Relire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr …








télécharger 181.14 Kb.
titreRelire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr …
page7/10
date de publication19.11.2017
taille181.14 Kb.
typeDocumentos
b.21-bal.com > documents > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10

5.1. Le CVS : quelques éléments de contexte


Le CVS est issu d’un projet de loi fédéral voulant répondre à la volonté de la Suisse de se positionner dans un marché de la formation en ligne dominé par des institutions académiques ou commerciales internationales mais aussi de préparer la nation à la société du savoir en émergence. Dans cette perspective, donner aux universités et à leurs étudiants l’opportunité de développer une culture du e-learning,   culture de la production des cours en ligne et culture de l’apprentissage en ligne    a semblé une étape incontournable. Il est intéressant de relire les textes officiels présentant le CVS ainsi les caractéristiques essentielles de son programme 2000-2003 :

« L'actuel programme incitatif "Campus virtuel suisse" a pour objectif d'encourager et d'accumuler, dans les hautes écoles suisses, le savoir-faire nécessaire pour mettre au point et utiliser des modules de formation interactifs en ligne14, basés sur Internet. (…) 

La Conférence universitaire suisse assure la responsabilité générale du programme et un Comité de pilotage formé d'un collège de huit experts est quant à lui responsable de la réalisation des objectifs fixés, dont les trois principaux sont les suivants:

    1. Trois facultés au moins appartenant à des hautes écoles différentes développent ensemble et offrent des modules de cours en ligne. Les étudiants de chaque institution participante peuvent prendre des cours en ligne afin d'obtenir des crédits. Le principal avantage de cette approche réside dans la mise en commun des ressources pour créer des cours et les proposer en ligne. Les apprenants peuvent profiter des interactions ainsi créées entre les institutions pour communiquer entre eux.

    2. Les modules en ligne atteignent le plus grand nombre d'étudiants potentiels possible, suivent des objectifs pédagogiques clairs, peuvent être comptabilisés sous forme de crédits européens ECTS (European Credit Transfer System), utilisent les approches conceptuelles et les instruments à la pointe du progrès et encouragent le multilinguisme à bon escient.

    3. (…).

      Comité de pilotage Campus Virtuel Suisse (2003 : 3)

5.2. Du côté de la réforme


Selon les catégories d’innovation relevées plus tôt, nous nous trouvons vraisemblablement dans une perspective de réforme, instaurée, gérée et soutenue par l’état. Tous les ingrédients d’une réforme se trouvent présents : les structures d’organisation et de gestion du programme, les décisions et le plan d’action articulés à un projet de société fondé sur l’idée du progrès, tenant compte des facteurs internationaux   société du savoir et l’information, mobilité virtuelle, etc.   et nationaux (projets multilingues et inter-cantonaux), etc. Le discours tenu par les membres de l’exécutif du CVS insiste de surcroît sur le fait que le programme ne fait pas de recherche, qu’il subventionne le développement de cours en ligne. Si l’insistance à développer des cours en ligne, peut s’expliquer dans la perspective économique du « marchandising » de la formation, elle implique une survalorisation du produit au détriment du processus. Les textes (Conférence universitaire suisse, 1999), notamment ceux du premier appel d’offre (http://www.virtualcampus.ch/docs/99-10-10AusschrFR.html, consulté le 23 mai 2003), insistent encore sur le niveau de qualité attendu des produits « tant sur le plan des contenus qu'en ce qui concerne les aspects didactiques et ergonomiques ». Il est d’ailleurs fait mention d’un label « campus virtuel suisse ».

Pourtant l’innovation pédagogique et le développement d’une culture du e-learning sont bien présents dans les textes fondateurs du CVS. Dans l’appel d’offre déjà cité, ils transparaissent, relativisant même la presque exclusivité des « cours en ligne » : « L’offre de formation à distance ou présentielle15 visera en particulier l’amélioration, dans les domaines retenus, de la qualité de l’expérience éducative pour l’étudiant par une transformation de l’enseignement universitaire. Il s’agit, dans la mesure du possible, de renforcer l’interactivité dans l’apprentissage, de centrer les actes didactiques sur l’apprenant en incitant celui-ci à profiter des possibilités et des ressources d’Internet pour la réalisation d’objectifs définis à l’avance. » (ibidem). Contradictoirement, voici donc que la reforme s’ancre dans le local et dans l’expérience, dans le vécu des principaux acteurs, des apprenants tout au long de leur parcours universitaire.

