène A est freiné).

Dans ces divers exemples, on voit intervenir ce que l’on appelle des rétroactions. Si un phénomène A agit (en croissant ou en décroissant) sur un phénomène B, celui-ci a son tour, comme il est systémiquement lié à A, va rétroagir sur lui. Si la rétroaction va dans le même sens que l’action, alors on parle de rétroaction positive (ou entraînement). C’est le cas pour les couples chemin de fer/exode rural et riziculture/densités de population. Si elle agit en sens inverse, on parle de rétroaction négative (ou freinage). C’est le cas pour le couple inflation/chômage. Tout ceci pourrait se schématiser ainsi :

Légende :



A B A b augmente



rétroaction positive rétroaction négative freine

Les cas proposés jusqu’à présent étaient extrêmement simples, alors que la plupart des analyses systémiques considèrent de très nombreuses interactions. Déjà plus complexe est la situation présentée ci-après, qui se propose d’interpréter le processus d’endettement dans l’agriculture productiviste. Volontairement, les phénomènes n’ont pas été quantifiés, afin de ménager plusieurs types de configuration. Dans une situation inflationniste, le coût des intrants (engrais, produits phyto-sanitaires, etc.) augmente, ce qui entraîne un renchérissement des charges des exploitations. Afin d’éviter que leur revenu ne soit grevé, les agriculteurs ont tendance à essayer d’augmenter leur production (ce qui peut améliorer conjoncturellement la situation). Faire de nouveaux investissements est l’une des solutions, mais elle a pour effet d’augmenter l’endettement, et donc le poids des charges. En tout état de cause, si de nombreux agriculteurs « réagissent » de la même manière, le volume produit va augmenter sensiblement, entraînant à terme une baisse des prix du produit agricole (ce qui réduira leur revenu), mais aussi, tendanciellement, un renchérissement de l’inflation (du fait de l’augmentation du volume de biens), ce qui est susceptible d’accroître les charges d’exploitation. En revanche, la situation inflationniste a tendance à modérer le poids de l’endettement. Etc. On pourrait poursuivre plus avant le travail de mise à plat de ce schéma, mais là n’est pas l’objectif.

Avec ce type d’analyse, on voit apparaître ce que l’on appelle des boucles de rétroaction : si un phénomène de croissance apparaît au niveau de l’un des processus constitutifs du système, il se répercutera largement et pourra avoir des effets (d’amplification ou de freinage) sur lui-même à la suite d’une série d’interactions (ce que l’on a vaguement simulé ci-dessus à partir des charges).



Revenu



Coût des intrants Charges Nécessité de produire



Inflation Endettement Investissements Production



Prix du produit

Ci-après sont reproduits pleine page des schémas conçus par François Durand-Dastès, l’un des principaux propagateurs de la démarche systémiste dans la géographie française.

Ces schémas se veulent une interprétation systémique des dynamiques de population. L’approche s’avère encore un peu plus complexe que dans l’exemple précédent. À partir d’un schéma général, François Durand-Dastès propose trois configurations « spécifiques », relatives aux trois grands types de situation démographique qui ont été décrits. Ces configurations sont souvent qualifiées de « scénarios ». Les boucles de rétroaction sont légion. Ainsi, dans une situation « traditionnelle », l’importance de la fécondité, selon François Durand-Dastès, entretient les crises de subsistance, et donc la mortalité, ce qui aboutit à stimuler la fécondité via ce qu’il appelle une « réaction de défense ». En somme, à travers un processus complexe, la fécondité s’auto-entretient indirectement.



Petite précaution qui a son importance : pour détailler une boucle de rétroaction, un discours est obligé de prendre un point de départ (les « charges d’exploitation » ou la « fécondité » dans les exemples précédemment développés). Ceci est une nécessité qu’impose le fait de tenir un discours : pour parler ou écrire, nous devons forcément avoir un point de départ, et un propos sera forcément linéaire (nous ne pouvons pas, ou très difficilement, dire plusieurs choses à la fois). En ce sens, expliquer un processus systémique par un discours est gênant, car l’on est obligé de « trahir » sur la forme le principe des interactions multiples. En tout état de cause, il ne faut pas prendre les entrées prises pour point de départ (les « charges d’exploitation » ou la « fécondité ») des exemples qui précèdent pour des causes premières. Nous aurions pu décrire les mêmes boucles de rétroaction (ou d’autres) en utilisant un autre point de départ. Par incidence, ceci vous explique le caractère omniprésent des diagrammes sagittaux (ou diagrammes à flèches) dans l’analyse systémique, plus efficaces que le discours pour rendre compte d’interactions complexes ; du moins tant qu’il n’est pas nécessaire d’expliciter plus avant ce que l’on a produit...

* à partir de ces longs développements émerge un autre concept central de l’approche systémique : la
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