5.2.1. Le primat de la technologie : le choix de la plateforme


Cela dit, les composantes de l’innovation en pédagogie ne seront jamais complètement assumées par la pratique prônée et soutenue par l’exécutif du CVS, loin s’en faut. Malgré l’insistance de plusieurs pédagogues lors de la formulation initiale du cadre et des politiques du Campus virtuel, la pédagogie n’a pas fait l’objet d’un support spécifique au départ des projets. Ce n’est qu’après une année de fonctionnement du programme et devant les problèmes de pédagogie rencontrés par plusieurs projets, qu’un mandat d’évaluation et de support pédagogique a été octroyé à TECFA16. La mise en route du mandat donc été faite après le démarrage des projets et pour certains, jusqu’à 18 mois après17. Certaines universités offrent un support pédagogique local aux équipes mais pas toutes. En contraste, un mandat technologique a dès le départ été accordé à une institution (EDUTECH18) afin d’aborder les problèmes de plateforme et d’interopérabilité des cours entre universités. Cette focalisation sur la plateforme nos intéresse pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle manifeste ce qui, pour nous, apparaît comme une inversion des priorités : la prédominance des préoccupations techniques sur celles qui relèvent de la psychopédagogie. Ensuite, elle montre quel est le niveau de médiatisation attendu par les décideurs/experts : il s’agit de médiatiser le systèmes de formation dans sa globalité et ses principales fonctions, la médiatisation permettant en effet : a) un accès « délocalisé » dans le temps et dans l’espace ; b) des formes de télé-présence utiles pour le tutorat par exemple et enfin c) des formes d’interactivité (bien que ce terme n’ait jamais été défini ou explicité dans les textes qui s’y réfèrent néanmoins souvent). L’utilisation adéquate des systèmes de représentation et de médiation des connaissances sur lesquels un certains nombre de chercheurs – pour faire court, psychologues, pédagogues et sémioticiens – et de praticiens travaillent depuis des années dans une perspective interdisciplinaire se trouve complètement occultée par cette vision : elle est implicitement reléguée au niveau des enseignants, dont on sait par ailleurs qu’elle ne constitue pas pour la majorité une question primordiale. On est donc passé à un niveau de médiatisation plus complexe (cfr ici même page 6) sans résoudre pour autant les problèmes de langages – le verbal, le visuel, le graphique, etc. et leurs rapports – dont la maîtrise est essentielle pour contribuer à un impact positif sur l’apprentissage. Enfin, la centration sur la plateforme démontre bien l’accent porté aux technologies et la non-prise en compte de la technologie éducative appelée aussi dans certains milieux ingénierie pédagogique. D’une façon lapidaire, nous pourrions dire que le programme CVS s’est attaché à l’introduction d’un dispositif technologique dans les systèmes de formation universitaire bien plus qu’à l’intégration de la technologie et de l’innovation en pédagogie universitaire. Une approche d’ingénierie pédagogique impliquant une analyse poussée des conditions de départ et des contraintes potentielles aurait probablement mis à l’avant plan la complexité du défi et le besoin de recourir aux recommandations faites par la littérature sur l’intégration pédagogique des TIC et sur l’implantation d’innovations. Mais à l’instar de la pédagogie, l’innovation elle aussi est poussée en arrière plan malgré que plusieurs aspects du programme de Campus Virtuel Suisse constituent en soi des sources d’innovation qui, en s’additionnant, viennent multiplier la complexité du défi que rencontre les projets. Voici quelques dimensions constituant des facteurs d’innovation pour la majorité des acteurs et qui ont été relevés par IntersTICES (Viens, Deschryver et Peraya, 2002) :

  • La constitution obligatoire d’équipes multi-universitaires devant produire et utiliser les cours ;

    • gestion complexe (pédagogique, technologique, administrative et institutionnelle) ;

    • programmes, normes et procédures institutionnelles, contextes pédagogiques non-homogènes ;

    • plusieurs langues sont utilisées par les acteurs (Allemand, français, italien et anglais) ;

    • culture et orientations pédagogiques divergentes au sein d’une même équipe ;

  • La structure de gestion d’un projet rendu complexe par son envergure, son objet et ses conditions de réalisation ;

    • attribution des fonds au professeur responsable qui doit, parmi ses autres tâches académique : gérer un projet complexe, pour lequel il ne possède pas une entière expertise (les aspects e-learning, médiatisation, multi-universitaire, etc. ;

    • engagement de coordonnateurs, non expérimentés en gestion de projets ni en e-learning ;

  • L’objet technologique comme tel, les TIC, une innovation technologique de base pour plusieurs, un inédit, forme essentielle de l’innovation (De Ketele, 2002) ;

    • pas maîtrisé par plusieurs acteurs, encore moins dans sa dimension d’intégration pédagogique ;

  • La médiatisation de contenu/activités pédagogiques avec les TIC ;

    • très faible expérience des acteurs;

  • La médiatisation de cours complet en e-learning ;

    • très faible culture/expérience de l’ensemble des acteurs ;

      • professeurs, assistants, étudiants, etc. ;

      • coordonnateurs, développeurs (souvent des assistants) ;

    • démarche de développement (instructional design) intuitive.

5.2.2 Quelle évaluation ?


Dans cette même dynamique de réforme, notre mandat était au point de départ prévu sous l’angle non seulement du support mais de l’évaluation sommative des projets. Cependant, il nous semblait impossible de mener à la fois des actions de soutien de proximité avec les projets et une évaluation sommative qui aurait alimenté les prises de décisions de l’exécutif du CVS. Il est assez difficile du point de vue déontologique de demander aux projets de nos décrire leurs ouvertement problèmes –pour trouver une solution   tout en sachant que nous allons les évaluer pour déterminer lesquels pourront poursuivre dans une seconde phase. Jamais les projets ne nous auraient accorder leur confiance, indispensable aux actions de soutien, sachant que nous allions transmettre au CVS une évaluation de type sanction. Aussi avons-nous refusé de jouer ce dernier rôle et dû longuement négocier les termes du mandat avant de l’accepter. Voici donc, finalement, le libellés des 3 axes de travail du mandat IntersTICES, tels que négociés avec le CVS :

      1. Le développement des activités de soutien et d’encadrement des projets du CVS liées aux aspects psychopédagogiques et méthodologiques de l’utilisation des technologies éducatives.

      2. La constitution d’un état des lieux des projets en insistant sur l’exploitation du potentiel des technologies, sur leur intégration dans les scénarios mis en œuvre ainsi que sur le degré d’innovation et d’interactivité des projets.

      3. La préparation des bases d’un cadre d’évaluation propre à ce mode d’enseignement innovatif en collaboration avec la communauté nationale et internationale.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10

similaire:

Relire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr … iconSuggestion d’activité pédagogique reliée aux tic

Relire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr … iconRésumé de lecture Manuel de recherche en sciences sociales par Mélanie fauvel
«Se tenir informé des acquis de la recherche afin de pouvoir s'engager dans des projets et des démarches d'innovation pédagogique...

Relire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr … iconI une ménagerie à bord
«On vous a trouvé dans une barque, mourant de faim. Le bateau s’appelait la Dame Altière et IL y avait des taches bizarres sur le...

Relire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr … iconTrophée des Grandes Ecoles d’Ingénieur 2000 Catégorie «Innovation Pédagogique»

Relire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr … iconLe scénario pédagogique
«Matière à réflexion» sur la page 118 du manuel de cours, concernant l’hérédité. Après 5 minutes, demander aux groupes de partager...

Relire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr … iconLe scénario pédagogique
«Matière à réflexion» sur la page 118 du manuel de cours, concernant l’hérédité. Après 5 minutes, demander aux groupes de partager...

Relire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr … iconAtelier sur les services d’appui à L’innovation

Relire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr … iconAtelier sur les services d’appui à L’innovation

Relire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr … iconUe ob j e c t I f s du d oss I e r
«Séquence pédagogique» ci-après en répondant aux différentes questions qui vous seront posées…

Relire les projets «tic et innovation pédagogique» : y a-t-il un pilote à bord, après Dieu bien sûr … iconÀ qui de droit et tous les lectrices/teurs
1 Au commencement Dieu créa le ciel et la terre Et Dieu dit : Que la terre se








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
b.21-bal.com